Chester Alan Arthur (Prononciation en anglais américain retranscrite selon la norme API.), généralement appelé Chester A. Arthur, né le à Fairfield (Vermont) et mort le à New York, est un homme d'État américain. Membre du Parti républicain, il est le vice-président des États-Unis, en fonction du au , puis le président des États-Unis, en fonction du au .
Né dans le Vermont, Arthur grandit dans l'État de New York et devient juriste à New York. Il s'investit au sein du Parti républicain et gravit rapidement les échelons de la machine politique dirigée par le sénateur Roscoe Conkling. Nommé par le président Ulysses S. Grant au poste de percepteur des douanes du port de New York en 1871, il est un soutien influent de la faction stalwart du Parti républicain. Il est révoqué par le président Rutherford B. Hayes en 1878 dans le cadre de sa politique de lutte contre le clientélisme à New York. Lorsque James A. Garfield remporte la nomination républicaine pour l'élection présidentielle de 1880, Arthur est choisi comme colistier afin d'apaiser les divisions internes du parti.
Après seulement six mois à la vice-présidence, il accède à la présidence à la suite de l'assassinat du président James A. Garfield, grièvement blessé par balles le et décédé le après des semaines d'agonie. Après avoir passé une grande partie de sa carrière politique dans la machine politique corrompue républicaine de New York, Arthur parvient à laver sa réputation en embrassant la cause de la réforme de la fonction publique. À la surprise des réformateurs, il se rallie alors aux principes qu'il avait autrefois combattus : il soutient la réforme du système des dépouilles et fait adopter le Pendleton Civil Service Reform Act, qui marque un tournant dans la fonction publique fédérale. Son mandat est également marqué par la renaissance de la marine américaine, le veto de certaines dépenses jugées excessives et la promulgation de la Loi d'exclusion des Chinois de 1882. Souffrant de maladie, il renonce à briguer un second mandat et quitte la présidence en 1885.
Le journaliste résuma son évolution par ces mots : .
Jeunesse Naissance et famille Chester Alan Arthur naît le à Fairfield dans le Vermont ; il est le cinquième enfant de la famille. Sa mère, Malvina Stone, est aussi né dans le Vermont et est la fille de George Washington Stone et de Judith Stevens. La famille de Malvina est principalement d'ascendance anglaise et son grand-père, Uriah Stone, combattit dans l'armée continentale durant la révolution américaine. Son père, William Arthur, est né dans le comté d'Antrim en Irlande et a émigré à Dunham dans le Bas-Canada (actuel Québec) en 1818 ou 1819 après avoir été diplômé du Belfast College ; .. La mère d'Arthur rencontra son père alors qu'il travaillait à l'école de Dunham juste au-delà de la frontière du Vermont et les deux se marièrent le . Après la naissance de leur premier enfant, Régina, à Dunham, la famille déménagea dans le Vermont et s'installa successivement à Burlington, Jericho et Waterville car William devait se déplacer pour trouver un travail dans différentes écoles. À Waterville, il se sépara de son éducation presbytérienne et rejoignit les baptistes du libre arbitre où il passa le reste de sa vie en tant que pasteur. Il devint également un abolitionniste convaincu ce qui le rendit parfois peu populaire au sein de sa congrégation et contribua aux fréquents déplacements de la famille ; .. En 1828, la famille déménagea à nouveau et s'installa à Fairfield, où Chester Alan Arthur naquit l'année suivante. Il fut nommé « Chester » d'après Chester Abell, le médecin et ami de la famille qui participa à l'accouchement et « Alan » d'après son grand-père paternel. Après la naissance d'Arthur, la famille resta à Fairfield jusqu'en 1832 lorsque la profession du père d'Arthur les obligea à déménager dans plusieurs villes du Vermont et de l'État de New York avant de s'établir dans la région de Schenectady.
