Benoît Hamon, né le à Saint-Renan (Finistère), est un homme politique français.

Président du Mouvement des Jeunes socialistes de 1993 à 1995, il est député européen entre 2004 et 2009 et porte-parole du Parti socialiste (PS) de 2008 à 2012. Élu député en 2012, il devient membre du gouvernement du au , en tant que ministre délégué à l'Économie sociale et solidaire et à la Consommation puis ministre de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche.

Portant un programme qu'il revendique résolument orienté à gauche, il remporte la primaire citoyenne de 2017 face à Manuel Valls, devenant ainsi le candidat du PS à l'élection présidentielle. Il arrive en cinquième position avec 6,4 % des voix.

Après avoir perdu son siège de député aux élections législatives de 2017, il quitte le PS pour lancer son propre parti, Génération·s. La liste qu'il conduit pour cette formation aux élections européennes de 2019 recueille 3,27 % des suffrages exprimés et n'obtient aucun siège. Il annonce alors se mettre en retrait de la vie politique, tout en conservant son siège de conseiller régional d'Île-de-France. Le , Benoît Hamon, qui s'investit dans le domaine de l'économie sociale et solidaire, est nommé président de l'ESS France.

Situation personnelle Benoît Hamon naît le à Saint-Renan, dans le Finistère.. Son père, ingénieur, travaille aux arsenaux de la Direction des constructions navales (DCN) de Brest, et sa mère, Margot Kersivien, est secrétaire« Benoît Hamon, Sous les pavés, la grève », Paris Match, 12 août 2009 (consulté le 3 janvier 2013).Michel Revol, « Le frondeur du PS », Le Point, 9 août 2007 (consulté le 19 avril 2011)..

Il vit ses premières années rue Véronèse à Brest, puis de 1976 à 1980, il emménage avec ses parents à Dakar au Sénégal, où il poursuit sa scolarité du CE2 à la au cours Sainte-Marie de Hann« Sur les traces de Benoît Hamon, l'Africain », Le Parisien.fr, 8 février 2011., qu'il revint visiter de nombreuses années plus tard. : . Il repart en Bretagne après le divorce de ses parents.

Inscrit à l'université de Bretagne-Occidentale, il obtient une licence d'histoire après être devenu adhérent de l'UNEF-ID et président du MJS..

Il partage pendant cette période un appartement en colocation avec Olivier Faure, autre jeune rocardien, futur Premier secrétaire du Parti socialiste, d'abord à Maisons-Alfort, puis à Paris..

Il est lié par un PACS avec Gabrielle Guallar, née de parents danois et catalans., major de sa promotion de l'IEP de Paris et diplômée du Collège d'Europe à Bruges, responsable des affaires publiques chez LVMH depuis après avoir travaillé au Centre national du cinéma. Ils se rencontrent alors qu'il est député européen et qu'elle travaille pour la Commission européenne, comme spécialiste des réglementations culturelles.. Le couple a deux filles. Séparant sa vie familiale de la vie politique, elle ne participe pas aux manifestations publiques de Benoît Hamon, qui avait ainsi refusé fin 2016 de participer à l'émission de Karine Le Marchand Une ambition intime pour protéger sa vie privée.Qui est Gabrielle Guallar, la compagne de Benoît Hamon ?, LCI.fr, 22 janvier 2017.. Selon la HATVP, son patrimoine comprend un appartement dans le Finistère, une quote-part de 46 % dans un appartement possédé en indivis avec sa conjointe dans les Hauts-de-Seine et une Opel Corsa de 2006..

Situation professionnelle Après avoir obtenu une licence d'histoire à l'Université de Bretagne-Occidentale en 1991 à l'âge de 24 ansBenoit Hamon Challenge, 30 janvier 2017, Benoit Hamon commence sa carrière comme assistant parlementaire du député socialiste de la Gironde Pierre Brana, proche de Michel Rocard. En 1995, il est conseiller pour la jeunesse auprès de Lionel Jospin lors de l'élection présidentielle puis conseiller technique chargé de l'emploi des jeunes auprès de Martine Aubry, ministre de l'Emploi et de la Solidarité entre 1997 et 1998 et conseiller chargé des affaires politiques, toujours auprès de Martine Aubry, ministre de l'Emploi et de la Solidarité de 1998 à 2000.

