L'hippologie est l'étude du cheval dans sa globalité. Elle comprend l'anatomie du cheval, son comportement et son entretien.
Étymologie Hippologie est un mot tiré du grec ἱππος, qui signifie et de λόγος, qui signifie . Elle désigne l'étude du cheval dans sa globalitéTrésor de la langue française informatisé.
Histoire de l'hippologie
L'étude du cheval en vue d'améliorer ses performances est très ancienne, une des premières traces provient de l'écuyer Kikkuli au , L'art de soigner et d'entrainer les chevaux de Kikkuli, décrivant des techniques d'entraînement progressif et des soins à prodiguer. Des tablettes en écriture cunéiforme reprenant son enseignement ont été découvertes entre 1906 et 1934, et ont été regroupées et publiées sous le titre L'art de soigner et d'entraîner les chevaux. Ce recueil est considéré comme le premier traité d'équitation qui nous soit parvenu.
Des textes dits hippiatriques (médecine du cheval) sont retrouvés à Ugarit en SyrieD. Pardee, Ras Shamra-Ougarit II, Les textes hippiatriques, Paris, 1980 ; C. Cohen et D. Sivan, The Ugaritic Hippiatric Texts: A Critical Edition, New Haven, 1983.
Xénophon, au , en Grèce, décrit dans Équitation les principes à suivre dans le choix d’un cheval de guerre, dans De l'art équestre, le dressage d'un cheval et dans Cyropédie des éléments de pansage. Plutarque, qui l'a lu, devient un passeur de la culture équestre grecque antique dans le monde romain, en tirant ..
Au Moyen Âge, l'hippologie arabe se distingue par des dessins à portée vétérinaire. Une des œuvres majeures en est « El Nâceri », rédigé en 1333Association d'histoire des sociétés rurales, Université de Caen. Centre de recherche d'histoire quantitative, Histoire & sociétés rurales, Volume 14, Numéros 27 à 28, 2007, p. 198 par Abou Bakr Ibn Badr Eddîn Ibn El Moundir El Baïtar,
Le premier livre d'hippologie après l'antiquité conservé à ce jour O Livro da Ensinança de Bem Cavalgar Toda Sela, écrit en 1438 par Dom Duarte I, roi du Portugal, se trouve à la Bibliothèque nationale française à Paris. Philippica ou haras de chevaux de Jean Tacquet, premier traité en langue française consacré à l'élevage qui parait en 1641, est largement consacré à l'hippologie.
L'hippologie connait un nouvel essor avec grandes écoles de la Renaissance et les ouvrages écrits par les grands maîtres de l'époque : Gianbatista Pignatelli dans première moitié du , insiste sur l’utilisation d'un mors simple et doux. On lui attribue l'invention du caveçon ainsi que d'avoir lancé l'idée du travail au pilier. Antoine de Pluvinel, est l'un des précurseurs de l'école d'équitation française, avec Salomon de La Broue, il a fait évoluer les techniques équestres utilisées en Italie à la fin du . Il est l'auteur du manuel d’équitation "l'instruction du roi en l'exercice de monter à cheval"'. François Robichon de La Guérinière détaille dans École de cavalerie et Éléments de cavalerie les notions d'attitude, de toilettage et d'alimentation. Il annonce également l’éthologie équine bien avant la lettre : « La connaissance du naturel d’un cheval est un des premiers fondements de l’art de le monter, et tout homme de cheval en doit faire sa principale étude. »
Les connaissances en anatomie sont approfondies. En 1598, l'italien Carlo Ruini publie l'ouvrage d'anatomie Anatomia del cavallo, infermita, et suoi rimedii, largement illustré. C'est le premier ouvrage moderne sur les chevaux. Sa description de la circulation sanguine y est novatrice. En 1599, le français Jean Héroard consacre un ouvrage à l'ostéologie du cheval, Hippostologie. En 1683, l'anglais Snape Andrew relie chaque organe à une fonction.
