est un genre fossile de dinosaures de l'ordre des ornithischiens, c'est-à-dire des dinosaures caractérisés par un bassin semblable à celui d'un oiseau, du sous-ordre des ornithopodes.
Les iguanodons ont vécu au Barrémien, entre -126 et -122 Ma. Leurs restes ont été retrouvés un peu partout dans le monde (Europe, Asie, Afrique, Amérique). Le premier spécimen fut décrit par Gideon Mantell, à partir d'un tibia, quelques os et des dents. On en connaissait en 2008.
L'iguanodon est assez connu de la culture populaire car c'est le deuxième dinosaure à avoir été décrit (officiellement décrit en 1825) après le Megalosaurus(officiellement décrit en 1824).
Étymologie
Ce nom vient du grec ancien odontos (qui signifie dent) et d'iguane (animal actuel dont le nom est d'origine arawak). Gideon Mantell lui donna ce nom à la suite de la découverte de quelques dents jugales à Wealden Rocks (Angleterre) : il s'aperçut qu'elles ressemblaient à celles d'iguanes actuels.. Par la suite, c'est Louis Dollo du Muséum des sciences naturelles de Belgique qui, dès les années 1880, décrivit complètement ce dinosaure, avec l'aide du paléontologue Pierre-Joseph van Beneden, en reconstituant tout un troupeau d'iguanodons dont les squelettes avaient été découverts dans des galeries menant à la mine de charbon de Bernissart (Belgique), à au sud-ouest de Bruxelles. Ces iguanodons sont actuellement exposés, avec d'autres fossiles originaires du même site, dans les collections de l'Institut royal des sciences naturelles de Belgique à Bruxelles.
Description vignette|gauche|250px|Modèle d'Iguanodon exposé au musée d'histoire naturelle de l'université d'Oxford.
L'iguanodon était très répandu au Crétacé inférieur. Mesurant de haut, entre 6 et de long et pesant plus de , ce dinosaure était à la fois bipède et quadrupède. Il avait un corps massif. On a retrouvé des empreintes fossilisées avec la trace des quatre pattes. Cependant, la plupart ne révèlent que les empreintes des membres postérieurs, et on suppose que les iguanodons juvéniles avaient les bras trop courts pour s’en servir lors de leurs déplacements. L'iguanodon est caractérisé par un pouce très pointu qui pouvait servir à poignarder les carnivores le menaçant. Il était équipé d'un bec corné qui servait à arracher la végétation avec l'aide d'une langue préhensile, et ses dents aplaties lui permettaient de mâcher sa nourriture.
Systématique et taxonomie Systématique vignette|250px|droite|Bassin d'ornitischien. L'iguanodon appartient à la famille des iguanodontidés.
Il s'agit en fait de la famille intermédiaire entre les hypsilophodontidés (de petits dinosaures agiles et rapides que l'on pourrait surnommer « les gazelles du Jurassique ») et les hadrosauridés (les célèbres « dinosaures à bec de canard », des dinosaures du même gabarit qu'iguanodon mais possédant quelques évolutions, comme le « bec de canard » ou la crête nasale dont celle du Parasaurolophus).
Liste d'espèces vignette|250px|droite|Iguanodon bernissartensis, reconstitution d'artiste, 1896. vignette|250px|droite|Dollodon bampingi, anciennement Iguanodon mantelli.
Les principales espèces d'iguanodons reconnues sont : Iguanodon bernissartensis (qui signifie « iguanodon de Bernissart », en référence au village belge où ont été découverts les premiers spécimens) ; I. anglicus (qui signifie « iguanodon anglais », car on a découvert le premier spécimen en Angleterre) ; I. dawsoni (aussi appelé I. seelyi, I. orientalis) ; I. fittoni (aussi appelé I. hollingtoniensis) ; I. major (qui signifie iguanodon majeur) ; I. lakotaensis (qui signifie iguanodon Lakota)référence taxonomique: .. I. galvensis ( qui signifie « iguanodon de Galve, province en Espagne )
I. mantelli fut pendant longtemps le nom d'un iguanodontidé de petite taille découvert avec les iguanodons de Bernissart par Louis Dollo. On se demanda même s'il ne s'agissait pas simplement d'un Iguanodon bernissartensis femelle ou juvénile. Depuis 2008, il est considéré comme appartenant à un genre proche : Dollodon comprenant une seule espèce Dollodon bampingi ; ce genre est actuellement renommé Mantellisaurus (avec une seule espèce : Mantellisaurus atherfieldensis).
