Stéphane Bourgoin ou parfois Étienne Jallieu, né le à Paris, est un écrivain français spécialisé les faits divers criminels, les tueurs en série et le cinéma bis.

Entre 1990 et 2020, il s'est présenté comme un expert en profilage criminel et criminologie et a été considéré comme tel par les médias français. En 2020, après la mise en lumière de nombreuses contradictions et d'invraisemblances dans sa biographie par différentes sources d'information, il avoue avoir menti sur plusieurs éléments de son passé qui accréditaient son prétendu statut d'expert.

Biographie

Stéphane Bourgoin naît le , à Paris., de l'union entre Jean Bourgoin et sa troisième femme, Anna Glöckner.. Sa mère a également été mariée deux fois auparavant. Élève médiocre., il est exclu à trois reprises de son lycée et ne possède aucun diplôme, alors que son père et son grand-père sont ingénieurs polytechniciens et ont eu des carrières prestigieuses au sein de l'armée française.

Son père, Jean Bourgoin, a mené une double vie pendant de nombreuses années, partageant son temps entre deux foyers : l'un avec son épouse officielle de l'époque, Anna Glökner (résistante allemande qui a œuvré à Saint-Malo), et l'autre avec Béatrice Pourchasse, avec qui il a eu deux filles. Stéphane et ses demi-sœurs ne font connaissance qu'à l'âge d'une vingtaine d'années, peu de temps avant le décès de leur père en 1977, et les premiers témoignages de mensonges de la part de Stéphane Bourgoin remontent à 1978 Killer Lies: Chasing a True Crime Con Man, documentaire sur les mensonges de Stéphane Bourgoin réalisé par Ben Selkow..

Toutes les informations concernant ses parents ont été vérifiées par l'équipe du New Yorker dans les archives militaires françaises, et par le National Geographic pour le tournage de Killer Lies: Chasing a True Crime Con Man, qui relate les mensonges de Stéphane Bourgoin à travers le temps.

Intérêt pour le cinéma bis Dans les années 1970, Stéphane Bourgoin est chroniqueur de films de série B et d'horreur dans les fanzines Vampirella et L'Écran fantastique..

En 1974, il part pour les États-Unis où il joue le rôle d'homme à tout faire pour des productions cinématographiques à petit budget.. Il est assistant sur les plateaux de quelques films pornographiques mineurs.. En 1978, il scénarise trois films pornographiques : Extreme Close-Up, sorti aux États-Unis en 1979 et au Japon en 1982 (inédit en France), Johnny does Paris sorti aux États-Unis en 1981 et renommé All American Stud lors de sa sortie en VHS et La Bête et la Belle. qui semble n'avoir jamais été monté, alors qu'il aurait peut-être été le projet le plus ambitieux.. L'ensemble est réalisé en deux ou trois semaines par Charles Webb, tourné avec John Holmes, à Paris et en Bretagne, avec une équipe technique française, des comédiens français confirmés dont Jacques Marbeuf et Diane Dubois et quelques actrices américaines.

De retour en France, Stéphane Bourgoin devient salarié de la librairie parisienne Au Troisième Œil, qu'il rachète en 1981. Cette entreprise commerciale, fondée en 1973 par l'éditeur François Guérif, est spécialisée dans le cinéma, la science-fiction et le roman policier.. Dans les années 1980, il écrit des livres sur le cinéma bis.

En 1990, il fait une apparition dans le Portrait de groupe : Le jury du Prix Très Spécial du Cinématon de Gérard Courant.

En 1999, il est membre du jury « longs métrages » lors du festival Fantastic'Arts 1999 à Gérardmer, en France, aux côtés du chanteur Johnny Hallyday et de l'acteur américain Robert Englund...

Stéphane Bourgoin est le présentateur de la collection DVD Serial Polar, sortie chez Bach Films entre 2007 et 2010, qui regroupe des longs métrages méconnus de réalisateurs de renom (Anthony Mann, Richard Fleischer, Michael Curtiz, etc.) et des films décalés de série B..

