Oostduinkerke ou Ostdunkerque ou OostdunkerqueVoir #Toponymie , (en néerlandais : Oostduinkerke, , en allemand : Ostdünkirchen, en flamand occidental : Ôostduunkerke), est une section de la commune belge de Coxyde située en Région flamande dans la province de Flandre-Occidentale. C’est une commune à part entière avant la fusion des communes de 1977. Lors d’une précédente fusion en 1971, Ostdunkerque a obsorbé elle même la commune de Wulpen.
Elle est notamment connue pour sa station balnéaire Ostdunkerque-Bains et ses pêcheurs aux crevettes à cheval.
Toponymie En 1135, une paroisse indépendante est créée sous le nom Dunacapella . Le nom évolua ensuite vers Dunckercka, c'est-à-dire l'église des dunes. En 1246, le nom se transforme en Ostdunckercka pour la différencier de son homonyme, aujourd'hui française Dunkerque, Duinkerke en néerlandais. Le suffixe Oost voulant dire de l'est. Sur la carte de Ferraris de 1777, nous pouvons voir le village sous le nom Ostdunkercke.
On trouve les formes francophones actuelles Ostdunkerque dans : . et Oostdunkerque dans ..
En néerlandais, le nom est Oostduinkerke, se prononçant . Le nom néerlandais est parfois utilisé en français. La prononciation francophone est . En flamand occidental, le nom est Ôostduunkerke.
Démographie
Évolution démographique: avant la fusion de 1971
Sources : INS, Rem. : 1831 jusqu'en 1961 = recensements..
Évolution démographique de la commune fusionnée (1971-1976)
Sources : INS, Rem. : 1831 jusqu'en 1970 = recensements, 1976 = population au 31 décembre.
La commune Pêche aux crevettes à cheval
Jusqu'au milieu du , les villageois pêchaient la crevette à marée basse au moyen de filets tirés par des chevaux ou par les pêcheurs eux-mêmes. Actuellement, cette pêche ne se pratique plus qu'en tant qu'attraction touristique (unique au monde) subsidiée par la commune. Elle est reconnue comme patrimoine culturel immatériel par l'UNESCO.
Station balnéaire
L'ancienne commune d'Ostdunkerque, fusionnée avec Coxyde en 1977 et qu'on appellera simplement « commune » dans cet article, est située sur la côte belge occidentale (« Westhoek »). Le nom néerlandais peut se traduire par « église des dunes de l'est ».
La partie nord de la commune jouxtant la mer est une station balnéaire entourée de vastes étendues de dunes (240 hectares) constituées en réserve naturelle. La partie sud, située à la limite des dunes et des polders (terres conquises sur la mer, jadis régulièrement inondées) était un village de pêcheurs qui, entre deux campagnes de pêche, cultivaient leur potager et n'hésitaient pas à braconner le lapin des dunes. Aujourd'hui, les villageois se sont entièrement reconvertis dans le tourisme et l'hôtellerie, qui se développe vers l'intérieur des terres.
La largeur de l'estran, sa pente douce et l'absence de brise-lames ou épis permettent la pratique du char à voile (aéroplage, voilier sur roues). Le musée de la pêche, situé au village, retrace l'histoire des pêcheurs d'Ostdunkerque. Ceux-ci étaient connus pour leur hardiesse et leur savoir-faire, en particulier par les patrons pêcheurs de Dunkerque, qui venaient les enrôler pour les campagnes d'Islande.
Jumelage Ostdunkerque est jumelée avec La Charité-sur-Loire (France), Biedenkopf (Allemagne) et Wépion (Province de Namur - Belgique).
Les dunes Les dunes d'Ostdunkerque se situent de part et d'autre de l'avenue qui relie le village à la mer (avenue Léopold II). À l'ouest, la réserve « Doornpanne » et à l'est, la réserve Ter Yde.