Découverte
Le premier ossement (un tibia) d'iguanodon fut découvert en 1809. Quelques dents et autres os furent découverts par la suite en 1819. À cette époque, les scientifiques pensaient que ces dents appartenaient à un mammifère d'une taille gigantesque.
En 1822, la paléontologue Mary Ann Mantell trouva dans le Sussex des dents énormes, qu'elle présenta à son époux, le médecin et géologue amateur Gideon Mantell, qui pensa immédiatement qu'elles devaient appartenir à un énorme lézard.. Gideon Mantell remarqua que ces dents ressemblaient à celles des iguanes d'Amérique du Sud. Le géologue appela alors l’animal « iguanodon » (dent d'iguane) et le présenta aux autres scientifiques en 1825. Mary Ann Mantell réalisa de dents d'Iguanodon, utilisés dans les publications de son époux.. Ce fut le deuxième dinosaure découvert, après le Megalosaurus décrit en 1824 par William Buckland (même si à l'époque le terme « dinosaure » n'existait pas).
Les principaux spécimens ont été retrouvés en Europe (Angleterre, Belgique, Espagne, Allemagne, France) et aux États-Unis (Utah, Dakota du Sud). Quelques restes ont été découverts en Tunisie, au Maroc (Immouzer Marmoucha), en Mongolie, en Thaïlande, mais les squelettes les plus nombreux (une trentaine) et les plus complets ont été découverts en 1878 dans une mine de charbon, à Bernissart en Belgique. Neuf d'entre eux sont exposés dans une salle spécialisée du Muséum des sciences naturelles de Belgique à Bruxelles, et un autre au Musée de Bernissart. Les deux musées reconnaissent d'ailleurs avec humour les avoir mal positionnés (en effet, ils sont exposés « debout » sur leurs membres postérieurs), suggérant un déplacement uniquement bipède, alors que la morphologie de l'animal lui permettait d'être aussi quadrupède iguanodons d'Immouzzer Marmoucha.. Il faut cependant remarquer que les empreintes pétrifiées de pattes arrière d'iguanodon découvertes au Maroc, à Immouzer Marmoucha, s'allongent sur une certaine distance sans qu'apparaissent d'empreintes de pattes avant, ce qui est le fait d'une marche bipède.
Première reconstitution vignette|250px|droite|Reconstitution de l'iguanodon par G. Mantell. vignette|droite|250px|Le Puits Sainte-Barbe à Bernissart en 2013.
Mantell tenta une première reconstitution mais, avec si peu d'informations, il ne s'agissait que d'idées fausses car il s'inspira à la fois de la morphologie de l'iguane actuel et du rhinocéros, ce qui explique pourquoi il plaça sur le museau une petite « corne », qui se révéla être en fait le pouce de l'animal (voir image plus bas, Paléobiologie, mains). Ce n'est qu'à partir de 1878 que l'anatomie du dinosaure devint claire. En effet, c'est cette année-là que furent découverts à Bernissart en Belgique beaucoup de squelettes (complets pour la plupart) d'iguanodon, dont 29 furent remontés à la surface.
Découverte spectaculaire dans une mine belge vignette|250px|gauche|Reconstitution des ossements d'un Iguanodon bernissartensis par Louis Dollo.
Dans le village belge de Bernissart survient un événement déterminant dans l'histoire de la paléontologie. Dès 1735, la Société des charbonnages de Bernissart creuse dans cette modeste localité rurale une quinzaine de fosses pour y extraire du charbon. En 1870, quatre nouveaux puits sont creusés autour du village. En , au même moment que les premières grandes découvertes de dinosaures en Amérique du Nord, dans la fosse Sainte-Barbe, les mineurs firent une découverte insolite : un amas jaunâtre encastré dans la paroi. Les mineurs pensèrent que c'était de l'or, mais ils se rendirent vite compte que ce n'était que de la pyrite, que l'on surnomme en anglais fool's gold, l'or du fou. Cependant, de curieuses choses étaient enchâssées dans la pyrite, qu'ils ne purent identifier.
