Le parc de Versailles, également appelé parc du château de Versailles, est un parc qui s'étend sur sur le territoire de la commune de Versailles, dans les Yvelines en France. Le parc représente en superficie environ un dixième de l'ancien domaine royal, réserve de chasse des rois, appelé le « Grand Parc », dont l'emprise a été sensiblement réduite à la Révolution, et qui est gérée par l'établissement public du château et du domaine de Versailles.
Dans ce parc entièrement clos, se trouvent plusieurs monuments, tels : le château de Versailles, le Petit Trianon et le Grand Trianon, le Hameau de la Reine, ainsi que les jardins à la française du château de Versailles créés par André Le NôtreLe père d'André Le Nôtre était lui-même jardinier. Il travaillait pour le Roi Louis XIII. Le grand-père d'André Le Nôtre était lui aussi un jardinier.. Le parc regroupe également les jardins des Trianons, dont le jardin de style anglo-chinois de Marie-Antoinette, le potager du roi et deux grandes pièces d'eau : le Grand Canal et la pièce d'eau des Suisses.
Le reste du parc est occupé par des parcelles forestières ou agricoles, parcourues par de grandes allées rectilignes. C'est dans ce parc que prend naissance le ru de Gally qui draine le Grand Canal et s'écoule vers l'Ouest. Le parc est limité à l'Est par les parties urbanisées de Versailles et du Chesnay, au Nord par l'arboretum de Chèvreloup situé dans la commune de Rocquencourt et à l'Ouest par la plaine de Versailles qui est un site classé. Au Sud, adossées au bois de Satory, qui appartient à la forêt domaniale de Versailles, se trouvent diverses implantations, dont le centre de recherche de l'INRA, qui occupe les terrains de l'ancienne ferme de la Ménagerie, la résidence de la Lanterne et le camp militaire des Matelots.
Le parc du château a fait l'objet de plusieurs protections successives au titre des monuments historiques.. Après une première mention sur la liste des monuments historiques de 1862, un arrêté détaillé est pris le . Il concerne le château et ses dépendances, le petit parc et ses dépendances, les deux Trianons avec leurs parcs respectifs et leurs dépendances, ainsi que le grand parc.
Histoire thumb|left|Le domaine royal de Versailles tel qu’il figure sur la carte de Cassini.
Le projet de Louis XIV
Au , le roi Louis XIV souhaite s’installer à l’écart de Paris ; il cherche pour cela un vaste espace pour construire un château à la mesure de son pouvoir. Il choisit Versailles, et, pour l'aménager à son goût, le jardinier André Le Nôtre. Le terrain étant marécageux, les travaux d’assèchement et de plantation d’arbres durent plusieurs années. Le Nôtre, dès le début des années 1660, fait venir des arbres adultes de la France entière. C'est ainsi que les ormes et les tilleuls proviennent de la forêt de Compiègne, les hêtres et les chênes, du Dauphiné. De nombreux plants viennent des pépinières du domaine du château de Vaux-le-Vicomte également. Pour aménager le parc, les fontainiers et jardiniers de Louis XIV ont dû presque tout importer : les arbres, les fleurs et même l'eau.
Dans les jardins de Versailles, la nature est apprivoisée : les parterres de fleurs sont géométriques, les allées, rectilignes et les bassins, symétriques. Les progrès des sciences et des mathématiques (notamment avec la figure de René Descartes) se reflètent dans le parc de Versailles. Le Nôtre conçoit les bassins et les terrasses selon les règles de l’illusion d’optique : le Grand Canal semble proche lorsque le visiteur se trouve au pied du château. À l’époque de Louis XIV, plusieurs centaines d’ouvriers et de jardiniers - on parle de plus de mille ; aujourd'hui, ils sont soixante-dix - devaient entretenir le parc. Le Nôtre impose un style qui se diffuse en Europe : celui du jardin à la française. Mêlant buis, fleurs et gazons, les « parterres de broderies », comme ils sont nommés, offrent au regard des courbes et des dessins qui rappellent des pavages de mosaïque.
