Le genre poissard est un genre théâtral et poétique en France qui imite le langage et les mœurs du bas peuple des halles, notamment les vendeuses de marée, dites poissardes.

Historique Au début de la seconde moitié du , le langage des halles fut, pendant une vingtaine d’années, à la mode dans un coin du monde littéraire français. Jean-Joseph Vadé fut l’inventeur de ce genre qu’on appela « poissard » et dont il resta le maître. Il fut appelé le Teniers, le Callot de la poésie française ou le Corneille des Halles. Charles-François Racot de Grandval suivit rapidement son exemple.

La littérature poissarde, où on surprend un aspect des mœurs d’une époque, obtint un succès prodigieux dans les salons de la plus haute société du , où Vadé était admis avec ses œuvres, et où grands seigneurs et grandes dames s’appliquaient à imiter le langage et l’accent que ce poète était allé étudier aux halles et dans les guinguettes. C’était la nature prise sur le fait, dans les classes les plus basses du peuple de Paris, que le chef du genre reproduisait avec naturel et franchise, quelquefois en prose, le plus souvent en vers. Comme l’ écrit Dorat, dans la Déclamation :

Fréron a écrit, en 1757, au sujet de cette mode littéraire, dans son Année littéraire, que

La Harpe a été moins indulgent, qui n’a vu aucune ressource littéraire à la peinture de la nature dans le genre poissard :

Le chef-d’œuvre du genre poissard est le poème de la Pipe cassée. Les quatre chants qui le composent sont une suite de disputes, de coups de poing, de scènes de cabaret et d’engueulements, qui se terminent par la noce de Manon-la-Grippe, nièce de La Tulipe, le héros du poème. Dans une dernière querelle, la pipe de ce dernier vole en éclats. Le pittoresque s’y joint tout du long à la crudité du langage et le ton en est si uniformément bas.

N’ayant ni le mouvement du vers ni l’harmonie de la rime, le genre poissard en prose est bien plus étranger à la littérature, quoique les contemporains de Vadé se soient beaucoup amusés des Lettres de la Grenouillère, entre Mr Jérosme Dubois, pêcheux du Gros-Caillou, et Melle Nanette Dubut, blanchisseuse de linge fin.

Pièces de théâtre poissard Toussaint-Gaspard Taconet, Les écosseuses de la halle, ambigu-poissard en un acte, en vers libres, mêlé de vaudevilles et de danses, Paris, P.-D. Langlois, 1767, 47 p. (Lire sur Gallica) ; la pièce est créée le au Grand théâtre des boulevards à Paris.

André-Charles Cailleau, L'Espièglerie amoureuse, ou l'Amour matois, opéra-bouffon tragi-comico-poissard, en 1 acte, La Haye, H. Constapel, 1772, 39 p. ; la pièce est créée le au théâtre de La Haye.

Charles Henrion et Charles-François-Jean-Baptiste Moreau de Commagny, Les Amours de la halle. Vaudeville poissard en 1 acte, Paris, Barba, 1802, 32 p. (Lire sur Gallica) ; la pièce est créée au Théâtre Montansier-Variétes à Paris le ..

Georges Duval, Languille de Melun. Vaudeville-poissard en 1 acte, Paris, Mme Cavanagh, 1804 : la pièce est représentée du au au Théâtre Montansier-Variétés à Paris..

Jean-Baptiste-Louis Camel, Les Amans du Pont-aux-biches ou la Place publique, vaudeville poissard en un acte et en prose, Paris, Quoy, 1806, 29 p. (Lire sur Google Livres) ; la pièce est créée au Théâtre de la Gaîté à Paris le ..

Sewrin et René de Chazet, Romainville, ou la Promenade du dimanche, vaudeville grivois, poissard et villageois, en 1 acte, Paris, Mme Cavanagh, 1807, 32 p. ; la pièce est créée le au Théâtre des Variétés à Paris..

Antoine Simonnin, Armand d'Artois et Francis d'Allarde, Les Cris de Paris, tableau poissard en 1 acte, mêlé de couplets, Paris, Mme Huet, 1822, 36 p. ; la pièce est créée à Paris au Théâtre des Variétés le ..

Notes et références Notes

Références

Bibliographie . Alexander Parks Moore, The Genre "poissard" and the French stage of the eighteenth century, New York, Columbia University, 1935. . Gustave Vapereau, Dictionnaire universel des littératures, Paris, Hachette, 1876, p. 1621. .

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