De 2001 à 2004, il est directeur du planning stratégique de l'institut de sondages Ipsos. ; entre 2009 et 2012, il codirige une société d'analyse de l'opinionMariana Grépinet, « Hamon s'est fait sa place », Paris Match, semaine du 19 au 25 janvier 2017, page 35. et il est professeur des universités associé et assure un enseignement concernant les organisations internationales et les processus décisionnels dans l'UE à l'Institut d'études européennes de l'université Paris-VIII.

En , il déclare se retirer de la vie politique nationale pour prendre des responsabilités au sein de Singa, une ONG, tournée « vers l’accueil des réfugiés et des personnes migrantes ».. Il conserve néanmoins son mandat et son indemnité de conseiller régional et de membre de la commission permanente du conseil régional d'Île-de-FranceNoah Moulinet, Benoît Hamon quitte la vie politique mais conserve son titre et son indemnité de conseiller régional, capital.fr, octobre 2021.

Le , Benoit Hamon est nommé président de l'ESS France.

Parcours politique Débuts Il s'engage en politique à lors des manifestations estudiantines contre le projet de loi du ministre de l'enseignement Alain Devaquet (hiver 1986-1987). Il milite alors à la section de Brest du PS et au sein du courant rocardien. En 1992, il fait campagne avec son courant en faveur du traité de Maastricht..

Après le revers sans précédent des Socialistes aux élections législatives de 1993, Michel Rocard prend la direction du PS avec le soutien de la Gauche socialiste. Manuel Valls, alors secrétaire national du PS à la communication, confie à Benoît Hamon la gestion des moribondes Jeunesses socialistes. S'appuyant sur les étudiants de Bretagne, Nancy et Lyon, Hamon obtient de Rocard l’autonomie du nouveau MJS, qui dispose alors d'instances de direction propres sans tutelle du PS, avec un fichier d’adhérents distinct.. Le congrès d’Avignon en l'élit président du Mouvement des jeunes socialistes. La structure se développe quand la démission de Michel Rocard du poste de premier secrétaire du PS après le revers des élections européennes, rend les clubs Forum inutiles.

Dans le même temps, les proches de Hamon dans le syndicalisme étudiant se rapprochent de la tendance de Pouria Amirshahi pour subtiliser fin 1994 aux proches de Jean-Christophe Cambadélis la direction de l'UNEF-ID. Les jeunes rocardiens proches de Benoît Hamon lancent à Créteil en le courant : Nouvelle Gauche, animé notamment par Guillaume Balas, dont le texte fondateur met clairement l’accent sur le besoin de renouvellement au PS. Sous la présidence de Benoît Hamon, le MJS serait passé de 500 à . Il développe également le mouvement sur le territoire français. Pour devenir président de cette organisation qui vient d'accéder à l'autonomie, il fait passer l'âge limite de 25 à , alors qu'il avait . Il développe également la pratique des dans les meetingsMariana Grépinet, « Benoît Hamon, la victoire d'un malin », Paris Match, semaine du 2 au 8 février 2017, p. 24-25..

En 1994, il se déclare par les révélations de Pierre Péan concernant l'amitié de René Bousquet et François Mitterrand et le passé vichyste de ce dernier.. Régis Juanico lui succède à la tête du MJS lors de son congrès tenu à Orléans. Il devient délégué national du PS chargé des problèmes de jeunesse (1994)., puis conseiller pour la jeunesse auprès de Lionel Jospin lors de l'élection présidentielle de 1995. Il se présente aux élections législatives de 1997 dans la deuxième circonscription du Morbihan (Auray). Au second tour, il est battu par le député sortant, le centriste Aimé Kergueris, qui obtient 54,35 % des voix.. Il entre ensuite au cabinet de Martine Aubry, ministre de l'Emploi et de la Solidarité, comme conseiller technique chargé de l'emploi des jeunes de 1997 à 1998, puis comme conseiller chargé des affaires politiques entre 1998 et 2000. Ainsi, l'universitaire Timothée Duverger indique que .