Doornpanne Une « panne » est une dépression entre les dunes, habituellement remplie d'eau saumâtre. Doorn signifie « épine », donc « dépression entourée de broussailles épineuses ». Dans les vieux Larousse on trouve aussi le mot « glouze » pour « affaissement dans un banc de sable imbibé d'eau ».
C'est dans le Doornpanne que se trouve le Hoge Blekker qui est la plus haute dune de Belgique avec une hauteur de 33 mètres.
Ter Yde Ter Yde est le nom d'un ancien hameau de pêcheurs situé sur la rive du Vloedgat, une vasière dans le delta de l'Yser (voir la partie historique ci-dessous). Le Vloedgat sera fermé par une digue, la Groenendijk (« digue verte ») et constitue le Lenspolder (« Polder de la famille Lens ») sur la rive gauche de l'Yser actuel. En amont de l'ancienne vasière, dans le bois Hannecart actuel, subsiste une petite dépression au fond de laquelle coule un ruisseau alimenté par l'eau qui sourd des dunes avoisinantes. Celui-ci s'appelle le Beek-zonder-naam (le « Ruisseau-sans-nom »).
La réserve comprend des dunes de plusieurs types :
Les plus anciennes datent du haut Moyen Âge. On en trouve à Ostdunkerque mais aussi à Adinkerke (La Panne), à la limite des polders et des dunes plus récentes. On les appelle « kopjesduinen » (dunes « mamelon », de par leur forme arrondie) ou en anglais « hedgehog dunes » (dunes « hérisson », à cause de leur végétation broussailleuse). Ce sont des bancs de sable formés par les courants de l'ancien delta de l'Yser.
Au-delà des kopjesduinen, en allant vers la mer, s'étendent les Plaatsduinen (« Dunes de la Place ») et les Karthuizerduinen (« Dunes des Chartreux », un couvent de cet ordre religieux y ayant existé). Ces dunes mobiles, de forme parabolique, se déplacent d'ouest en est sous la poussée des vents dominants. Il a fallu y planter des oyats et des barrières en bois pour empêcher l'ensablement du Lenspolder. Les Plaatsduinen par contre, bien que du même type que les Karthuizerduinen, ne sont que les séquelles d'une formation médiévale presque entièrement stabilisée.
Les Zeebermduinen (« Dunes des berges de la mer », dunes maritimes) sont les plus récentes. Elles se situent entre les Karthuizerduinen et la mer. Elles forment un rempart naturel contre les inondations. On distingue trois types de formations: un ensemble assez chaotique de dunes couvertes d'oyats et autre végétation basse, la bande côtière entrecoupée de brèches (qui naguère servaient de passage aux pêcheurs) et finalement des dunes embryonnaires jouxtant la partie haute de l'estran.
Histoire Les Celtes Pour comprendre, il faut d'abord s'imaginer la côte flamande (belge et française) sans les stations balnéaires, sans les avenues et les villas, sans les digues de mer et leurs appartements, sans le trafic de voitures et de tramways. Et un arrière-pays sans ville ni village, sans autoroute ni exploitation agricole, sans bruit ni pollution. Il n'y a que des vastes étendues de dunes formant un rempart naturel contre les assauts des flots, sous un immense ciel le plus souvent chargé de nuages bas chassés par le vent. En certains endroits, la mer ouvre une brèche par laquelle s'engouffrent les marées hautes, inondant la plaine côtière. En d'autres, une rivière maritime forme un estuaire fluvio-marin, paysage amphibie d'étangs saumâtres, de chenaux enfermés par des bourrelets de terre, de bancs de sable mobiles, de bras morts et de vasières. Les dunes et les terres les plus élevées offrent un refuge aux hommes et aux animaux.
Dans l'antiquité la plaine côtière est habitée par des Morins et des Ménapiens. Plus tard, on donnera aux Francs qui habitent ces lieux le nom de Flamands, du germanique « flamme » et ses dérivés qui signifient « rivière », « marais », « courant », « inondation », « vase ». Le nom de la région sera « Flandre », du latin « Flanandrum ».
