Recht est une section de la commune belge de Saint-Vith située en Communauté germanophone et en Région wallonne dans la province de Liège. C'était une commune à part entière avant la fusion des communes de 1977.

Le village est arrosé par le Rechterbach ou ruisseau de Recht.

Évolution démographique

Sources : INS, Rem. : 1930 jusqu'en 1970 = recensements, 1976 = nombre d'habitants au 31 décembre.

La « pierre bleue » de Recht : un schiste pas comme les autres Des maisons en "pierre bleue", un grand nombre de croix et d'autres réalisations montrent l'étendue des possibilités qu'offrait la "pierre bleue" de Recht. Du , le village de Recht a été marqué par l'extraction de schiste (pierre bleue) et le métier de tailleur de pierres.

L'exploitation de cette pierre naturelle connut une grande prospérité vers 1720, lors de l'immigration de plusieurs tailleurs de pierres tyroliens. De nombreux citoyens de Recht ont appris ce métier et en ont fait leur gagne-pain.

Les croix en pierre bleue font partie des réalisations les plus remarquables. Beaucoup d'objets pouvant être utilisés dans la vie courante ont également été fabriqués. La pierre bleue marquera ainsi de son empreinte le village de Recht.

Le schiste était extrait depuis longtemps dans des carrières à ciel ouvert. Lorsque celles-ci atteignirent des profondeurs de plus en plus importantes, les frères Margraff décidèrent en 1886, pour des raisons économiques, de creuser une galerie souterraine pour extraire le schiste.

En 1890, une deuxième galerie fut mise en exploitation. Elle se trouve à environ 50 mètres en dessous de la première galerie souterraine, dite galerie supérieure. Cette galerie est aujourd'hui ouverte au public.

En 1908, l'extraction souterraine fut arrêtée. Mais plusieurs tailleurs de pierres écoulèrent le produit de leur extraction jusque dans les années 1920.

Aujourd'hui le visiteur peut parcourir 800 m sous terre, à la découverte de cette majestueuse roche bleue et admirer les grandes salles d'extraction. Lors d'une visite guidée, l'histoire géologique et minéralogique de la région, ainsi que le travail dangereux des tailleurs de pierres sont présentés de façon intéressante.

Sentier de la « pierre bleue » Cette promenade d'environ 8 km vous fait découvrir de nombreux objets et des maisons construites entièrement en pierre bleue. Des tableaux explicatifs donnent des renseignements supplémentaires. Au cours de cette promenade vous profiterez de points de vue panoramiques superbes du village de Recht.

En partenariat transfrontalier avec la société minière Sainte-Barbara à Bleialf (Eifel / Allemagne), de nouveaux projets ont pu être concrétisés. En 2000, l'ancienne galerie souterraine d'extraction de schiste a été aménagée à Recht parallèlement à l'agrandissement du bâtiment d'accueil, ainsi qu'à l'aménagement d'une nouvelle salle d'exposition à Bleialf.

| Site internet de Bleialf

Les bornes frontières

Sous le régime allemand, la commune de Recht a fait partie du Kreis (cercle) de Malmedy, dans l'arrondissement (Regierungsbezirk) d'Aix-la-Chapelle (Aachen). La commune de Recht était jalonnée par 13 bornes frontières, numérotées de 90 à 111. Ces bornes ont la forme d'un tronc de pyramide hexagonale.

À la base inférieure, elles mesurent 18,5 cm et à la base supérieure elles mesurent 13,5 cm. Elles ont une hauteur de 1,55 m. Le socle des bornes a la forme d'un parallélépipède rectangle. La base du socle est un carré de 37 cm sur 37 cm. La hauteur du socle (en terre) mesure 77 cm.

Jadis, on prenait des crêtes, des vallons et des cours d'eau pour limites d'États. La première borne (n° 99) se trouve au hameau de Poteau, sur la cote 475 m, au Nord de la route d'État de Recht à Vielsalm, à une distance de 77 m de la route. Un chemin empierré partant du café Derouaux fait la limite des communes de Recht et de Petit-Thier.

