Mathieu-François Pidansat de Mairobert, né le à Chaource et mort le à Paris, est un littérateur polygraphe français.
Biographie Il est le fils de François Pierre Pidansat, bailli de la duché-pairie d’Aumont, commissaire lieutenant juge subdélégué de la municipalité de Paris (1727) et de Nicole PicardatAD Aube, ED 08041, BMS Chaource 1721-1740, 20 février 1727, baptême de Mathieu François Pidansat. , et l'oncle maternel de Jean Nicolas Jacques Parisot (1757-1838).
Élevé chez Marie Anne Doublet de Persan, dont il prétendait être le fils, il se trouve mêlé, de bonne heure, aux conversations et aux querelles du monde des lettres. Proche du « parti patriote », surveillé par la police, il est lié à Restif de la Bretonne. Il occupe une place de censeur royal et le titre de secrétaire du roi et des commandements du duc de Chartres.
Il a édité les Mémoires secrets de 1771 à 1779, compilation de séries de nouvelles à la main tirées en partie de la « paroisse DoubletFrançois Moureau, Répertoire des nouvelles à la main. Dictionnaire de la presse clandestine manuscrite, Oxford, 1999. ». Il eut également part, jusqu’à sa mort, aux volumes des Mémoires secrets attribués traditionnellement à Bachaumont, dont il fut le secrétaire. Il édite aussi « L'Observateur anglais » ou « Correspondance secrète de Milors All'Eye et Milors All'Ear », continué sous le nom de « l'Espion anglais », où il exprime son opposition aux réformes de la magistrature, aux encyclopédistes et aux physiocrates. A son propos, Jacques-Henri Meister écrit à son sujet en : « Cette espèce de gazette-anecdote, quoique en général assez mal digérée, contient plus de vérités qu'on n'en trouve ordinairement dans les livres de ce genre ».
Il est en 1779 compromis dans le procès du fantasque marquis de Brunoy dont il se trouvait le créancier pour une somme considérable. Bien qu’en cette affaire, selon l’opinion générale, il ne soit que le prête-nom d’un plus haut personnage, le Parlement de Paris lui inflige un blâme public par arrêt du . Se croyant déshonoré, Mairobert va le soir même chez un baigneur où il s’ouvre dans le bain les veines avec un rasoir, puis achève de s’ôter la vie d’un coup de pistolet. Le curé de Saint-Eustache n’a consenti à l’inhumer qu’après ordre exprès du roi.
Restif de la Bretonne l’a beaucoup pleuré, et allait tous les ans, revoir sa maison pour commémorer l'anniversaire de son suicideAinsi, Restif consigne dans Mes Inscriptions à la date du 29 mars 1787 : .
Œuvres Il a publié plusieurs écrits relatifs à des évènements politiques ou littéraires, notamment :
Les Prophéties du grand prophète Monet, Paris, 1753. Querelle de M.M. de Voltaire et de Maupertuis, 1753. Correspondance secrète, et familière du chancelier de Maupeou avec Sorhouet (1771, in-12), pamphlet radical qui fut réimprimé sous le titre de Maupeouana (1773, 2 vol. in-12) Principes sur la Marine, (manuscrit in-8°, 1775). (Londres, 1775, in-12En ligne, l'édition de 1880.), une des meilleures ventes de la fin du Robert Darnton, « La France, ton café fout le camp ! », Actes de la recherche en sciences sociales, 1993, n° 100, ., attribuée à Théveneau de Morande. L'Observateur anglais (Londres [Amsterdam], 1777-1778, 4 vol. in-12), plusieurs fois réimprimé sous le titre de l’Espion anglais (lire en ligne) Lettres de (Londres, 1779, in-12).
Notes et références
Sources Gustave Vapereau, Dictionnaire universel des littératures, Paris, Hachette, 1876, François Ravaisson Mollien, Archives de la Bastille, , 1866. Robert Tate, Tawfik Mekki-Berrada « Pidansat de Mairobert », dans Dictionnaire des journalistes (1600-1789) (en ligne).
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