Le service d'aide médicale urgente (SAMU), connu aussi comme 15 ou centre 15 en France, est le centre de régulation médicosanitaire des urgences d'une région sanitaire. C’est un service d’urgence qui répond à la demande d'aide médicale urgente (AMU), c'est-à-dire l'assistance pré-hospitalière (dans la rue, à domicile, sur le lieu de travail) aux victimes d'accidents ou d'affections soudaines en état critique (malaise, maladie, ou personnes enceintes). Il est créé par M. Louis Lareng en 1986.

Le médecin régulateur du SAMU régule les ressources de soins urgents dont il reçoit continuellement les disponibilités et oriente les patients vers les services les plus adaptés à leurs cas.

Dans le langage courant, « le SAMU » est utilisé par extension pour parler des services mobiles d'urgence et de réanimation (SMUR) et de leurs ambulances de réanimation, car les véhicules comportent souvent le sigle « SAMU » (à défaut de « SMUR »).

L'acronyme SAMU est aujourd'hui passé dans le langage courant, mais il doit être réservé aux centres de régulation médicale même si on l'inscrit au-dessous de l'étoile de vie (étoile à six branches, ornée du bâton d'Asclépios – caducée des médecins –) sur les ambulances qu'il régule. D'usage franco-belge au début, l’acronyme dénomme aujourd'hui les services similaires de beaucoup de pays aux appellations locales diverses. Son emblème est l’étoile de vie conçue pour les ambulances nord-américaines pour une meilleure lisibilité par les étrangers, et frappé du ou des numéros d'appel d'urgence, il s'est imposé dans d'autres pays particulièrement en Amérique du Sud, du « SAMU 192 » au Brésil au « SAMU 106 » au Pérou. En France, le terme « SAMU » est suivi par le numéro du département.

Le 112, numéro de téléphone réservé aux appels d’urgence dans l’ensemble de l’Union européenne, selon les opérateurs de télécommunications ou les législations locales, redirige vers le SAMU quand nécessaire.

Il faut par ailleurs noter l'appellation SAMU social pour un service d'aide socialeLe service d'aide sociale, appelé familièrement Samu social, est une structure d'aide aux sans abris que l'on peut joindre par téléphone au 115 en France. On voit comment le terme Samu est devenu par extension abusive synonyme d'urgence et d'entraide, il existe même un SAMU de L'Environnement. Par ailleurs, il existe en Belgique, et depuis longtemps, un véritable service d'aide sociale urgente, anciennement appelé CASU. Voir Aide sociale en Belgique. en France et en Belgique.

Historique en France thumb|SAMU d'Eure-et-Loir (France) et son UTIM héliportée (hôpital de Dreux).

Un premier service mobile de réanimation (ébauche des SMUR et SAMU) fut créé à Paris en 1956 par Maurice Cara (hôpital Necker) pour le transport inter-hôpitaux de patients sous assistance respiratoire lors d'une épidémie de poliomyéliteSite Public du Samu de Paris. À cette époque, il y a une seule ambulance médicalisée pour tout le pays, basée à l'hôpital Necker et dotée des appareils de réanimation, et il n'y a que deux services de soins intensifs, à Paris et Lyon. Ce service a été créé pour transporter des patients « intransportables » qui mourraient avant d'arriver dans les services de réanimation dans une ambulance ordinaire. La régulation médicale, à cette époque, était faite par le propre médecin de cette ambulance.

Dans les années suivantes sont créées plusieurs autres équipes médicalisées hospitalières mobiles (unités mobiles hospitalières, UMH, ou unités de traitement intensif mobiles, UTIM), capables d'intervenir aussi bien dans les cas de détresse grave à l'extérieur de l'hôpital que d'effectuer des transferts inter-hospitaliers dans les hôpitaux d'autres capitales régionales. Ces SMUR hospitaliers, dont la création est due à Louis Serre (Montpellier), sont officialisés en 1965..

