Le Doubs (Prononciation en français de France standardisé retranscrite phonétiquement selon la norme API.Jean-Marie Pierret, « Phonétique historique du français et notions de phonétique générale », Peeters, Louvain-la-Neuve, 1994, .) est un département français de la région Bourgogne-Franche-Comté qui tient son nom de la rivière Doubs. Il fait partie de la région historique et culturelle de la Franche-Comté. Son chef-lieu (préfecture) est la ville de Besançon et il compte deux sous-préfectures situées dans les villes de Montbéliard et de Pontarlier. L'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) et La Poste lui attribuent le .
Sa population était de habitants, appelés « Doubiens » et « Doubiennes »Le terme « Doubiste » est parfois utilisé ; toutefois les linguistes estiment que l'appellation correcte est « Doubien » au motif que les suffixes en « -iste » servent plutôt à former des noms correspondant à un métier, ou à un adepte d'une activité, d'une idéologie ou d'une théorie. Les habitants de la commune de Doubs, quant à eux, sont appelés les « Doubsiens »., en . Deuxième département le plus peuplé de la région Bourgogne-Franche-Comté après la Saône-et-Loire, il est également le deuxième le plus densément peuplé après le Territoire de Belfort.
Situé à l'est de la France et de la région Bourgogne-Franche-Comté, il partage près de de frontière avec la Suisse et la majeure partie de son territoire est incluse dans le massif du Jura. Son point culminant est le mont d'Or () et les trois principaux cours d'eau qui l'irriguent sont le Doubs, l'Ognon et la Loue.
Économiquement, le département du Doubs est un des plus industrialisés de France, spécialisé notamment dans la construction automobile avec l'implantation historique de l'usine Peugeot (groupe Stellantis) à Sochaux, dans la métallurgie et l'agroalimentaire. Berceau historique de l'horlogerie française, le Doubs accueille également de nombreuses entreprises dans le secteur des microtechniques. Son agriculture, principalement orientée vers l'élevage et la production de lait, est symbolisée par ses fromages (comté, mont d'or, morbier, cancoillotte) et charcuteries (saucisse de Morteau, saucisse de Montbéliard, jambon fumé).
Les principaux monuments touristiques du département sont la citadelle de Besançon et la saline royale d'Arc-et-Senans, toutes deux inscrites sur la liste du patrimoine mondial de l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (Unesco) ainsi que le château de Joux. Le Doubs est renommé pour ses nombreux sites naturels remarquables, tels que le lac de Saint-Point, le saut du Doubs, les sources du Doubs, de la Loue et du Lison, le cirque de Consolation, la grotte d'Osselle et le gouffre de Poudrey.
Géographie
Situation
Le Doubs fait partie de la région Bourgogne-Franche-Comté, dont il occupe la partie est : il est bordé au sud et à l'ouest par le département du Jura, au nord par les départements de la Haute-Saône et du Territoire de Belfort et à l'est par les cantons suisses de Vaud, de Neuchâtel et du Jura. Il a une superficie de .
Géologie et relief Le Doubs s'étend en grande partie sur le massif du Jura, massif calcaire d'altitude moyenne qui présente tous les éléments caractéristiques du relief jurassien : monts, vaux, cluses, combes, bordées de crêts. Son point culminant est le mont d'Or qui culmine à d'altitude ; l'autre point majeur est le Morond à . On peut distinguer trois régions : au nord-ouest, la plaine de la Haute-Saône et son relief accidenté façonné par les eaux ; le centre est principalement une région de hauts plateaux calcaires ; à l'est, la montagne domine le département. Elle est composée de hauts plateaux mais ses sommets restent assez modestes.
Hydrographie Du point de vue hydrographique, le Doubs cumule de cours d'eau dont les principaux sont le Doubs, l'Ognon, la Loue, l'Allaine, le Dessoubre et le Lison, et 718 hectares de plans d'eau dont le lac de Saint-Point, le lac de Remoray, le lac de Chaillexon et le lac de Biaufond.
