Eugène Frot, né le à Montargis (Loiret) et mort le à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), est un homme politique français.
Biographie thumb|400px|gauche|Eugène Frot, Joseph Paul-Boncour et Henry Chéron, en 1933 à la sortie de la Chambre des députés. Il se présente pour la première fois aux élections législatives de 1919 à l'âge de 26 ans en tête d'une liste de "concentration et rénovation républicaine". Il n'obtient que sur . Aucun des candidats de sa liste n'est élu.
En 1924, il est candidat sur la liste de rassemblement de la gauche qui remporte les 5 sièges du Loiret. Il rassemble alors sur son nom pour . Il s'oppose alors fortement à la politique du Bloc national mais également aux révolutionnaires communistes. À la chambre, il siège au sein du groupe socialiste.
En 1928, les élections ont lieu au scrutin d'arrondissement. Il se présente à Montargis où il réside et est réélu dès le comme candidat de l'Union des gauches radicales et socialistes. Son mandat est renouvelé dans les mêmes conditions en 1932. Il quitte la SFIO peu après les élections () et s'inscrit dès lors dans la mouvance républicaine-socialiste proche des radicaux.
Il entame alors une brillante carrière ministérielle :
Sous-secrétaire d'État à la présidence du Conseil du au dans le gouvernement Paul-Boncour; Ministre de la Marine Marchande du au dans le gouvernement Daladier I; Ministre du Travail et de la Prévoyance Sociale du au dans le gouvernement Sarraut I; Ministre de la Marine Marchande du au dans le gouvernement Chautemps II; Ministre du Travail et de la Prévoyance Sociale du 9 au dans le gouvernement Chautemps II; Ministre de l'Intérieur du au dans le gouvernement Daladier II.
Dans ce dernier poste, il aura à gérer les violences de la manifestation du 6 février 1934. Il est accusé d'avoir donné l'ordre aux policiers de tirer et même d'avoir organisé des provocations. La droite et l'extrême droite l'accusent après coup d'avoir été un . Il s'en défend mais voit sa carrière ministérielle brisée alors qu'on lui avait fait miroiter la présidence du ConseilLe 6 février 1934 à Montargis..
Réélu une dernière fois aux législatives de 1936, il siège avec l'Union socialiste républicaine, issue de la scission néo-socialiste de 1933. Cet antifasciste qui fut l'un des orateurs du rassemblement du Front populaire du à Montrouge adhère par pacifisme au Comité France-Allemagne en 1937, ce qui lui vaut un article amer de Bernard Lecache dans le périodique de la LICA, intitulé Simon Epstein, Un paradoxe français. Antiracistes dans la Collaboration, antisémites dans la Résistance, Albin Michel, 2008, , Le Droit de vivre, 5 mars 1938: ( selon l'article, il n'aurait été accepté à ce comité qu'avec 7 voix de majorité et son élection aurait été contestée )..
Le , il fait partie des à voter les pleins pouvoirs au maréchal Pétain. Sous l'occupation, il appartient à une amicale lavaliste regroupant socialistes indépendants et militants SFIO. Il adhère un temps au Rassemblement national populaire. Membre du Conseil national de Vichy, il en est écarté en Rémy Handourtzel et Cyril Buffet, La Collaboration... à gauche aussi, Paris, Perrin, 1989, .. Il élabore un projet de constitution conciliant pétainisme, tradition républicaine et réforme sociale.
En 1974, un procès en diffamation l'oppose à Jacques Duclos ancien dirigeant du Parti communiste français, ancien candidat de ce parti aux élections présidentielles de 1969, alors sénateur. Dans ses mémoires, Duclos avait laissé entendre que Frot (et Édouard Daladier, mort en 1970) avaient donné l'ordre de tirer sur la foule au soir du . Jacques Duclos se défendit en expliquant qu'il n'avait fait que refléter son état d'esprit quand il avait eu connaissance de la fusillade, et qu'il pensait à ce moment-là - mais à tort - que cet ordre avait bien été donné par les intéressés. Il ajouta qu'il ne savait pas que Frot était encore vivant. Duclos fut condamné, et mourut en 1975, soit huit ans avant Frot, mort le même jour que sa deuxième épouse Marguerite Legon, le .
Vie privée thumb|285px|La tombe d'Eugène Frot au cimetière de Château-Landon (Seine-et-Marne).
Le à Saint-Marcellin, Eugène Frot se marie avec Juliette Thèrèse Bouisson. Le à Neuilly-sur-Seine, il épouse, en secondes noces, Thérèse Aurélie Marie Legon.
Décorations
, de plein droit en tant que ministre de la Marine marchande. sans_cadre|50x50px Commandeur de l'ordre du Mérite social, de plein droit en tant que ministre du Travail et de la Prévoyance sociale. sans_cadre|50x50px Commandeur de l'ordre du Mérite civil, de plein droit en tant que ministre de l'Intérieur.
Bibliographie
Roland Vouette, Eugène Frot : l'homme du : fusilleur du peuple ou sauveur de la République ?, Châtillon-Coligny, Éditions de l'Écluse, « Les biographies gâtinaises », 2012, 185 p.,
Annexes
Liens externes
Références
Catégorie:Naissance en octobre 1893 Catégorie:Naissance à Montargis Catégorie:Ministre de la Troisième République Catégorie:Ministre français du Travail (ou des Affaires sociales) Catégorie:Ministre français de la Marine marchande Catégorie:Ministre français de l'Intérieur Catégorie:Député du Loiret (Troisième République) Catégorie:Député de la treizième législature de la Troisième République Catégorie:Député de la quatorzième législature de la Troisième République Catégorie:Député de la quinzième législature de la Troisième République Catégorie:Député de la seizième législature de la Troisième République Catégorie:Personnalité du Parti républicain-socialiste Catégorie:Personnalité de l'Union socialiste républicaine Catégorie:Membre du Conseil national (régime de Vichy) Catégorie:Décès en avril 1983 Catégorie:Décès à Neuilly-sur-Seine Catégorie:Décès à 89 ans Catégorie:Sous-secrétaire d'État français