Le principe d'un tel service qui a entre autres finalités de coordonner et de réguler l'action d'urgence des SMUR et des autres services et professionnels des soins et d'ambulances, est défini par René Coirier, chargé du Bureau des secours médicaux d'urgenceAnciennement Bureau de la protection sanitaire des populations civiles. au Ministère de la Santé. René Coirier fédère alors les différentes initiatives et crée le terme de SAMU..

Fin 1962, un étudiant toulousain, au début de ses études de Médecine, Daniel Seifer, émet l'idée de médicaliser Police Secours en intégrant externes et internes des hôpitaux dans des véhicules adaptés de Police Secours..

Pour concrétiser cette idée, il rencontre le doyen de la faculté, Guy Lazorthes, qui adhère à sa suggestion., ainsi que le président de l'Automobile Club du Midi, Albert Benestebe. Se pose alors le problème, pour les responsables de la Ville de Toulouse, de la prise en charge de la responsabilité juridique des externes et internes, qui retarde l'application de l'idée.

Fin 1963 et début 1964, un journaliste de la Dépêche du Midi, Jean Paul Gauch écrit une série d'articles pour relancer l'idée et Louis Lareng intervint alors pour appliquer cette idée, en proposant que son service et l'hôpital prennent aussi en charge les aspects juridiques.

C'est ainsi que les premiers secours médicaux intra-muros ont été réalisés au début avec le concours de Police Secours, en 1965.

Le premier SAMU officiel qui va s'occuper de l'intervention préhospitalière des UMH est créé le à Toulouse par Louis Lareng (président-fondateur en 1972), afin de coordonner les efforts médicaux entre les équipes préhospitalières (SMUR) et les services d'urgence hospitaliers. La première équipe est constituée de quatre médecins François Ollé, Jean-Pierre Machet, Clergue et Bauvin) effectuant des missions en Renault Rambler et en hélicoptère Alouette III (prêté par l'ALAT de Pau) jusqu'à Bordeaux, Châteauroux et en Espagne.

Ce premier SAMU (pas encore appelé SAMU 31, puisque unique) est reconnu officiellement par la loi du , imposant un médecin anesthésiste-réanimateur à sa tête Christian Virenque en 1972), mais il faudra attendre 1979 pour que le SAMU reçoive directement les appels du public. Simone Veil met en place les « Centres 15 » départementaux. La première mise en service du « 15 », le numéro de téléphone unique santé, est faite le à Troyes..

L'adoption de la loi du , défendue par le député Louis Lareng, étend le principe du SAMU aux autres départements français et les dote d'un numéro d'appel unique, gratuit, départementalisé et accessible à tous : le 15.

Appels sans cartes SIM En France, depuis 2004, il est impossible d'effectuer des appels d'urgences sans avoir de carte SIM dans son téléphone :Le blocage des appels émis à partir des portables sans carte SIM recommandé par le rapport a été mis en place par le Gouvernement début 2004. Il a permis de réduire de 40 % les appels polluants et donc, d'autant les appels induits pris en charge par les SDIS.

Réseau des SAMU en France vignette|upright=0.5|SAMU « le 15 » (centre 15). vignette|upright=0.5|Services d'urgence : appel au 112. thumb|Véhicules du SMUR au SAMU d'Orléans. thumb|Véhicule du SMUR de Paris.

En France, le SAMU est un service hospitalier à l'échelle d'un département, exception faite dans les Bouches-du-Rhône où Marseille gère son propre SAMU. Une partie importante de son travail de régulationRégulation médicale des urgences consiste à récolter continuellement les ressources hospitalières disponibles de son département et via les voisins de ceux de sa région.

