Le Quatuor à cordes en ut mineur (opus 110) est une œuvre de musique de chambre composée par Dmitri Chostakovitch en 1960. Il s'agit de l'une des œuvres les plus connues et jouées du compositeur russe, qui a d'ailleurs réutilisé certains de ses thèmes dans d'autres compositions.

Historique Depuis 1959, Chostakovitch souffre de poliomyélite et se rend près de Dresde, officiellement pour écrire la musique du film Cinq jours et cinq nuits, plus officieusement pour des traitements. Impressionné par le spectacle de la ville dévastée, il écrit le quatuor en trois jours, du 12 au Krzysztof Meyer, Dimitri Chostakovitch, Paris, éditions Fayard, 1994, .. L'œuvre est dédiée Ibid. et .Autre version : d'après Walter Willson Cobbett : "...cette œuvre est dédiée à la mémoire des victimes de la lutte contre le nazisme..." .

Dans ses mémoires cependant, il déclare propos de la partition :

Dans une lettre du destinée à , Chostakovitch rajoute à propos de ce quatuor :

Enfin, ce quatuor est écrit juste après l'adhésion (très tardive et sous la pression) du compositeur au Parti communiste. Lev Lebedinsky déclare d'ailleurs : Le est créé le par le Quatuor Beethoven.

Ce quatuor a également été orchestré par Roudolf Barchaï, en 1967 et renommé avec l'accord de Chostakovitch Symphonie de chambre.

Structure L'exécution dure environ avec attaca : Largo Allegro molto Allegretto Largo Largo

Son monogramme musical DSCH y est nettement prédominant, en l'état ou transposé ; il côtoie un certain nombre de thèmes empruntés à d'autres œuvresPatrick Szersnovicz. Le point sur : Le Quatuor n°8 de Chostakovitch, Diapason de juin 2011, p.79-80. : dans le premier mouvement, des références aux Symphonie 1 et Symphonie 8, dans le second mouvement, un thème juif déjà énoncé dans le Trio avec piano 2, dans le troisième mouvement, le thème du Premier Concerto pour violoncelle, dans le quatrième mouvement, le thème russe puis l'aria « Seryozha mon amour » du quatrième acte de l'opéra Lady Macbeth du district de Mtsensk.

Le motif-signature apparaît au tout début de l'œuvre, comme une sorte de lamentation fuguée, qui se poursuit en élégie contemplative. Ce caractère hors du temps de la musique est interrompu par l'Allegro, au rythme effréné. Ensuite, le motif est transformé en une mélodie de valse sardonique. Il revient dans le quatrième mouvement (Largo), plein d'émotion et dans lequel les violons dialoguent en un duo serein, suivi du thème de Lady Macbeth du district de Mtsensk joué par le violoncelle. Après quoi, les instruments les plus graves entonnent solennellement la mélodie d'une vieille marche funèbre russe, Le Chant des martyrs (un air favori de Lénine, qui date des années 1870, et fut chanté lors de ses funérailles). Le Largo final reprend avec un désespoir intense le matériau du premier mouvement, qui finit par s'évanouir dans un silence désespéré.

Anecdote Mstislav Rostropovitch a raconté que rentrant d'une série de concerts, Chostakovitch lui avait fait écouter un enregistrement des répétitions du par le Quatuor Beethoven. , lui aurait-il confié en larmes.

Discographie sélective Quatuor Borodine, intégrales des quatuors à cordes de Chostakovitch, chez Melodiya / BMG, 1997. Quatuor Beethoven, quatuors 7, 8 et 10, chez Melodiya / BMG Quatuor Hagen, quatuors 3, 7 et 8, chez Deutsche Grammophon, 2006 Quatuor Pražák, quatuors 7, 8 et quintette pour piano, Op.57, chez Praga digital, 2010

Notes et références

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