Leers-et-Fosteau []. (en wallon Lere) est une section de la ville belge de Thuin, située en Région wallonne dans la province de Hainaut. C'était une commune à part entière avant la fusion des communes de 1977.
Fosteau est un hameau à l'est du village de Leers, qui s'est développé autour du château.
Toponymie Le premier nom signifie « champs non cultivés » et provient du latin Lerris (voir Leernes). Fousteau veut dire « bois de hêtres ». Dans un acte de 1185 rapporté par Mireus, il est traduit par « petite forêt » (de Forestella, diminutif de Foresta). Ainsi, Fousteau Forsteau serait une forme modifiée de Foresteau.
Forestella en 1185 et Fousteau en 1320.
Géographie
Situation Petit village situé en Thudinie à de Thuin, chef-lieu de l'entité. Le village est traversée par le ruisseau du Moulin et le ruisseau de la Fontaine Clause. Leers-et-Fosteau possède les lieux-dits : Chaufour, Tacfesse, Tourne Bride et Terre du Moulin et des bois : Bois Planté et Bois Lyon, situés au nord de l'agglomération.
localités limitrophes
Évolution démographique
Sources : INS, Rem. : 1831 jusqu'en 1970 = recensements, 1976 = nombre d'habitants au 31 décembre. Histoire vignette|Le tombeau du marquis d'Aouste.Le polyptyque de 868‑869 relatif aux biens de l’abbaye de Lobbes mentionne l’existence d’un petit village nommé Slari, alors situé au cœur d’une vaste zone forestière intégrée au domaine foncier monastique. Cette attestation constitue l’un des premiers témoignages écrits concernant ce territoire. Au , un différend opposa le seigneur Gilles de Barbençon, avoué du fief, à l’abbé Thomas de Lobbes au sujet de la maîtrise des bois environnants. Le conflit déboucha sur un accord rédigé, document qui précise la répartition des droits : l’abbé y apparaît comme détenteur du fonds et de la justice du bois de Leers, tandis que Gilles de Barbençon n’exerce qu’une avouerie, c’est‑à‑dire une charge de protection et de représentation. Le texte indique également que les revenus forestiers et les amendes se partagent selon une proportion établie : deux parts pour l’abbé, une pour l’avoué, après déduction des gages du garde forestier. L’avouerie demeura par la suite entre les mains des Barbençon durant tout l’Ancien Régime. Au , le nom du village se trouve associé à celui de Forestiel, lieu où fut édifiée une maison forte. Le territoire relevait alors du châtelain de Thuin, vassal du prince‑évêque pour le fonds et les justices, tandis que la famille de Barbençon conservait la charge de l’avouerie. Cette organisation féodale illustre la superposition des autorités seigneuriales et ecclésiastiques caractéristique de la région à la fin du Moyen Âge. gauche|vignette|Une allée du château. Le domaine du Fosteau passa successivement entre plusieurs lignages, dont Wauthier de Sémousies, la famille Jean de Sars, puis les Zwenne, connus pour avoir laissé la propriété en mauvais état. Les Marotte y ont laissé une pierre armoriée visible sur la façade principale, avant que le bien n’entre dans le patrimoine des Jamblines au . Philippe François de Jamblines, officier au service de la monarchie espagnole, épousa en 1737 Anne de Namur, issue de la maison de Joncret. Devenue veuve, celle‑ci résida au Fosteau jusqu’à son décès en 1794. Leur fille unique, Marie Bernardine, s’unit en 1761 au marquis Eustache Jean‑Marie d’Aoust, membre d’une ancienne famille française et engagé dans les institutions révolutionnaires, où il siégea à la Convention avant de mourir en 1805. Le couple eut quatre fils. Charles d’Aoust fit carrière dans l’armée et devint général de division, commandant les forces des Pyrénées orientales, avant d’être exécuté en 1794 après la défaite de Peyesourde. Adolphe d’Aoust, capitaine au long cours et hostile aux idées révolutionnaires, choisit l’exil ; il fut désigné héritier du Fosteau par sa grand‑mère. Joseph d’Aoust demeura en retrait des événements politiques et traversa sans encombre la période révolutionnaire. Bernard d’Aoust, partisan du nouveau régime, servit comme officier d’état‑major en Italie en 1797 avant de participer à l’expédition de Saint‑Domingue sous les ordres du général Leclerc. L’armée y fut décimée par les maladies, et Bernard d’Aoust mourut sur place en 1802.