Améliorations
Le roi fréquente ce jardin exceptionnel pour s’inspirer, et afin de mieux s’y délasser. Il le façonne à son image en le retouchant au fil des années, mais il ne cesse de le réaménager aussi dans le but d’impressionner les ambassadeurs étrangers. Il tente donc d’en faire un symbole de la France glorieuse et triomphante à cette époque, celle du Grand Siècle. Le parc compte jusqu'à jets d'eau et fontaines, parfois dissimulés dans les bosquets. Lorsque le roi ordonne les grandes eaux, près de mètres cubes sont consommés en douze heures. Objet de tous les soins, le système hydraulique va se perfectionner au fil de l'avancement des travaux.
Restauration
Les tempêtes de fin décembre 1999 en Europe ont abattu un grand nombre d’arbres centenaires (voir La tempête du 26 décembre 1999 ci-dessous). Grâce aux archives, une restauration des jardins tels qu’ils étaient au , est en cours.
Lieux remarquables du parc Le Grand Canal
Pièce d’eau en croix de et de de périphérie, le Grand Canal est le plus grand bassin du parc du château de Versailles. Il a été creusé entre 1667 et 1680. Il mesure de longueur sur de largeur. Sa particularité est d’offrir un effet d’optique puisque les bassins, étant de tailles différentes, apparaissent de la même taille depuis le château. Son emplacement est, de plus, un hommage au roi. On lit parfois qu'à chaque , jour anniversaire de la naissance de Louis XIV, le soleil se coucherait dans l'alignement du Grand Canal : c'est une pure légende.. L'ouvrage est bordé de quatre rangées d'ormes, agrémentées de statues signées Jean-Baptiste Tuby, réalisées selon des croquis de Charles Le Brun et représentant des enfants et des chevaux marins. Les travaux achevés en 1679, le Grand Canal sert de point de départ aux feux d'artifice donnés lors des somptueuses fêtes royales que Louis XIV organise à Versailles.
Les jardins du château de Versailles
Les bosquets thumb|Bosquet des Bains d’Apollon.
Les bosquets de Versailles sont, de l'époque de Louis XIV, appelés « chambres vertes ». Formées d’un véritable dédale d’allées, leurs grandes haies cachent des bassins, des jardins, ou des théâtres de verdure, créant ainsi un espace calme et intime, contrastant avec l’allée royale. Le parc de Versailles comprend plusieurs bosquets : Bosquet des Bains d’Apollon Bosquet des Dômes Bosquet de l'Encelade
Le « Bosquet de la Reine » est un ancien Labyrinthe créé par Le Nôtre en 1665. Ce bosquet est d’abord conçu comme un simple labyrinthe, lieu traditionnel dans le jardin à la française. Quelques années plus tard, il est enrichi d’un décor inspiré par Charles Perrault sur le thème des fables du conteur grec Ésope, dont la statue posée sur un piédestal de rocailles encadre, avec celle de l’Amour qui lui fait face (et qui tient dans sa main le fil d’Ariane), l’entrée de ce bosquet « éducatif » ; en effet, les 39 fables illustrées par des fontaines disséminées dans le labyrinthe sont destinées à l’éducation du dauphin et sont choisies pour représenter chacune une étape vers la sagesse dont la forme du labyrinthe est le symbole de la recherche. D’un entretien difficile (les quelque 333 sculptures animalières sont en alliage métallique peint au naturel), le labyrinthe de Versailles est supprimé en 1778 pour laisser place à un jardin à l'anglaise en l’honneur de Marie-Antoinette, l’actuel bosquet de la Reine.
thumb|Bosquet de la Salle de Bal.
Le « Bosquet de la Salle de Bal » (ou « Bosquet des Rocailles ») est certainement le plus connu. Des gradins de verdure rappelant les déclinaisons des 100 marches encerclent une piste de danse. Des pierres meulières d’Île-de-France attachées sur les parois de ces gradins servent de cascades, accompagnant ainsi la musique par la mélodie de l’eau. Ce bosquet est décoré par des incrustations de coquillages et de lapis-lazuli en provenance de Madagascar. Après la mort de Le Nôtre, son successeur, Jules Hardouin-Mansart, remplace la piste de danse par une petite île. Le roi âgé de près de 70 ans ne peut cependant plus danser.