Intérêt pour le fait divers et les tueurs en série Depuis les années 1990, Stéphane Bourgoin se présente comme un expert des serial-killers.. Il explique que cet intérêt pour la compréhension de ce qui se passe dans la tête des tueurs en série lui est venu de la découverte du corps de sa compagne « Eileen », « tuée, violée et découpée en morceaux » dans leur appartement de Los Angeles en 1976.

À la suite de ce meurtre, Bourgoin prétend qu'un policier lui a fait rencontrer — par compassion ou pour l'aider dans sa démarche — ses premiers tueurs en série en 1978. Il affirme que le même policier lui aurait accordé l'autorisation exceptionnelle d'assister aux cours de formation au profilage dispensés aux membres du personnel du FBI à Quantico aux États-Unis. De 1990 à 2020, il se présente régulièrement dans les médias français comme spécialiste mondial du profilage criminel, et travaillant à ce titre avec le FBI.

Il dit notamment avoir obtenu un entretien avec le meurtrier Richard Chase en 1979..

Il affirme avoir ainsi rencontré, en 1986, l'assassin d'Eileen, « condamné à mort et détenu en Californie ».

À partir des années 1990, en s'inspirant des ouvrages de John Douglas, Stéphane Bourgoin écrit des livres compilant des informations sur des histoires de meurtriers et publiés sous son nom ou sous le pseudonyme dÉtienne JallieuClaude Mesplède, Dictionnaire des littératures policières, , Nantes, éditions Joseph K., coll. « Temps noir », 2007..

À l'automne 1991, il tourne avec la productrice Carol Kehringer un documentaire comportant des interviews avec le spécialiste du profilage criminel John Douglas, ainsi qu'avec les meurtriers Gerard Schaefer, Otis Toole et Ed Kemper... Par la suite, il participera à d'autres émissions de télévision autour du même thème....

En 1993, il publie aux éditions Grasset Serial killers : Enquête sur les tueurs en série. L'ouvrage est un succès en librairie grâce à plusieurs rééditions et Stéphane Bourgoin décide d'exploiter le filon.

Des années 1990 à 2020, grâce au succès de ce livre, Stéphane Bourgoin est régulièrement invité dans les médias français pour s'exprimer sur différentes affaires judiciaires. Il est alors présenté comme expert en criminologie de renommée mondiale.., ce qui ne sera démenti qu'en 2020. La promotion que lui offrent les journalistes lui permet de se constituer une base de fans et d'organiser des tournées de conférences promotionnelles payantes au cours desquelles il étoffe son autobiographie fictionnelle.

Cette promotion médiatique lui permet de se faire inviter comme conférencier par la Gendarmerie nationale française. Ainsi Stéphane Bourgoin est conférencier pendant près de dix ans — jusqu'en 2007. — au Centre national de formation à la police judiciaire de l'école de la Gendarmerie nationale française. et à l'École nationale de la magistrature en 2015 et 2018. Il prétend avoir donné des cours à l'École nationale de l'administration pénitentiaire.

En tant que proche d'une victime de tueur en série, Stéphane Bourgoin est membre de l’association Victimes en Série (ViES), qui rassemble notamment des proches des « disparus de Mourmelon »..

En 2014, dans Qui a tué le Dahlia Noir ?, l'écrivain prétend avoir résolu l'affaire du Dahlia noir..

En 2019, il affirme avoir rencontré plus de 77 tueurs et tueuses en série dans le monde entier.

Dans certains de ses livres, Stéphane Bourgoin prétend avoir été acteur ou témoin direct d'événements en réalité vécus par d'autres personnes, en particulier John Douglas et Micki Pistorius....

Mensonges Enquêtes Début 2020, le récit de Bourgoin est remis en question dans une série de vidéos publiées sur la chaîne YouTube «4eme œil corporation ». Ce travail est ensuite repris dans d'autres médias.

