Christine Albanel, née le à Toulouse (Haute-Garonne), est une femme politique et femme de lettres française.
Agrégée de lettres, conseillère d’État et proche de Jacques Chirac, elle est l’auteure de ses principaux discours à la mairie de Paris et à l’Élysée. En 2003, elle est nommée présidente de l’établissement public du château de Versailles.
Elle est ministre de la Culture et de la Communication de 2007 à 2009, et brièvement porte-parole du gouvernement en 2007, sous la présidence de Nicolas Sarkozy. À cette fonction, elle porte notamment une réforme de l'audiovisuel, ainsi que la controversée loi Hadopi, qui entraîne son départ du gouvernement. Elle intègre ensuite France Télécom (devenu Orange) en 2010.
Biographie Famille et formation Fille de médecin toulousain, Christine Marie Albanel est divorcée de Philippe Guilhot de Lagarde. Elle a un enfant, 2008..
Après une scolarité au Cours catholique Saint-Thomas d’Aquin et au lycée public Saint-Sernin à Toulouse, elle suit des études de lettres à la Sorbonne à Paris et obtient l’agrégation de lettres modernes. Elle devient professeure de français au lycée technique Saint-Lambert à Paris, dans une classe de BEP bâtiment..
Sa première rencontre avec la politique se fait à , par l’intermédiaire de son oncle de , étudiant en sociologie et militant de gauche en 1968 qui, dit-elle, était dans l'. Elle affirme que malgré son prestige, elle s'est construite politiquement contre lui et son discours qu'elle considérait comme .
« Plume » de Jacques Chirac Présentée par son cousin, Jean-Bernard Mérimée, alors chef du protocole au palais de l’Élysée, elle est de 1979 à 1981 attachée de presse d’Anne-Aymone Giscard d'Estaing, en tant que chargée de mission au secrétariat général de l’Élysée..
Après l’élection de François Mitterrand à la présidence de la République en , elle réintègre l’Éducation nationale et occupe pendant l’année scolaire 1981-1982 un poste à Luzarches..
Denis Baudouin la fait venir à l’hôtel de ville de Paris, où elle est chargée d’écrire les discours de Jacques Chirac, comme Alain Juppé avant elle. Elle rejoint ensuite le cabinet de Jacques Chirac lorsqu’il est nommé Premier ministre en 1986 pour continuer à écrire ses discours.
En 1988, Christine Albanel retrouve la mairie de Paris, où elle est nommée directrice adjointe du cabinet du maire. Elle fait aussi partie de l’équipe qui prépare la campagne présidentielle de 1995, autour de Maurice Ulrich. Jacques Chirac ayant été élu président de la République, elle le suit à l’Élysée. C’est elle qui rédige le discours du Vel’ d’Hiv de par lequel Jacques Chirac reconnaît la responsabilité de la France dans la déportation des Juifs, ainsi que l’hommage à François Mitterrand prononcé au soir de sa mort le . Elle devient également conseillère pour l’éducation et la culture et est nommée conseillère d’État au tour extérieur en 2000..
Sur le plan électif, elle est conseillère régionale d’Île-de-France de 1986 à 1992 et de 1998 à 2004. Elle est aussi secrétaire nationale auprès du délégué général à l’éducation, à la formation et à la culture du RPR (1992-1995) puis secrétaire nationale de l’UMP chargée de l’animation d’un groupe de réflexion sur l’évolution des programmes scolaires (2003)..
Présidente de l'établissement public du château de Versailles Elle est nommée en à la tête de l’établissement public du musée et du domaine national de VersaillesDécret du ., où elle succède à Hubert Astier. La nomination d’une personnalité administratrice et non d’une personnalité scientifique à la tête d’un tel établissement a cependant ému le monde des conservateurs et des historiens d’art..