Jardin du Roi
Le « Bosquet des Trois Fontaines » a été restauré en 2004. Lors de cette restauration, les techniques anciennes ont été respectées. Ainsi les soudures ont été faites au plomb, à la louche, comme les artisans de l’époque de Louis XIV.
Bosquet de l’Arc de Triomphe Bosquet du Dauphin Bosquet de la Girandole Bosquet de la Colonnade Salle des Marronniers
Le « Bosquet du Rond Vert » est un ancien théâtre d’eau. Composé d'une multitude de jets d'eau, de sculptures, de plantes taillées et de fontaines, le bosquet est le préféré de Louis XIV. Mais, en raison de son coût d'entretien, ce bosquet est aussi le plus cher. C'est pour raison d'économie que Louis XV en supprime les fontaines. Il faudra attendre Louis XVI qui, au cours de la nouvelle plantation du parc en 1774-1775, va en modifier le tracé et lui donner un nouveau nom celui du « Bosquet du Rond Vert » en raison de sa pelouse centrale de forme arrondie. Ce bosquet est aussi composé d'un bassin orné d'une sculpture représentant des enfants jouant avec des fleurs le seul élément subsistant du théâtre d'eau. En 1999, le bosquet a été ravagé par la tempête à 90 %. Aujourd'hui il n'a pas encore été totalement restauré et sert de décharge pour les spectacles de Versailles.
Le « Bosquet de l’Étoile » est le premier créé par Le Nôtre au château de Versailles ; le dessin de ce bosquet est de forme pentagonale, d'où son nom. Il est orné d'une fontaine qui contient une petite montagne d'où jaillissent onze jets d'eau. Lorsque Mansart devient jardinier de château de Versailles à la place de Le Nôtre, il en supprime la fontaine et fait tracer une allée qui coupe ce bosquet de part en part. Ravagé par la tempête de 1999, ce bosquet attend une replantation et une restauration, comme le Bosquet du Rond Vert.
Les bassins et les fontaines
thumb|left|Bosquet des bains d’Apollon
Principales attractions des jardins, censés refléter la grandeur du Roi Soleil (Louis XIV), les bassins et fontaines du parc de Versailles sont au nombre de ; aujourd’hui, seuls sont en activité, notamment les jours des Grandes eaux musicalesVoir les Grandes eaux musicales au bassin dit « Le miroir » (19 juin 2011)..
L’alimentation en eau des bassins constitue un défi technique d'importance au et est une préoccupation constante du règne de Louis XIV, avec des besoins toujours accrus. Le parc abrite de canalisations en plomb ou en fonte. Un réservoir se trouvait sur les toits plats du château. L’eau coulait grâce à la gravité vers les jardins situés en contrebas. D’autres réservoirs se trouvaient sous les terrasses. Tout un système d’aménagements hydrauliques a été créé et sans cesse agrandi entre 1663 et 1685 pour apporter l’eau nécessaire, d'abord à partir d'un étang voisin, l'étang de Clagny, puis d'étangs de plus en plus éloignés, et ce grâce à des aqueducs. L'eau a été pompée directement de la Seine, malgré un important dénivelé et une distance de plus de , grâce à la machine de Marly et ses 14 roues à aubes. Il a été proposé au roi un projet de détourner l'eau de la Loire par des travaux importants. Le creusement d'un canal depuis l'Eure a débuté, mais cette entreprise n'a pas été achevée à cause de la guerre de la Ligue d'Augsbourg (1688-1697).
thumb|Bassin d’Apollon
Les principaux bassins de Versailles sont : Bassin d'Apollon les quatre Bassins des Saisons : Bassin de Flore (ou du Printemps), Bassin de Cérès (ou de l'Été), Bassin de Bacchus (ou de l'Automne), Bassin de Saturne (ou de l'Hiver) Bassin du Dragon Bassin de l'Encelade Bassin du Fer-à-cheval Parterre de Latone : L'ensemble pyramidal du bassin de Latone fut aménagé en 1670, avant d'être modifié en 1689 par Jules Hardouin-Mansart. Certaines gerbes de cette gigantesque fontaine aux 76 jets d'eau peuvent former des fleurs de lys. Il fallut creuser 40 kilomètres d'aqueducs souterrains pour acheminer l'eau requise par l'ensemble des bassins et fontaines du parc. Bassin du Miroir d’eau