Philippe Cochet, né le à Lyon, est un homme politique français, membre des Républicains. Il est député de la cinquième circonscription du Rhône de 2002 à 2017, Maire de Caluire-et-Cuire et conseiller métropolitain de Lyon, de 2008 à 2025.

Le , Philippe Cochet est condamné pour détournement de fonds publics à un an de prison ferme avec bracelet électronique, deux ans avec sursis, ainsi qu'à une peine de cinq ans d'inéligibilité assortie de l'exécution provisoire, mais fait appel. Il quitte ses mandats de maire et de conseiller métropolitain le .

Carrière politique Avant 2002 Gérant de société et militant de l'UDF, Philippe Cochet est élu pour la première fois conseiller municipal de Caluire-et-Cuire en 1989. Il est ensuite réélu conseiller municipal en 1995 puis adjoint en 2001.

De 2002 à 2008

À la retraite du député sortant Jean Rigaud (député du Rhône de 1981 à 2002), Cochet, alors membre de DL, obtient l'investiture de la toute jeune Union pour la Majorité Présidentielle dans la 5ème circonscription du Rhône. Faisant cependant face à quatre candidatures dissidentes à droite, il rassemble sur son nom 31,84 % des suffrages exprimés au premier tour avant de l'emporter au second tour face à son adversaire socialiste avec 65,47 % des voix.

Philippe Cochet est nommé le , secrétaire général adjoint de l'UMP ( national du parti) dans la direction collégiale du mouvement. Il doit néanmoins céder sa place pour des questions de parité hommes-femmes à Nathalie Kosciusko-Morizet, le . Cochet continue cependant à siéger dans le comité directeur du l'UMP (composé de ) en devenant Délégué général à la réforme.

Élections municipales de 2008

Après avoir contraint le maire sortant, Alain Jeannot (RPR), à ne pas se représenter « Coups bas et grandes manoeuvres », Lyon Capitale, 21 septembre 2007.« Qui est vraiment... Philippe Cochet, le combattant de Caluire », Tribune de Lyon, 6 juillet 2016., Philippe Cochet est tête d'une liste d'union de la majorité (UMP-Nouveau Centre-Parti radical) à Caluire-et-Cuire.

Annoncé comme le favori, Philippe Cochet remporte le scrutin dès le premier tour avec 56,23 % des voix ; loin devant la liste PS conduite par Pierre Ferraro (30,76 % des suffrages).

De 2008 à 2017

Politique nationale À la suite de la réunion du conseil national du , le poste de Délégué général à la réforme est supprimé de l'organigramme de l'UMP. Philippe Cochet devient membre de la commission nationale d'investitures mais perd sa place au sein du bureau politique du parti.

À la suite de l'élection de Xavier Bertrand comme secrétaire général de l'UMP, Philippe Cochet est nommé en secrétaire national chargé des grandes métropoles et de la politique de la ville.

vignette|Philippe Cochet, ici au premier plan, lors de la Manif pour tous de Paris en 2013. En , le magazine L'Express lui consacre un dossier de 10 pages« "L'ambitieux Philippe Cochet" en Une de l'Express Lyon ce mercredi », Lyon Mag, 19 février 2015, dans lequel il explique ses propos controversés de 2013 contre le mariage homosexuel (« Je vous accuse, Mesdames et Messieurs de la gauche, [...] vous êtes en train d'assassiner des enfants. C'est scandaleux ! ») et déclare qu'il n'aura pas à choisir en 2017 entre son mandat de maire et celui de député, car la loi interdisant le cumul sera d'ici là abrogée, selon lui, ce qui n'a pas eu lieu.

Philippe Cochet cumule les indemnités de trois mandats et emploie sa femme en tant que collaboratrice parlementaire, dont la réalité de l'emploi est mise en cause, ce qui leur vaudra une condamnation en 2024.

Député de la circonscription du Rhône, il attribue une grande partie de sa réserve parlementaire à la commune dont il est le maire« Réserve parlementaire : le député Philippe Cochet favorise encore Caluire », Le Progrès, 2 mars 2017.