Le , un bataillon prussien prit garnison à Thuin, où officiers et soldats furent hébergés chez l’habitant, lequel devait également assurer leur subsistance. Les troupes établirent une position défensive sur le plateau de la Maladrerie afin de surveiller la frontière française, qui passait alors au sud de Ragnies et de Biercée ; Leers‑et‑Fosteau, intégré à la France durant les 229 jours séparant les deux traités de Paris, se trouvait donc en territoire français. Les informations en provenance de France étaient jugées préoccupantes. Le , Napoléon Bonaparte arriva à Beaumont, tandis que le maréchal Ney logea à la ferme de Dansonspenne, à Fontaine‑Valmont. Le général comte Reille, commandant le deuxième corps de l’armée française, établit son cantonnement au château de Leers‑et‑Fosteau. Ses quelque bivouaquèrent à l’arrière du village et dans le bois Lion, situé à l’ouest de l’agglomération, près de l’emplacement de l’école actuelle. On peut encore y observer, en lisière nord, des traces attribuées aux anciennes positions d’artillerie françaises. gauche|vignette|L'intérieur de l'église Saint-Nicolas qui fut initialement un temple protestant. Au milieu du , Victor Hugo s’arrêta dans un relais de poste appelé Tournebride et y fit un dessin du château du Fosteau’. Adolphe d’Aoust devint propriétaire du Fosteau en 1794 à la mort de sa grand‑mère, la demeure ayant été préservée des troubles révolutionnaires en raison de l’engagement politique de son père, membre de la Convention. Personnalité singulière, il fut évoqué par Maurice Des Ombiaux dans Le Coq d’Aousse. Après un conflit avec le curé local, il adopta le protestantisme et fit édifier en 1850 un temple, devenu l’église actuelle’. Il mourut en 1854 et fut enterré dans un tombeau situé face à l’édifice. La propriété revint ensuite à son frère Joseph d’Aoust, décédé la même année. Son fils, Jules Edmond, marquis d’Aoust, marié à Henriette de la Croix de Chevrière de Sayve, n’eut qu’une fille, Hélène. Celle‑ci épousa Henri Marie de Robin, marquis de Barbentane, dont le fils unique, Gontran Marie de Robin de Barbentane, conserva le château jusqu’en 1947. Gontran, marié à Louise Jeanne de Rochecouste, eut trois filles, dont Roseline, future épouse du baron Albert le Guay. Elle céda le domaine en 1980. Le château fut alors acquis par la famille Van Honacker, qui y installa une exposition de mobilier ancien. Ce village de , le plus petit de l’entité, manifesta longtemps la crainte d’être intégré dans une grande commune. Malgré l’absence de biens de rapport et des ressources limitées, l’administration locale parvint à financer la construction d’une nouvelle école en 1951 et à assurer l’entretien de la voirie. L’annonce de la fusion des communes ne suscita aucune adhésion : le projet initial envisageait une entité rurale regroupant Biercée et Ragnies, destinée ensuite à se rattacher à Lobbes. Deux arguments étaient avancés contre un rapprochement avec Thuin, à savoir le coût d’entretien des remparts et la crainte d’une domination politique exercée par le bourgmestre de Thuin. Dans les années précédant la réforme, la commune fut dirigée par Marcel Mairy, bourgmestre durant les deux mandats qui précédèrent la fusion.
Liste des bourgmestres de 1830 à 1977 Pierre-Joseph Yernaux, de 1830 à 1855 (tendance catholique). C. Lien, de 1855 à 1872 (tendance catholique). J. Verly, de 1872 à 1879 (tendance catholique). F. Préaux, de 1879 à 1891 (intérêts communaux). Jules Hazard, de 1891 à 1912 (Parti catholique). E. Préaux, de 1912 à 1933 (intérêts communaux). Nicolas Bailly, de 1933 à 1938 (POB). Léon Bastin, de 1938 à 1947 (Parti catholique-PSC). Remy Bordeaux, de 1947 à 1953 (intérêts communaux). Robert Duterne, de 1953 à 1963 (PSB). Marcel Mairy, de 1964 à 1977 (PSC), déporté pendant la guerre de 1940-1945.
Patrimoine vignette|Le château de Leers-et-Fosteau. Patrimoine architectural Le château du Fosteau est un ancien donjon () développé en château fort, se trouvant à deux kilomètres à l'est du village. L'église Saint-Nicolas, destinée au culte protestant à fit bâtir à l'origine par le marquis d'Aoust en style néo-gothique.
Enseignement Le village possède une école communale, situé rue Alphonse Mathé.
Économie Le village est essentiellement agricole possèdent quelques fermes. Au niveau santé, Leers-et-Fosteau abrite notamment un cabinet dentaire « Cabinet dentaire du Fosteau ». Le village et desservi par la route nationale 559 et par les lignes 119 et 194 des TEC.
Vie associative Le village possède une fanfare communale.
Personnalité Ben Genaux (1911-1996), peintre, dessinateur, graveur et écrivain y habita à la fin de sa vie.
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie
Catégorie:Village en Wallonie Catégorie:Thuin Catégorie:Commune avant fusion dans l'arrondissement de Thuin Catégorie:Ancienne commune du Nord cédée par le traité de Paris de 1815 Catégorie:Histoire du protestantisme en Belgique