Le RMS Olympic est un paquebot transatlantique britannique, construit par les chantiers pour la . Il est le des infortunés Titanic et Britannic. Contrairement à ces derniers, lOlympic a eu une longue et brillante carrière (1911–1935), et en a tiré le surnom d'« » (en français, « le Vieux Fidèle »). Cette carrière a néanmoins été marquée par plusieurs collisions avec d'autres navires. La plus importante de ces collisions, avec le croiseur , a eu pour principale conséquence de retarder le voyage inaugural du Titanic de près d'un mois en raison des réparations de lOlympic qui ont nécessité un transfert de main d'œuvre.

Le , il éperonne et coule le sous-marin allemand U-103.

Si le naufrage de son jumeau lui a imposé une lourde refonte, lOlympic a été jusqu'à la fin de sa carrière l'un des vaisseaux les plus importants de la compagnie. Par son tonnage, il est resté pendant vingt-trois ans le navire le plus imposant construit au Royaume-Uni avant d'être surpassé par le Queen Mary en 1934.

De nombreux éléments de décoration de lOlympic ont été récupérés avant sa démolition et ornent désormais des hôtels, propriétés privées, et même un navire de croisière.

Histoire Naissance d'un géant Contexte et conception Au début du , la navigation commerciale est dominée par l'Allemagne qui a lancé les premiers paquebots à quatre cheminées de l'histoire (notamment le . et le .). Ceux-ci, par leur taille et leur vitesse, écrasent toute concurrence, et la compagnie britannique répond en lançant à son tour deux mastodontes, le Lusitania et le Mauretania qui remportent rapidement le Ruban bleu et gagnent le surnom de « lévriers des mers ».. Pour se maintenir sur la scène mondiale, la , qui n'a plus remporté le Ruban bleu depuis 1890 avec le Teutonic, décide de bâtir à son tour d'immenses paquebots. alt=La coque peinte en blanc de l'Olympic entrant dans l'eau par l'arrière|centré|vignette|redresse=1.5|Le Mauretania en septembre 1907. Le navire, propriété de la Cunard Line, rival de la White Star Line, était le paquebot le plus grand, le plus luxueux et le plus rapide de l'époque. Bruce Ismay et William Pirrie ont conçu et construit lOlympic pour rivaliser avec ce navire.

La légende veut que ce soient William Pirrie (directeur des chantiers ) et Joseph Bruce Ismay (président de la et de l'IMM Co.) qui aient, lors d'un dîner en 1907, décidé de la construction d'un trio de navires aux proportions inégalées « Origins Of The Olympic Class », RMS Olympic archive. Consulté le 21 mai 2009... La construction de navires surpassant la vitesse des « lévriers » de la se révélant trop coûteuseIl aurait fallu pour cela construire un navire de près de et de , engendrant des frais d'entretien et d'exploitation trop élevés.., les deux hommes privilégient le luxe et la sécurité. Une lettre d'accord est signée le : il n'y a pas de contrat à proprement parler, la et les chantiers travaillant ensemble depuis 1870.. Si Lord Pirrie trace les grandes lignes de ce que doivent être les navires (taille, silhouette), la conception du navire à proprement parler est confiée à son beau-frère, Alexander Montgomery Carlisle, et à son neveu, Thomas Andrews. Ismay a également un droit de regard sur la conception des navires.. Au cours de la construction, Carlisle prend sa retraite, entre autres raisons parce que Ismay et Pirrie ont rejeté son idée de placer un plus grand nombre de canots à bord, et laisse la direction des opérations à AndrewsIsmay et Pirrie ont cependant accepté d'installer les bossoirs spéciaux suggérés par Carlisle, au cas où la loi imposant le nombre de canots serait revue...

Construction vignette|Le lancement de lOlympic. Sa coque est alors encore blanche pour mieux apparaître sur les photos.|alt=La coque peinte en blanc de l'Olympic entrant dans l'eau par l'arrière. vignette|Deux machines à vapeur de lOlympic avant leur mise en place.|alt=Pièces de machines LOlympic est construit par les chantiers navals à Belfast. En tant que premier transatlantique de ce type à être construit pour la , il donne son nom à la classe Olympic qui comprend également le Titanic et le Gigantic (rebaptisé Britannic par la suite). Le , la quille de lOlympic est posée. La construction du Titanic débutant quatre mois plus tard, les deux navires sont construits côte à côte. Dans la mesure où leurs coques atteignent une taille inégalée, un nouveau portique est construit pour les accueillir.. Les deux paquebots sont facilement différenciables, la coque du premier étant blancheIl s'agissait d'un concept esthétique proposé par Rober Welch, chargé de photographier les grands moments de la construction, pour rendre le navire plus photogénique lors de son lancement. LOlympic n'a jamais effectué de traversée avec sa coque peinte en blanc, et la coque noire comme celle du Titanic a été jugée plus adaptée, et réutilisée pendant la construction du troisième navire... LOlympic est lancé le , sans avoir été baptiséLa avait en effet pour habitude de ne pas baptiser ses navires pour éviter les superstitions en cas de problème durant la cérémonie.. La cérémonie est grandiose : la affrète un navire pour faire venir d'Angleterre de prestigieux invités et le futur Olympic rejoint les eaux à . La presse le qualifie désormais de « Roi des Mers » en anglais, les navires étant de genre féminin dans cette langue..

