Charles Brabant, de son vrai nom Charles BarbantArchives en ligne de Paris, arrondissement, année 1920, acte de naissance , cote 10N 456, vue 16/31, avec mentions marginales de mariages, divorce, décès et changement de nom, né le à et mort le à Suresnes., est un auteur, scénariste, réalisateur et producteur français.
Il est fondateur de la Société civile des auteurs multimédia (SCAM).
Biographie Jeunesse et formation Charles Brabant naît et grandit à Paris, dans le , entre le quai de Valmy et le boulevard Voltaire, quartier populaire, « plein de rumeurs et de cris des marchands des quatre saisons et des métiers de rue », il doit « à cette origine, à la rumeur de ce quartier » de s’être « passionné plus tard pour la révolution française »Mes défuntes années, mémoires, inédit, 2006. qu’il traitera dans son œuvre.
Arrière-petit fils et petit-fils de graveurs sur bois, Nicolas Barbant (1806-1879) et Charles Barbant (1844-1921), réputé pour ses gravures des chefs-d’œuvre de Jules Verne, ou de Gustave Doré, il fut toute son enfance
Très jeune, il passe son temps libre au cinéma. Il veut être metteur en scène, un saltimbanque, au grand dam de son père qui voulait qu’il reprenne son entreprise de couverture et chauffage.
À , il s’oriente vers le théâtre, sa passion, et fait la rencontre de Jean Cocteau, dans Paris occupé.
Déporté politique à Sachsenhausen, début 1943, il en revient en . Il travaille alors avec son père aux Établissements Barbant jusqu'en 1947.
Le cinéaste En 1947, il fait ses débuts professionnels, « acrobatiques mais sympathiquesTélé notre histoire, Charles Brabant, entretien réalisé par Dominique Froissant, Productions Ina, 2000, 57 min, CPD02003267. » dans le cinéma, avec le soutien financier de Marius Franay, patron des laboratoires cinématographiques Franay, futur LTC. Il tourne quatre courts métrages : La Ville a ses chansons (1950) ; Les Feuilles mortes, d’après le poème de Jacques Prévert (1950) ; C'est arrivé un jeudi ou Le Jardin public (1950) ; Contes à dormir debout (1951)Coffret Les Nuits révolutionnaires, Doriane Films, incluant en bonus deux courts-métrages : C'est arrivé un jeudi (1950, 32 min) et Contes à dormir debout (1951, 22 min)..
En 1950, il fonde sa propre société de production Artes Film. Il écrit et réalise six longs métrages de cinéma jusqu’en 1961. La Putain respectueuse, 1952, avec Marcel Pagliero comme conseiller technique, d’après la pièce de Jean-Paul Sartre Zoé, 1954, d’après Jean Marsan, co-écrit avec Henri-François Rey Les Possédées, 1956, d'après Betti, co-écrit avec Maurice Clavel Le Piège, 1958, co-écrit avec André Tabet, Jacques Marcerou et Roland Laudenbach Les Naufrageurs, 1959, co-écrit avec Gwenael Bolloré, et Roland Laundenbach Carillons sans joie, 1961, co-écrit avec Charles Bourgeon, adaptation de C. Brabant et Denys de La Patellière
Il est aussi le scénariste du film Les Aventuriers du Mékong, réalisé par Jean Bastia en 1958.
Bien accueillis par la critique, les films recueillent un succès public d’estime.
L'homme de télévision vignette|Prix Hara-Kiri remis à Frédéric Pottecher et Charles Brabant, pour Les Vieux, série documentaire, ORTF-INA, 1969. En 1960, il commence à se détourner du cinéma, trop commercial à ses yeux, et se rapproche de la télévision, qu’il considère comme un « véritable moyen d'expression ».
Il débute à l’ORTF comme stagiaire avec Stellio Lorenzi et se consacre alors entièrement à la télévision de service public à partir de 1962. Il devient réalisateur, pour « traiter de sujets qu’on ne traitait pas ailleurs », conjuguant information et écriture cinématographique.
Il écrit et réalise alors de nombreux documentaires de création, dévoilant les faces invisibles de la société et les chemins de la création artistique, musicale notamment, avec un regard sociologique ou ethnographique. Le son et la musique, bruits et dialogues sont primordiaux pour lui. , explique-t-ilCité par Christian Bosséno, Cinémaction hors-série, « 200 téléastes français », article Charles Brabant : grands documentaires et « infidélités » créatrices..