Il est conseiller municipal de Brétigny-sur-Orge (Essonne) de 2001 à 2008..

Parti socialiste et Parlement européen vignette|gauche|Benoît Hamon au Parlement européen en 2008. En 2003, Hamon et Nouvelle Gauche cofondent le courant Nouveau Parti socialiste (NPS), dont il devient l'un des porte-parole et qui obtient 17 % des voix des militants au congrès de Dijon. En , Nouvelle Gauche devient Alternative socialiste à la faveur d'un rapprochement avec les proches d'Henri Emmanuelli et grâce à ses relais dans les organisations de jeunesse. En 2005, le NPS éclate à l'occasion du congrès du Mans, où Arnaud Montebourg refuse la motion de synthèse. Dès lors, les choix diffèrent aussi lors de la primaire de 2007, pour laquelle Montebourg et Peillon soutiennent Ségolène Royal, alors que Hamon soutient Laurent Fabius.

Il est député européen de 2004 à 2009, représentant de la circonscription Est. Il est membre de la commission des affaires économiques et monétaires, membre suppléant de la commission du marché intérieur et de la protection des consommateurs, vice-président de la délégation pour les relations avec les États-Unis, et membre suppléant de la délégation pour les relations avec Israël. Il retient l'attention par deux rapports parlementaires, sur la révision stratégique du Fonds monétaire international et la révision de la directive sur la fiscalité de l'épargne.. Il est partisan du « non » au référendum français sur le traité établissant une constitution pour l'Europe tenu le sur le traité de Rome de 2004. Faisant partie de la branche de NPS ayant accepté la synthèse au Congrès du Mans, il est nommé secrétaire national du Parti socialiste, chargé du projet européen. Le , il démissionne de ce poste après la décision du Bureau national de soutenir le traité modificatif européen lors de la procédure d'adoption parlementaire, considérant que cette décision est en contradiction avec la synthèse du congrès du Mans et la campagne présidentielle de Ségolène Royal qui demandait un nouveau référendum.

Après avoir poussé François Hollande à la primaire socialiste en vue de l'élection présidentielle de 2007, il soutient Laurent FabiusMarion Mourgue, « Arnaud Montebourg / Benoît Hamon, la guerre des frondeurs », Le Figaro Magazine, semaine du 26 août 2016, page 24.. Il s'abstient de faire la campagne de Ségolène Royal..

En mai et , il est le porte-parole du Parti socialiste pour les élections législatives de 2007. En juillet, il fonde avec Noël Mamère l'éphémère cercle de réflexion La Forge. Il se représente en troisième position sur la liste du PS en Île-de-France aux élections européennes du 7 juin 2009 mais n'est pas réélu député européen. Il renoue avec une activité professionnelle en 2009 en travaillant comme consultant au sein d'une petite structure d'analyse de l'opinion, Le Fil. D' à , il est membre du conseil d'administration de l'université Paris-VIII, en tant que personnalité extérieure.

Congrès de Reims

En 2008, lors du congrès de Reims du PS, il dépose avec Henri Emmanuelli, le , une contribution intitulée Reconquêtes« Reconquêtes », reconquetes.eu., au nom du Nouveau Parti socialiste (NPS). Il plaide alors pour en finir avec et pour que le PS regarde vers la . Toute l'aile gauche du PS se réunit sur la intitulée « Un Monde d'Avance : reconstruire l’espoir à gauche », dont le premier signataire est Benoît Hamon à qui Henri Emmanuelli a cédé la première place. Jean-Luc Mélenchon qualifie alors cette union d'Dépêche AFP, 23 septembre 2008]..

right|thumb|Benoît Hamon en compagnie de Martine Aubry et Harlem Désir lors d’une manifestation, le 29 janvier 2009, à Paris.