Le Gua (prononcé ) est une commune du Sud-Ouest de la France, située dans le département de la Charente-Maritime (région Nouvelle-Aquitaine). On écrit : « commune du Gua » et non « commune de Le Gua »On écrit : commune du Gua et non commune de Le Gua, comme indiqué de façon erronée dans de nombreuses publications, y compris officielles. « De le » est en effet impropre : la langue française n'autorise que l'article contracté « Du » (voir Article défini#Forme contractée). Ses habitants sont appelés les Guatais et les Guataises..

Commune la plus méridionale du canton de Marennes, cette petite ville appartient avant tout au bassin de vie de Saujon et à la sphère d'influence urbaine de Royan, principale agglomération et centre économique des environs. Important carrefour routier, Le Gua se trouve à la jonction de deux axes importants (Rochefort/Royan et Saujon/Marennes/Île d'Oléron), cette situation particulière ayant facilité son développement récent. Le phénomène de rurbanisation, qui fait que de nombreux citadins, à la recherche d'une plus grande qualité de vie, partent s'installer en périphérie des villes, est également une des causes de la croissance d'une commune située aux portes du Pays Royannais, des stations balnéaires de la Côte de Beauté mais aussi du bassin ostréicole de Marennes-Oléron.

Le Gua est issu du regroupement de plusieurs communes, qui ont fusionné entre 1793 et 1800 : Saint-Laurent-du-Gua (qui correspond au centre-ville), Monsanson, Faveau et Dercie. Plusieurs hameaux ont été d'importantes seigneuries ou des ports actifs, d'où embarquaient notamment les Protestants au temps des persécutions, tels Saint-Martin-du-Gua ou Souhe. Ces nombreux petits centres urbains ont longtemps tiré leur prospérité du commerce du sel, récolté dans les marais tous proches, et facteurs de la prospérité de la province de Saintonge sous l'Ancien Régime. Après une période de déclin, puis de stagnation démographique, Le Gua connaît une croissance constante de sa population depuis 1975, passant de 1395 habitants à cette date à en 2021.

Le Gua appartient à la communauté de communes du Bassin de Marennes, structure intercommunale regroupant en 2007. En 2011, la question du rattachement de la commune à la communauté d'agglomération Royan Atlantique a été poséehttp://www.sudouest.fr/2011/07/20/l-agglo-veut-le-gua-456072-1406.php L'agglo veut Le Gua, article de Didier Piganeau paru dans Sud Ouest, 20 juillet 2011, mais elle reste toujours en suspens actuellement.

Géographie

Situation La commune du Gua se situe dans le sud-ouest du département de la Charente-Maritime, dans l'ancienne province de Saintonge. Appartenant au Midi atlantique, elle peut être rattachée à deux grands ensembles géographiques, le Grand Ouest français et le Grand Sud-Ouest français.

Localisée dans les confins méridionaux de l'ancienne presqu'île de Marennes, Le Gua est aux portes du Pays Royannais. Cette petite ville d'environ appartient au bassin de vie de Saujon et à la sphère d'influence urbaine et économique de Royan. Elle profite d'une situation de carrefour, à la jonction de plusieurs axes routiers (Saujon-Marennes et Rochefort-Royan), entre bassin ostréicole de Marennes-Oléron, campagne saintongeaise et Côte de Beauté.

Administrativement parlant, Le Gua appartient au canton de Marennes et à l'arrondissement de Rochefort (avant 1926, elle dépendait de l'arrondissement de Marennes, aujourd'hui supprimé). La commune est au contact direct des cantons de Royan et de Saujon, dont elle subit l'attraction.

La commune se trouve à 6,2 kilomètres de Saujon., 7,8 kilomètres de Saint-Sulpice-de-Royan., 12 kilomètres de Royan., 12,7 kilomètres de Pont-l'Abbé-d'Arnoult., 15,7 kilomètres de Saint-Agnant., 16,8 kilomètres de Marennes., 24 kilomètres de Rochefort. et de Saintes., 50,9 kilomètres de la préfecture départementale, La Rochelle., et 102,4 kilomètres de Bordeaux., la grande métropole régionale.