En 1963, il réalise avec le concours de Frédéric Pottecher, une grande série de six émissions, Les Prisons, programmée avec retentissement. Pour la première fois, une équipe de télévision pénètre dans le monde carcéral, jusqu'alors interdit, à la demande du magistrat Smelk à l'origine de la réforme pénitentiaire.
Il poursuit la réalisation de grandes séries documentaires, comme L’Alcoolisme diffusé en 1965, La Longue Étape. en 1965, L’Homme et sa musique série de Pierre Vozlinsky et Jacques Trébouta, initiée en 1967, Les Hôpitaux diffusé en 1968, ou Les Vieux diffusé et primé par Hara-Kiri en 1969.
Mis sur liste noire pour raisons politiques après les évènements de 1968, et interdit de travail à la télévision, il tourne pour l’Unesco plusieurs films. Il retrouve ensuite l’ORTF avec le soutien de Maurice Leroux qui lui confie la réalisation d’émissions de la série musicale Arcana.
En 1974, le paysage télévisuel change sous la présidence de Valéry Giscard d'Estaing, avec l’éclatement de l’ORTF en sept organismes sous monopole d’État : (, Antenne2, FR3, TDF, INA, Radio France, SFP) et l’essor de la publicité.
Charles Brabant revient au monde des comédiens et de la fiction, à la recherche de nouveaux langages télévisuels décloisonnant les genres, mélangeant documentaire et fiction, et s’oriente de plus en plus « vers le « docudrame ». »
La Fête ou l'Invention de la liberté, 1975, 82 min Rimbaud, voleur de feu, 1978, 130 min, TF1, Les Liaisons dangereuses, 1978-1979, 133 min, d’après Pierre Choderlos de Laclos, TF1 Le Voyage du Hollandais, 1981, 94 min, d’après les lettres de Van Gogh, TF1 La Sorcière, 1982, 106 min, d’après Jules Michelet, TF1
En 1988, il crée son dernier opus, Les Nuits révolutionnaires, d’après Les Nuits de Paris de Restif de la Bretonne, à l'occasion du bicentenaire de la Révolution française (7 x ).
Vie privée et famille Il est père de quatre enfants : Claude. (1942), éditrice d’art ; Dominique (1948), directeur de la photographie ; Jean-Michel., historien (1951-1984) ; et Charlotte., assistante de réalisation (1964).
Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise (division 52)Appli Père-Lachaise.
La question des genres Charles Brabant défend Il s’attache à démonter l’étau des genres et le carcan des grilles, qui entravent la liberté des créateurs.
De 1982 à 1985, il dirige l’unité de fiction de TF1 qui remporte quatorze prix français et internationaux. Il promeut de jeunes réalisateurs comme Christiane Spiero, Jeanne Barbillon, Fabrice Cazeneuve et Pierre Boutron, Geneviève Bastid, Michelle Gard et Patrick Volson.
Il défend le croisement de la création de fictions de télévision et du cinéma d’auteur. Il coproduit La Vie de famille de Jacques Doillon, Le Transfuge de Philippe Lefebvre et Les Capricieux de Michel Deville. Avec Télédramexpress, il tente de nouvelles formes narratives et d’écriture télévisuelle sur un fait divers significatif et récent.
L’homme engagé Dès ses débuts à l’ORTF, il se syndique à la CGT, aux côtés de Claude Santelli et Jean Prat pour défendre droits, notion d’auteur et liberté d’expression.
De 1967 à 1974, il est secrétaire général du syndicat CGT des réalisateurs et, en 1978, il cofonde avec Jean Lallier du syndicat CFDT des réalisateurs.
Pendant les événements de , il fait partie du comité de grève, avec ses amis communistes. Il est mis sur liste noire et interdit de travailler à la télévision. Il entre comme bon nombre de réalisateurs dans la bataille du droit d’auteur, par la voie syndicale.
Parallèlement à son engagement syndical, dès 1969, il se bat avec Jean-Marie Drot, Jean-Claude Bringuier, Henri de Turenne et Paul Seban au sein de la SGDL pour obtenir la reconnaissance pleine et entière des droits des auteurs-réalisateurs de radio et de télévision au sein de l’instance, les faire entrer au sein du comité de la SGDL, et participer au contrôle de la perception et répartition des droits devant leur revenir..
