Bregille (orthographié Brégille sur les cartes de l'IGN), est un quartier de la ville française de Besançon situé sur la rive droite du Doubs, limitrophe du centre historique à l'ouest, du quartier des Clairs-Soleils au nord et des Chaprais au nord-ouest. Il s'est développé sur la colline de Bregille qui culmine à , soit près de en amont de la rivière. Au recensement de 2018, il comptait Le nombre d'habitants à Besançon par quartiers sur MaCommune.info (consulté le ). appelés Bregillots.
À l'origine, le quartier de Bregille est un village prospère, appartenant au clergé de Besançon. Peu à peu le hameau se développe notamment grâce à la vigne au mais aussi et surtout grâce à l'industrie dans le secteur des Prés-de-Vaux au début du . Cependant, le site est de nombreuses fois sinistré au cours de conflits opposant la ville de Besançon à des rivaux tels que les Écorcheurs ou encore les Autrichiens en 1814, ce qui trouble fortement son développement. Après avoir été utilisé pour ses ressources en eau alimentant la ville, le secteur se reconvertit dans la construction de salins connus dans la région et la France entière, accessibles notamment par le Funiculaire de Bregille. Aujourd'hui, Bregille est un quartier qui garde un caractère champêtre et vivant, et qui est essentiellement une zone résidentielle et forestière.
Le quartier comporte un grand nombre de villas cossues ainsi que quelques monuments tels que le château de la Juive, l'église Sainte-Jeanne-d'Arc, les forts de Bregille et de Beauregard ou encore le cimetière juif de la ville. Le secteur dispose d'un environnement exceptionnel et diversifié, avec notamment le lieu-dit du grand désert et de nombreux sentiers pédestres qui offrent une promenade au cœur de la forêt de Bregille.
Géographie thumb Situation Le quartier de Bregille est bordé au sud par le secteur de la Chapelle des Buis ; à l'ouest par le quartier de La Boucle ; au nord par les Chaprais ; à l'est par le quartier des Clairs-Soleils et par les communes de Morre, de Montfaucon et de Chalezeule. Le quartier fait également partie du canton de Besançon-4 avec les quartiers des Clairs-Soleils et des Chaprais et les communes de Braillans, Chalèze, Chalezeule, Champoux, Marchaux-Chaudefontaine et Thise.
Site
Le site de Bregille est établi sur une colline culminant à environ (soit la quatrième colline de la ville en altitude), qui s'étend des bords de la rive droite du Doubs jusqu'aux environs de Palente-Orchamps au nord et Chalezeule au nord-est. Une petite vallée formée par une ancienne rivière s'est formée au niveau de Bregille-Village, donnant l'impression qu'une butte coiffée du fort Beauregard rivalise avec l'imposante colline de Bregille. Près du sommet de cette dernière est niché un terrain désertique appelé communément le , le reste du site étant occupé par une épaisse et dense forêt. Deux sources d'eau existent sur le site de Bregille : La Douin (ou source haute) et Le Moine (ou source basse) qui sont aujourd'hui captées pour les besoins en eau de la ville.
Géologie
thumb|Carte topographique de la colline de Bregille, datant du .
La ville de Besançon est située à la jonction de la région montagneuse d’élevage du massif du Jura (plateaux du Haut-Doubs) et des vastes plaines cultivables fertiles franc-comtoises, dans la zone préjurassienne délimitée par les zones plissées dites des Avant-Monts au nord et du faisceau bisontin au sudGénéralités sur la géographie du Doubs, site de la DREAL de Franche-Comté (consulté le )..
