Le Stade rennais Football Club est un club de football français fondé le et situé à Rennes, en Ille-et-Vilaine.
Dans un premier temps club d’athlétisme évoluant dans les couleurs bleu ciel et bleu marine, il porte le nom de « Stade rennais » jusqu'à sa fusion avec le Football Club rennais en 1904. De ce fait, il devient le « Stade rennais Université Club » (SRUC) et adopte les couleurs rouge et noir du FC rennais. Il dispute ses premières compétitions officielles à partir de 1902 au sein du Comité de Bretagne de l'USFSA. En 1912, il emménage sur un terrain situé au bord de la Vilaine, sur lequel est érigé l'actuel stade du Roazhon Park.
Après avoir brillé dans les compétitions régionales, le club breton se fait un nom à l'échelle nationale en atteignant la finale de la Coupe de France en 1922 et 1935. Dès 1932, il accède au statut professionnel. Dans les années 1960, sous la houlette de son entraîneur Jean Prouff, il remporte par deux fois la Coupe de France, en 1965 contre l'UA Sedan-Torcy puis en 1971 face à l'Olympique lyonnais. Par ailleurs, il remporte le championnat de France de deuxième division en 1956 et 1983.
En 1972, la section football « Rouge et Noir » prend son indépendance vis-à-vis de la structure omnisports pour devenir le « Stade rennais Football Club » (SRFC), sa dénomination actuelle. Ce dernier connaît alors une longue traversée du désert sportive, ponctuée de graves difficultés financières. En 1998, la holding Artémis de François Pinault reprend le club, le transformant en société anonyme sportive professionnelle, et lui permet de s'affirmer dans le Championnat de France de football. Cependant, le club mettra 36 ans à remporter un nouveau trophée avec la Coupe de France en 2019 face au Paris Saint-Germain, après trois finales nationales perdues en 2009 (Coupe de France), 2013 (Coupe de la Ligue) et 2014 (Coupe de France).
Le Stade rennais FC est présidé par Arnaud Pouille depuis le , tandis que l'équipe professionnelle est dirigée par Franck Haise depuis le . Il dispose notamment d'un centre de formation réputé à l'échelle nationale. Enfin, le SRFC est l'un des clubs qui compte le plus grand nombre de saisons en Championnat de France de football avec soixante-dix unités en 2026-2027À égalité avec l'AS Saint-Étienne, et seulement devancé par l'Olympique de Marseille avec 77 saisons..
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Repères historiques
Genèse du club (1901-1914)
thumb|left|upright=1.2|L'équipe première du club à l'aube du (1904).
Les origines du Stade rennais remontent à 1901, alors que la pratique du football prend peu à peu son essor à Rennes et en Bretagne, après s'être largement diffusé en région parisienne, en Normandie et en Nord-Picardie. Le , plusieurs anciens étudiants (Peter, Ghis, Jamin et Duchesne), quatre étudiants rennais fondent un club d’athlétisme puis club omnisports qui prend le nom de Stade rennais. En plus du football, ses membres pratiquent l'athlétisme de haut niveau. Le premier match est disputé deux semaines plus tard contre le Football Club rennais, et se solde par une défaite des Stadistes six buts à zéro.
En , la pratique du football s'organise en Bretagne avec la création du comité régional de l'Union des sociétés françaises de sports athlétiques (USFSA). Le Stade rennais en est l'un des membres fondateurs, et dispute le premier championnat régional, dont le Football Club rennais est le premier lauréat. Vainqueur de la seconde édition de la compétition, le Stade rennais fusionne le avec le Football Club rennais pour devenir le Stade rennais Université Club (SRUC).. L'objectif est de contrer la concurrence de l'Union sportive servannaise, club malouin principalement composé de joueurs britanniques, et qui s'avère un redoutable rival. Le SRUC adopte les couleurs rouges et noires rayées verticalement du Football Club rennais, le Stade rennais évoluant jusque-là en bleu ciel et bleu marine. Stade rennais UC et US servannaise se partagent les titres régionaux jusqu'en 1914.