Lors des élections législatives de , sept maires de droite du Val-de-Saône et des Monts d’Or soutiennent son adversaire, Blandine Brocard, adjointe au maire de Saint-Germain-au-Mont-d'Or, candidate LREM (ex membre du MoDem). Il est battu par elle (60,25 % contre 39,75 %)« Législatives : Blandine Brocard (LREM) met une raclée à Philippe Cochet (LR) dans la circonscription (officiel) », Lyon Mag, 18 juin 2017. Le , il déclare au journal Le Progrès : « Je suis victime des élections, je suis mort certes, mais avec le drapeau Les Républicains, et ça, j'en suis fier. ».

Politique municipale

Le , le jour même où Nicolas Sarkozy annonce son intention de faire voter une loi créant un droit d'accueil à l'école primaire pendant le temps scolaire, en particulier en cas de grève., Philippe Cochet met en place un « service minimum » municipal dans les écoles de sa commune en grève..

Le , il retire ses délégations à son adjointe Michèle Vianès, après qu'il a appris son appartenance au parti Debout la République.

En , il crée un Think tank qu'il baptise « L'autre Métropole », confirmant ainsi son ambition de prendre en 2014 la présidence de la Métropole de Lyon qu'il convoite depuis 2007. (communauté urbaine de 58 communes que les lyonnais appellent "Grand Lyon") et contestant par là-même le leadership de François-Noël Buffet, son rival au sein de l'UMP, et celui du socialiste Gérard Collomb, le président en exercice, dont il attaque la gouvernance : .. En , à la suite de sa réélection à la tête de la mairie de Caluire, il tente de conquérir la Métropole, en se plaçant finalement derrière Buffet, mais n'y parvient pas et attribue son échec à certains maires de droite qu'il accuse de avec Collomb..

En 2012, il invite certains employés municipaux qui contestent l'une de ses décisions à avec ..

Opposé à la la réforme 2013 des rythmes scolaires., il impose en une configuration de cette réforme dans laquelle il retire aux directrices des écoles publiques de sa commune, la direction des activités périscolaires municipales que la mairie leur déléguait jusqu'alors, depuis des décennies, et les indemnités réglementaires afférentes..

La dette de la commune a augmenté de 183 % entre 2000 et 2012. et a doublé entre 2010 et 2015.

De 2017 à 2025 Au mois de juillet qui suit sa défaite aux élections législatives de « Législatives : Blandine Brocard (LREM) met une raclée à Philippe Cochet (LR) dans la circonscription (officiel) », Lyon Mag, 18 juin 2017, il fait voter une augmentation de son indemnité municipale, conserve une indemnité de majoration cantonale et conteste l'augmentation des indemnités des membres de la commission permanente de la métropole de Lyon.

Alors qu'il est investi par Les Républicains, il ne se représente pas aux élections législatives de 2022 et soutient la candidature de Bastien Joint, l'un de ses conseillers municipaux.

Fin 2022, Philippe Cochet se prononce contre la Zone à faibles émissions (ZFE) décidée par les écologistes de la Métropole de Lyon et concernant sa commune. Il déclare lors d'une réunion du Conseil de cette Métropole : « Vous mettez dix voitures devant chez vous, il y en a sept qui iront à la casse d'ici 2026. Ca n'est pas concevable »« Philippe Cochet : "L'exécutif de la Métropole de Lyon n'a pas vraiment compris les attentes de la population" », LyonMag, 4 octobre 2022.

En 2022 aussi, il impose une charte aux promoteurs immobiliers pour éviter la spéculation et les réactions hostiles des riverains. Début 2024, la préfecture du Rhône retire à la mairie de Caluire la délivrance des permis de construire, pour non-respect de la loi en matière de construction de logements sociaux, ce qui provoque une polémique entre la préfète et le maire« Philippe Cochet : "J'ai bien senti qu'il y avait un malaise avec la préfète" », Lyon Mag, 8 janvier 2024.