Une étude sur la topographie de Besançon réalisée par Paul Broquet révèle que le site de Bregille est situé sur le flanc d'un pli en genou qui passe en direction de l'est-sud-est à une série de plis synclinaux sub-coffrés dont la plupart se chevauchentMémoires de Bregille, page 14.. Il s'agit plus précisément d'un faisceau de plis, nommé faisceau bisontin comprenant l'anticlinal de Bregille. Ce dernier est le prolongement en direction du nord-est de l'anticlinal de la colline Saint-Étienne (au niveau de la Citadelle) qui est parfaitement repérable sur un panoramique des deux collines. Ces plis sont la partie la plus externe des plissements alpins, et se sont formés au Pontien, il y a environ dix millions d'années. À cette époque, il y avait donc une seule et même colline haute d'environ , avant que l'érosion ne vienne séparer la dépression en deux collines : Bregille et Saint-Étienne. Puis, il y a approximativement trois à quatre millions d'années, un soulèvement se produisit rehaussant le site d'environ . La rivière du Doubs avait alors deux chemins : soit passer en ligne droite, soit faire un détour par le creux laissé par l'érosion. C'est la deuxième solution qui prima, faisant que cette rivière prit la forme d'une boucle quasi parfaite creusant petit à petit une véritable vallée.
Mais à la suite d'autres changements géologiques, le Doubs va perdre un de ses affluents, le Rhin, ce qui va irrémédiablement réduire le débit de ce cours d'eau. Les conséquences seront minimes, car la vallée creusée restera la même bien que le Doubs affinera un peu plus le travail réalisé par son prédécesseurMémoires de Bregille, page 16.. Durant une ère de glaciation datée de - à -, des blocs de pierre soumis à la pression du gel s'effondrent, donnant un profil régulier aux versants des collines bisontines, bien que quelques versants escarpés continuent à évoluer encore de nos jours. Grâce aux pluies acides du Pliocène, des fractures rocheuses vont apparaître et des réseaux d'eau vont se créer. La Douin et Le Moine qui sont deux sources bregillotes, sont toutes deux originaires de cette époque. Le trop-plein d'eau généré par la Douin formera une petite rivière qui creusera une vallée à l'amont de laquelle s'établira Bregille-Village, à proximité de la source principale, avant que ses eaux ne soient captées en 1559 pour la ville de Besançon. La facile érosion de certaines parcelles de terre permettra l'expansion de la culture viticole et maraîchère, au niveau des Ragots, des Vaîtes mais aussi de ClementigneyMémoires de Bregille, page 17..
Climat
Le quartier de Bregille est soumis au même climat que Besançon, caractérisé par une forte variabilité. Les hivers sont rudes avec de fortes gelées et de la neige, et les étés sont chauds et secs. Les records de température maximale et minimale sur Besançon sont respectivement de le et le . La température moyenne annuelle est de Données sur le climat de Besançon sur le site de l’Internaute (consulté le 28/01/2010).
200px|Localisation de Bregille en France
+Mois J F M A M J J A S O N D AnnéeTempératures (sous abri, normales) °C 1,6 3,3 6,1 9,4 13,3 16,5 18,9 18,3 15,7 11,3 5,6 2,1 10,2 Précipitations (hauteur moyenne en mm, période 1961-1990) 91,1 81,8 83,5 91,6 111,4 100,1 80,5 86,9 93,2 85,8 103,7 99,0 1108 Source : Météo France
Axes routiers et voiries
Le quartier de Bregille n'est pas traversé par des axes essentiels, la grande majorité des voiries étant de petites routes ou des sentiers. Diverses rues rejoignent le quartier des Clairs-Soleils et celui des Chaprais, Bregille étant limitrophe de ces secteurs. Le quartier compte également un pont et trois passerelles franchissant le Doubs et rejoignant le centre historique : le pont de Bregille, qui fut construit en bois en 1689 puis sur piles de pierre de 1834 à 1837, la passerelle des Prés-de-Vaux reliant le secteur des Prés-de-Vaux à la route de Morre () au niveau de la Porte taillée, la passerelle de Chardonnet reliant le quartier à La Boucle, et le pont de la ligne de chemin de fer Besançon-Viotte - Le Locle-Col-des-Roches franchissant le Doubs au niveau de la tour de Rivotte pour atteindre la gare de Besançon-la Mouillère.