Le club se structure entre-temps, met en place des sections rugby à XV, cross-country et hockey, et engage avec le Gallois Griffith son premier entraîneur. En , la section football quitte le terrain de la Mabilais, qu'elle utilisait jusqu'alors, pour emménager au Parc des sports du Moulin du Comte (futur stade du Roazhon Park), du nom de la voie qui longe l'enceinte sportive« De La Mabilais à la route de Lorient », .
Affirmation sur la scène nationale (1914-1932)
Après une courte pause due aux débuts de la Première Guerre mondiale, le club participe aux compétitions organisées par l'USFSA durant le conflit, et remporte en 1916 son premier titre national en battant le Club sportif des Terreaux en finale de la Coupe des Alliés. Peu de temps plus tard, le club participe à la première édition de la Coupe de France, mais échoue à partir des quarts de finale.
Alors qu'il domine les compétitions régionales, toujours en compagnie de l'US servannaise, le Stade rennais UC réalise également quelques belles performances en Coupe de France. Renforcé par les arrivées de quelques internationaux comme François Hugues, il parvient en finale de l'épreuve en 1922, après avoir éliminé en demi-finale l'Olympique de Paris pourtant donné favori. Opposés au Red Star tenant du titre, les Rennais doivent s'incliner (défaite, 0-2)..
thumb|right|upright=1.2|Le , le Stade rennais UC dispute sa première finale de Coupe de France face au Red Star. Lors des saisons suivantes, le club connaît quelques désillusions dans cette même compétition, plusieurs décisions fédérales ayant été en sa défaveur. En 1929, alors que la Ligue de l'Ouest (qui a pris la suite du Comité de Bretagne de l'USFSA après la Grande guerre) réforme son championnat et augmente considérablement le nombre de rencontres à disputer, le Stade rennais UC refuse de s'y soumettre en quittant le giron fédéral. pendant trois saisons, le club dispute une centaine de matchs amicaux, dont vingt-neuf contre des équipes étrangères.
Débuts du professionnalisme (1932-1964)
Sous l'impulsion de son président Isidore Odorico« 1901-1940 : le duel avec Saint-Servan », , le Stade rennais UC accède au professionnalisme dès son autorisation en 1932, et s'engage dans le premier championnat de France. Unique représentant breton à ce niveau, le club ne parvient pas à y briller, mais détient en la personne de Walter Kaiser le premier meilleur buteur de l'histoire de la première divisionÀ égalité avec Robert Mercier, les deux joueurs étant crédités de quinze buts marqués..
thumb|left|Jean Prouff est l'entraîneur du Stade rennais UC lors de ses deux victoires en Coupe de France (1949).
Trois ans plus tard, le Stade rennais UC retrouve la finale de la Coupe de France. Privés de leurs deux buteurs Walter Kaiser et Walter Vollweiler blessés« Walter Kaiser, le canonnier allemand », , les Rennais doivent de nouveau s'incliner. Avec trois buts inscrits dès la première mi-temps, l'Olympique de Marseille s'impose facilement (défaite, 0-3), et le Stade rennais UC repart de nouveau bredouille.. Par la suite, la situation du club se dégrade : sportivement, il connaît une première relégation en Division 2 en 1937 ; financièrement, un déficit de plombe ses comptes. Menacé, le statut professionnel du Stade rennais est sauvé grâce à une souscription publique et grâce à une subvention de la municipalité.
En 1939, le Stade rennais UC gagne le droit de retrouver la première division, mais la Seconde Guerre mondiale vient interrompre les compétitions. Au cours des six années que dure le conflit, le club navigue entre professionnalisme et amateurisme, participant de façon épisodique aux quelques compétitions organisées au niveau national. En 1945, alors que la Division 1 reprend ses droits, le Stade rennais UC y prend place, mené par François Pleyer au poste d'entraîneur-joueur. Sous sa conduite, le Stade rennais UC obtient son meilleur classement depuis 1932, avec une quatrième place acquise en 1949..
