La liaison 16 (L16) est un standard de liaison de données tactiques de l'OTAN pour l'échange d'informations tactiques entre des unités militaires.

Le contenu de sa messagerie et le protocole d'émission sont définis par le Standard NATO Agreement 5516 pour l'OTAN et le MIL-STD-6016 pour les États-Unis.

Sa mise en œuvre opérationnelle est définie dans le document OTAN ADatP : Allied DATa processing Publication-33Aero defense qui est un ensemble de procédures permettant la mise en œuvre d'un réseau de liaisons de données tactiques « multiliaison » et de l'ADatP-16 propre à la . L'ADatP-33 est l'héritier du américain Interoperability: A Continuing Challenge in Coalition Air Operations ; Chapitre 7, AIR SURVEILLANCE AND CONTROL Page 82 « …there is also a need to define and follow standard operating procedures, e.g., the Joint Maritime Tactical Operating Procedures for Link 16 operations, now known as the Joint Multi-TADIL Operating Procedures »JMTOP : Joint Multi-TADIL Operating Procedures.

Positionnement de la liaison 16 dans le réseau des armées La est, avec la et la liaison J-over-IP une des trois liaisons de données tactiques mises en œuvre par les forces interarmées, utilisant les messages (c'est-à-dire le vocabulaire) de série-J. Avec ces autres liaisons tactiques, la L16 participe au .

thumb|right|Arthur K. Cebrowski Aux États-Unis, les liaisons de données tactiques de la série-J (rassemblées en un réseau tactique multiliaison Multi TDL fonctionnant comme un réseau logique unique) forment le média de référence pour la transmission des données tactiques dans la Global Information Grid, concept élaboré dans le cadre du Network Centric Warfare (NCW). Les fonctions des plateformes C2 s'intègrent pleinement dans l'architecture du C4ISR ; cela devrait se traduire à terme, par le regroupement des trois terminaux de communication au sein du MIDS JTRS. Aux États-Unis, l'ancienne appellation « Tadil-J » Tadil-J, 2000 a été abandonnée au profit de l'appellation OTAN .

La L16 n'est pas seulement une amélioration technique et sémantique des liaisons de données tactiques préexistantes, il s'agit bien plus de l'application au niveau tactique du principe défini par l'amiral de la vitesse de commandement rendue possible par une supériorité dans le domaine de l'information STATEMENT OF VICE ADMIRAL A. K. CEBROWSKI DIRECTOR, SPACE, INFORMATION WARFARE, COMMAND AND CONTROL CHIEF OF NAVAL OPERATIONS.

Quant à la pensée du vice-amiral concernant la condition indispensable à la participation d'une plateforme aux opérations sur un théâtre d'opérations, elle est parfaitement synthétisée dans cette déclaration lorsqu'il était à l'état major des armées :

L'application de ces principes mis en œuvre par la L16 est parfaitement décrite par Michael W. Kometer, lieutenant-colonel, USAF dans son livre Command in Air War: Centralized versus Decentralized Control of Combat Airpower Command in Air War - Centralized versus Decentralized -Control of Combat Airpower".

En Europe, sous l'impulsion des forces de Grande-Bretagne, l'OTAN tente de promouvoir la notion de .

Le souligne la volonté des Européens de garder l’homme au cœur du dispositif des systèmes complexes..

En résumé, la L16 : est le moyen d'identification indispensable sur le théâtre d'opération ; permet l'échange de données tactiques entre tous les niveaux de la chaîne de commandement ; autorise une rapidité de frappe rendue possible par une vue complète de l'image tactique partagée par tous les acteurs sur le terrain.

La mise en service de la L16 au sein des forces permet l'application d'un des principes fondateurs de la guerre en réseau : « Commandement centralisé / Exécution décentralisée » Centralized Command – Decentralized Execution: Implications of Operating in a Network Centric Warfare Environment. Les enjeux sous-tendus sont clairement exposés dans un article en français de la revue militaire canadienne intitulé Le commandement et la guerre réseau centrique - Été 2001 Le Commandement et la guerre réseau centrique, Revue militaire canadienne - Été 2001.

