Voici la liste des monnaies qui ont circulé en France.

Nom Dates Taux de change Livre parisis 755-1667 1 Livre parisis = 1,28 livre tournois Livre tournois 1203-1795 1 Livre tournois = 20 sols = 240 deniers Franc (à cheval) 1360-1640 1 Franc = 1 Livre tournois Franc (à pied) 1365-15751 Franc = 1 Livre tournoisFranc d'argent1575-1641Autre appellation de la livre tournois 1 Franc ≈ 1 Livre tournois Franc (révolutionnaire) 1795-1803 Franc (germinal) 1803-19281 livre = Franc (Poincaré) 1928-1959 Franc Pacifique (XPF)1945- en cours Pacifique = Nouveau franc 1960-1962 1 nouveau franc = 100 « anciens » francs Franc (FRF) 1963-2002 (Renommage) = 1 nouveau franc Euro (EUR) 2002- en cours =

Livre Parisis La livre parisis (ou livre de Paris, notée lp) était une monnaie de compte utilisée en France à partir du Moyen Âge et jusqu'au , en référence aux espèces monétaires fabriquées par l'atelier de Paris. À partir du , elle coexiste avec la livre tournois avant d'être interdite en .

Tournois La livre tournois (parfois écrit « livre Tournois », abrégé L, liv., lt, ₶, ou £) est une ancienne monnaie de compte française valant 240 deniers ou 20 sous, frappée originellement à Tours et qui fut utilisée en France sous l'Ancien régime. Elle remplace progressivement la livre parisis à partir du mais ne devient l'unique monnaie de compte qu'en 1667. Elle disparaît au moment de la création du franc français en 1795.

Franc (au Moyen Âge et à la renaissance) A Cheval Le franc à cheval est le premier franc français, monnaie d'or à 24 carats pesant , émise pour financer la rançon du roi Jean II le Bon (1350-1364), prisonnier des Anglais. Créé le , et mis en circulation en février 1361 jusqu'en 1364. Bien que le nom « franc » signifie « libre », il est plus probable que le nom de la monnaie vienne tout simplement de l'inscription Francorum Rex gravée sur la pièce. Le franc fut émis à la valeur d'une livre tournois, et le mot franc devint vite synonyme de livre.

A pied À la suite du succès rencontré par un premier franc or, le franc à cheval, frappé sous le règne du roi Jean II le Bon, son fils et successeur Charles V va également faire frapper un franc or en 1365, cette devise est remplacée par le franc d'argent en 1575 sous le règne d'Henri III de France.

Franc (1795-1959) Franc révolutionnaire La loi du 18 nivôse an () permet l'émission des premiers assignats libellés en francs.

Suit la loi du 18 germinal an III (), qui fixe la nomenclature définitive des nouvelles mesures républicaines (le mètre, l'are, le stère, le litre, le gramme), débaptise la vieille livre tournois (rappelant trop la royauté) et décide que l'unité monétaire officielle de la France est le franc. Sa contenance est de d'argent. La loi confirme le système décimal qui avait été imposé par la loi du adoptant le système métrique : un franc est subdivisé en 10 décimes ou 100 centimes, mais les pièces prévues ne seront jamais frappées. Il faut attendre 1796 pour voir apparaître les premières pièces en franc.

Avec la loi du 28 thermidor an (), le franc devient l'unité monétaire française. Elle va préciser les caractéristiques des nouvelles pièces d'argent. Elles auront pour type la figure d'Hercule unissant les figures allégoriques de l’Égalité et de la Liberté avec la devise « Union et Force ». Le poids de la pièce de un franc est fixé à cinq grammes d'argent au titre de neuf dixièmes de métal pur (900⁄1000), soit un poids de , ce qui permet de retrouver un poids pratiquement égal à celui donné à la livre depuis la réformation de 1726 ().

La loi du 25 germinal an () donne les équivalences livre tournois/franc : la livre pèse d'argent, et le franc d'argent fin. La livre est donc très légèrement supérieure au franc, mais la loi dispose que la pièce de soit donnée et reçue pour 1 sou et 3 deniers. Le franc vaut donc officiellement 1 livre 0 sol et 3 deniers (inversement, 1 livre = ).