Le chemin se situe sur le territoire de Petit-Thier. Les maisons situées à droite du chemin se trouvent sur le territoire de la commune de Recht ; les maisons à gauche du chemin sont situées sur le territoire de Petit-Thier. La borne n° 99 a été dressée directement contre l'ornière droite du chemin. Pendant l'offensive von Rundstedt la borne a été renversée par un tank. Il ne reste plus que le socle de la borne. La borne elle-même se trouve vis-à-vis du socle, du côté gauche du chemin, entourée de hautes herbes.

À une distance de 250 mètres de la borne 99 nous atteignons un chemin creux et nous sommes bientôt dans la forêt.

La borne n° 100 se situe à de la borne n° 99, sur la cote 520 m (45 m plus haut que la borne n° 99). Elle est également à droite de ce chemin forestier. Une particularité de cette borne mérite d'être mentionnée. À la base supérieure de la borne, on a fait une entaille au burin. Cette entaille a été effectuée du fait qu'à cet endroit la frontière dévie légèrement vers la droite et ne suit plus exactement le tracé du chemin forestier.

À une distance de 150 m de la borne n° 100, à gauche du chemin forestier se trouve la Croix du Français portant le millésime 1812.

Cette croix en bois, peinte en couleur jaune, rappelle la mort d'un soldat français en 1812.

Ce fut au temps de la guerre des Paysans, lors des grandes guerres napoléoniennes en Russie. Nos provinces étant annexées à la France, les jeunes gens furent enrôlés de force à l'armée française et envoyés au front en Russie. La plupart de ces soldats ne rentrèrent plus au pays et laissèrent leur jeune vie au champ de bataille.

Exaspérés par les réquisitions, les contributions de guerre et l'enrôlement de force, les paysans du Limbourg et du Luxembourg se révoltèrent contre l'occupant français oppresseur. C'est ainsi que les jeunes gens de nos villages se soustrayaient au service militaire. En hiver, ils se cachèrent dans les maisons éloignées du village et en été, ils se réfugièrent dans les bois environnants. Le village de Petit-Thier connut beaucoup de réfractaires à l'armée française. C'est ainsi qu'en 1812 un escadron français, cantonné au hameau de Logbiermé (commune de Wanne) envoya deux cavaliers en mission à Poteaux. Arrivés non loin de l'endroit où se situe la croix actuellement, ils tombèrent dans une embuscade des réfractaires. Un soldat français fut tué, l'autre soldat fit demi-tour et retourna à Logbiermé pour chercher du renfort. Quand l'escadron français revint à l'endroit prénommé, les soldats français constatèrent que le cheval du cavalier tué avait disparu.

Les Français entrèrent dans le village de Petit-Thier et obligèrent la population à enterrer le soldat français. On ne sait cependant pas, si le soldat a été enterré à l'endroit où il a été tué ou s'il a trouvé sa dernière demeure au cimetière de Petit-Thier. Cette croix est située sur une parcelle boisée appartenant au garde forestier Gérardy, résident au domaine de Tinseu Bois (commune de Petit-Thier). Cette croix en bois est régulièrement entretenue et renouvelée par la propriétaire de la parcelle boisée de sapins. À droite du chemin, à quelques mètres de là, on a érigé l'ancienne croix du Français, qui était précédemment érigée à l'endroit où se trouve la croix actuelle.

À environ 70 mètres de la croix du Français se trouve une borne avec une croix potencée, en pierre d'arkose, d'une hauteur de plus ou moins 50 cm. Cette pierre se trouve dans un fossé délimitant jadis le comté de Salm et le seigneurie de Saint-Vith. Cette délimitation date de 1678.

Suivons ce chemin creux sur une distance d'environ 600 m. Nous arrivons à un carrefour : le chemin Poteaux - Logbiermé (que nous avons suivi jusqu'ici) et le chemin Marie Legros - Petit-Thier.

À droite de ce carrefour, à environ 80 mètres, se situe la borne n° 101. Cette borne ne situe pas exactement l'ancienne frontière Belgique - Prusse, mais se situe à 20 m de là, sur le territoire de la commune de Recht. La carte cadastrale de la commune de Recht fait foi de cet emplacement particulier. La borne se trouve à l'intérieur d'une sapinière. Elle est très bien conservée. À 20 m, au sud-ouest de la borne se trouve un fossé, délimitant exactement les communes de Recht et de Petit-Thier. Dans ce fossé se trouvait également une borne à croix potencée et renversée.