Enfin, vingt ans après la loi de 1957, les auteurs de l’écrit, de la radio et de l’audiovisuel sont équitablement représentés au comité, selon la légitimité de l’élection. Charles Brabant en devient le vice-président jusqu’à la scission et la création, par la volonté de d’une nouvelle société d’auteurs la SCAM (Société civile des auteurs multimédia), entièrement dévolue aux auteurs multimédia, percevant et répartissant l’intégralité des droits leur étant dus. Il la cofonde et la préside de à puis de à .
L’arrivée de la gauche au pouvoir, en 1981, multiplie les possibilités pour les auteurs avec les unités de programmes jusqu’à l’arrivée du diktat de l’audimat, reléguant « la culture à l’antenne après . »
Avec l’éclatement de l’audiovisuel public et la privatisation des chaînes à partir de 1984, il ne cesse de défendre la mission humaniste de service public de la télévision, pour « mettre la culture à , la culture pour tous ». Il se bat pour l’invention et la création, contre les dérives des télévisions commerciales, les formatages, la dictature de l’audimat qui aliènent la production et la diffusion des œuvres de création.
Avec ses amis réalisateurs, Jean-Michel Meurice, Daniel Karlin, Jean-Marie Drot, Pierre Dumayet, et Michel Anthonioz, et l’appui de personnalités rassemblées autour du Collège de France, Pierre Bourdieu et Georges Duby, il concourt à la création de la chaîne éducative et culturelle la SEPT, née le , sous l’égide du président François Mitterrand et de Laurent FabiusJean-Michel Meurice, « Quelle culture pour la télévision ? », Télévision, , 2011, 197 p., CNRS . Propos repris dans Olivier Milot, « Aux origines d'Arte… était la Sept », Télérama, .. Il siège, aux côtés de J.-M. Drot, P. Chéreau, P. Boulez, M. Guy… au comité de programmes de la Sept présidé par Georges DubyJérôme Clément, Le Choix d’ARTE, Grasset, 2011, ch. 3.. La Sept deviendra ARTE.
Filmographie Cinéma vignette|Charles Brabant, sur le tournage du Piège, en 1957. Réalisateur Courts métrages 1950 : La Ville a ses chansons 1950 : Les Feuilles mortes, d’après le poème de Prévert 1950 : C'est arrivé un jeudi (Le Jardin public) 1951 : Contes à dormir debout
Longs métrages 1952 : La Putain respectueuse 1954 : Zoé 1956 : Les Possédées 1958 : Le Piège 1959 : Les Naufrageurs 1961 : Carillons sans joie
Co-scénariste 1952 : La Putain respectueuse 1954 : Zoé 1956 : Les Possédées 1958 : Le Piège 1959 : Les Naufrageurs 1961 : Carillons sans joie
Scénariste 1958 : Les Aventuriers du Mékong de Jean Bastia
Télévision vignette|Charles Brabant, avec Aldo Ciccolini, sur le tournage de L'Homme et sa musique, Erik Satie, ORTF, 1967. 1960 : SFIO : Guy Mollet 1962 : Les Américains après l'alerte 1963 : Les Coulisses de l'exploit, Les Zourhânés 1963 : Les Prisons : Les Courtes Peines - Les Longues Peines - L'Homme et la Réforme - Les Oubliés - Le Coup de téléphone 1963 : Cinq colonnes à la Une, Base américaine d'Évreux 1964 : L'avenir est à vous, Les Danseurs 1965 : La Longue Étape 1965 : L’Alcoolisme 1965 : La Boite à musique 1966 : Le Monde en quarante minutes, les Arbres et les Hommes 1966 : Panorama, En direct le secret de la momie 1967 : Images de la Thaïlande : Marché flottant 1967 : L’Homme et sa musique, série de Pierre Vozlinsky et Jacques Trébouta 1965 : Au-delà des barreaux 1966 : Le Sel de la terre 1967 : À vous de jouer, Rue de la Présentation 1968 : Les Hôpitaux : La Maison des pauvres, La Maison traditionnelle, Les Soignants, L’Usine à soins 1969-1974 : L’homme et sa musique série de Pierre Vozlinsky et Jacques Trébouta 1969-1975 : Arcana, connaissance de la musique 1969 : Les Vieux 1971 : Portrait de l'univers, Venise sauvée des eaux 1971 : L'Académie de Sienne ou la Maison de Chighi 1972-1974 : La Musique et nous 1973 : La Légende du prince Rama 1974 : À cœur joie : Les Choralies de Vaison la Romaine