Armand Point, né à Alger le Acte de naissance du . et mort à Naples le , est un peintre et graveur français.

Il est le chef de file d'une communauté d'artistes qu'il a fondée à Marlotte, le logis de Haute-Claire, qui s'inscrit dans la lignée du mouvement symboliste.

Biographie Armand Point est le fils de François Victor Point (né en 1835), plâtrier d'origine bourguignonne et de son épouse Caroline Amélie Mestas (née en 1838), modiste d'origine espagnole. Il est orphelin de père à six ans et de mère à sept ans, à la suite des épidémies successives de choléra et de typhus. Sa tante maternelle va alors l'élever. Arrivé à Paris, il entre en classe de du collège Rollin en Robert Doré, article paru dans L'Algérianiste, , .. Il suit les cours de dessins de Auguste Clément Herst (1825-vers 1888), également professeur des filles de Théophile Gautier. Armand Point commence par peindre des tableaux d'une esthétique naturaliste, puis en 1877, il quitte le collège et gagne l'Algérie pour dessiner les paysages de sa terre natale. Durant la période de son séjour en Algérie, il est mobilisé pour faire la campagne de pacification de la Tunisie. Séduit par l'Afrique du Nord, il peint des sujets de genre orientaliste.Son premier maître sera Auguste Herst, son professeur de dessin au collège qui le dote de bases solides. Il lui donne le goût de l’art avec une telle passion qu’Armand Point abandonne ses études et regagne Alger à 17 ans dans le but de s’adonner au dessin et à la peinture. Son deuxième maître et protecteur est le peintre orientaliste Hippolyte Lazerges chez lequel il réside à Alger. Le jeune artiste travaille assidûment et envoie son premier tableau au Salon de 1882 qui sera acquis par l’État. Durant sa période à Mustapha, il signe la déclaration de décès d'Hippolyte Lazerges le 24 octobre 1887 en qualité d'ami. Déclaration de décès également signée par Paul Lazerges.

Il rentre en 1888 à Paris, où il est déjà connu pour ses œuvres naturalistes envoyées au Salon dès 1882. En 1890, il fait la rencontre dans la forêt de Samois d'Élémir Bourges (1852-1925), un poète féru d'art avec lequel il restera lié d'amitié jusqu'à la mort de ce dernier. À cette époque s'éveille en lui le désir et la passion de posséder toutes les techniques pour élaborer son projet de marier l'art et la poésie. Durant ces années, son élève Hélène Linder (1867-1955) devient sa maîtresse.

Le thème de la Femme devient le sujet majeur des toiles qu'il expose au Salon des artistes français à partir de 1889.

En 1890, il s'installe à Marlotte dans la forêt de Fontainebleau.

En , il obtient une bourse de voyage et part en Italie avec sa compagne Hélène Linder, à l'esprit artistique et ouvert qui marque profondément l'artiste. . Il se ressource parmi les primitifs italiens et prône désormais un art sous les auspices de la tradition. Ayant reconstitué un procédé de peinture à l'œuf, il allie cette technique savante à son inspiration symboliste.

S'inspirant des anciens, il constitue en 1896 à Marlotte une colonie d'artistes active jusqu'en 1903, où se mêlent peintres, sculpteurs, doreurs, émailleurs et orfèvres qui créent avec des techniques retrouvées, tapisseries, bijoux et objets d'art. Ce cénacle intellectuel baptisé logis de Haute-ClaireAussi appelé Le Zodiaque ou La Devinière. devient un haut-lieu du symbolisme« Le logis de Haute-Claire », notice sur musee-orsay.fr. que visitent Odilon Redon, Oscar Wilde, Élémir Bourges, Stéphane Mallarmé, Stuart Merril ou encore le diplomate Philippe Berthelot, dans une atmosphère studieuse que Paul Fort qualifiera dans ses mémoires de . Peu reconnu par les critiques, jugé passéiste et accusé de pastiche, Point éprouve pour le Moyen Âge et la Renaissance la même admiration qu'Edward Burne-Jones et les préraphaélites. Pour lui, le moyen de lutter pour l'Idéal passe par le renouveau des valeurs ancestralesJean-David Jumeau-Lafond, Les Peintres de L'âme, le Symbolisme idéaliste en France..

Son inspiration évolue progressivement vers une note idéaliste et Joséphin Peladan l'invite au Salon de la Rose-Croix esthétique dont il fera l'affiche avec Léonard Sarluis en .

Son ami le peintre Mario Pérouse (1880-1958) lui fait découvrir l'École de Murol, lieu ou il vient peindre tous les hivers en 1919, 1921, 1923 et 1924, produisant des œuvres absolument différentes de ses précédents tableaux.

Il est le père de Victor Point (1902-1932)Victor Point étant en fait probablement le fils du diplomate Philippe Berthelot, lequel, avant de l'épouser, avait eu une liaison avec Hélène Linder, modèle et compagne d'Armant Point (cf. )., enseigne de vaisseau, héros de la Croisière Jaune qu'il dirigea pour Citroën en 1931, avant de se suicider par dépit amoureux l'année du décès de son père en 1932 qui, mort à Naples, souhaitait être inhumé à Bourron-Marlotte.

Œuvres répertoriées

Collections publiques

Bourron-Marlotte, musée-mairie : La Fille aux liserons, pastel, . Gray, musée Baron-Martin : Portrait de , huile sur bois, . Musée des peintres de l'École de Murol à Murol : Paris, musée d'Orsay : Avril, 1895, plâtre peint à fresque, « Avril » sur musee-orsay.fr. ; Coffret aux serpents, 1897-1899, atelier de Haute-Claire ; Coffret d'Ophélie, 1902-1903, atelier de Haute-Claire. Toulouse, musée des Augustins : La Promenade du jeudi dans les champs, 1888.

Estampes

Estampes notables selon Beraldi :

Salons et expositions Salon des artistes français de 1882 : En Tunisie, campagne de 1881, huile sur toile, acquise par l'État en 1884 (peinture visible au musée municipal de LouhansAnnie Bleton-Ruget, Le musée des Beaux-Arts de Louhans, invitation à une nouvelle découverte, revue « Images de Saône-et-Loire » (), pages 18 à 22.). Paris, galerie Georges Petit, du au , catalogue d'exposition.

Élèves et collaborateurs

Notes et références

Annexes Bibliographie Philippe Auserve, Armand Point, un symboliste à Murol, Paris, Éditions du Musée des Peintres de l’École de Murol, 2012. .

Robert Doré, L'Orientalisme chez le peintre Armand Point (mémoire de maîtrise), Paris, Université de Paris I, Panthéon-Sorbonne, 2000. Robert Doré, Armand Point et son oeuvre (1861-1932) (thèse de doctorat en histoire de l'art), Paris, Paris 1, 2007 (présentation en ligne). Robert Doré, Armand Point, de l'orientalisme au symbolisme 1861-1932, Éditions Bernard Giovanangeli, 2010. Stéphane Laurent, « Armand Point : un art décoratif symboliste », Revue de l’Art, , 1997, (en ligne sur persee.fr). Jacques Morizot, Roger Pouivet, Dictionnaire d’esthétique et de philosophie de l’art, Paris, Armand Colin, 2007, . Christophe Rameix, « Armand Point » in: L'école de Crozant, Les peintres de la Creuse et de Gargilesse, Limoges, Lucien Souny, 1991 et réédition 2002, p. 135. Merrill Stuart, Armand Point, Paris, Galerie G. Petit, 1899.

Liens externes

« Armand Point », sur french-painters.blogspot.fr. Portrait d'Hélène Berthelot par Armand Point sur apophtegme.com.

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