L'Athletic Club ajaccien, couramment appelé AC Ajaccio ou ACA, est un club de football français fondé en 1910 à Ajaccio.

L'AC Ajaccio a remporté deux titres de champion de France de Ligue 2 en 1967 et 2002 et un titre de champion de France amateur (National) en 1998. Il y disputait ses matches à domicile au stade Michel-Moretti, à Ajaccio. Il a accédé quatre fois à la première division, en 1967 (six saisons), en 2002 (quatre saisons), en 2011 (trois saisons) et en 2022, y disputant 14 saisons au total.

Le club a abrité et formé quelques gloires du football français. Les plus connus sont Marius Trésor, 65 sélections (au club entre 1969 et 1972 et formé au club) et Dominique Baratelli, 21 sélections (au club entre 1967 et 1971). Il est aussi le premier club corse professionnel, à obtenir un titre professionnel et à jouer en Ligue 1.

Durant l'intersaison 2025, l'équipe première, maintenue sportivement en Ligue 2, se voit rétrograder par la DNCG en troisième division le , confirmé en appel le avant finalement d'être exclu des compétitions nationales le . Le , le club dépose le bilan et trois jours plus tard, le , le tribunal de commerce d'Ajaccio prononce la liquidation judiciaire. Fin août, la FFF interdit le club d’évoluer en Régional 1. Finalement début septembre, la Ligue corse de football intègre le club en Régional 2 soit le septième niveau.

Le , le nouveau bureau est élu : Michaël Torre devient le président ; le lendemain, le nouvel entraineur est connu, il s'agit de Anthony Lippini.

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Histoire Les débuts de l'ACA (1910-1930)

L'Athletic Club Ajaccio voit le jour en 1910. Les couleurs adoptées sont le blanc et rouge. Après avoir utilisé le terrain vague des Sablières où la promiscuité du dépôt d'ordures emplit parfois l'air de vapeurs pestilentielles, c'est au stade Jean-Lluis (beau-père du président de l'ACA, Louis Baretti) que le club élit domicile jusqu’en 1969. Cette enceinte dispose d’environ . Par la suite, le club déménagera dans son stade actuel de Timizzolu.

L'ACA est le premier club insulaire à devenir champion de Corse, en 1920. Un titre âprement défendu par les Acéistes qui sont également champions en 1921. Dans ces années-là, l'AC est le deuxième plus grand club de Corse, il remporte 8 titres de champion de Corse en 1920, 1921, 1934, 1939, 1948, 1950, 1955 et 1964.

L'ACA trouve son emblème en 1919 lors d'un match sur la place Diamant face à la marine anglaise. Martin Baretti, joueur blanc et rouge à cette époque, marque l'unique but de la rencontre pour son équipe. À la suite de cela, plusieurs supporteurs scandent « Martin ! Martin ! » puis « À l'ours ! À l'ours ! » faisant référence notamment à son physique grand et costaud et à sa grande pilosité. Martin Baretti devient un symbole de toute une génération de joueurs mais aussi du club de l'ACA. Les Ajacciens deviennent les « Ours d'Ajaccio » et quelques mois plus tard, un ours apparaît sur le maillot acéiste.

Les derbys et les titres (1930-1955)

Dans les années 1930, les matchs contre le SC Bastia sont particulièrement violents. Puis, avec la naissance du FC Ajaccio, les derbys ajacciens deviennent également âpres et décousus. Les arbitres sont souvent dépassés par les événements. À plusieurs reprises, l'ACA menace de se retirer des compétitions organisées par la Ligue Corse de Football. Ce sera d'ailleurs chose faite juste avant la seconde guerre mondiale. Le public déserte les stades. Après la guerre, le club retrouve son lustre d'antan et son rang de premier club corse. Les titres s'enchaînent (championnat de Corse et coupe de Corse). En 1948, l'ACA remporte un grand tournoi international en Tunisie, la coupe Raoul-Bonan. C'est le premier titre remporté par un club corse en dehors des frontières de l'île. C'est l'âge d'or du club ajaccien à l'échelon amateur, avec des joueurs tels de Gentili, Borodine, Federicci, Marcaggi, Pieri, Cristofari ou Piras. La supériorité de l'« Ours » est incontestable dans toute l'île.

