Bamako est la capitale du Mali. Dotée d'un important port fluvial sur le Niger et d'un centre commercial rayonnant sur toute la sous-région, la ville est aussi le principal centre administratif du pays, ainsi que le siège du district de Bamako. Elle compte, au recensement de 2022, https://www.instat-mali.org/laravel-filemanager/files/shares/rgph/rapport-resultats-globaux-rgph5_rgph.pdf., appelés les Bamakois et les Bamakoises. Son rythme de croissance urbaine est actuellement le plus élevé d'Afrique (et le sixième au monde)..
Bamako constitue depuis 1978 un district qui a rang de région dans l'organisation administrative malienne. Il est composé de six communes urbaines dirigées par des maires élus (Adama Sangaré est le maire du district de Bamako). Selon la réforme de 2023, le district de Bamako constitue une collectivité territoriale unique divisée en sept arrondissements.. A cette occasion, la région de Bamako a annexé la commune de Kalabancoro, qui était auparavant rattachée à la région de Koulikoro.
Histoire
De la préhistoire au Le site de Bamako a été occupé dès la préhistoire comme l’ont confirmé les fouilles archéologiques de Magnambougou.
À une époque qu’il est difficile de préciser,mais qui, d’après certains faits, peut être reportée au début du XIXᵉ siècle, c’est-à-dire une cinquantaine d’années après l’établissement des Banmana dans la région de Banamba-Niamina, l’ancêtre de la famille des Niaré, qui se serait appelé Sériba, quitta le pays des siens pour venir s’établir à l’endroit où se trouve aujourd’hui Bamako.
Cet aïeul était un Marka, c’est-à-dire un Soninké ; il habitait à Diara, dans le Bakhounou, à la limite du pays des Soura-Ka (Maures). Il se rendit d’abord à Ouaghadoua (Goumbou) auprès du chef des Ban-Mana-Massassi de l’endroit, et lui demanda de le faire conduire en un pays encore inoccupe, pour y fonder un village. Ce chef le fit conduire vers le Sud, à travers le Bélédougou, qui était alors complètement inhabité, jusqu’à ce que, arrivant sur les bords du Niger, près de l’endroit où se trouve aujourd’hui Bamako, l’aïeul des Niaré, trouvant le lieu à sa convenance, termina là son voyage. L’emplacement de Bamako était alors inhabité, mais non loin de là, près du village actuel de Moribadougou, c’est-à-dire à une dizaine de kilomètres de Bamako dans la direction de Koulikoro, habitait avec sa famille un nommé Bamba Sakho ou Sarhanaortho, sans doute soninké d’origine, dont les descendants ont aujourd’hui complètement disparu. L’aïeul des Niaré fit amitié avec ce Bamba Sakho et s’installa d’abord auprès de lui. Peut-être même prit-il femme dans la famille de Bamba Sakho, car il va être question de son fils, et, comme les traditions disent que Sériba était venu seul de Ouaghadou, il est nécessaire d’admettre qu’il épousa une femme au terminus de son voyage, puisqu’il eut des descendants.
C’est son fils Dia Moussa qui, au cours d’une partie de chasse, découvrit l’emplacement actuel de Bamako, alors tout couvert de grande brousse, et le fit visiter à son père. Celui-ci s’y installa avec sa famille naissante ; il prit une seconde femme parmi les Ban-Mana de la rive opposée ; son fils en fit autant. Et ainsi fut constitué le berceau des Niaré et de Bamako. Ce dernier nom, donné au nouveau village, voudrait dire, ou bien « rivière des caïmans » (Bamma-kow) ou bien « en arrière de Bamba Sakho » (Bamba-ko ou Bamma-ko).
Bamako (« marigot du crocodile » en bambara), est fondée au par les Niaré, anciennement appelés Niaré, qui sont des soninkés à l'origine. Le crocodile étant le fétiche de Bamako, on lui offrait à manger chaque année une jeune fille vierge.
Simballa Niaré, un chasseur venu du Kaarta (cercle de Diangounté, région de Nioros), un village soninké, choisit le site de Bamako. Mais c'est son fils aîné, Diamoussa Niaré surnommé Diamoussan Djan (à cause de sa grande taille), qui fonde la ville dont Niaréla (quartier des Niaré) est un des plus anciens quartiers.