Il comprendTextes législatifs français sur le Samu* Code de la santé publique, notamment les articles L6111-1, L6111-2, L6112-1, L6112-2, L6112-5, L6112-6, L6141-4, le livre 3 de la sixième partie de la nouvelle partie législative « Aide médicale urgente, permanence des soins, transports sanitaires et autres services de santé. », et dans la partie réglementaire-« décrets simples » les articles D 712-66 à D 712-74 ; * Loi 86-11 du 6 janvier 1986 sur l'aide médicale urgente et les transports sanitaires ; * Décret 87-1005 du 16 décembre 1987 relatif aux missions et à l'organisation des unités participant au service d'aide médicale urgente appelées SAMU (NOR : ASEP8701666D) ; * L'obligation pour les opérateurs de télécommunication d'acheminer les appels au centre 15 relève de la décision 2002-1179 du 19 décembre 2002 de l'Autorité de régulation des communications électroniques et des postes, établissant la liste des numéros d'urgence devant être acheminés gratuitement par les opérateurs de télécommunications autorisés au titre des articles L. 33-1 et L. 34-1 du Code des postes et télécommunications NOR : ARTL0200744S (Journal officiel 155 du 6 juillet 2003 page 11520).:

un centre de réception et de régulation des appels, « CRRA » ou « Centre 15 » ; un centre d'enseignement des soins d'urgence (CESU), chargé de la formation initiale et continue des acteurs de l'urgence ; il est habituellement situé à côté de son SMUR et de ses réserves de catastrophe.

Une convention lie le SAMU et les SMUR qui sont basés dans les différents hôpitaux de son département et possèdent une ou plusieurs unités de traitement intensif mobiles (UTIM), également appelées unités mobiles hospitalières (UMH) — en anglais, MICU : mobile intensive care unit. Les UMH sont, en quelque sorte, le « bras armé » du SAMU pour ce qui concerne les soins intensifs préhospitaliers quand le SAMU est la partie fixe et le cerveau du dispositif de l'aide médicale urgente. C'est le SMUR hospitalier qui possède une ou plusieurs unités mobiles hospitalières (UMH) ou UTIM. Ces ambulances de réanimation ont une équipe médicale et sont utilisées pour les interventions ou transports nécessitant cette équipe. Dans certains cas, l'équipe se déplace dans un véhicule léger, un hélicoptère ou un avion.

Enfin, le SAMU est le centre régulateur d'un système intégré des urgences médicales (SIUM) tel qu'il a été défini par la Déclaration de JaliscoDéclaration de Jalisco sur les systèmes médicaux d’urgence et de catastrophe faite pendant le déroulement dans la ville de Guadalajara, Jalisco, Mexico, des deuxièmes Rencontres Internationales des Samu, en présence de participants des Samu d’Argentine, de Belgique, du Canada, du Chili, de Colombie, de Cuba, d’Espagne, de France, du Mexique des États-Unis et du Venezuela.

Les SAMU de France métropolitaine et d'outre-mer ont presque tous un portail et sont réunis dans une Association des SAMU de France, qui a également un portailAmérique : Samu 973 de Guyane qui la particularité de couvrir une zone de forêt tropicale amazonienne) ; Pacifique : Samu de Nouvelle-Calédonie, Samu de Tahiti ; Océan Indien : Samu de la Réunion.

Missions Le SAMU est chargé de fournir une réponse adaptée aux problèmes médicaux urgents qui lui sont soumis par une ligne téléphonique d'urgence exclusivement médicale (« le 15 » en France) ou à travers les autres lignes d'urgence : « 112 » numéro d'appel d'urgence européen, « 17 » de la police, « 18 » des sapeurs-pompiers ; ou à travers le réseau de télécommunications de la santé. La fonction, à la fois médicale et sanitaire, de traitement de ces appels, est appelée régulation médicosanitaire des urgences. Elle s'étend à une région sanitaire plus ou moins grande dans le cadre d'un véritable système intégré des urgences médicales (SIUM) où tous les services de soins urgents de la médecine générale et de transport sanitaire sont impliqués et mutualisent leurs ressources que le SAMU est chargé de monitorer.

thumb|S.A.M.U 59 de Lille. thumb|alt=VL du SAMU 36.|VL du SAMU 36.