Ce qui peut sembler une escroquerie n'en est pas : une étude sur une importante quantité de livres tournois en circulation montrait que, du fait de l'usure, le poids moyen d'une pièce de 6 livres (la pièce de 1 livre en argent n'existe pas) était inférieur à 6 × d'argent et se situait à 93 % du poids théorique. À la longue, 1 livre sera égale à (soit 20 sols = 100 centimes ou 10 décimes).

Cependant, la production de pièces ne suffit pas à répondre à la demande, le pays souffre d'un manque général de métaux (or, argent, mais aussi cuivre et bronze). Notamment, beaucoup d'émigrés sont sortis de France avec leurs métaux précieux, la thésaurisation limite la circulation d'espèces métalliques, la monnaie papier affiche des montants de plus en plus petits. Pour accélérer la mise en place de la nouvelle monnaie, deux mesures sont mises en place : la loi du 2 fructidor an () décide que les pièces de billon de Louis et des règnes antérieurs peuvent circuler pour 2 sous (10 centimes) mais en pratique le public ne les accepte que pour 1,5 sou. une campagne de récupération des métaux est mise en œuvre : dons patriotiques, confiscation des biens des émigrés, fonte de la vaisselle royale, fonte de l'argenterie et de l'orfèvrerie des églises et des abbayes, sont fondues.

Enfin, à partir de 1796, les guerres vont aussi permettre de faire venir des masses de métaux de toute l'Europe ( de livres en 1796).

La loi des 16-17 floréal an (5-) renverse le principe de la primauté de la livre tournois, et impose d'évaluer les monnaies royales en francs et centimes quand bien même elles seraient énoncées en livres/sous/deniers. Elle oblige les comptabilités et stipulations à être établies en francs à dater du vendémiaire an (). Elle donne les valeurs relatives des monnaies de la livre tournois, fixe le paiement des engagements, rentes, provisions, etc. Elle impose que les traitements des fonctionnaires, les impôts, transactions, les actes entre les particuliers, les retraites soient exprimés en francs.

Franc germinal En 1800, la Banque de France est créée.

La loi du 14 germinal an XI () permet aux services de l'État de reprendre au poids les monnaies rognées ou altérées. L'arrêté du 17 prairial An XI () publie un tarif de deux pages pour la reprise destinée à la refonte des monnaies d'or et d'argent de tous les pays d'Europe et de presque tous les pays d'Asie.

La loi du 17 germinal an XI () institue le bimétallisme selon un rapport d'échange entre l'or et l'argent de 1 or pour 15,5 argent (1 / 15,5) : = 0,322 d'or à 900⁄1000, soit 0,290 d'or fin = d'argent à 900⁄1000, soit d'argent fin.

L'argent revient à l'honneur : les pièces de ¼, ½, , , , sont frappées dans ce métal. Mais sont aussi frappées pour la première fois des pièces de 20 et en or, d'où l'appellation de « franc-or » qui s'imposera au milieu du .

La Banque de France devient l'institut d'émission privilégié, avec ses succursales. Elle fait aussi fabriquer des billets de banque en franc français, qui cependant n'ont pas pouvoir libératoire obligatoire : jusqu'en 1914 un créancier peut exiger le règlement en espèces (pièces d'or ou pièces d'argent de 5 F).

Sous Napoléon , la France se constitue un vaste empire en Europe, et hors d'Europe, dans lequel le franc circule largement. La Belgique, les Pays-Bas, la Suisse et le Nord de l'Italie y sont intégrés.

Le est créée l'Union monétaire latine, sous forme d'une association monétaire définissant les principes d'uniformité monétaire en matière de poids, titre de métal et cours pour les monnaies de quatre pays (France, Belgique, Suisse et Italie) auxquels se joint la Grèce en octobre 1868. Le titrage des pièces en argent est abaissé et passe à 83,5 %, au lieu de 90 %.