M. Bruyère, ancien secrétaire communal de Petit-Thier a enlevé cette borne et l'a placée près de sa demeure afin de la conserver et de la sauvegarder d'une destruction certaine. À quelque 200 m de la borne n° 101, nous rencontrons une clairière, à l'endroit dénommé Mont Legros. Cet endroit fut habité par la famille Legros jusqu'en 1833, date à laquelle la maison tomba en ruine. Actuellement les prairies et pâtures s'étendant dans cette clairière appartiennent à une famille de Petit-Thier. À cet endroit (mont Legros), le visiteur a un merveilleux coup d'œil sur le hameau de Kaiserbaracke, faisant partie du village de Recht.

La borne n° 102 se trouve non loin de cette clairière, à une centaine de mètres, à droite du chemin, au lieu-dit Logbierméevenn (fanges de Logbiermé). Elle se situe à une distance de 650 mètres de la borne n° 101, sur la côte de 570 m (10 m de ... que la borne 101), dans une sapinière mal élaguée et mal ébranchée. Il n'est pas facile de découvrir cette borne cachée par des troncs d'arbres. Il fait difficile de marcher dans cette sapinière, où aucune éclaircie n'est effectuée et dans laquelle des arbres périssent sur pied et obstruent le passage dans ce terrain fangeux et marécageux.

À 200 m de la borne n° 102, nous découvrons une ancienne borne à croix potencée, à l'intersection des communes de Recht, Petit-Thier et de Grand-Halleux. Un fossé fait la délimitation entre ces 3 communes.

La borne n° 103 se trouve à 530 m de la borne n° 102, sur la cote 590 m (20 m plus haut que la borne n° 102). Malheureusement, cette borne est fracturée en trois morceaux. Elle a été cassée lors de l'abattage d'un gros sapin, qui s'est abattu sur la borne - frontière. De la borne n° 103 à la borne n° 104, la frontière dévie à angle droit vers la droite et nous apercevons une belle bordure d'épicéas. Ces épicéas ont un volume de 3 à 4 m³. Ils appartiennent à la commune de Grand-Halleux. Nous remarquons également une grande masse de jeunes épicéas, poussant d'une façon touffue, l'un à côté de l'autre. Ces épicéas date de 1943, une année de graines. En 1943, il y eut énormément de pommes de sapin. Les graines sont tombées en grandes quantités de ces énormes sapins, se trouvant à cet endroit. Elles ont germé par centaines de milliers et ont produit une multitude de jeunes sapins. La Direction des Eaux et Forêts laissa pousser ces sapins tels quels, afin qu'une sélection naturelle s'effectue. Les jeunes sapins, les plus chétifs ont péri et les éléments les plus robustes se sont maintenus. Beaucoup périrent encore et il ne restera plus qu'une élite de sapins sains et robustes. Les graines contenues dans les pommes de sapins robustes seront employées comme graines sélectionnées, provenant des meilleurs reproducteurs.

À la borne n° 104, située sur la côte hypsométrique de 590 m, la frontière dévie vers la gauche. Ici, nous traversons de nouveau un terrain fangeux et marécageux, au lieu-dit Logbierméheide (bruyères de Logbiermé), où les épicéas périssent souvent sur pied et encombrent le passage au visiteur. Dans ce terrain, gorgé d'eau stagnante, nous devons nous faufiler entre les branches de sapins et les troncs d'arbres dépéris. À une distance de 210 m nous atteignons la borne n° 105, située sur la crête 596 m. La borne est quelque peu cachée par un énorme sapin et se trouve à l'intersection des communes de Recht, Grand-Halleux et Wanne. Non loin de là, à l'ouest de la borne, nous remarquons de nouveau le chemin Poteaux - Logbiermé, que nous avons quitté près de la borne n° 102. Le hameau de Logbiermé (ancienne commune de Wanne) se situe à 2 km de la borne n° 105.