Arthur Nebe est un criminel de guerre, SS-Gruppenführer und Generalleutnant der Polizei, né le à Berlin où il est mort exécuté vers le .
Il a été directeur de la Kriminalpolizei (la Kripo) et, pendant une brève période de , le premier chef de l’Einsatzgruppe B ; dans ce poste intermédiaire, il a ainsi été responsable de l'assassinat de plusieurs dizaines de milliers de personnes, hommes, femmes, enfants, au cours de massacres de masse qui font partie de la première phase de la Shoah et de Porajmos.. Peu après l’attentat du contre Hitler, il est soupçonné de liens avec les conspirateurs et décide de se cacher, mais il est dénoncé, arrêté puis exécuté quelques semaines avant la capitulation de l’Allemagne.
Nazi et policier Fils d’un instituteur, Arthur Nebe participe à la Première Guerre mondiale, au cours de laquelle il est décoré de la croix de fer de seconde puis de première classe.
En 1920, il entre dans la police de Berlin, au sein de laquelle il fonde, en 1932, un an après son entrée dans le NSDAP et la SS, le cercle d’études national-socialiste de la police de Berlin.
Dès l’arrivée des nazis au pouvoir, son profil de policier membre du NSDAP le rend indispensable : il participe à l'organisation de la nuit des Longs Couteaux. Puis, nommé directeur de la police prussienne en 1935, il devient, en 1937, le directeur de la police judiciaire du Reich, bientôt intégrée au RSHA, dirigé par Reinhard Heydrich, sous la dénomination de Kriminalpolizei, ou Kripo en abrégé.
Directeur de la Kripo, il est impliqué dans l’incident de Gleiwitz, prétexte à l'invasion de la Pologne en , ce qui déclenche la Seconde Guerre mondiale. vignette|upright=1.0|gauche|Début de l'enquête concernant l’attentat de Munich () contre Hitler, commis par Georg Elser : sont réunis, de gauche à droite, les principaux policiers du Reich HuberChef de la police à Vienne, Huber est sous les ordres de Heydrich., NebeEn tant que chef de la Kripo, Nebe est sous les ordres de Heydrich., HimmlerChef de la SS et Chef der Deutschen Polizei (chef de toutes les polices), Himmler est le supérieur direct ou indirect de tous les participants à cette réunion., HeydrichHeydrich est le directeur du RSHA, créé au début de l'année 1939 ; il est donc le supérieur de Huber, Nebe et Müller, mais il est sous les ordres de Himmler. et MüllerChef de la Gestapo, Müller est sous les ordres de Heydrich..
Il joue un rôle important dans la modification de l'organigramme de la Kripo, la faisant passer de six à quatre départements en , auxquels s'ajoute, en de la même année, un département nouvellement créé de biologie criminelle.
Policier et bourreau Au travers de l'Institut technique de la police judiciaire, qui met au point la méthode d'extermination des malades mentaux par le gaz, Nebe est directement impliqué dans le programme d'euthanasie qui fait près de entre et . D'après l'interrogatoire d'un de ses collaborateurs lors d'un procès à Stuttgart en 1967, Nebe considérait les malades mentaux comme des .
Comptant parmi les principaux responsables de la SS, il ne marque aucune réticence lorsqu'il est désigné par Heydrich, premier commandant de l’Einsatzgruppe B. Il est, à ce titre, directement associé aux projets visant à l'extermination des Juifs en Ruthénie blanche, rendant compte des actions de ses subordonnés à Himmler lorsque celui-ci lui rend visite à Minsk en 1941.
En effet, à la suite de cette visite, il fait tester, de sa propre initiative, diverses méthodes de mise à mort sur des malades mentaux de Minsk au cours de la fin de l'été et de : emploi d'explosifs, envoi de gaz d’échappement d'un camion dans une pièce hermétiquement fermée ; il s'adjoint à cet effet un chimiste de la police criminelleCelui-ci avait déjà proposé en 1939 l'emploi de gaz d'échappement pour exterminer les malades mentaux., accompagné d'un expert en explosifs.
Nebe fait ensuite procéder à des essais d'assassinat par les gaz d'échappement : ils sont sans effet avec un moteur de voiture, mais ceux d'un camion asphyxient rapidement les victimes. Cette méthode est ensuite généralisée avec des camions spécialement aménagés à cet effet.