À la fin des années 1950, le football corse est en crise. Les stades sont de moins en moins garnis, les derbys se terminent la plupart du temps en bagarre et les arbitres sont de plus en plus contestés. L'éternelle question de la fusion entre l'ACA et le FCA est une nouvelle évoquée. On évoque même un rapprochement avec un autre club ajaccien : l'OA. Mais en 1960, le FCA fusionne avec l'équipe corporative de l'EDF, et devient le GFCA. Avec désormais des moyens bien supérieurs, le GFCA accède en CFA et plonge dans l'ombre son rival acéiste pour quelques années.

Au début des années 1960, alors que le GFCA brille dans le championnat CFA, les dirigeants ajacciens tentent à leur tour de faire franchir un palier au club acéiste en recrutant une star international au poste d'entraîneur-joueur : Ernst Stojaspal. Après deux années, les résultats ne sont pas vraiment au rendez-vous. Puis, en 1965, les dirigeants décident de saisir l'opportunité de faire basculer le club dans le professionnalisme. C'est la fin de l'amateurisme. Une ère nouvelle commence pour le club.

Premières saisons professionnelles (1965-1974) thumb|upright|left|Louis Hon entraîneur à l'ACA en 1970. L'ACA vient au professionnalisme en 1965 grâce à une équipe de dirigeants ambitieux. Le club symbolisé par un ours blanc prend alors un ascendant important sur son rival du Gazélec qui végète chez les amateurs. Le club est invité à prendre part au championnat professionnel de deuxième division, à la suite de dépôts de bilan de plusieurs équipes. Les deux premières saisons dans le monde professionnel sont tout à fait remarquables, avec des joueurs comme Touré, Sansonetti, Marcialis, Vannucci. L'entraîneur argentin Alberto Muro permet à son équipe de réaliser de remarquables performances avec de petits moyens. Après un maintien facile lors de la première saison, l'AC Ajaccio accède à l'élite en 1967. Il s'agit alors du premier club corse à devenir champion de France d'un championnat professionnel et à accéder à la première division.

En 1968, le chanteur Antoine fan de l'ACA a écrit la chanson Le Match De Football à la suite de la montée du club en D1Paroles Chanson..

L'ACA passe ensuite six années en première division, et accueille en son sein de grands joueurs, comme Dominique Baratelli, Marius Trésor, François M'Pelé, Claude Le Roy, Régis Dortomb, René Le Lamer, Rolland Courbis, Albert Vannucci, Étienne Sansonetti, etc. Face à une affluence croissante, le club est forcé de se mettre aux normes concernant ses installations sportives. En 1968, le vieux stade Jean-Lluis est abandonné au profit du stade de Timizzolo, qui deviendra ensuite François-Coty. C'est lors de cette période que le record d'affluence du club est atteint, le , avec pour le derby contre le SC Bastia, en 1968.

En 1970-1971, après le départ d'Alberto Muro, l'ACA nomme Louis Hon au poste d'entraîneur. Ce dernier constitue, sur le tard, une équipe particulièrement jeune et solide. L'ACA parvient à accrocher une au terme d'un championnat réussi. Sans le savoir le club vient sans doute de laisser passer sa chance européenne. Cette saison là, l'ACA s'est particulièrement illustré contre son rival, le SC Bastia, s'imposant 6 à 1 au match aller (avec un quadruplé de Régis Dortomb) et 4 à 1 au match retour (avec un quadruplé de François M'Pelé).

Ensuite, l'ACA vend Marius Trésor à l'Olympique de Marseille, mais cela ne suffit pas à remplir les caisses. Le club connaît quelques difficultés financières et tentent de se rapprocher de son grand rival, le GFCA, afin de fusionner. Mais les arguments des dirigeants acéistes seront rejetés par ceux du GFCA, et plus particulièrement d'Ange Casanova, qui refuse le professionnalisme. L'ACA, et même sans doute au-delà, la ville d'Ajaccio, vient encore une fois de laisser passer sa chance pour la création d'un grand club.

