La Biennale de Dakar, intitulée aussi Biennale de l’Art africain contemporain et Dak'Art, est l'une des principales manifestations d'Art contemporain africain à consacrer exclusivement sa sélection aux artistes vivant sur et hors du continent. Instituée par l’État du Sénégal depuis 1989 avec une première édition dédiée à la littérature en 1990, elle est réservée à l’art contemporain lors de la deuxième édition en 1992 avant d’être définitivement consacrée à la création africaine contemporaine à partir de 1996.
C'est la plus ancienne biennale de ce genre en Afrique. Cette biennale est aussi pionnière dans le développement de l'art contemporain en Afrique, aux côtés de la plus récente Biennale Bénin. Si ce festival a acquis une notoriété internationale, il lui reste à gagner en autonomie par rapport à l’État sénégalais, et à renforcer son organisation.
Histoire de la manifestation À la fin des années 1970, le FESTAC ou Festival Mondial des Arts Nègres, se déroulant à Dakar puis en 1977 à Lagos, disparaît au bout de sa deuxième édition. Au début de la décennie suivante, des artistes sénégalais, de l’Association nationale des artistes plasticiens du Sénégal, suggèrent alors au Président de la République du Sénégal, Abdou Diouf, de créer de façon régulière une manifestation artistique et culturelle internationale, à Dakar, permettant aux artistes locaux de se confronter à la création internationale. Une nouvelle décennie est nécessaire pour que le projet soit adopté, ce qui est officialisé en par Abdou Diouf. Le projet se concrétise réellement au cours des années 1990..
Plusieurs éditions se succédèrent avant que cette biennale ne trouve son rythme et son format. En 1990, la première manifestation est consacrée à la littérature. Celle de 1992 est la première biennale consacrée aux arts visuels et sur un périmètre international. Il n’y en a pas en 1994. Entre-temps, le choix est fait, dans les échanges entre la Présidence du Sénégal et le milieu artistique, de se focaliser sur les arts visuels, sur le modèle de la Biennale de Venise, existante depuis la fin du , la Biennale de São Paulo créée en 1951, ou la Biennale de La Havane datant de 1984. Il est également décidé de se consacrer non pas à l’art contemporain international, mais aux artistes africains ou de la diaspora africaine.
Organisation de la manifestation vignette|droite|L'ancien Palais de Justice en 2004 (remis en état en 2015-2016). vignette|droite|Intérieur de l'ancien Palais de Justice. Avec des variantes selon les éditions, la manifestation est constituée de plusieurs événements et expositions : l’exposition internationale regroupant artistes africains et issus de la diaspora, les expositions d’artistes invités, les expositions hommages, des salons ou expositions sur des thèmes spécifiques et Dak’Art au Campus, projet alliant art et environnement dans le cadre d’une collaboration entre artistes et étudiants. Un festival off intègre des artistes de divers horizons dans des expositions à Dakar, Saint-Louis et dans les régions du Sénégal.
Enfin, la manifestation comprend des rencontres et des échanges entre artistes, chercheurs, critiques, historiens et universitaires, sur un thème qui varie à chaque édition. Les objectifs de Dak'Art sont en effet à la fois d’élargir les possibilités de promotion des artistes africains faiblement représentés dans les grands événements artistiques internationaux, mais aussi d’élaborer un discours sur l’esthétique adapté au continent africain.
La biennale est organisée les années paires (sauf en 1994 et 2020). Le lieu principal de l’exposition internationale, après avoir été le musée Théodore Monod d'art africain, s’est déplacé, en 2016, à l’ancien Palais de Justice., un bâtiment construit en 1952 par Daniel Badani et Pierre Roux-Dorlut et abandonné en 1992, un long bloc rectangulaire évoquant l'esthétique de Le Corbusier, avec une façade austère et un rez-de-chaussée comprenanr un espace des pas perdus parcouru par 99 colonnes,avec au sol une mosaïque de carrelage bleu-vert, et en son centre, un puits de lumière..