Les progrès en médecine du et du permettent de passer de l'hippiatrie, soins qui incluaient des rituels magiques et des saignées, à une véritable médecine équine. La première école vétérinaire ouvre ses portes à Lyon en 1761.Alexandre-Bernard Vallon (1819-1864), vétérinaire, il fut directeur du haras de Mostaganem en Algérie en 1852. Il publie Cours d'hippologie à l'usage de MM. les officiers de l'armée en 1863 et Abrégé d'hippologie à l'usage des sous-officiers de l'armée en 1868.Eugène Gayot (1808-1891), vétérinaire, directeur des haras du Pin puis de Pompadour, Inspecteur général des Haras, écrivit de nombreux ouvrages dont Études hippologiques en 1845.
Les bases de l'éthologie équine moderne, l'étude du comportement du cheval, sont fondées dans les années 1925 par Konrad Lorenz, Karl von Frisch et Nikolaas Tinbergen. Mais l'éthologie équine ne se développe qu'à partir des années 1970.
Depuis le milieu du , les progrès constants de la génétique permettent d'expliquer scientifiquement la coloration de la robe du cheval.
Généralités Un cheval vit en moyenne 20 à 30 ans. Les poneys et les chevaux dits « lourds » vivent en moyenne plus longtemps que d'autres races. L'espérance de vie d'un cheval domestique est allongée grâce aux soins prodigués par l'homme, certains chevaux peuvent atteindre les quarante ansLe Pur-sang Tango Duke né en 1935 en Australie a vécu 42 ans. Un cheval boit 20 à d'eau par jour (voir plus). Un cheval a trois allures différentes : le pas qui est l'allure la moins rapide ; le trot qui est une allure intermédiaire ; le galop qui est l'allure la plus rapide. Un cheval de selle adulte pèse en moyenne , les plus lourds des chevaux de trait peuvent atteindre kg.
Morphologie
La morphologie du cheval est la description physique extérieure d'un cheval, ou d'un autre équidé. Elle inclut la description de l'apparence générale, mais aussi la connaissance des termes spécifiques permettant cette description. La morphologie est un critère extrêmement important dans nombre de domaines touchant aux chevaux, elle compte notamment dans l'inscription des animaux à différents stud-books de races afin qu'ils soient les plus proches possible des critères imposés par le standard des races, mais aussi dans certaines présentations équestres nommées les shows, où les animaux sont jugés sur leur « beauté ». La morphologie d'un cheval permet aussi d'évaluer d'un regard son aptitude possible aux différents sports équestres qui peuvent favoriser une morphologie spécifique chez les animaux, comme l'attelage qui se révèle plus simple pour les chevaux aux épaules droites, ou le saut d'obstacles qui favorise les animaux possédant une arrière-main très musclée leur permettant de mieux sauter. Un grand nombre de termes spécifiques ont été développés pour décrire l'aspect extérieur du cheval et leur connaissance est impérative pour le passage des examens équestres nommés les galops.
L'étude des parties externes est la partie de l'hippologie qui apprend à décrire et apprécier les beautés, défectuosités et tares d'un cheval. Ainsi, il existe un vocabulaire spécifique pour les différentes parties du corps du cheval. Par convention, le cheval se compose de trois parties externes principales : l'avant-main, le corps et l'arrière-main. L'avant-main comprend tout ce qui se situe devant le cavalier, le corps est la partie de l'anatomie du cheval, qui se trouve sous le cavalier lorsque celui-ci monte le cheval, l'arrière-main est globalement tout ce qui se situe derrière le cavalier, c'est de l'arrière-main que provient l'impulsion du cheval.
Robe et signalement Robe
La couleur des poils et des crins du cheval constitue sa robe. Les robes sont très variées et constituent un moyen d'identification. Aussi font-elles l'objet d'une classification réglementée et d'un vocabulaire précis. Cependant, cette classification des robes du cheval diffère selon les pays, et les différentes réglementations en vigueur. Par conséquent, les découvertes de la génétique depuis le milieu du ne s'accordent pas toujours avec les papiers officiels.