Son action a ensuite été contestée, les spécialistes de la période l’accusant de sacrifier la conservation et la recherche scientifique au profit de la fréquentation toujours plus grande du site et au .. Elle a en effet largement ouvert le palais aux événements en cherchant à , accueillant par exemple une exposition de robes de mariées de Christian Lacroix dans la chapelle royale, et fait appel au secteur privé pour la rénovation et la valorisation du château..
Ministre de la Culture et de la Communication Nomination et difficultés vignette|redresse|Christine Albanel en 2007. Le , elle est nommée ministre de la Culture et de la Communication et porte-parole du gouvernement dans le premier gouvernement de François Fillon. Reconduite en dans le deuxième gouvernement Fillon, elle perd toutefois le poste de porte-parole, confié à Laurent Wauquiez, jugé meilleur communicant et plus politique. Christine Albanel est également membre du conseil scientifique et d’évaluation de la Fondation pour l'innovation politique (Fondapol).
Ses débuts sont difficiles : plusieurs fois annoncée sortante lors des remaniements ministériels, elle est selon Le Monde peu appréciée par Nicolas Sarkozy et doit rivaliser avec l’influent conseiller culturel de l’Élysée, Georges-Marc Benamou. Après la sortie du conseiller du giron élyséen, elle est confrontée en à la constitution du Conseil de la création artistique, dont le délégué général Marin Karmitz est présenté comme un nouveau ..
En outre, plusieurs annonces émaillent ses premiers mois. Capital révèle en qu’elle diffère la publication du rapport 2007 de la commission de récolement des dépôts d’œuvres d'art, faisant état de d’objets du patrimoine historique, dont certains confiés à des ministères, ambassades ou élus.. Le rapport est finalement présenté en et la commission pérennisée..
Création artistique et diffusion Affirmant l’échec des démocratisations et décentralisation culturelles à travers , Nicolas Sarkozy la charge d’appuyer la démocratisation sur l’éducation culturelle et artistique et les médias. Elle est aussi chargée d’adapter le monde culturel à la et de préserver la création artistique des risques de la contrefaçon..
Ainsi, partageant le désir de réformes profondes de Nicolas Sarkozy, elle mène le plan de modernisation des politiques publiques pour le ministère de la Culture, qui doit le voir se recentrer sur ses missions prioritaires, et sa réorganisation autour de trois directions générales et du regroupement des sept corps d’inspection du ministère.
Elle met également en place en les sur le spectacle vivant, aboutissant un an plus tard à trois pistes de réformes : une refonte des labels de l’État aux établissements et aux compagnies, un partenariat avec les collectivités territoriales où l’État serait plus que et une meilleure ..
Après l’essai de la gratuité de musées français voulu par le président de la République, elle le convainc de la limiter aux jeunes et aux collections permanentes. Elle met également en place l’enseignement artistique en primaire..
Affaire des têtes maories
En , elle s’oppose à la restitution d’une tête de guerrier māori tatouée conservée par le Muséum d'histoire naturelle de Rouen. En effet, en réponse à la demande de retour de tous les restes de dépouilles māori dispersés dans le monde entier, formulée depuis 1992 par le musée national néozélandais Te Papa Tongarewa, le conseil municipal de Rouen ordonne la restitution de la tête, mais le ministère de la Culture fait annuler la décision par le tribunal administratif de la ville le . Pour les partisans de la restitution, ces têtes étaient considérées comme des morceaux de corps humains devant être rendues au nom de la loi sur la bioéthique de 1994., tandis que pour la ministre, en vertu de l'article 11 de la loi du sur les musées de France, il s'agit de pièces de collections publiques (en l'occurrence anthropologiques), qui à ce titre sont inaliénables à défaut d'une procédure préalable de déclassement (ou d'une loi spéciale)..
Réforme de l’audiovisuel Dans le cadre d’une réorganisation de l’audiovisuel extérieur, elle réalise la fusion de RFI, France 24 et TV5Monde au sein de la Société de l'audiovisuel extérieur de la France. Elle est chargée de conduire une réforme de l’audiovisuel public, marquée par un accent sur la culture aux heures de grande écoute sur France Télévisions. Lors de cette réforme, la suppression de la publicité, mesure appuyée par Georges-Marc Benamou, est annoncée sans qu’elle soit consultée ou avertie.