Le , Fagès, directeur de la mine, informa le docteur L'Hoir de cette découverte en lui demandant d'identifier ce curieux matériau. Le scientifique découvrit la présence d'ossements en brûlant un morceau de la mystérieuse matière. Le directeur informa alors le géologue L.F. Cornet, ingénieur de mine réputé. Pendant ce temps, les mineurs avaient découvert des ossements en grande quantité dont une partie de crâne. Le , devant les ossements qui le laissaient perplexe, L.F. Cornet suggéra de faire appel au paléontologue Pierre-Joseph van Beneden. Grâce aux dents trouvées parmi les ossements, Van Beneden identifia ces animaux comme étant des iguanodons. En trois années de fouilles supervisées par Louis Dollo, trente-et-un iguanodons (dont un depuis considéré comme dollodon) furent découverts (dont deux restèrent au fond) mais aussi des plantes diverses, des poissons, des insectes, des reptiles non dinosauriens (crocodiles, tortues), une salamandre...
La mine fut fermée deux ans pour l'excavation des restes fossilisés ; c'est une des rares collaborations heureuses entre paléontologues et industriels.
Parmi les vingt-huit iguanodons fossiles remontés de la mine de Bernissart, neuf squelettes complets reconstitués par Louis Dollo sont exposés au Musée des sciences naturelles à Bruxelles et un au musée de l'iguanodon à Bernissart. Les autres sont entreposés dans les caves du Muséum des sciences naturelles de Belgique.
(Voir aussi les études des mines de Bernissarthttp://bernissart.fpms.ac.be/etude.htm..)
Découverte d'empreintes au Maroc
Dans la région d'Immouzer Marmoucha (Maroc), des empreintes fossiles découvertes par un habitant sont étudiées par le géologue français Henri Termier qui publie son compte-rendu en 1936. Les traces s'étalent sur au moins 3 hectares. Le lieu de la découverte a été surnommé « la vallée des dinosaures. ».
Découverte d'une dent en France
Une dent isolée d'iguanodon a été découverte en 2012 sur le site paléontologique d'Angeac-Charente dans une couche de lignite qui était, il y a 133 à 126 millions d'années, une forêt marécageuse.Éric Buffetaut, « Angeac-Charente, site archéologique d' », Encyclopédia Universalis...
L'environnement était idéal : un littoral sous un climat chaud et humide arborant une végétation de fougères arborescentes et d'Araucarias. La présence de nombreux résineux est attestée par l'abondance d'ambre retrouvé dans cette région et qui contient de nombreux insectes. Ce gisement est donc tout à fait exceptionnel, car l'ambre de la période des dinosaures est très rare ..
Paléobiologie Posture vignette|180px|gauche|Squelette d'Iguanodon.
La position de ces reptiles a été très discutée. On les a d'abord considérés comme des quadrupèdes (car on se fondait sur l'idée qu'ils étaient similaires aux reptiles actuels, tel les iguanes). Mais lorsque des spécimens complets furent découverts, les scientifiques ont pu observer une grande disparité entre les membres antérieurs et postérieurs de l'animal et qu'il possédait une lourde queue. On a alors comparé ses caractéristiques à l'anatomie du kangourou. On a alors imaginé que l'iguanodon utilisait sa grosse queue musclée pour s'appuyer lorsqu'il tentait d'atteindre la végétation haute. En 2000, on a découvert que les vertèbres caudales étaient reliées et rigidifiées par des ligaments ossifiés. Il semble alors que la queue de l'iguanodon lui servait de balancier pour s'équilibrer et faire office de contrepoids à la lourde masse de son corps et qu'il pouvait se déplacer normalement sur quatre pattes mais qu'il se servait aussi de la bipédie pour courir, bien que cela soit vraisemblablement resté assez rare.
Mains vignette|250px|droite|Main d'Iguanodon.
Les mains de l’iguanodon, très particulières, possédaient cinq doigts spécialisés : un pouce en éperon, qui jouait probablement un rôle de défense très efficace contre les prédateurs. En se redressant, l’iguanodon était capable d’attaquer la gorge et le ventre de ses agresseurs ;