Les fréquents déménagements de la famille devinrent par la suite la base d'accusations selon lesquelles Chester Arthur n'était pas un citoyen natif des États-Unis. Après qu'Arthur eut été nommé pour briguer la vice-présidence en 1880, ses adversaires politiques suggérèrent qu'il pourrait constitutionnellement ne pas être éligible à cette fonction.. Un avocat de New York, Arthur P. Hinman, apparemment engagé par ses opposants chercha à démontrer les rumeurs sur une naissance à l'étranger d'Arthur.. Hinman avança initialement qu'Arthur était né en Irlande et qu'il n'était arrivé aux États-Unis qu'à l'âge de quatorze ans ce qui le rendait inéligible pour la vice-présidence du fait de la clause de naissance de la Constitution. Il n'apporta aucune preuve puis prétendit ensuite qu'Arthur était né au Canada mais cette rumeur ne fut pas non plus démontrée.
Études Arthur passa une partie de son enfance à Perry et à Greenwich dans l'État de New York. Durant sa jeunesse, il se rapprocha des idées du parti whig et il rejoignit d'autres jeunes whigs en soutien d’Henry Clay et participa même à une rixe contre des étudiants soutenant James K. Polk.. Il afficha également son soutien à la confrérie de Fenian en portant une veste verte.. Arthur s'inscrivit à l'Union College de Schenectady, en 1845 où il reçut une éducation classique traditionnelle. À l'âge de , il rejoignit à la fraternité Phi Beta Kappa et devint président du club de débat. Durant ses vacances d'hiver, Arthur enseigna à l'école de Schaghticoke.
Après avoir été diplômé, Arthur retourna à Schaghticoke et devint enseignant à plein temps mais, peu après, il commença des études de droit.. Il continua à enseigner durant ses études et se rapprocha de la maison familiale en prenant un poste d'enseignant à Pownal dans le Vermont. Tout à fait par hasard, le futur président James A. Garfield enseigna la calligraphie dans la même école trois ans plus tard mais leurs chemins ne se croisèrent pas.. En 1852, Arthur déménagea à Cohoes dans l'État de New York où il devint le directeur d'une école où sa sœur Malvina était enseignante. Après avoir économisé suffisamment d'argent et avoir étudié à la State and National Law School à Ballston Spa, il déménagea à New York l'année suivante pour rejoindre le cabinet d'Erastus D. Culver, un avocat abolitionniste et un ami de la famille.. Lorsqu'Arthur fut admis au barreau en 1854, il rejoignit le cabinet qui fut renommé Culver, Parker et Arthur..
Début de carrière Avocat à New York vignette|alt=Photographie d'un jeune homme moustachu avec des rouflaquettes et les cheveux bouclés mi-longs|Arthur vers 1858. Lorsqu'Arthur rejoignit le cabinet, Culver et le procureur de New York, (le petit-fils du père fondateur du même nom) menaient une action en habeas corpus contre Jonathan Lemmon, un propriétaire d'esclaves de Virginie qui traversait New York avec ses huit esclaves.. Dans cette affaire appelée , Culver avança que, comme la loi de New York n'autorisait pas l'esclavage, tout esclave arrivant à New York était automatiquement affranchi. L'argument fut efficace et plusieurs appels furent rejetés par la cour d'appel de New York en 1860. Les biographies rédigées par ses partisans lui accordèrent la plus grande part du crédit de cette victoire ; en réalité son rôle était mineur même s'il avait certainement été un participant actif dans l'affaire.. Dans une autre affaire de droits civiques en 1854, Arthur fut le principal avocat d' après qu'on lui eut refusé un siège dans un tramway car elle était noire. Il remporta l'affaire et le verdict mena à la déségrégation des lignes de tramway de New York.