Il rejoint ensuite une cale sèche pour les aménagements et les finitions : en effet, au moment de son lancement, le navire n'est qu'une coque vide, sans machines, ni aménagements ou cheminées. Les plans originaux prévoient de l'équiper de trois cheminées. Cependant, pour ne pas lui donner l'air d'être plus faible que ses concurrents de la , une quatrième cheminée, factice, est ajoutée. Elle sert à la ventilation des cuisines et au rangement des chaises de pont« L'histoire d'une cheminée », Le Site du « Titanic ». Consulté le 29 juin 2009.. Concernant la propulsion, lOlympic, comme ses , est mû par trois hélices. Les hélices latérales à trois pales sont entrainées par deux machines à triple expansion (voir photo), tandis que l'hélice centrale à quatre pales tourne grâce à une turbine qui utilise la vapeur récupérée s'échappant des quatre machines à triple expansion. Cette disposition récupérant la vapeur perdue, jamais vue sur un paquebot de cette importance, avait été expérimentée sur le Laurentic deux ans auparavant « SS Laurentic (I) », White Star Liners. Consulté le 29 juin 2009. tandis que son , le Megantic n'était équipé que de machines à quadruple expansion « RMS Megantic », White Star Liners. Consulté le 29 juin 2009.. Le Laurentic se révélant plus rentable et légèrement plus rapide, c'est la propulsion mixte qui équipe les navires de la classe Olympic..

Les essais en mer de lOlympic débutent au large de Belfast le . Pendant deux jours, la maniabilité du navire est testée, de même que les compas et la télégraphie sans fil. En revanche, aucun essai de vitesse n'est tenté.. Le , le navire est prêt à entamer sa carrière commerciale. Le même jour a lieu le lancement du Titanic, à la suite duquel Joseph Bruce Ismay et John Pierpont Morgan embarquent sur lOlympic qui part pour Liverpool à .. Il est ouvert au public avant de partir pour Southampton le lendemain..

Mise en service alt=|vignette|227x227px|LOlympic en juin 1911, avec, en arrière-plan, le Lusitania. LOlympic arrive à Southampton le , suscitant l'enthousiasme de son équipage et des journaux.. Il effectue sa traversée inaugurale entre Southampton et New York le sous le commandement du capitaine Edward Smith (par la suite commandant du Titanic). Celui-ci, réputé pour ses bonnes relations avec la haute société de l'époqueSmith était durant sa carrière surnommé le « capitaine des millionnaires »., fait notamment visiter le navire au roi Alphonse XIII d'Espagne et à son épouse. Smith leur fait une telle impression qu'après sa mort dans le naufrage du Titanic, le roi envoie une lettre de condoléances à sa veuve.. Le paquebot bat les prévisions de ses concepteurs en effectuant la traversée en (sans que toutes ses chaudières aient eu à être allumées). Son arrivée est cependant marquée par un incident : le , alors qu'il est guidé par douze remorqueurs, le paquebot heurte l'un d'entre eux, le O.L. Halanbeck, à l'arrière« LOlympic et le Britannic », Le Site du « Titanic ». Consulté le 21 mai 2009.. Le remorqueur subit de graves dommages, lOlympic, des dommages moindres mais malgré tout importants : la poupe, le gouvernail et l'arbre de transmission du navire sont arrachés dans le choc.. Les propriétaires du premier demandent à la , mais celle-ci échappe au paiement par manque de preuves.

Cette traversée sert également à tester le navire et à évaluer ses qualités et défauts : en effet, Thomas Andrews, concepteur du navire, et Joseph Bruce Ismay, président de la , sont à bord et prennent en note tous les inconvénients du navire. Ismay note ainsi que la cuisine manque d'une presse à pommes de terre, et que les salles de bains des cabines de première classe manquent de repose-cigare ; il envisage également d'agrandir le restaurant à la carte du navire, de même que certaines cabines de première classe pour le Titanic, encore en chantier.. Les mois suivants, le navire connaît un succès incontesté, aidant de fait sa compagnie qui transporte plus de passagers en première classe en 1911 qu'aucune autre dans l'histoire.. Lors de sa troisième traversée, un observateur de la est à bord en quête d'idées pour le nouveau navire de sa compagnie (lAquitania) : durant le voyage, il visite le paquebot, se renseignant sur le taux d'utilisation de ses différentes installations et leur succès potentiel..

Un début de carrière mouvementé L'incident du Hawke vignette|LOlympic et le après la collision.|alt=Trou béant dans la coque de l'Olympic et proue broyée du Hawke Le 1, lOlympic entame sa cinquième traversée au départ de Southampton. Le départ est mouvementé puisque certains marins chauffeurs refusent d'embarquer à cause de la présence à bord de deux chauffeurs non syndiqués.. Lorsque le navire appareille enfin, il voit s'approcher dangereusement de lui un navire de guerre britannique, le croiseur .. Le croiseur, conçu pour éperonner d'autres navires, heurte lOlympic côté tribord sur l'arrière en avant de la poupe avec sa propre étrave qui est écrasée sous le choc.. Certains témoins disent alors que le capitaine du croiseur, George William Bowyer, dirigeait imprudemment son navire ; les autres que lOlympic a aspiré le HawkeCette théorie a ensuite été confirmée lorsque le Titanic, lors de son départ de Southampton, a aspiré le paquebot New York qui se trouvait à quai, évitant de peu une collision.. Durant l'incident se trouvent à bord deux membres d'équipage, Violet Constance Jessop et Arthur John Priest qui, tous deux, survivent également par la suite aux naufrages du Titanic et du BritannicPriest survécut même à deux autres naufrages durant la Première Guerre mondiale, celui de lAlcantara et celui du Donegal... La traversée est annulée car la collision a produit un trou dans la coque. Les passagers sont conduits en train jusqu'à Londres, et certains parviennent à rejoindre Liverpool pour embarquer sur lAdriatic..