Climat
+ Besançon Pontarlier Hauteur moyenne de précipitations Nombre moyen de jours de précipitation > 141 154 Température maximale moyenne Température moyenne Température minimale moyenne
Voies de communication et transport
Voies routières
gauche|vignette|L'autoroute A36 à Montbéliard.
Au , le Doubs totalise de voies routières dont d'autoroutes, de routes nationales, de routes départementales et de routes communales. Une seule autoroute, l'autoroute A36, traverse le département sur d'est en ouest : cet axe qui relie Beaune à Mulhouse dessert les deux principales agglomérations du département, Besançon et Montbéliard, ainsi que les petites villes de Saint-Vit et Baume-les-Dames. Le deuxième axe majeur est la route nationale 57 qui traverse le département du nord au sud sur en passant par Besançon et Pontarlier jusqu'au principal point de passage de la frontière entre le département du Doubs et la Suisse situé sur la commune de Jougne. Une autre route nationale, la RN 83, relie l'agglomération de Besançon au département du Jura sur . La plus longue voie routière à traverser le territoire du Doubs est la route départementale 437 qui parcourt du nord au sud à travers le massif du Jura, desservant notamment Mouthe, Malbuisson, Pontarlier, Morteau, Le Russey, Maîche, Pont-de-Roide et l'agglomération de Montbéliard.
Transport ferroviaire vignette|Avec de voyageurs en 2024, la gare de Besançon-Viotte est la plus importante au niveau départemental et le principal nœud ferroviaire de Franche-Comté.
la ligne à grande vitesse LGV Rhin-Rhône traverse le département du Doubs en desservant les gares de Besançon Franche-Comté TGV et Belfort – Montbéliard TGV ; la ligne de Besançon-Viotte à Dijon-Ville dessert l'ouest de Grand Besançon Métropole (Dannemarie–Velesmes, Saint-Vit) ; la ligne de Besançon–Viotte à Belfort serpente dans la moyenne vallée du Doubs et passe notamment par Baume-les-Dames et Montbéliard ; la ligne de Besançon-Viotte à Lyon-Part-Dieu ; la ligne de Dole à Pontarlier ; la ligne de Besançon-Viotte à La Chaux-de-Fonds, appelée « ligne des Horlogers » ; la ligne de Paris-Gare-de-Lyon à Lausanne, desservie par des TGV Lyria, s'arrête à la gare de Frasne.
Toponymie Le département tient son nom de la rivière Doubs, mentionnée anciennement sous la forme « Dubis », qui vient du celtique (gaulois) « dub » qui signifie « noir »Voir l'étymologie sur le dictionnaire irlandais-anglais .. La première mention écrite apparaît dans les « Commentaires sur la Guerre des Gaules » de Jules César : « […] propterea quod flumen [alduas] Dubis ut circino circumductum paene totum oppidum cingit […] ». C'est un nom féminin à l'origine « *dubui » > « dubi(s) », comme la plupart des noms de rivière antiques. On retrouve plusieurs noms de rivière analogues en Grande-Bretagne du type Dove, d'une forme en « -ā » (« dubuā ») et des noms dérivés en France (la Dhuine, la Dheune ou la Deûle).
La racine celtique ancienne « dubu- » est prolongée par le vieux gallois « dub- », gallois, breton « du » et l'irlandais « dub », signifiant « noir », de même dans des termes dialectaux régionaux, par exemple dans « sapin double », compris comme « double », mais à l'origine « doube », c'est-à-dire noir. De même, le suisse alémanique a conservé le mot, figé dans les toponymes du type « Tobwald », « Toppwald », mais encore vivant au Moyen Âge comme le montre la mention latine de 1299 : « Silvas nigras que theotonice vulgo « topwelde » appellantur »Pierre-Yves Lambert, « La langue gauloise », Éditions Errance 1994. .Xavier Delamarre, « Dictionnaire de la langue gauloise », Éditions Errance, 2003..
