de Maurienne, selon l'usage dit de Savoie, dit Cauda (« la Queue »), né vers 1016 et mort vers 1051/1060, est le second comte en Maurienne et des Belleysans, également seigneur du Bugey, d'Aoste et du Chablais (v. 1042/1046-1051), héritier d'Humbert aux-Blanches-Mains.
Les Humbertiens, à l'origine de la maison de Savoie, bien qu'étant implantés dans le comté de Savoie, ne portent le titre de comte de Savoie qu'avec le comte , à partir de 1143.
Biographie Origines Amédée, parfois Amé, serait né aux alentours du début du . Le site de généalogie Foundation for Medieval Genealogy (FMG) donne pour période [995/1000] voire après.. Georges Chapier (2005) ou Germain (2007). avancent l'année 1016 et très probablement le château de Charbonnières pour lieu de naissance., en Maurienne, centre du pouvoir des Humbertiens. L'indication de Suse, dans le Piémont, par Michel Germain semble peu probable.
Il est le fils et l'héritier du comte Humbert, fondateur attesté de la dynastie des Humbertiens, et de sa femme Ancilie (ou Auxilia, Auxiliende)., dont l'origine n'est pas précisément connues.
Ses jeunes frères ont une carrière ecclésiastique, Burcard devient évêque d'Aoste (1025-1032), prieur de Saint-Maurice d’Agaune, puis archevêque de Lyon (1033-1034), tandis que Aymon est abbé bénédictin de Saint-Maurice d’Agaune, puis évêque de Sion (1034-1054).
Il est mentionné en dans un acte de donation de l'évêques de Langres, Lambert, à son père le comte Humbert, et son frère Burcard, évêque d'Aoste. Le Régeste genevois (1866) donne précisément le 8Régeste genevois, REG 0/0/1/165, acte du , (lire en ligne)., date retenue par le site FMG, et le Regeste dauphinois (1912) le 9Acte , du dans ..
Surnom Son surnom de la Queue viendrait de l'époque du couronnement du souverain du Saint-Empire , auquel il participa suivi d'un long cortège de gentilshommes — la « queue » en question. Les chroniqueurs rapportent qu'à Vérone, il se présenta au conseil suivi de ses gentilshommes (« mia cauda » que l'on peut traduire par « sa suite »).. À l'huissier qui le priait « de vouloir faire retirer cette grande troupe qui estait à sa queue », il insista et fit grand bruit. L'empereur, averti, dit : « qu'on le laisse rentrer et qu'il laisse sa queue dehors », ce à quoi le comte Amédée s'exclama : « Si ma queue n'y entre avec moi, je n'y entrerai là, et vous en quitte » ; l'empereur ordonna alors que la porte fût ouverte au comte et à sa queue..
Règne La tradition historiographique considère que le comte Humbert meurt aux alentours de 1048., soit après presque de règne.. L'étude des actes dont la dernière charte donnée par Humbert (le Cartulaires de l'église cathédrale de Grenoble, Notre-Dame de Grenoble (v. 976-1031), cart. A, , ., selon le médiéviste Laurent Ripart) permet de contester cette date pour placer son décès et donc sa succession aux alentours de 1042, voire 1046 au plus tard. Amédée aurait donc la trentaine quand il monte sur le trône..
Il est vraisemblablement, ou peut-être son frère Othon, à l'origine, par une donation, de la fondation, du prieuré du Bourget, près du lac, en entre 1042 et 1045... La charte datant de 1025 de la fondation est fausse (Duparc, 1972).. Toutefois, le médiéviste Laurent Ripart donne une période plus probable comprise entre 1042 et 1045..
Amédée s'installe au château d'Hermillon, près de Saint-Jean-de-Maurienne, qu'il fortifie.