Le combat aérien change totalement de dimension avec la mise en œuvre de la L16 sur les plateformes non C². Les conséquences sont telles que des avions de chasse non équipés de la L16 ne possèdent plus désormais qu'une valeur militaire très faible voire nulle, s'il doit faire face à d'autres avions eux-mêmes équipés d'un système équivalent. Cela a été mis en évidence par le de la RAND Corporation, dans le document intitulé Network-Centric Operations Case Study Air-to-Air Combat With and Without Link 16.

thumb|right|La L16 participe au Joint Data Network

Liaison J-Over-IP

Pour être transmis au protocole IP, les messages L16 contenant des données de la série-J sont encapsulés dans un message compatible avec le protocole Internet. Cette capacité appelée Voir le site du JRE est définie par une norme américaine ( C) ou MIL-STD 3011. Le JRE est très peu consommateur en termes d'utilisation de la bande passante.

La liaison J-over-IP a pour objectif : d'optimiser la bande passante, en utilisant des paquets IP adaptés aux réseaux terrestres IP et d'autre part ; d'éviter les répétitions du contenu utile pour une utilisation optimisée des formes d'ondes IP, dont certaines sont toujours en cours de développement USAF tests internet capability over Link 16 Cf. Journal AirSpace Power AVIATEURS DU CHAMP DE BATAILLE Page 75 : « d’ici l’exercice financier 2020, nous prévoyons d’élargir le réseau Liaison 16, puis de le faire évoluer grâce à une série de liens améliorés pour qu’il forme un robuste réseau IP embarqué ». (Voir en particulier le programme Site DARPA sur le TTNTTTNT: Tactical Targeting Network Technology bien que l'US Air Force ait préféré le pour sa liaison inter patrouille du F-22 Raptor - 19 décembre 2008 - Work Begins On Advanced Datalink For F-22 - 15 avril 2009 - USAF selects datalink to bridge communications gap between F-22 and F-35 et du F-35 Joint Strike Fighter - juin 2009 - Air power for Hybrid Warfare - Description de l'utilisation du MADL page 23 (page 25 du fichier pdf)).

Cette optimisation évite en particulier les répétitions des contenus utiles en transmettant en un seul message toutes les informations qui en nécessitent la transmission de plusieurs messages de trois mots maximum chacun, dans la configuration la plus sécurisée. Chaque message contient obligatoirement un en-têteEn-Tête : Header, en liaison 16 chaque message est précédé d'un Header et un mot Initial qui sont suivis des mots d'extension ou des mots complémentairesTadil-J : fixed word format message. A TADIL J message utilizing FWF. An FWF message is started by an initial word which may then be followed by one or more extension and/or continuation words. En fait, l'en-tête est attaché au créneau horaire ; il est unique et commun à tous les messages transmis dans le créneau. L'en-tête contient en particulier le numéro de piste (TN) de l'unité à l'origine des messages contenus dans le créneau. L'ensemble des données associées à une piste pouvant nécessiter jusqu'à la transmission de neuf mots, la transmission de la totalité de l'information peut nécessiter une succession de cinq messages de trois mots chacun contenant obligatoirement l'en-tête et le mot initial. Cela entraîne donc cinq répétitions à l'identique, du mot Initial et de l'en-tête du message, ce qui dans le cadre du JRE s'avère être coûteux en termes de bande passante ou plus précisément en termes de débit binaire.

Opérations majeures impliquant les armées françaises et mettant en œuvre la liaison 16

Afghanistan 2007, 2010

Le , un article du journal Le MondeArticle du journal Le Monde décrivait ainsi les conditions de départ en mission des avions de chasse :

Les avions E2-C de la Marine Nationale ont pu recevoir en temps réel, les missions qui leur étaient attribuées par le Combined Air Operations Center situé sur la base d'Al-Udeid au QatarMagazine Raids - numéro Hors-série consacré aux "Ailes françaises au combat. 1994-2009", Jean-Marc Tanguy, par l'intermédiaire de la . L'aéronautique navale ne disposait pas de cette capacité sur les avions Dassault Rafale au standard F-1. L'attribution des missions par les E2-C vers ces plateformes non C2, étaient transmises en phonie. La mise en service des premiers Rafale au Standard F-2, à partir de , apporte cette capacité...