Aiguille (sentier de l') Le mot aiguille est sans doute un diminutif du mot aigüe, provenant du latin aqua (signifiant « eau »). Cette voie est également située près des rues Fontenottes et Fontaine évoquant aussi l'eau. Aiguillettes (chemin des) Ce mot est un diminutif d'aiguilles, désignant de petites sources. Avenir (chemin de l') Il s'agit d'une impasse privée nommée par son premier propriétaire qui voulait la prolonger au-delà de son tracé actuel. Cette voie prit ce nom officiellement en 1933. Breme (chemin de la) Le mot Breme pourrait provenir de l'adjectif féminin bourguignon brehaing désignant des sols ou des êtres vivants stériles. Champ-Vachots (impasse) Voie aboutissant sur un lieu où se trouvaient des vaches. Charmarin (chemin de) Charmarin est un diminutif de Charmière provenant du mot charme qui désigne à Bregille un lieu proche d'une forêt. Clemetigney (chemin de) On trouve ce toponyme en 1184 sous différentes orthographes Clemeteigney, Clemetegne, Clementigney et semble être une déformation du patronyme Clementius. Crotot (chemin du) Crotot pourrait provenir du mot crot émanant de crotum désignant une flaque d'eau servant à laver la laine sur le dos des moutons. Echenoz-Saint-Paul (chemin des) On trouve en 1253 a l'eschanaul saint Paul qui pourrait être une déformation du mot chenal, auge ou rigole captant les eaux sorties de terre utilisées pour les hommes et le bétail. Envelmey (rue des) Envelmey pourrait être une altération de Envers Meix signifiant donc Maix à l'envers pouvant faire référence à un domaine tourné vers le nord. Fontenottes (rue des) Fontenottes désigne de petites sources ou des fontaines. Fourchu (chemin) Adjectif sans doute attribué à la forme de cette voie. Gravirot-Remontants (chemins) Désignant des chemins raides et difficiles. Murger (chemin du) Cette voie qui n'apparaît sur aucun plan débouche sur la rue Mirabeau et signifie tas de pierres extraites des champs. Port-Joint (rue de) Joint était dans l'ancien français un mot signifiant agréable. Son appellation devait donc être liée à sa situation de grand ensoleillement au bord du Doubs. Vareilles (chemin des) Vareilles proviendrait de l'allemand wehr (défense) qui pourrait se traduire par terrain interdit à la pâture et aux pratiques du droit d'usage. Verjoulots (chemin des) Mot désignant le verjus (des vignes ayant du mal à mûrir) qui s'écoulait durant le Moyen Âge dans d'anciens pressoirs.
Découpage
Le site de Bregille comprenait populairement la totalité de la colline de Bregille (divisée en sous-secteurs), les Clairs-Soleils ainsi que les Prés-de-VauxMémoires de Bregille, page 34.. Les Clairs-Soleils, avant les années 1960 et son urbanisation, était administrativement dépendant du secteur de Bregille, bien que son développement et son histoire soient complètement dissociés. En effet, le site des Clairs-Soleils était à l'origine un secteur champêtre ne comptant pas plus d'une dizaine de fermes avant que les HLM ne les remplacent, lui donnant son aspect indéniable de quartier à part entière, à l'inverse de Bregille qui a toujours été un véritable village animé, et ce, depuis ses origines à nos jours. Quant au secteur des Prés-de-Vaux, il a toujours été administrativement dépendant de Bregille, mais comme pour les Clairs-Soleils, son histoire est différente ce qui fait que parfois le site est défini comme un secteur à part. Le secteur des Prés-de-Vaux, établi entre la rive droite du Doubs et les flancs de la colline de Bregille, fut jusqu'au début du un espace peu urbanisé. Mais à la fin des années 1890, le site devint une vaste aire industrielle et deviendra pour la plupart des bisontins, un secteur à part de Bregille à l'écart du village résidentiel. Malgré ces quelques divergences, on considère que Bregille est composé de quatre sous-secteurs : les Prés-de-Vaux, Bregille-Village qui est le centre historique du quartier, Bregille-Plateau qui est une récente excroissance du secteur ainsi que les Ragots comparable à un petit bourg. Quant au site de la Mouillère, il fut annexé administrativement au quartier des Chaprais, et ne fait plus partie à ce titre de Bregille.
Bregille-Village vignette|Bregille-Village en 2024.