Sous les ordres de Nebe, l’Einsatzgruppe B massacre des dizaines de milliers de civils, essentiellement des Juifs, hommes, femmes et enfants. Nebe, et les principaux cadres SS à sa suite, Fegelein, von dem Bach, justifient ces massacres de grande ampleur par l'assimilation qu'ils proposent lors de la conférence de Moguilev entre les Juifs et les partisans soviétiques : ils suggèrent une collaboration plus intense entre la police (Nebe) et la SS (Fegelein, von dem Bach), les premiers étant chargés des Juifs, les seconds du maintien de l'ordre, donc de la lutte contre les partisans.
À la veille du départ de Nebe, le , l’Einsatzgruppe B compte déjà plus de à son actif. Néanmoins, il se trouve loin derrière les résultats de son collègue Stahlecker, à la tête de l’Einsatzgruppe A qui a assassiné .
Lors de la grande évasion du Stalag Luft III le , c'est lui qui est chargé par Hitler de composer la liste des qui seront exécutées par la Gestapo.
Il se convainc progressivement que l’Allemagne risque de perdre la guerre et prend contact avec des conjurés par l'entremise d’un vieil ami, le colonel Hans Oster, en poste également à Minsk, où il est basé.
Policier et conjuré En , Nebe retrouve son poste à Berlin. Il poursuit ses activités à la tête de la Kripo et maintient ses contacts avec des groupes allemands de résistance, notamment il les informe des conséquences de la conférence de Wannsee qui a ébauché les méthodes pour l'extermination des Juifs : la solution finale.
Inquiet de devoir rendre des comptes en cas de victoire alliée, il choisit de participer activement au complot du 20 juillet 1944 contre Hitler : Nebe est désigné pour mener une équipe de douze policiers chargés de l'exécution de Himmler, mais aucun signal de déclenchement de son action ne lui parvient. Au cours de l'enquête et de la vague d'épuration qui suivent l’attentat raté, ses liens avec les militaires opposés à Hitler sont mis en évidence.
Nebe choisit de prendre la fuite et de se dissimuler à proximité de Berlin, sur un îlot de la Wannsee. Dénoncé par une ancienne maîtresse, il est arrêté le et, après des aveux complets et spontanés, il est condamné à mort par le Volksgerichtshof puis est exécuté à une date incertaine du mois de mars, dans la prison de Plötzensee. Les enregistrements officiels fixent sa mort au , par pendaison au moyen d’une corde à piano suspendue à un croc de boucher, conformément à la demande de Hitler qui souhaitait voir les conjurés .
Après le conflit Cité dans les procès de l'après guerre Exécuté en raison de sa participation à la conjuration du , il est cependant cité par certains criminels de guerre nazis mis en cause dans les procès de l'après-guerre. En effet, lorsque ceux-ci expliquent avoir obéi à ses ordres, ils le présentent comme l'un des instigateurs des exécutions de masse.
Roman La Trilogie Berlinoise de Philip Kerr. Il apparaît sous un jour ambigu : un « bon flic » qui accepte de devenir un tortionnaire dans les Einsatzgruppen. Dans le dernier roman de la Trilogie, Nebe réapparaît après la guerre, expliquant que sa mort n'était qu'une mise en scène de SS voulant se sauver, la guerre étant perdue. de Robert Harris. Deux dans Berlin () de et . Les Bienveillantes de Jonathan Littell. de Harald Gilbers. En 1944, l'enquêteur Richard Oppenheimer rencontre Nebe, qui était entré en même temps que lui dans la police berlinoise, et l'estime avoir été « un bon flic » mais se demande s'il était « un fervent partisan de l'idéologie nazie » ou s'était « uniquement servi de la politique comme tremplin pour sa carrière ».
Cinéma Nebe est représenté dans le téléfilm uchronique de Christopher Menaul, Le Crépuscule des aigles, adapté du roman de Robert Harris. Interprété par Peter Vaughan, il est le chef de la Kripo dans cette Allemagne nazie imaginaire des . Dans le film Elser, un héros ordinaire d'Oliver Hirschbiegel sorti en 2015, son rôle secondaire est un des plus importants du film.
Notes et références Notes
Références
Annexes Bibliographie
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Collectif, L'Allemagne nazie et le génocide juif, colloque de l'École des hautes études en sciences sociales, Gallimard-Le Seuil, Paris, 1985. .
Raul Hilberg, La Destruction des Juifs d'Europe, Gallimard, coll. Folio Histoire, Paris, 2006, 3 vol. Heinz Höhne, L'Ordre noir, histoire de la SS, Casterman, Tournai, 1972.
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Articles connexes Reichssicherheitshauptamt Einsatzgruppen
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