Les échanges en données de série-J, sur la perception de la situation tactique entre les différents échelons hiérarchiques, se décomposaient ainsi :

vignette|Rafale, Super-Étendard et Hawkeye du Charles de Gaulle, 12 avril 2007. Échanges entre les plateformes C2 et les plateformes non C2 (Avion de chasse, avion d'appui aérien rapproché, avion ravitailleur): Liaison 16, Groupe de participation AIR CONTROL De C2 vers non C2 (Up-link) Ordre de guidage Plan de vol Lien entre les détections et les pistes De non C2 vers C2 (Down-link) Transmission des détections (Target Sorting) Compte-rendu d'exécution des ordres Compte-rendu de l'état d'engagement Liaison 16, Groupe de participation SURVEILLANCE (C2 vers C2 et C2 vers non C2) Transmission des pistes Transmission des points de référence Transmission des points d'urgence Échanges des plateformes C2 vers le : Liaison 16, Groupe de participation SURVEILLANCE (en portée radio) -C Via satellite (hors portée radio) Transmission des pistes Transmission des points de référence Transmission des points d'urgence vignette|Forces de la coalition déployée pour l'opération ENDURING FREEDOM. Échanges du vers les plateformes C2 : Liaison 16, Groupe de participation SURVEILLANCE (en portée radio) —C Via satellite (hors portée radio) Selon les ROE (Rules of engagement), les autorisations d'engagement Les assignations de nouvelles missions Échange du vers le Centre de Commandement -C Via satellite -C Filaire Retour d'information ( : Ce terme est utilisé par le Ministère de la défense américain (DoD) comme étant un processus d'obtention de produits, de services, d'applications, de forces, d'équipement, ou d'information provenant d'organisations qui ne sont pas déployées. La liaison en est le moyen de déclencher ce processus)

Tous ces échanges, effectués dans le même langage (les données de série-J), permettaient à tous les participants, un accès « sans-coutureSeamless » à l'information quelle que soit la position du demandeur dans le réseau multi-liaisons.

Libye - 2011 Opération « Harmattan » Phases de l'opération mettant en œuvre la liaison 16 thumb|right|Un hélicoptère Dauphin apponte sur l' durant l'opération « Odyssey Dawn » (21 mars 2011)

Durant cette opération en Libye, la joue pleinement son rôle de maintien de connectivité dans la chaîne de commandement : Une vingtaine d'avions a été engagée le samedi : huit Rafales, deux Mirages 2000-5, deux Mirages 2000D, six ravitailleurs et un E3F Awacs. En plus de ces moyens aériens, deux frégates de défense aérienne, le Jean Bart et le Forbin, se sont positionnées au large de la Libye. Toutes ces plateformes hormis les ravitailleurs sont équipées de la Le Parisien (site). Les opérations menées en Libye le dimanche par les aéronefs non C2 (deux patrouilles de deux Rafales appui sol, une patrouille de deux Rafales et deux patrouilles de deux Mirage 2000D) ont, selon l'état-major des armées, été coordonnées par une plateforme C2 ()Conférence de Presse du 20 mars 2011 (17h30)- État major des armées - M. Laurent TESSEIRE, Colonel Thierry BURKHARD. L'arrivée du porte-avions Charles de Gaulle a permis la mise en place d'un réseau multi-liaisons du même type que celui mis en œuvre en Afghanistan. Cette opération a permis le déploiement du Joint Range Extension sur le Charles de Gaulle, lui assurant ainsi une fonction permanente de des opérations au-dessus du territoire LibyenLe Marin : 03 juin 2011 "Le troisième œil de la Marine.