Classification en France avant 1999
Les Haras Nationaux utilisaient une classification basée sur l'aspect visuel. Les robes étaient classées en 4 catégories Manuel officiel de préparation aux examens fédéraux d'équitation, Tome 1 Examens de bronze, Editions Lavauzelle, 1975 : Les robes unies, composées d'une seule couleur, (mnémotechnique BANC) : Blanc, Alezan, noir, Café au lait Les robes composées de deux couleurs séparées, dont les extrémités (jambes, crins) noires (mnémotechnique BIS) : Bai, Isabelle, Souris Les robes composées de deux couleurs de poils mélangées (mnémotechnique GAL) : Gris, Aubère, Louvet Enfin robes ne rentrant pas dans les catégories précédentes (mnémotechnique RP) : Rouan (robe à trois couleurs mélangées) et Pie (plaques de poils blancs et d'une autre couleur).
Classification en France depuis 1999
Depuis 1999, la classification des Haras Nationaux a été modifiée pour prendre en compte l'aspect génétique, et rendue officielle afin d'inclure des robes comme le palomino et le crème. Elle remplace la méthode BANC BIS GAL RPDémarche de la nomenclature actuelle des robes par les Haras Nationaux et divise les robes du cheval en quatre nouvelles grandes familles : les noirs les alezans les bais les autres robes de base
Marques
Les chevaux qui possèdent des taches, sur les membres ou sur la tête ou les fesses, dont la taille et la forme sont des facteurs d'identification. Des termes précis existent pour décrire ces taches appelées aussi marques blanchesSchéma des marques blanches.
La balzane est une tache de poils blancs sur les jambes. L'en-tête est une tache de poils blancs sur la tête du cheval. La liste est une trace verticale parcourant le chanfrein. Le ladre est une dépigmentation des naseaux et de la bouche de l'équidé.
Enfin, les épis sont un dernier facteur d'identification. ce sont des zones de directions irrégulières des poils. Leur nombre et leur localisation sont relevés dans le signalement des chevaux.
Locomotion et allures
Appareil locomoteur
Le cheval possède quatre membres appelés aussi jambes qui se terminent par un pied.
Une comparaison avec l'anatomie humaine permet de comprendre les particularités de cet animal. Le sabot du cheval correspond à un ongle de l'homme et le cheval marche ainsi sur l'équivalent d'un doigt qui remonte jusqu'au boulet. Le canon équivaut à la plante de nos pieds ou à la paume de nos mains, tandis que le genou correspond au poignet et le jarret équivaut à la cheville de l'homme. Le grasset du cheval correspond à notre genou. Tout comme le coude du cheval, il est situé contre le corps du cheval.
Les jambes du cheval peuvent être tendues avec un minimum d'effort grâce à un ensemble de muscles et ligaments appelés stay apparatus. Les ligaments du grasset peuvent bloquer la rotule de chaque membre postérieur, ce qui permet au cheval de bloquer ses membres postérieurs et tenir en position debout sans action consciente. Cette particularité anatomique permet au cheval de passer une partie de son sommeil en étant debout et d'être ainsi plus efficace pour fuir les prédateurs. Il est aussi courant de voir un cheval se tenir sur trois jambes grâce au stay apparatus et ainsi reposer un autre membre.
L'aplomb désigne la manière dont un membre est orienté sous le corps du cheval. Cette caractéristique a une influence sur la qualité des allures. Un aplomb à l'arrêt peut être considéré comme correct lorsque les jambes sont à la verticale et dans le cas contraire, il est considéré comme défectueux. En mouvement, un aplomb est de qualité correcte lorsque le cheval marche en ligne, c'est-à-dire que les membres antérieurs et postérieurs sont sur une même ligne.
Le pied est l'extrémité des membres du cheval. Le pied est composé d'un sabot -paroi, sole, fourchette et glômes-, enveloppe cornée, qui entoure des parties vivantes. La paroi correspond à l'ongle d'un doigt humain et provient d'une évolution vieille de 55 millions d'années pendant laquelle les autres doigts se sont atrophiés car l'ancêtre du cheval était passé d'un milieu de vie avec un sol spongieux à un sol dur.