Bhrikuti ou Bhrikuti Devi ( ) est, selon les traditions népalaise et tibétaine, une princesse du royaume de Licchavi (Népal), fille du roi Amsuvarma, et l’une des deux épouses les plus connues du roi du Tibet Songsten Gampo, avec la princesse chinoise Wencheng. La tradition tibétaine attribue l’introduction du bouddhisme et la fondation du temple de Jokhang à ces deux reines, considérées comme deux incarnations du bodhisattva Tara. Elle est aussi appelée en tibétain Trisun, Belsa (reine népalaise), et en chinois princesse Chizun (). Son nom sanscrit, qui est à l’origine celui d’une déité, signifie « celle qui fronce les sourcils »Alexander Berzin..

Histoire D'après les récits historiques, la princesse Bhrikuti se serait marié avec l'Empereur tibétain en 633, et la princesse Wencheng en 641. Le Népal soumis au Tibet aurait envoyé 12 000 cavaliers pour accompagner 700 mercenaires tibétain lors d'une bataille entre Wang Xuance, diplomate de la dynastie Tang et un usurpateur de l'empereur indien Harshavardhana, vers 648, l'usurpateur ayant tué une grande partie d'une précédente mission diplomatique qui avait pour but de rencontrer Harshavardhana.

Légende Selon une tradition népalaise, Songtsen Gampo, ayant demandé la main d’une fille d’Amsuvarma, aurait essuyé un refus. Il aurait alors attaqué Licchavi, et obtenu ainsi Bhrikuti et un Jowo. Les Tamang du Népal prétendent descendre des tamaks, cavaliers tibétains menés par Songtsen GampoAssociation Culturelle Franco-Népalaise - le Népal.. Selon la tradition tibétaine entourant Mgar stong-btsan yul-srung, premier ministre de Songtsen Gampo, c’est par son entremise en tant qu’ambassadeur que le roi du Népal aurait accepté d’envoyer une princesse. Fort de son succès, le ministre se serait rendu l’année suivante (640) en Chine pour obtenir une princesse chinoise. Son ambassade à Chang'an est attestée par des documents historiques.

On attribue à Bhrikuti, en association avec Wencheng, l’introduction du bouddhisme au Tibet et parfois même la conversion du roi. C’est peu vraisemblable car, selon M. B. Shakya, l’influence du bouddhisme népalais avait commencé de s’exercer dès avant ce mariage. Par ailleurs, le premier souverain tibétain à promouvoir officiellement le bouddhisme sera, un siècle plus tard, Trisong Detsen. Bhrikuti aurait apporté avec elle des représentations de Tara, Avalokiteshvara et Akshobhya, cette dernière en fait peut-être une statue du Bouddha âgé de 8 ans, appelée également Jowo Mikyoe Dorje, vénérée tout d'abord au Jokhang, puis au temple de Ramoché. La reine chinoise aurait également apporté un Jowo dans sa dot, actuellement au Jokhang. Une certaine rivalité ethnique transparaît en effet dans la façon dont la légende des deux reines est rapportée. Ainsi, le premier bâtiment du Potala fut édifié par le roi pour l’une ou l’autre épouse, selon que la légende est népalaise ou chinoise. En ce qui concerne le temple de Jokhang, la version retenue le plus souvent est celle d'une collaboration, Wencheng choisissant l’emplacement grâce à sa connaissance du fengshui et Bhrikuti fournissant les fonds. La reine népalaise aurait également fondé Thangdul, Yangdul Runon et de nombreux temples au Bhoutan.

Notes et références

Voir aussi Articles connexes Songsten Gampo | Princesse Wencheng Temple de Jokhang | Ramoché | Jowo Dynastie Licchavi | Histoire du Népal | Histoire du Tibet

Bibliographie Min Bahadur Shakya Princess Bhrikuti Devi, Book Faith India, 1997. Cynthia B. Josayma (Traduction) Gyalsa Belsa, Library of Tibetan Works & Archives (l’histoire des deux reines selon un opéra populaire tibétain)

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