Lacropole d'Athènes (en grec ancien ; en grec moderne ) est un plateau rocheux calcaire s'élevant au centre de la ville d'Athènes à laquelle elle a longtemps servi de citadelle, de l'Athènes antique à l'occupation ottomane, ainsi que de sanctuaire religieux durant l'Antiquité. Inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO, l'Acropole est actuellement un des sites touristiques les plus visités du monde.

La colline s'élève à . Sa partie plate s'étend sur un peu moins de d'est en ouest et du nord au sud dans son état naturel, mais les travaux du l'ont élargie jusqu'à près de . L'Acropole n'est accessible que par le côté ouest.

Le plateau a d'abord été utilisé comme habitat, puis comme forteresse, avant de devenir, au cours de l'époque archaïque, puis de l'époque classique, un grand sanctuaire principalement consacré au culte d'Athéna, comprenant plusieurs temples, dont le Parthénon, l'Érechthéion et le temple d'Athéna Nikè. Les autres monuments remarquables de l'Acropole sont les Propylées, le sanctuaire d'Artémis Brauronia, le théâtre de Dionysos, l'odéon d'Hérode Atticus.

Généralités L'acropole d'Athènes est située sur un plateau rocheux en calcaire d'environ de haut, dont le sommet plat mesure autour de d'est en ouest et, dans son état naturel du nord au sud, élargi jusqu'à près de par les travaux du , soit à peu près .

Le terme « acropole » ( / ) vient de l'adjectif (ákros « haut, élevé ») et du substantif (pólis, « cité, ville »), signifiant ainsi « ville haute ».

Elle est accessible par une pente escarpée sur le côté ouest qui aboutit aux Propylées. Cependant, le plateau dans son état naturel pouvait être atteint sur sa face nord par deux failles creusées par l'érosion. Les faces est et sud elles-mêmes ne sont pas inaccessibles. Ce fut même par le côté est, réputé trop abrupt et donc non surveillé, que les forces perses s'introduisirent dans la forteresse en 480 av. J.-C..

Le sanctuaire de l'Acropole d'Athènes est organisé autour de la statue de la divinité tutélaire de la cité. Cette statue d'Athéna Polias n'est connue que par quelques textesPausanias, I, 26, 6 ; Athénagoras d'Athènes, Supplique au sujet des chrétiens, 17, 4 ; Tertullien, Apologétique, XVI, 6. Elle était très anciennePausanias lui donne une origine miraculeuse.. Elle devait être un xoanon, une sorte de poutre de bois d'olivier, quasiment aniconique. Elle devait être plutôt debout : une poutre est difficile à asseoir et ressemble plus à un personnage debout qu'assis ; il n'y a pas non plus de mention de trône dans les textes ; enfin, Athéna est le plus souvent représentée debout.

Tous les ans, la statue était lavée, son péplos changé et sa parure (bijoux et accessoires) nettoyée. Ses bijoux étaient des boucles d'oreille, une bordure sur le cou et cinq colliers. Ses accessoires, tous en or, étaient une chouette, une égide, un Gorgonéion et une phiale. Elle n'avait aucune arme : elle n'était donc pas la déesse guerrière des statues les plus connues ensuite (Athéna Parthénos et Athéna Promachos de Phidias). Ces bijoux et accessoires pourraient dater de la « restructuration » de la statue primitive par Endoios. Il aurait fait de la poutre une korè en lui fixant un bras (et une main tenant la phiale).

Mythes fondateurs vignette|gauche|Naissance d'Érichthonios : Athéna reçoit le nouveau-né des mains de Gaïa, stamnos attique à figures rouges, 470-460 av. J.-C., Staatliche Antikensammlungen (Inv. 2413).

C'est sur l'Acropole d'Athènes, pendant le règne de Cécrops, que le mythe situe l'affrontement entre Athéna et Poséidon pour le contrôle de l'Attique. Poséidon d'un coup de trident fit jaillir une source d'eau salée ; Athéna offrit un olivier. C'est cette dernière qui l'emporta.