Le musée Théodore Monod accueille par contre en 2016 les expositions des commissaires de la Biennale. Un autre lieu, retenu depuis plusieurs biennales, est la gare ferroviaire qui abrite le Village de la biennale, lieu de rencontres et d’échanges mais aussi d’ animations musicales et culturelles..
Le principal soutien financier de la manifestation est l’État sénégalais. Puis vient l’Union européenne, et de façon moindre les organisations de la francophonie, qui n’ont jamais joué un rôle très fort. La présence de l’État sénégalais est controversée. Elle est considérée comme un atout majeur par Yacouba Konaté par exemple. Cette présence est critiquée lorsque le ministère de la culture sénégalais se mêle du contenu ou censure certaines expositions en obtenant le retrait d’œuvres..
Éditions Biennale de 1990 La première Biennale des arts et des lettres, décidée par le président sénégalais Abdou Diouf, est en fait une Biennale des lettres, pour cette première. Elle a lieu du 10 au . Le secrétaire général de la Biennale est Amadou Lamine Sall, et le directeur du comité scientifique Cheikh Hamidou Kane. L’ancien président Léopold Sédar Senghor participe à la séance inaugurale, ainsi que Wole Soyinka, et Maurice Druon.
Biennale de 1992 ( édition) Cette deuxième Biennale des arts et des lettres, est en fait, consacrée à l’art. Elle se tient du 14 au et réunit , de provenance internationale. Dans le détail, parmi ces artistes internationaux, l’Uruguayen José Tarabal vit au Sénégal ainsi que la franco-sénégalaise Diagne Chanel, et la franco-vietnamienne Kaïdin Monique Le Houelleur vit en Côte d’Ivoire.
La sélection d’artistes et d’œuvres opérée pour cette biennale est jugée inégale..
Biennale de 1996 ( édition) La deuxième édition de la Biennale se tient en 1996. Elle est pour la première fois dénommée Dak’Art. C’est aussi la première biennale centrée sur l’art uniquement, et plus spécifiquement sur contemporain africain, avec une référence au premier Festival des arts nègres organisé en 1966 dans cette ville de Dakar. C’est une orientation déterminante pour cette manifestation.
Cette même année 1996, le Salon du Design Africain, avec un lieu dédié, l’Espace Vema, fait son apparition au sein de la Biennale, ainsi qu’un Salon de la tapisserie et de l’art textile. Un hommage est rendu également à deux disparus : Moustapha Dimé, sculpteur sénégalais, premier Prix à la Biennale de Dakar en 1992, avec une exposition au Centre culturel français de Dakar, et Mohamed Kacimi, peintre marocain. Le off débute, avec notamment une exposition organisée par la Revue Noire sur Les Artists et le Sida, différentes expositions et un défilé de mode de la styliste Oumou Sy. La biennale s’est structurée de 1992 à 1996. Un secrétariat général (direction administrative et financière de la manifestation) est créé en . C’est un établissement public national bien distinct du ministère de la culture, et le secrétaire général est Rémi Sagna. Un conseil scientifique, créé quelques mois plus tard, en définit les contours de la biennale et contrôle l’organisation. Il est dirigé par Ousmane Sow Huchard. Cinq commissaires internationaux et professionnels interviennent dans la préparation de cette biennale : Daniel Sothiaux, Yukiya Kawagushi (Musée national d'ethnologie (Japon)), Brahima Alaoui (Institut du monde arabe, Paris), Abdou Sylla (Sénégal), et Mary “Polly” Nooter Roberts (Université de Californie à Los Angeles).
Artistes primés Abdoulaye Konaté (Mali): Grand prix du Président Léopold Sédar Senghor Mamadou Fall Dabo (Sénégal): Prix de la Révélation Vincent Niamien (Côte d’Ivoire): Prix de la Créativité.
Biennale de 1998 ( édition)
Artistes primés Viyé Diba (Sénégal) Grand prix du Président Léopold Sédar Senghor ; Godfried Donkor (Nigérial) Prix de la Révélation ; Issa Diabaté (Côte d’Ivoire) Prix de la Créativité ; Claire Kane (Sénégal) Prix du Design.