Élections municipales de 2008 Elle se présente aux élections municipales de 2008 derrière Vincent Roger, tête de liste de la majorité présidentielle dans le de Paris où, selon son entourage, elle souhaite et se battre sur trois fronts : .. Élue conseillère municipale d’opposition, peu impliquée ni présente, elle démissionne peu de temps après..
Loi sur les archives En , elle porte la loi sur les archives, à laquelle la Direction des archives de France travaillait depuis de nombreuses années ; cette loi vise à faciliter l’accès aux archives et renforcer leurs protections.. Elle est critiquée par l’Association des archivistes français (AAF)...
Loi Hadopi et départ de la rue de Valois
vignette|Christine Albanel lors des débats à l’Assemblée sur la loi Hadopi. En , elle sort affaiblie du débat parlementaire sur le projet de loi « Création et Internet » dite , voulu par Nicolas Sarkozy.. En effet, critiqué par les experts des technologies numériques, dénoncé par les députés de gauche et certains de la majorité comme et techniquement irréalisable., attaqué par le Parlement européen., le texte est rejeté par l’Assemblée nationale à l’issue de la commission mixte paritaire, puis les principales mesures de la version adoptée en nouvelle lecture sont jugées anticonstitutionnelles par le Conseil constitutionnel..
De plus, durant ce débat, Libération révèle qu’un membre du cabinet de la ministre a transmis à la direction de TF1 le courrier électronique du responsable du pôle innovation web du groupe, Jérôme Bourreau-Guggenheim, envoyé à titre personnel à la députée Françoise de Panafieu pour l’informer de son jugement et des problèmes techniques liés à la mise en place d’un tel projet. Cette missive ayant conduit au licenciement du cadre de TF1., Christine Albanel est contrainte de mettre à pied, un mois après avoir refusé sa démission, ce collaborateur, qui se révèle être son directeur adjoint, Christophe Tardieu, qui la seconde depuis sa nomination au château de Versailles..
La loi censurée est promulguée le ., mais opposants et professionnels de la justice la jugent inapplicable., tandis que la ministre promet ., ayant fait de cette loi une réalisation importante de son ministère, dont l’abandon ferait que ..
Lors du remaniement ministériel du , elle est remplacée par Frédéric Mitterrand..
Après le gouvernement Elle refuse, selon la presse, de remplacer Frédéric Mitterrand à la tête de la Villa Médicis., avant d'être chargée en d’une mission sur le qui aboutit au rapport Pour un livre numérique créateur de valeurs, remis le .
Initialement pressentie pour succéder à Bruno Racine à la présidence de la Bibliothèque nationale de France, elle rejoint finalement, en tant que directrice exécutive chargée de la communication interne, externe, du mécénat et de la stratégie contenus de la nouvelle équipe, la nouvelle direction de France Télécom menée par Stéphane Richard, à partir du .. Le , elle devient directrice exécutive chargée de la responsabilité sociétale des entreprises (RSE), des événements, des partenariats culturels et institutionnels et de la solidarité. Elle a aussi la charge de la fondation Orange..
En , elle est prise à partie par Thibault de Montbrial, chargé de défendre Frédérique Dumas, ancienne patronne de la filiale cinéma Orange Studio (ex-Studio 37), pour licenciement abusif, contre Stéphane Richard et Christine Albanel. L'avocat déclare : . Elle est remplacée par David Kessler, ancien conseiller culturel de François Hollande à l'Élysée.. Frédérique Dumas porte plainte contre Christine Albanel et d'autres dirigeants du groupe pour faux et usage de faux..
Elle siège bénévolement au comité de déontologie créé par l'entreprise Endemol France à partir de 2010...