En 1871, le poids des pièces usuelles reste décimal, comme en 1848 ; il est le suivant : pièces en argent (à ) 20 centimes :

pièces en cuivre 1 centime : 2 centimes : 5 centimes : 10 centimes :

Le franc germinal ou franc-or est une monnaie très stable jusqu'en 1914, malgré les remous politiques qui érodent la confiance en la monnaie (1848, 1870-71) sans compter quelques scandales financiers ; cependant le franc accompagne le développement du pays et de sa richesse pendant , jusqu'en 1928 et l'avènement du « franc Poincaré ».

En 1913, un lingot d'un kilogramme d'or fin à s'échangeait sur la place de Paris à avec une prime moyenne de 0,05 % suivant les établissements.

En matière de change, la valeur relative du franc français pour l'année 1912 s’établissait comme suit : 1 dollar américain = 5,17 1 mark = 1,235 1 livre sterling = 25,23 1 couronne austro-hongroise = 1,05 réis portugais = 5,60 1 rouble = 2,666 1 florin néerlandais = 2,087 1 piastre ottomane = 7,058

Franc poincaré Dès août 1914, avec l'entrée en guerre, le franc français cesse d'être convertible en or : il a cours forcé. Les cours de change à taux fixe sont, durant le conflit, de moins en moins tenables et on assiste à la mise en place de changes flottants sur des marchés monétaires parallèles. D'autre part, la thésaurisation s’accélérant durant le conflit, des moyens de paiement dits de nécessité, gagés en grande partie par les Chambres de commerce et les municipalités, se font jour.

Le Franc Poincaré est une unité de compte qui a été utilisée dans la réglementation internationale de la responsabilité. Elle est définie comme étant d'or d'une finesse de 0,900 millième de millimètre. Il était auparavant identique au franc français, bien qu'il ne le soit plus depuis les années 1920.

La pratique de sa conversion en monnaies nationales varie d'un État à l'autre ; dans la plupart des États, le facteur de conversion est basé non pas sur le prix du marché de l'or, mais sur un prix officiel (un vestige de l'étalon-or, souvent bien inférieur à son prix actuel). Le franc Poincaré a été remplacé dans la plupart des cas par des droits de tirage spéciaux.

Les conventions qui utilisaient le Franc Poincaré comprenaient la Convention pour l'unification de certaines règles relatives au transport aérien international, la Convention internationale sur la responsabilité civile pour les dommages dus à la pollution par les hydrocarbures et la Convention internationale portant création d'un fonds international d'indemnisation pour les dommages dus à la pollution par les hydrocarbures.

Franc pacifique Le franc Pacifique, ou simplement appelé franc dans l'usage courant, est, avec l'euro, une des deux monnaies officiellement utilisées au sein de la République française. Également connu sous le nom de franc CFP, il a cours dans les collectivités françaises de l’océan Pacifique : Nouvelle-Calédonie, Polynésie française et Wallis-et-Futuna. Taux de change XPF = 8,38 EUR 1 XPF = 0,00838 EUR 1 EUR ≈ 119,331742 XPF

Franc (1960-2002) Nouveau Franc Revenu au pouvoir le , le général de Gaulle décide de réformer la structure économique et constitutionnelle du pays, et confie à Antoine Pinay et à Jacques Rueff la mission de créer un « franc lourd ». La convertibilité externe de la monnaie est rétablie. En parallèle, une nouvelle dévaluation de 17,5 % du franc est décidée, la septième depuis la Libération, qui fait que le franc, par rapport au dollar américain, équivaut à 1,8 milligramme d'or - ce qui donne un dollar pour un peu plus de 400 F. Le voit l'adoption du plan Pinay-Rueff qui vise la création du nouveau franc,. Appelé nouveau franc, il équivaut à 100 « anciens francs » ; ainsi un produit à 519 (anciens) francs coûtera désormais 5,19 (nouveaux) francs, ou et 19 centimes (division par 100). Le nouveau franc fut parfois appelé franc Pinay et, plus rarement, franc de Gaulle. L'abréviation en était « NF » et figurait sur tous les titres de paiement. Le 1960 sont mis en circulation les nouvelles pièces et billets.