Logiquement, en 1973, le club est relégué de D1, puis il fait faillite en 1975, ce qui le fait redescendre en DH. Lors de la saison 1974-1975, le club ne joue que les trois premières journées du championnat de deuxième division, avant de déposer le bilan.

En 1972, l'AC Ajaccio est l'objet de problèmes financiers à la suite d'erreurs dans la gestion des comptes du club. Alors, les dirigeants de l'ACA pensent à leurs rivaux du Gazélec Ajaccio afin de conserver le club parmi l'élite. En , les deux camps entrent en contact réel avec du côté de la délégation du Gazélec, Claude Lévy, Mathieu Armani ou encore le docteur Colonna d'Istria et du côté acéiste Jean Ferracci, Simon Cruciani et Jean-Étienne Alexandre. Les deux clubs trouvent un accord de principe pour fusionner, cependant les dirigeants du Gazélec refusent le professionnalisme et préfèrent les compétitions amateurs de la troisième division. À la suite de l'impossibilité économique d'avoir en même temps une équipe en première division et une autre en troisième, la fusion tombe à l'eau.. En outre, la volonté de mettre en avant les valeurs et mérites du football amateur aura conduit les dirigeants du club à décliner la proposition de la mairie d’Ajaccio de se rapprocher de l’ACA..

Vers un professionnalisme durable (1992-1998) En , une nouvelle équipe dirigeante prend en main la destinée de l’ACA. En effet, les nouveaux dirigeants Michel Moretti, Alain Orsoni, Antoine Antona et d’autres se lancent un pari fou : faire en sorte que l’« Ours » retrouve la Ligue 1 en dix ans. Pour cela, l’ACA va s’en donner les moyens et réussir. Baptiste Gentili est nommé entraîneur, avec une ancienne gloire du club, Albert Vannucci. Sous ses ordres, l'ascension de l'ACA sera rapide : 1993 : champion de PH 1994 : champion de DH 1996 : champion de National 3 1997 : champion de National 2 1998 : champion de National

Il faut dire que les dirigeants parviennent, lors de cette fulgurante ascension, à attirer des joueurs de niveau professionnel, comme les Polonais Kaczmarek et Rzepka, José Moralès, César Nativi, David Faderne, Richard Bernaud, Cyril Granon. Un partenariat avec l'AS Monaco est signé, de sorte que de nombreux joueurs en devenir sont prêtés à Ajaccio, comme Nicolas Bonnal ou Dado Prso.

En quatre ans, le club retrouve le professionnalisme quitté en 1975 et tient ainsi son pari incroyable d’installer le club en Ligue 1, 10 ans seulement après l’avoir fait renaître de ses cendres. En Ligue 2, le club connaît de bons résultats en milieu de tableau, notamment grâce à un partenariat avec l'AS Monaco qui lui permet de bénéficier du prêt de plusieurs joueurs (comme Dado Pršo ou Sébastien Squillaci). Le stade François-Coty est rénové entièrement à l'occasion des montées successives du club.

thumb|upright|Le technicien français Rolland Courbis a permis à l'ACA de se maintenir en Ligue 1 en 2005. En 2001, l'AC Ajaccio change d'entraîneur et recrute Rolland Courbis. Le technicien marseillais réalise des miracles et le club remonte en remportant le championnat. Les déboires judiciaires de Courbis rendent difficile la première saison (où son adjoint Dominique Bijotat prend un temps le relais). Mais l'essentiel est assuré avec le maintien grâce à une . Les trois saisons suivantes seront difficiles, avec plusieurs changements d’entraîneur (Bijotat, Pantaloni, Courbis, Pasqualetti) et un meilleur classement de en 2005. L'année suivante, le club termine et redescend en L2.