Biennale de 2000 ( édition) Ousseynou Wade prend la direction de la manifestation succédant à Rémi Sagna qui en a été secrétaire général pour les éditions de 1996 et 1998.
Cette biennale de Dakar 2000 présente plusieurs manifestations du au : l'Exposition collective d’artistes africains, des Expositions individuelles d’artistes africains et d'autres continents, le Salon International du Design africain et de la Créativité textile, le Marché des Arts plastiques en Afrique (MAPA), le Salon de la Jeune Création plastique Sénégalaise, le Festival du Sous-Verre, les manifestations d'environnement.
Les artistes de l’Exposition internationale Bernadette Searle (Afrique du Sud), Andries Botha (Afrique du Sud), Mtehtwa Zwalethu (Afrique du Sud), Tracey Rose (Afrique du Sud), Suzanne Ouedraogo (Burkina Faso), Barthélémy Toguo (Cameroun), Goddy Leye (Cameroun), Joël Mpah Dooh (Cameroun), Angéle Essamba (Cameroun), Samuel Fosso (Centrafrique), Ali Mroivili (Comores), Jems Robert Koko Bi (Côte d'Ivoire), Mfon Essien (Ghana), Mounir Fatmi (Maroc), Hassan Darsi (Maroc), Younes Rahmoun (Maroc), Sénégal: Soly Cissé, Ndary Lo, Mamady Seydi, Amadou Camara Gueye et Fatma Charfi (Tunisie).
Salon du design et de la création textile Ce salon comprend des œuvres de Kossi Assou (Togo), François Kiene (Burkina Faso), Takilté Kambou (Burkina Faso), Abdérakhmane Aïdara (Burkina Faso), Saliou Traoré (Burkina Faso), Jules Wokam (Cameroun), Danièle Diwouta-Kotto (Cameroun). Et pour la Côte d'Ivoire: César Dogbo, Issa Diabate, Doris Christine Mian, Valérie Oka. Mais également Zoarinivo Razakaratrivo (Madagascar), Abdoul Aziz Diop (Mali), Madeleine Rachéle Mariéta Bombote(Mali), Ola Dela Kuku (Nigéria). Enfin, pour le Sénégal : Bounama Sall Ndiaye, Anna Jouga, Amadou Niang, Adrien Sene.
Autres événements Des expositions individuelles sont organisées par les commissaires Simon Njami (Cameroun), Hans Boggatze (Allemagne), Peter Pierre-Louis (Seychelles), Ablade Glover (Ghana), Malika Dorba (Algérie), Orlando Britto Jinorio (Espagne), David Elliot (Grande-Bretagne/Suède). Sont présentées les œuvres de Bili Bidjocka (Cameroun), Hassan Key (Afrique du Sud), Christine Chetty (Seychelles), Koffi Setorjy (Ghana), Ounoh (Algérie), Marc Latamie (Martinique), Anna Maria Pacheco (Grande-Bretagne).
Les rencontres et échanges portent sur le thème : Art Africain contemporain : Courants, styles et Créativité à l’aube du millénaire.
Artistes primés Fatma M'Seddi Charfi (Tunisie) Grand prix du Président Léopold Sédar Senghor ; Berni Searle (Afrique du Sud) et Jems Robert Koko Bi (Côte d'Ivoire) Prix de la Révélation ; Mamady Seydi (Sénégal) Prix de l’Agence intergouvernementale de la Francophonie. Pour le design : Valérie Oka (Côte d'Ivoire) Grand Prix UEMOA pour la création textile, Ola Dele Kuku (Nigéria), Zoarinivo Razakaratrimo (Madagascar).
Biennale de 2002 () vignette|droite|Taxi Taf-Taf, une installation du plasticien béninois Dominique Zinkpè présentée à la Biennale en 2002 Du au , la de Dak'Art comprend l'Exposition Internationale, le Salon du Design Africain, des Expositions Individuelles, un hommage à Gora Mbengue ainsi qu'une Rétrospective "La Biennale de Dakar, An 10.
Le Conseil Scientifique qui donne ses orientations à Dak'Art 2002 est présidé par Marie José Crespin.
Les artistes de l’Exposition Internationale