Après trois saisons de lutte pour le maintien, François Pleyer est évincé en 1952, et remplacé par Salvador Artigas. Un changement qui ne porte pas ses fruits, le Stade rennais UC étant relégué en deuxième division en fin de saison. Le club breton remporte le Championnat de France de deuxième division 1955-1956. Jusqu'en 1958, l'équipe fera l'ascenseur entre D1 et D2, enchaînant montées et descentes entre les deux niveaux. L'arrivée en 1954 de Louis Girard à la présidence enclenche cependant un vent de renouveau« Présidents : l'impulsion de Girard et Rohou », . Sous son impulsion, le Parc des sports de la route de Lorient est rénové pour augmenter sa capacité d'accueil. Louis Girard, qui souhaite faire du Stade rennais UC un club majeur sur la scène nationale, engage successivement Henri Guérin puis Antoine Cuissard au poste d'entraîneur, sans résultat malgré une demi-finale de Coupe de France atteinte en 1959..
Double victoire en Coupe de France (1964-1972)
C'est finalement l'arrivée de Jean Prouff aux commandes de l'effectif professionnel en 1964 qui permet au Stade rennais UC de franchir un palier. Ancien joueur du club, il impose un style résolument offensif à son équipe, qui tranche avec les mentalités plus défensives de ses prédécesseurs au poste d'entraîneur« Le système de jeu du Stade Rennais », . Dès la première saison, ce changement porte ses fruits. En championnat, le Stade rennais UC égale sa meilleure performance en terminant à la quatrième place., obtenant le titre honorifique de meilleure attaque de Division 1.. Surtout, l'équipe rennaise brille en Coupe de France, au point d'atteindre la finale de l'épreuve, après avoir notamment surclassé l'AS Saint-Étienne en demi-finale (victoire, 3-0).. Favoris face à une jeune équipe de l'UA Sedan-Torcy, les Rennais peinent pourtant le jour de la finale, et se retrouvent rapidement menés deux buts à zéro. Deux buts marqués par André Ascencio et Daniel Rodighiero rétablissent finalement l'équilibre, et Rennes arrache le droit de rejouer le match (2-2 a.p.).L'épreuve des tirs au but n'est mise en place qu'à partir de 1970 lorsque deux équipes demeurent à égalité au terme de la prolongation. Auparavant, les matchs nuls occasionnaient un match à rejouer ou une désignation du vainqueur par tirage au sort.. Le au Parc des Princes, le Stade rennais UC bat finalement l'UA Sedan-Torcy, après avoir été une nouvelle fois mené au score, grâce à un but de Marcel Loncle et un doublé de Daniel Rodighiero (victoire, 3-1). Premier club breton vainqueur de la Coupe de France, le Stade rennais UC est reçu triomphalement par la population rennaise à son retour dans la ville le ... thumb|L'équipe du Stade rennais UC lors de sa victoire en Coupe de France (1965).|250x250px gauche|vignette|Les joueurs rennais de retour à Rennes à la suite de leur victoire en Coupe de France (1965). Les années qui suivent, l'équipe ne parvient pourtant pas à confirmer sa victoire, et traverse même une mauvaise passe, aussi bien sportive que financière, à la fin de l'année 1969« Les heures difficiles », . Entre-temps, le succès acquis en Coupe de France avait permis au Stade rennais UC de disputer pour la première fois une compétition continentale, mais dès le premier tour de la Coupe d'Europe des vainqueurs de coupe, les Bretons sont éliminés par le Dukla Prague et son Ballon d'or Josef Masopust (0-2 au match aller à Prague, 0-0 au match retour à Rennes)« Coupe d'Europe 65 : Prague trop fort », .