Du de l'ère chrétienne, la plaine côtière est envahie par la transgression marine Dunkerque II jusqu'à 10 kilomètres à l'intérieur des terres. On peut supposer que toutes les implantations celtiques furent abandonnées.
Les Cisterciens
La mer se retire lentement pendant la phase de régression carolingienne au . Les prés salés qui se forment d'abord sur les terres émergentes permettent l'élevage de moutons. Au fur et à mesure du retrait de la mer des herbages apparaissent, servant de pâture au bétail. L'élevage et plus tard l'exploitation agricole est encouragée et dirigée par les Cisterciens de Gand. Les exploitants se groupent et sont à l'origine des premières communautés villageoises. C'est de cette époque que datent les premières tentatives d'assèchement des terres au moyen de fossés et de petites digues.
Mais le sort s'abat à nouveau sur la plaine flamande : lors de la transgression Dunkerque III aux alentours de l'an mil, la mer s'engouffre dans l'estuaire de l'Yser et une grande partie des basses terres est derechef inondée.
Afin d'éviter pareille catastrophe à l'avenir, des digues continues sont élevées aux de part et d'autre de l'estuaire de l'Yser par raccordement et renforcement de petits ouvrages existant déjà, ce qui explique leurs parcours sinueux. Un exemple en est la « Oude Zeedijk » (ancienne digue de mer), perpendiculaire à la côte, qui protège Furnes et son arrière-pays des débordements de l'Yser.
Les cisterciens construisent à Coxyde l'abbaye des Dunes, ainsi que quelques fermes, dont la plus importante sera Ten Bogaerde avec sa grange monumentale (à gauche sur les photos). À Furnes, les moines de Prémontré fondent l'abbaye Saint-Nicolas là où se trouvait le château fort des Normands.
Les terres gagnées sur la mer sont appelées « polders » (terres d'alluvion). Celles situées dans l'arrière-pays de La Panne et de Bray-Dunes, les Moëres, se trouvent à 2,5 mètres sous le niveau des basses mers. Elles sont donc particulièrement exposées aux inondations. L'Anversois Wenceslas Cobergher les assèchera complètement en 1626 au moyen de digues, de canaux et de moulins à vent équipés de vis sans fin. En 1640, elles seront inondées volontairement pour assurer la défense de Dunkerque. Ce n'est qu'en 1758 que le comte d'Hérouville entreprendra un nouvel assèchement, tant du côté français que du côté autrichien. Quelques inondations plus tard, en 1787, le Hollandais Vandermey achèvera l'ouvrage.
Nieuwe Yde et Ostdunkerque L'estuaire de l'Yser est laissé en son état naturel. Sur sa rive gauche s'ouvre une vasière, nommée « Vloedgat » (crique à flot). Elle sert de refuge aux barques d'une petite communauté de pêcheurs, qui fondent la première agglomération connue sur le territoire de la commune actuelle d'Ostdunkerque. On lui donne le nom de « Nieuwe Yde » (nouvelle bruyère)
Dans les archives des abbayes de Furnes et de Bergues on trouve des cartes du , faisant mention d'une paroisse appelée « Duncaple » ou « Dunkercke » (chapelle ou église des dunes), indiquant la présence d'un édifice religieux, vraisemblablement parmi les fermes cisterciennes au sud du village d'Ostdunkerque actuel. L'appellation « Oost-Dunkercke » sera utilisée plus tard afin de ne pas confondre avec la ville de Dunkerque. D'autres sources optent plutôt pour l'interprétation « Église des dunes orientales », qui semble assez vraisemblable, quand on sait que non loin de la chapelle se trouvent les Oostvoorduinen, que l'on pourrait traduire par « les dunes orientales antérieures ».
Quelques dizaines d'années plus tard, une chapelle ou église est construite dans le hameau du Nieuwe Yde. Le statut d'église paroissiale lui sera accordé en même temps que la création d'une paroisse à Nieuport.
Les Comtes de Flandre