En 1856, Arthur courtisa Ellen Herndon, la fille de William Lewis Herndon, un officier naval de Virginie.. Les deux se fiancèrent rapidement.. Plus tard dans l'année, il entama un nouveau partenariat avec un ami, Henry D. Gardiner, et se rendit avec lui dans le Kansas pour étudier la possibilité de s'y établir et d'y fonder un cabinet d'avocats. Au même moment, l'État était le lieu d'une lutte violente entre les partisans et les opposants de l'esclavage et Arthur se rallia à ces derniers.. La rude vie sur la Frontier ne s'accordait pas avec la vie raffinée des New-yorkais ; après trois ou quatre mois les deux avocats retournèrent à New York où Arthur réconforta sa fiancée après que son père a disparu en mer à bord du SS Central America. En 1859, ils se marièrent à l'église épiscopale de Manhattan.. Après leur mariage, Arthur se consacra à son travail d'avocat mais il trouva également le temps de s'impliquer dans le parti républicain..
Guerre de Sécession vignette|gauche|alt=Photographie d'une femme assise aux cheveux noirs|Arthur épousa Ellen Herndon en 1859. En 1860, Arthur fut nommé dans le comité militaire du gouverneur Edwin D. Morgan. Le poste était une fonction de faible importance jusqu'au déclenchement de la guerre de Sécession en avril 1861 quand les États du Nord des États-Unis durent lever et équiper des Forces armées d'une taille encore jamais vue dans l'histoire américaine ; .. Arthur reçut le grade de brigadier-général et fut assigné au département de l'intendance. Il était si efficace à loger et à équiper les troupes qui se déversaient dans la ville de New York qu'il fut promu au rang d'inspecteur général de la milice d'État en février 1862 puis au quartier-général de l'intendance en juillet.. Il eut l'opportunité de servir sur le front lorsque le d'infanterie de New York l'élut colonel au début de la guerre mais il refusa et resta à son poste à la demande du gouverneur Morgan.. Arthur s'approcha du front lorsqu'il voyagea vers le Sud pour inspecter les troupes de New York près de Fredericksburg en Virginie en mai 1862 ; peu après les forces du major-général Irvin McDowell s'emparèrent de la ville durant la campagne de la Péninsule ; .. Durant l'été, les autres représentants des gouverneurs du Nord et lui rencontrèrent le secrétaire d'État William H. Seward à New York pour coordonner la levée de nouvelles troupes et il passa les mois suivants à atteindre le quota new-yorkais de . Arthur reçut les félicitations pour son travail mais son poste était politique et il fut relevé de ses fonctions en janvier 1863 quand le démocrate Horatio Seymour devint gouverneur..
Arthur reprit son activité de juriste en 1863 et les affaires du cabinet Arthur & Gardiner étaient florissantes ; .. Si sa vie professionnelle s'améliorait, Arthur et son épouse connurent une tragédie personnelle quand leur unique enfant, William, mourut soudainement à l'âge de trois ans ; .. Le couple dut surmonter cette épreuve et lorsqu'ils eurent un autre fils, Chester Alan Jr., en 1864, ils redoublèrent d'affection.. Ils eurent également une fille, Ellen, en 1871 et les deux enfants arrivèrent à l'âge adulte.. Les perspectives politiques d'Arthur s'améliorèrent de même que ses affaires professionnelles lorsque son patron, l'ancien gouverneur Morgan, fut élu au Sénat des États-Unis.. Il fut engagé par Thomas Murphy, un chapelier qui vendait des marchandises à l'armée américaine, pour le représenter à Washington. Les deux devinrent associés au sein des cercles du parti républicain de New York et Arthur commença à s'affirmer dans la branche conservatrice du parti dominé par Thurlow Weed. Lors de l'élection présidentielle de 1864, Arthur et Murphy levèrent des fonds auprès des républicains de New York et il assista à la seconde investiture d'Abraham Lincoln en 1865..
Politique à New York Machine de Conkling vignette|gauche|alt=Bâtiment à colonnades avec un dôme sur le toit|Arthur travailla pendant sept ans au bureau des douanes de New York.