Sous son règne débuta l'exode des paysans, trop nombreux dans les étroites vallées, vers les terres d'altitude dans les montagnes, qui jusqu'alors étaient couvertes d'immenses et épaisses forêts. Les premiers plateaux d'altitude furent conquis par les paysans de la vallée de l'Arve et du Faucigny. Comme eux, les paysans de Maurienne et de Tarentaise migrèrent en nombre depuis leurs vallées vers des terres plus élevées.
C'est sous le règne d' que vécut Guillaume della Chiusa, moine bénédictin, auteur de la plus ancienne chronique de Savoie en vers latins ; originaire de la vallée de la Maurienne, il dit avoir écrit ses chroniques à partir de traditions orales, car tous les documents de son monastère furent incendiés ou dévastés par les Sarrasins.
Mort et lieu de sépulture Selon la tradition, instaurée depuis les Chroniques de Savoie de Jehan d'Orieville, dit Cabaret, historiographe du comte , le comte Amédée serait décédé après le . Le médiéviste Laurent Ripart donne quant à lui plutôt vers 1060.
Son frère, Othon (v. 1023- v.1060), quatrième fils du comte Humbert, lui succède. Les deux autres aînés, Bouchard ou Burckard ou Buchard et Aymon, tous deux ecclésiastiques, sont ainsi écartés de la succession.
Contrairement à son père, inhumé au prieuré des Échelles, la sépulture d'Amédée semble être le prieuré clunisien du Bourget dont il est le fondateur. Son fils, Humbert, semble avoir été enterré lui aussi dans ce prieuré.
Famille épouse une princesse nommée Adalgide, Adèle ou Adélaïde. L'historien Michel Germain, dans son travail de synthèse à propos des personnalités de la Savoie, avance une Adeli (ou Adalelgida) de Bourgogne. À sa mort, la couronne passe aux mains de son frère Othon.
Selon les travaux de l'historien français Georges de Manteyer (1899). ou de l' archiviste vaudois Maxime Reymond (1919). (1872-1951), repris également par Michel Germain, le comte Amédée aurait eu trois enfants. Le site de généalogie de la Foundation for Medieval Genealogy (FMG) ne mentionne que les deux garçons, le second n'étant que présumé : Humbert () ; Thiberge (?) / Thetberge/Thietburge ; Luther (2016) dans son tableau généalogique des Humbertiens la présente comme l'épouse (1) Louis de Faucigny, puis (2) Gérold de Genève.. (?) Aymon (), évêque de Belley (vers 1034-1044).Laurent Ripart, « Le diocèse de Belley comme foyer de la principauté savoyarde » dans Le Bugey, 102 (2015), (Lire en ligne sur www.academia.edu)...
Titres et possessions Amédée semble être le premier des Humbertiens à être titré dans un acte (dont la datation pourrait être vers 1062, dont on n'a qu'une transcription partielle) de donation d'un manse aux chanoines de Saint-Jean, de , que l'on peut traduire par « comte des Belleysans »Marie-Claude Guigue, Petit Cartulaire de Saint-Sulpice en Bugey, suivi de documents inédits pour servir à l’histoire du diocèse de Belley, Lyon, 1884, Appendice, , .. Aucune autre mention n'utilise cette titulature. Selon les historiens, il peut également s'agir de son neveu, Voir également le volume 3 () de la thèse de Laurent Ripart, « Les fondements idéologiques du pouvoir des comtes de la maison de Savoie (de la fin du au début du ) », Université de Nice, 1999, 3 volumes (sous la direction d'Henri Bresc)...
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie
Articles connexes Maison de Savoie Comté de Savoie - Liste des comtes et ducs de Savoie Comté de Maurienne Histoire de la Savoie au Moyen Âge
Liens externes
Dossiers sur le site des Archives départementales de la Savoie et de la Haute-Savoie - Sabaudia.org : . , dont la fiche « , la Queue » page 5. (8 pages et annexes). , dont la notice .
Catégorie:Maison de Savoie Catégorie:Comte de Savoie du XIe siècle Catégorie:Date de naissance non renseignée (XIe siècle) Catégorie:Date de décès non renseignée (XIe siècle)