Érichthonios est le plus souvent considéré comme issu d'une tentative de viol d'Athéna par Héphaïstos. Le sperme du dieu lui ayant touché la cuisse, Athéna le jette sur la terre Gaïa qui est fécondée. Athéna cependant s'occupe du nouveau-né. Elle l'installe dans une corbeille et le confie à trois des filles de Cécrops (Aglaure, Hersé et Pandrose). Quand celles-ci ouvrent la corbeille, elles sont effrayées soit par les serpents qui gardent l'enfant soit par le fait que l'enfant a une queue de serpent. Elles se jettent du haut de l'Acropole et meurent. La déesse élève ensuite l'enfant dans son sanctuaire. Cécrops confie plus tard à Érichthonios le pouvoir royal sur la cité.

Créuse fille d'Érechthée et de Praxithée fut victime d'un viol commis par Apollon dans l'une des grottes de l'Acropole. Elle abandonna leur enfant Ion ; Hermès l'emporta à Delphes.

Préhistoire et protohistoire : habitat et forteresse Les pentes (ses grottes) et le plateau étaient habités au néolithique : ont été retrouvés des tessons de poterie à l'est de l'Érechthéion et des objets de pierre, d'obsidienne et des ossements d'animaux sur la pente nord-ouest. Les fondations d'une maison du néolithique récent ont été découvertes dans une grotte au-dessus de l'Asclépiéion.

Des vestiges d'occupation ont été découverts pour les diverses périodes de l'helladique. Quelques tessons de l'helladique ancien (2600-2000 ) ont été retrouvés près de l'Érechthéion et au sud-est du plateau ; pour l'helladique moyen (2000-1600 ) : de la (plateau), cinq tombes à ciste (d'enfants) (plateau) et six tombes recouvertes d'un tumulus (pente sud).

À partir du milieu du , une muraille cyclopéenne en calcaire local est attestée, le mur « pélasgique ». Il est donc possible de considérer que c'est à partir de ce moment que le plateau devient une acropole. Cette muraille subsiste encore en deux endroits : sous le temple d'Athéna Niké et les Propylées ( sur ) et à l'est du plateau (moins bien conservé). Lors de la grande fouille de la fin du (1882-1890), cette muraille a été attestée en d'autres endroits. Elle semble en fait faire le tour du plateau, avec une entrée principale déjà à l'ouest, protégée par un bastion remplacé depuis par le temple d'Athéna Niké. Elle pourrait avoir été doublée d'une enceinte basse, le Pélargicon, mur des cigognes ou des Pélasges, parfois aussi nommé Ennéapylon (mur aux neuf portes), mais celle-ci a totalement disparu. La forteresse était approvisionnée en eau par un puits souterrain, dans la pente nord, auquel on accédait par un escalier de soixante-cinq marches. Ce puits et son accès auraient été détruits par un tremblement de terre très tôt (trente ans ?) après leur mise en service.

La signification de cette muraille est très discutée. Cette forteresse nécessita une organisation centralisée et une population prête à déplacer autour de . Les mythes suggèrent la nécessité de se protéger de l'« invasion dorienne » ainsi que le synœcisme de l'Attique par Thésée. Si l'enceinte peut être attribuée à un pouvoir royal, il est moins sûr qu'elle ait été le signe de l'existence d'un palais de type mycénien.

Siècles obscurs Durant les siècles obscurs (1200-800 av. J.-C.), l'Acropole d'Athènes dut peu à peu perdre sa fonction d'habitat pour peu à peu devenir sanctuaire, mais les éléments archéologiques manquent. Il est par contre certain qu'un culte était rendu à Athéna dès le millénaire Les objets (offrandes de bronze principalement) retrouvés pour le géométrique récent (770-700 ) montrent que le plateau est devenu, au moins en partie, un sanctuaire. Cette transformation pourrait plaider pour l'existence d'un palais à l'époque dite mycénienne : le passage de palais à sanctuaire est plus courant que celui d'habitat à sanctuaire (avec le contre-exemple de Delphes). S'il y a bien eu un palais, il se pourrait même qu'il ait survécu aux destructions que connurent les autres palais mycéniens et encore perduré au début des siècles obscurs, l'Attique étant relativement épargnée par les destructions. Cependant, la plupart de ces objets ont été retrouvés lors de la grande fouille de la fin du , dans les remblais d'extension du plateau lors des grands travaux de transformations du , ne permettant donc pas de localisation d'un lieu de culte. L'hypothèse la plus probable est qu'il pourrait s'être trouvé à l'emplacement des deux colonnes de pôros du Pirée à l'angle sud-est de la tribune des cariatides.