Histoire
vignette|Maximilien hérite du comté en 1477 à la suite de son mariage. vignette|Carte du Doubs en 1790.
Jadis peuplé par les Séquanes, peuple celtique de l'Est de la Gaule, le territoire du Doubs fut sous domination romaine jusqu'au avec pour métropole Vesontio. Le christianisme a très tôt été introduit dans la région par le premier évangélisateur de Franche-Comté : saint Ferréol et son frère le prêtre saint Ferjeux, fondateurs de l'Église de Besançon. Ils furent martyrisés en 212.
Envahie ensuite par les Burgondes, la région fut rattachée au royaume d'Arles lors de l'établissement de la féodalité. C'est au qu'est fondé le comté palatin de Bourgogne, à la fois convoité par le roi de France et l'Empereur. Puis le comté fut rattaché à la France au lors du mariage de Philippe V avec la comtesse de Bourgogne Jeanne II. C'est ainsi qu'elle partagera alors son histoire avec le duché de Bourgogne, gardant néanmoins une autonomie certaine.
En 1477, le mariage de Marie de Bourgogne, avec fait basculer la région aux mains des rois d'Espagne de la maison de Habsbourg, et ce malgré l'intervention militaire du roi Louis XI. Le protestantisme s'y implante aux malgré le très fort ancrage local du catholicisme. Les conflits qui s'ensuivent n'épargnent pas la région : les troupes suédoises du général Bernard de Saxe-Weimar y commettent des exactions au cours de la guerre de Dix Ans, épisode franc-comtois de la guerre de Trente Ans. Le comté est définitivement cédé à la France par le royaume d'Espagne en 1678 à la suite de la signature du traité de Nimègue. Il connaît alors une prospérité économique et une relative autonomie politique.
Le « département du Doubs » a été créé à la Révolution française, le en application de la loi du , à partir d'une partie de la province de Franche-Comté. La république de Mandeure lui fut rattachée en 1793, ainsi que la principauté de Montbéliard en 1816 (après avoir été rattachée à la Haute-Saône en 1793, puis au Mont-Terrible et au Haut-Rhin).
Le Consulat installe le conseil général et le préfet en 1800, puis plus tard, en instaurant le suffrage universel, la Deuxième République permet à chaque canton d'élire son conseiller.
La commune de Le Cerneux-Péquignot est annexée par le canton de Neuchâtel en application du traité de Paris en 1814. Après la victoire des coalisés à la bataille de Waterloo (), le département est occupé par les troupes autrichiennes et suisses de à novembre 1818 (voir occupation de la France à la fin du Premier Empire).
Durant la Seconde Guerre mondiale, les maquis du Lomont jouèrent un rôle important dans la Résistance.
Au , la région Franche-Comté, à laquelle appartenait le département, fusionne avec la région Bourgogne pour devenir la nouvelle région administrative Bourgogne-Franche-Comté.
Politique et administration Politique Tendances politiques Le département du Doubs, terre de tradition catholique, a longtemps été marqué à droite de l'échiquier politique français, avant que la gauche n'exerce une influence de plus en plus grande à partir de la deuxième moitié du dans les espaces urbanisés de Besançon et Montbéliard, tandis que les régions montagneuses du Haut-Doubs restent fortement ancrées à droite. Ainsi, le conseil général est dirigé par la droite sans discontinuer de 1913 à 2004. De cette année à 2015, la gauche est majoritaire. La droite reprend le Doubs lors des élections départementales du .
Lors des élections présidentielles, qui ont lieu en France au suffrage universel depuis 1965, le département du Doubs a toujours soutenu le vainqueur du scrutin lors du deuxième tour, sauf lors de l'élection présidentielle de 2012 lors de laquelle Nicolas Sarkozy a été battu par François Hollande.
Résultats du deuxième tour des élections présidentielles