Communes limitrophes

Présentation Le sous-sol de la commune est constitué pour partie d'un plateau calcaire formé durant la période crétacé, correspondant à l'ancienne presqu'île de Marennes, tandis que les marais sont constitués de terres argileuses, localement appelées bris ou broues, et qui ont donné leur nom à diverses localités (dont Broue ou Brouage). Ces terres argileuses sont par ailleurs exploitées non loin du village, près du hameau de Cadeuil, et servent à faire notamment des poteries et des tuiles. Plusieurs éminences calcaires émergent des marais : elles formaient autrefois autant d'îlots éparpillés au milieu du golfe de Brouage ou de celui de la Seudre.

Un risque sismique léger concerne la commune qui est située non loin de la faille d'Oléron. Le le séisme d'Oléron d'une magnitude de 5.7 a produit quelques dégâts dans la région et a pu être ressenti jusqu'en région parisienne. Le dernier séisme ressenti en date, toujours sur cette faille, d'une magnitude de 4,7, a eu lieu le Séisme d'Oléron sur le site du CEA..

vignette|Aire de repos aménagée dans les marais.

Un ancien îlot isolé au milieu des marais, le Mont-Sanson, forme une colline qui, avec ses 32 mètres de hauteur, est non seulement le point culminant de la commune, mais également du canton.

Durant l'Antiquité, l'océan atteignait une partie de la commune, mais l'envasement progressif de l'ancien golfe de Brouage conduisit à un recul des côtes, lesquelles sont désormais situées à une vingtaine de kilomètres du village. De ce fait, la majorité du territoire communal est constituée de marais : marais de la Seudre à l'ouest, marais de Brouage au nord et marais de Dercie au sud. Tous sont parcourus de chenaux et de ruisseaux, lesquels sont parfois localement appelés des courses. Les principaux sont le chenal de Pélard, dans la partie occidentale de la commune (non loin du hameau de Saint-Martin), la course des Pages, le chenal de Dercie, à proximité du hameau du même nom, la course de Châlons et le Monard, ces deux derniers cours d'eau passant à proximité du lieu-dit Châlons. Si une partie du territoire communal est consacré aux activités horticoles, de vastes étendues de terres sont consacrées à la culture du maïs et du blé, notamment dans la partie septentrionale de la commune. Quelques zones boisées sont situées au nord-est de la commune (ancien massif forestier de Saint-Nadeau) et non loin de Dercie.

Localisation et accès La commune se situe au carrefour de deux axes routiers importants : d'une part, la D733, reliant Royan à Rochefort, d'autre part la , principale voie d'accès à la ville de Marennes et à l'île d'Oléron. Celle-ci traverse le centre-ville et se prolonge vers Saujon sous le nom de ..

Le Gua se trouve à égale distance (15 kilomètres) de la station balnéaire de Royan et de la ville de Marennes, ancienne sous-préfecture du département célèbre pour son bassin ostréicole, et à 25 kilomètres de la ville d'art et d'histoire de Rochefort.

Si la commune n'est pas desservie par le chemin de fer, elle se situe à 8 kilomètres de la gare SNCF de Saujon et à 15 kilomètres de celle de Royan, lesquelles accueillent des trains Intercités et des TER Nouvelle-AquitaineTER Poitou-Charentes.

Lieux-dits et hameaux La commune compte de nombreux hameaux et lieux-dits, la plupart ayant été autrefois des paroisses indépendantes, réunies au sein d'une même commune au moment de la Révolution.

Ce fut notamment le cas de Faveau, Dercie ou encore Saint-Martin du Gua, sièges de seigneuries et ayant possédé chacune un château ou logis noble, une église paroissiale, et souvent un port.

Parmi les autres lieux-dits, on peut également citer Châlons, Souhe, Montsanson, les Belles Ezines ou encore la Beauce.