Durant les siècles obscurs, l'Acropole a non seulement un rôle politique et une fonction de forteresse, mais est aussi en partie dédiée au culte.

Époque archaïque : glissement de la forteresse au sanctuaire Déclin du rôle politique En 752 av. J.-C., la royauté est abolie à Athènes, amorçant le déclin du rôle politique de l'Acropole, le nouveau régime oligarchique privilégiant la ville basse. Cependant, le site demeure encore en partie une forteresse jusqu'au

L'Acropole d'Athènes fut le théâtre de l'un des premiers événements politiques enregistrés de l'histoire de la cité (V, 71) ; (Solon, XII, 1–2) ; (I, 126). L'Eupatride Cylon, célèbre vainqueur olympique tenta à une date indéterminée de la seconde moitié du de prendre le pouvoir à Athènes en instaurant une tyrannie. Il s'empara de la forteresse, l'acropole, croyant contrôler la cité. Il y fut, avec ses partisans, assiégé, principalement par les Athéniens des campagnes. Vaincus par la faim et la soif, les conjurés se placèrent sous la protection de la divinité Athéna Polias en s'asseyant sur son autel. Afin de conserver cette protection hors du sanctuaire, ils nouèrent un fil à la statue de la déesse. Sur le chemin du tribunal, la corde cassa. La foule interpréta cela comme le signe que la déesse ne souhaitait pas leur accorder sa protection et les massacra.

Cet épisode est surtout la preuve du double usage de l'Acropole à l'époque archaïque : elle est encore une forteresse et déjà un sanctuaire. Elle est suffisamment forteresse pour être intéressante à contrôler ; mais pas encore totalement un sanctuaire qui n'aurait aucun intérêt stratégique et surtout qui placerait les insurgés en état de sacrilège immédiat. D'ailleurs, les autres coups d'État tentés par des aspirants à la tyrannie, jusqu'aux réformes clisthéniennes visèrent l'Acropole. Il est possible d'envisager que jusqu'à cette fin du , les extrémités est et ouest du plateau étaient encore zones militaires tandis que le centre était dédié aux cultes, comme l'atteste la mention d'un autel et d'une statue dans l'histoire de Cylon. L'instauration de la démocratie athénienne aurait alors passé par la démilitarisation du rocher avec la destruction des murs cyclopéens sud et la disparition de citernesSeule l'eau vive provenant d'une source est acceptable dans le cadre religieux. à partir de 480 av. J.-C..

Au cours du , se développa un nouveau centre civique, autour de la future agora classique. Cette création est le plus souvent attribuée à Solon, dans le cadre de ses réformes, mais l'historiographie récente a de plus en plus tendance à lui donner une date plus tardive dans le siècle. Cette création eut pour effet de diminuer le poids politique de l'acropole et par contrecoup d'en augmenter le poids religieux. Malgré tout, la première tentative de prise du pouvoir par Pisistrate en 561 av. J.-C. passait encore par un contrôle de la place forte. Ensuite, par contre, les Pisistratides ne résidèrent pas sur l'Acropole. Hippias fut même assiégé avec ses partisans, quelque part en contrebas, dans l'enceinte du Pélargicon ; peut-être parce que là, il y avait un point d'eau, utile dans un camp retranché. Le rocher joua une dernière fois un rôle politique quand Isagoras profita de la fuite d'Hippias pour tenter de prendre le pouvoir vers 508 av. J.-C. Avec l'aide du roi de Sparte Cléomène , il s'empara de l'Acropole. Selon HérodoteV, 72., la déesse se serait adressée depuis son temple à Cléomène lui disant que les Doriens étaient interdits d'y entrer. Cette dernière tentative de coup d'État fut peut-être la raison pour laquelle le plateau devint ensuite définitivement et dans son intégralité un sanctuaire.

Sanctuaire mal connu