Le , des élus de droite, dont Philippe Cochet, président du groupe La Métro Positive à la Métropole de Lyon, portent plainte contre Bruno Bernard, le président écologiste de la Métropole, et saisissent le Procureur de Lyon, dénonçant « les relations entre La Gonette (monnaie locale citoyenne) et deux élus membres de l’exécutif de la Métropole concernant une location mobilière »« Polémique autour de la Gonette : Philippe Cochet et trente élus de droite saisissent la justice », Lyon Mag, 25 juin 2024.

En , l'opposition dénonce l'absence d'organisation de conseil municipal depuis le précédant, le suivant n'étant programmé que le suivant, après le délibéré de l'affaire où il est mis en cause, avec sa femme, pour emploi fictif.

Après sa condamnation pénale pour détournement de fonds publics en première instance, aux termes de laquelle il est condamné à une peine d'inéligibilité avec exécution provisoire, et des recours infructueux devant les juridictions administratives, sa démission d'office de ses mandats prend effet le .

Le , l'un des conseillers municipaux faisant partie de son groupe, Bastien Joint, est désigné pour le remplacer.. Le même jour, le nouveau maire et ses adjoints s'octroient une majoration de leurs indemnités de 15 %.. En , son premier adjoint, Côme Tollet, qui était aussi celui de Philippe Cochet, démissionne du conseil municipal en raison de désaccords avec le nouveau maire sur des dépenses et des indemnités..

Affaires judiciaires Condamnation prud'homale pour discrimination Le , Philippe Cochet est condamné par le conseil de prud'hommes de Lyon à verser à son ancienne collaboratrice parlementaire un rappel de salaire sur trois ans, afin de faire concorder celui-ci avec la rémunération perçue par son épouse Laëtitia Cochet, également sa collaboratrice, bénéficiaire d'un salaire de brut mensuels.. Au total, le rappel se monte à environ .. Ce jugement fait suite à des interrogations concernant la réalité de la charge de travail de sa femme, nées dans le contexte de l'affaire Fillon....

Le , la condamnation de Philippe Cochet est confirmée par la cour d'appel de Lyon. Elle retient en effet que le maire de Caluire-et-Cuire s'est rendu coupable d' entre ses collaboratrices parlementaires, en versant à l'une d'entre elles, entre 2005 et 2017, 60 % de moins qu'à son épouse, qui occupait le même poste auprès de lui. Le montant initial de la sanction est confirmé () et la cour condamne également l'édile à verser supplémentaires, au titre d'une infligée à l'intéressée... Son opposition au sein du Conseil municipal de Caluire-et-Cuire demande sa démission... Cette condamnation est définitivement confirmée par la Cour de cassation en ...

Condamnation pénale pour détournement de fonds publics

À partir de , un mois après un signalement de l'association de lutte contre la corruption Anticor., Philippe Cochet est visé par une enquête du Parquet national financier (PNF) pour détournement de fonds publics.. La justice soupçonne ainsi sa femme, Lætitia Cochet, d'avoir bénéficié d'un emploi potentiellement fictif d'attachée parlementaire ( de salaires et charges patronales.), auprès de son mari qui a été député de 2002 à 2017. Philippe Cochet nie les accusations expliquant que sa femme a effectué , notamment la , la ou encore la ....

Le parquet décide également d'étendre ses investigations au délit de fraude pour l'obtention d'une allocation d'aide aux travailleurs privés d'emploi, à la suite des allocations-chômage de perçues par sa femme après la fin de son mandat parlementaire en 2017.

En , le PNF demande à son encontre trois ans de prison avec sursis ainsi qu'une peine d'inéligibilité de cinq ans (une pour ce type de faits, selon le parquet), la confiscation de son ancienne permanence parlementaire (évaluée à ) et la condamnation de son épouse à dix-huit mois de prison avec sursis..

L'Assemblée nationale et France Travail demandent le remboursement intégral des salaires et indemnités de chômage versés à Lætitia Cochet, soit un montant total de , Anticor demandant quant à elle la somme de .. Le jugement est mis en délibéré au .