Les trois crocodiles qui symbolisent Bamako tirent leur origine des trois marigots qui traversaient Bamako : Lido, Diafarana et Bèlèsôkô. Ces marigots se rejoignaient à 500 mètres de l'actuel Hôtel de l'Amitié de Bamako pour ensuite se jeter dans le fleuve Niger.
À la fin du , Bamako est un village de 600 habitants. Le , les colonisateurs français, conduits par Borgnis-Desbordes, y entrent. La même année naît Amadou Coumba Niaré (1883-1963) qui sera l'un des premiers instituteurs de Bamako après avoir été le premier fils de chef traditionnel à fréquenter l'école française. Après le décès de son grand-frère Maridiè Niaré en 1956, Amadou Coumba devient chef de la province de Bamako. Mais il ne règne que deux ans avant l'abolition de la chefferie traditionnelle en 1958.
En 1895, la ville devient un chef-lieu de cercle puis la capitale du Haut Sénégal-Niger le , et enfin la capitale du Soudan français en 1920.
En 1904, le chemin de fer Dakar-Niger est inauguré. En 1905 débute la construction de l’Hôpital du point G. Entre 1903 et 1907 est construit le palais de Koulouba où réside le gouverneur. C'est aussi là que siège la présidence de la République à partir de l’indépendance en 1960.
Le , Bamako est décrétée commune mixte et dirigée par un administrateur-maire.
Henri Terrasson de Fougères, gouverneur intérimaire (en 1920 et 1921), puis gouverneur du Soudan français de 1924 à 1931. Il fera de nombreux aménagements urbains.gauche|vignette|Le fleuve Niger aux environs de Bamako.En 1927 est construite la cathédrale. La Maison des artisans est créée en 1931. En 1947, un premier pont sur le Niger est érigé. La grande mosquée est bâtie en 1948.
Le , la loi transforme Bamako en commune de plein exercice. Modibo Keïta est élu maire le . Le , l’indépendance du Mali est proclamée et Bamako en devient la capitale.
Domination coloniale française À la fin du , Bamako est un gros village fortifié d'environ , lorsque le , les Français y pénètrent avec Gustave Borgnis-Desbordes.
En 1895, elle devient chef-lieu de cercle avant de devenir capitale du Haut-Sénégal et Niger le , puis du Soudan français en 1920. gauche|vignette|Passage du Gouvernement Général en gare de Bamako. En 1904, la ligne du chemin de fer Dakar-Niger est inaugurée. En 1905, commence la construction de l’Hôpital du point G. Entre 1903 et 1907 est construit le palais de Koulouba, palais du gouverneur puis siège de la présidence de la République à partir de l’indépendance en 1960.
Le , un arrêté général érige Bamako en commune mixte, dirigée par un administrateur-maireKô Samaké, Modibo Keïta, Recherche sur l’Historique de la Décentralisation au Mali : De la période coloniale à la , Penser pour agir.org, .vignette|Le Marché rose en 1929.Henri Terrasson de Fougères, gouverneur intérimaire (en 1920 et 1921), puis gouverneur du Soudan français (actuel Mali) du à 1931, réside au palais de Koulouba. Il est à l'origine d'un grand nombre d'aménagement urbains.
En 1927, est construite la cathédrale du Sacré-Cœur-de-Jésus. La Maison des artisans est créée en 1931. En 1947, un premier pont sur le Niger est édifié. La grande mosquée est construite en 1948.
Le , la loiLoi du relative à la réorganisation municipale en Afrique-Occidentale française, en Afrique-Équatoriale française, au Togo, au Cameroun et à Madagascar Détail, Légifrance. transforme Bamako en commune de plein exercice. Modibo Keïta est élu maire un an plus tard, le .
Depuis l'indépendance Le , l’indépendance du Mali est proclamée et Bamako en devient la capitale. vignette|Le Grand Marché en 1972. Après le coup d’État militaire de Moussa Traoré en 1968, la ville est dirigée par un administrateur délégué, poste tenu entre 1969 et 1970 par le chef de bataillon Balla Koné, puis par le capitaine Sékou Ly entre 1970 et 1978.