Dercie Dercie est une ancienne paroisse et seigneurie rattachée à la commune du Gua après la Révolution. Ce village, situé à l'écart du bourg, au cœur des marais de la Seudre, compte encore de nombreuses demeures traditionnelles saintongeaises, les plus anciennes remontant à l'époque de la Renaissance. Le village, de taille très modeste, est constitué de quelques venelles faisant la jonction entre l'église Saint-Pierre, de style roman, les ruines de l'ancien château des seigneurs de Dercie, et l'ancien port, transformé en un petit parc servant de halte aux randonneurs. Il est équipé d'une aire de pique-niquePatrimoine du Gua.

Saint-Martin Ce village fut également une ancienne paroisse, rattachée au Gua au moment de la Révolution. Tout comme Dercie, ce village comportait jadis un logis noble et une église. Vendue comme bien national à la Révolution, celle-ci n'existe plus aujourd'hui. Le village, aux portes des marais, est parcouru de ruelles bordées de maisons traditionnelles. L'une d'elles est célèbre pour avoir été la maison natale du contre-amiral Renaudin.

Dans les marais avoisinants, il est possible de voir de curieuses constructions au toit conique : on les appelle des saloches, gabirottes ou tourettes. Leur superficie au sol dépasse rarement les deux mètres carrés, leur taille n'est jamais supérieure à 1,60 m. L'affectation de ces édifices est encore méconnue : si certains y voient des abris destinés au gabelous - les douaniers chargés de prélever l'impôt sur le sel, la gabelle - d'autres y voient une forme de poulaillers spécifique à cette région de Saintonge.

Un moulin à vent restauré se dresse également dans ce village.

Le village de Saint-Martin est aussi connu pour l'ancien commerce (épicerie) qui était dans la maison la plus haute du village, un commerce familial qui appartenait à la famille Pain, qui a fermé ses portes dans les années 1980.

Souhe Situé sur une ancienne île au cœur des marais de la Seudre, ce village fut longtemps le siège d'une communauté protestante très active. Enclave réformée au milieu de terres reconquises par les catholiques dès le , il doit son nom au peu de considération qu'avaient pour eux les catholiques d'alors. Ceux-ci voyaient dans les habitants du village des « porcs » que les éleveurs devaient mettre à l'abri dans une « soue » (porcherie). D'où le nom adopté par les habitants : Soue, puis SouheHistoire de Souhe.

Le village conserve plusieurs demeures traditionnelles saintongeaises, dont une ancienne école confessionnelle datant du milieu du , surmontant une ancienne maison d'oraison utilisée à l'époque des persécutions. Son existence est attestée par une lettre du « pasteur du désert », Louis Gibert, datée de 1756Maison d'oraison de Souhe Subsiste également un vaste bâtiment daté de 1860 et qui fut la première école communale du Gua. Aujourd'hui transformée en maison d'habitation, elle conserve un préau couvert d'une charpente en bois et muni d'un banc en pierre. La cloche qui servait autrefois à annoncer le début des cours est toujours en place.

À proximité se trouve l'ancien temple, dont la construction débuta en 1830. Il demeura en activité jusque dans les années 1950, puis, délaissé par les fidèles, il tomba peu à peu en ruineDéjà, au début des années 1920, il n'y avait plus culte qu'un dimanche sur deux, nous dit Philippe Husser (voir plus loin).. Sa toiture s'effondra en 1972. Il fut vendu le à des particuliers, qui le transformèrent en maison d'habitation, le préservant ainsi d'une disparition certaine. Deux tilleuls furent plantés en 1846 devant le temple. L'un d'eux demeura en place jusqu'en 1999. Le village conserve également de nombreuses saloches, curieux édifices de forme conique dont on ne sait pas grand-chose, et que la légende suppose avoir servi d'abris aux gabelous ; certaines théories en font d'anciens poulaillers répartis dans le marais.