En , le site Arrêt sur images constate ainsi des incohérences dans la biographie de Stéphane Bourgoin et, à son tour, émet des doutes sur leur véracité. Le site s'interroge notamment sur la crédibilité à accorder à la rencontre entre Bourgoin et Charles Manson, ainsi qu'à une supposée carrière de footballeur professionnel. Il affirme également que Bourgoin s'est approprié les récits des auxiliaires de police sud-africains Micki Pistorius et Derick Norsworthy et de l'agent du FBI John E. Douglas... Arrêt sur images s'interroge également à propos de la complaisance dont a bénéficié Stéphane Bourgoin de la part de nombreux médias, qui l'ont invité à de multiples reprises en le présentant comme un spécialiste, puis comme un expert des tueurs en série (HuffPost, Melty, BFM TV, France Info, RMC, CNews, Les Inrockuptibles, France 5, France 2).

Par la suite, le journal Le Monde affirme que Stéphane Bourgoin n'a jamais collaboré avec le FBI et émet de sérieuses réserves sur la réalité du meurtre de sa compagne dans les années 1970. De son côté, le magazine So Foot dément son passé de footballeur au sein du Red Star et d'adversaire de Michel Platini..

Une enquête journalistique, parue fin dans le journal régional Le Progrès, conteste le nombre des entretiens de tueurs en série réalisés par Stéphane Bourgoin, estimant qu'il serait plus proche de la dizaine que des presque 80 revendiqués.

Un gendarme contacté par France Inter affirme que Stéphane Bourgoin n'a pas participé à la création du Groupe d’analyse comportementale (GAC), le département spécialisé en profilage criminel de la gendarmerie française.. La gendarmerie précise qu'en dépit des échanges que l'homme a entretenus avec des enquêteurs français lors de conférences ou de séances de signature, il « n’a en revanche jamais été associé à un dossier en cours, n’a jamais été expert devant un tribunal et n’a jamais rencontré un suspect ou un condamné ».

Peu après la publication dArrêt sur images, site auquel l'auteur avait déjà confié son désir d'attaquer les vidéastes en justice, les vidéos de la chaîne YouTube « 4ème Œil Corporation » sont supprimées au motif de violation du droit d'auteur de Stéphane Bourgoin, avant d'être republiées sur d'autres plateformes. Dans le même temps, il se retire de la plupart des réseaux sociaux..

Aveux Acculé, Stéphane Bourgoin avoue avoir menti sur son passé.. Il précise que l'histoire de l'assassinat de sa femme est un mensonge inspiré du meurtre, survenu en , de Susan Bickrest.., une victime de Gerald Stano, qu'il aurait peut-être fréquentée.. Il n'a donc pas rencontré le détective chargé de l'enquête sur le prétendu assassinat d' « Eileen ».

En 2024, le youtubeur et mentaliste Clément Freze publie une vidéo dans laquelle Stéphane Bourgoin avoue n'avoir jamais fréquenté Susan Bickrest et révèle l'identité de la femme qu'il présentait comme étant Eileen. Il s'agirait en fait de l'actrice espagnole Rosa Valenty, rencontrée brièvement sur le tournage du film Todos los gritos del silencio.

Stéphane Bourgoin avoue également qu'il n'a pas interrogé 77 meurtriers, mais sans préciser le nombre réel. de ses entretiens. Il révèle aussi avoir inventé un tueur en série de toutes pièces dans son livre Malfosse, fiction écrite pour un jeu multimédia..

Après ces révélations, Stéphane Bourgoin se confie sur ses mensonges :

Accusation d'atteinte aux droits à l'image et à la vie privée Dans une lettre révélée par Le Parisien en , les éditions Glénat suspendent la commercialisation de l'une des bandes dessinées co-signées par Stéphane Bourgoin (avec Jean-David Morvan), consacrée à Michel Fourniret.. Cette suspension fait suite aux griefs d'atteinte au droit à l'image et de violation de la vie privée portés par la présidente de l'association Victimes en Série (ViES), Dahina Sy-Le Guennan, victime de Michel Fourniret et représentée dans l'ouvrage. Les propos tenus dans la bande dessinée par un personnage pseudonyme de Bourgoin font également l'objet d'un litige.

Publications Essais sur les tueurs en séries

Essais sur le cinéma

Direction d'anthologies Stéphane Bourgoin a dirigé plusieurs collections et supervisé la rédaction de près de deux cents anthologies rassemblant des nouvelles policières ou des récits fictionnels fantastiques ou de science-fiction..

Roman