Par une ordonnance du Ordonnance /CMLN portant réorganisation territoriale et administrative de la République du Mali, Bamako devient un district, collectivité décentralisée régie par un statut particulier et composé de six communes. Elle est dirigée à partir de 1978 par un gouverneur assisté de deux adjoints et quarante conseillers de district. Se succèdent comme gouverneur le chef d’escadron Oumar Coulibaly (1978-1981), le chef d’escadron Moussa Keïta (1981-1983), Yaya Bagayogo (1983-1990), Abdoulaye Sacko (1990-1991), madame Sy Kadiatou Sow (1991-1994) et le lieutenant-colonel Karamoko Niaré (1994-1998).
La loi du Loi du relative aux conditions de la libre administration des collectivités locales définit le district de Bamako comme une collectivité territoriale dotée de la personnalité morale et de l’autonomie financière. À partir de 1998, le district est dirigé par un maire. Ibrahima N'Diaye est le premier maire élu et dirige le district entre 1998 et 2003. Moussa Badoulaye Traoré est élu maire du district en 2003. À sa mort en 2007, Adama Sangaré lui succède et est réélu en 2009.
Le , se déroule une prise d’otage dans l'hôtel Radisson Blu. Un bilan provisoire fait état de vingt-trois morts..
En 2019, la ville connait une canicule record, qui provoque plus de au mois d'avril..
Géographie Géographie physique Située sur les rives du fleuve Niger, appelé « Djoliba » (« le fleuve du sang ») en mandingue, la ville de Bamako est construite dans une cuvette entourée de collines. Elle s’étend d'ouest en est sur et du nord au sud sur , pour une superficie de .
Le district de Bamako compte une forêt classée, celle de Koulouba qui s’étend sur une superficie de République du Mali, Ministère de l’Environnement, Direction nationale de la conservation de la nature, Rapport annuel d’activités 2007, Bamako, janvier 2008, annexe 1..
Climat Bamako est soumis à un climat tropical de savane (Köppen: Aw, Trewartha: Awha). La ville occupe la frange correspondant à la zone de la Savane soudanienne occidentale. Elle bénéficie de ce fait d'un climat tropical assez humide, avec un total des précipitations annuelles de , mais avec une saison sèche et une saison des pluies bien marquées. Le mois le plus sec ne reçoit en effet pas la moindre goutte de pluie (précipitation égale à en décembre) tandis que le mois le plus pluvieux est bien arrosé (précipitations égales à en août). Les pluies régulières estivales permettent le développement d'une savane arborée ainsi que la culture de plantes telles que le sorgho, le maïs et le coton.
Démographie et populations + Composition de la population du district en % (2023). Groupe Bamako Bamanans 42,8 35,9 Peuls 12,5 12,8 Soninkés 10,2 8,2Malinkés 10,0 8,4 Dogons 5,5 6,1Songhaïs 3,9 4,8 Sénoufos 2,6 4,0 Miniankas 2,5 5,4 Autres 10,0 14,4 Total 100100 La population du district de Bamako atteint soit 18,02 % de la population nationale malienne, lors du recensement général de la population et de l'habitat réalisé en 2023. Les Bamanans, Peuls, Malinkés et Soninkés constituent les principales ethnies. L'accroissement démographique de Bamako est important : en 1884, en 1908S. Konaté, Bamako, enracinée dans l’histoire, ouverte au Monde, L’Essor , ., en 1945, près de en 1960 lors de l’indépendance du Mali. L’agglomération compte, en 2009, , 1972248 dans les nouvelles limites territoriales de 2023, et continue d'attirer une population rurale en quête de travail. Cet accroissement peu contrôlé entraîne des difficultés importantes en termes de circulation, d’hygiène (accès à l’eau potable, assainissement) et de pollution.
Entre 1998 et 2009, la population a été multipliée par près de 1,8, soit un taux annuel d'accroissement moyen de 4,8 %..
Les femmes représentent 49,8 % de la population.
L'aire urbaine de Bamako compte en 2009.
Située à de Dakar et Abidjan, à de Ouagadougou et à de la frontière guinéenne, Bamako est devenu un carrefour de l’Afrique de l'Ouest et accueille une population variée, composée des différentes ethnies présentes au Mali mais aussi issues des pays limitrophes.
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