Nicolas Dupont-Aignan , né le à Paris est un homme politique français.
Énarque, il est successivement membre du Rassemblement pour la République (RPR), du Rassemblement pour la France (RPF) et de l'Union pour un mouvement populaire (UMP), avant de fonder en parallèle et de prendre la présidence de Debout la France (DLF) , courant politique qu’il transforme en un parti se réclamant du gaullisme et du souverainisme.
Il est maire d'Yerres de 1995 à 2017 et à nouveau depuis 2026 et député de l'Essonne de 1997 à 2024.
Candidat aux élections présidentielles de 2012 et de 2017, il recueille respectivement 1,79 et 4,70 % des suffrages exprimés. Dans l’entre-deux-tours de l'élection de 2017, il conclut une alliance de gouvernement avec Marine Le Pen, qui tombe après l'élection d'Emmanuel Macron. Tête de liste DLF, il se présente sans succès aux élections européennes de 2019. Candidat une troisième fois à l'élection présidentielle en 2022, il reçoit 2,06 % des suffrages exprimés. Il échoue ensuite à se faire réélire aux élections législatives anticipées de 2024.
Situation personnelle Origines et formation Né Nicolas Dupont, c'est à partir du cours préparatoire qu'il est connu sous son nom actuel : du fait de la présence d'un second Nicolas Dupont dans la même classe, « Dupont-Aignan » devient son nom d'usage par adjonction du nom de sa mère. dont la famille de vignerons vient de Châlons-en-Champagne.
Nicolas Jean-Marc Dupont-Aignan est le petit-fils d'André Aignan, aviateurLieutenant André-Georges Aignan, ingénieur, né à Châlons-en-Champagne en 1888 et décédé à Neuilly-sur-Seine en 1974 (registre matricule de l'arrondissement de Fontainebleau, classe 1908, ). de la Première Guerre mondiale dont l'avion a été abattu dans la région de Metz, s'en sortant indemne et mort en 1974 à 86 ans à Neuilly-sur-Seine.
Son père, Jean-Louis Dupont, courtier en vin, fut chasseur alpin durant la Seconde Guerre mondiale .
Il est le benjamin d'une fratrie de trois enfants.
Avec sa femme Valérie Vecchierini, avocate, il a eu deux filles, Victoire et Sixtine.. Son épouse, son assistante parlementaire à partir de 1997, quitte son emploi début 2018 en raison de l'entrée en vigueur de la loi pour « la confiance dans la vie politique » interdisant les emplois familiaux au Parlement. Elle est ensuite embauchée comme directrice municipale de la propriété Caillebotte par la mairie de Yerres, dont son mari est l'ancien maire, ce qui suscite un soupçon de favoritisme., que la préfecture de l'Essonne rejette..
Il est diplômé, en 1982, de l’Institut d'études politiques de Paris (section « service public ») et obtient en 1984 une licence de droit. En 1985, il obtient un diplôme d'études supérieures spécialisées (DESS) en gestion de l'entreprise et marché financier à l'université Paris-Dauphine.
De 1987 à 1989, il est élève de l'École nationale d'administration (promotion Liberté-Égalité-Fraternité).
Carrière civile et cabinets ministériels
Il commence sa carrière professionnelle en tant qu'administrateur civil avant d'être adjoint au chef de bureau des élections à la direction générale de l'administration du ministère de l'Intérieur en 1988-1989. En 1990, il est nommé chef de cabinet du préfet de la région Île-de-France (Olivier Philip), avec rang de sous-préfet.
De 1992 à 1993, il est directeur adjoint du cabinet du préfet de la région Île-de-France Christian Sautter, puis chef de cabinet, puis conseiller technique du ministre de l'Éducation nationale François Bayrou (1993-1994), avant d'être nommé conseiller technique pour l'emploi, l'écologie urbaine et le bruit, au sein du cabinet du ministre de l'Environnement Michel Barnier de 1994 à 1995.
Patrimoine En 2013, Nicolas Dupont-Aignan a déclaré que son patrimoine est constitué d'une maison à Yerres achetée , d'un appartement à Paris acheté et qu'il ne possédait aucune valeur mobilière ni assurance-vie..
Il déclare, lors de la campagne présidentielle de 2017, un patrimoine supérieur à deux millions d'euros, composé de sept biens immobiliers en nue-proprieté, tous acquis avant 2013..
Parcours politique Débuts Dans son adolescence, Nicolas Dupont-Aignan est un partisan du candidat du gaullisme social, Jacques Chaban-Delmas, collant des affiches pour le candidat lors de la présidentielle de 1974.. Il est ensuite membre du Rassemblement pour la République (RPR).
Le journaliste Franck Johannès indique qu'il a été proche des clubs « Convaincre » de Michel Rocard et qu'il aurait envisagé de solliciter le soutien de Jacques Guyard, maire socialiste d'Évry, pour être candidat à Corbeil-Essonnes..
À partir de 1993, il est successivement chef de cabinet puis conseiller technique de François Bayrou (UDF). Avant l'échec d'Édouard Balladur à l'élection présidentielle de 1995, il entre en comme conseiller technique pour l’emploi, l’écologie urbaine et le bruit, au cabinet de Michel Barnier alors Ministre de l'Environnement.. Toutefois, à la différence de son dirigeant, il choisit de ne soutenir aucun des deux candidats issus du RPR.
Invoquant sa période passée, dans les années 1990, auprès de personnalités europhiles telles que François Bayrou puis Michel Barnier, Le Parisien indique : ..
gauche|vignette|150px|Philippe Séguin, homme politique auquel Nicolas Dupont-Aignan s'est associé pour ses idées gaullistes.
En 1997, il est désigné directeur des études au sein du par son président, Alain Juppé.
En , le nouveau président du , Philippe Séguin, dont il s'était rapproché dès avant la dissolution de l'Assemblée nationale l'année précédente, le nomme secrétaire aux fédérations. En , après s'être prononcé contre la ratification du traité d'Amsterdam, il est remplacé dans ses fonctions de secrétaire aux fédérations, et amorce un rapprochement avec les souverainistes, notamment Charles Pasqua.
Le , il fonde le groupe Debout la République, au sein du , et, pour les élections européennes du 13 juin 1999, appelle à voter pour la liste dite souverainiste conduite par Charles Pasqua et Philippe de Villiers. Il quitte alors le , le , pour devenir dans la foulée le secrétaire général adjoint du Rassemblement pour la France (RPF), nouvelle formation lancée par Charles Pasqua, dans laquelle il est plus particulièrement chargé des fédérations. Toutefois, avant la rupture entre Charles Pasqua et Philippe de Villiers il choisit de démissionner du RPF en .
S'ensuit une période de rapprochement d'abord avec Philippe Séguin (à cette époque candidat à la succession de Jean Tiberi, maire de Paris, puis, à l'automne 2001, avec Jean-Pierre Chevènement, alors qualifié de troisième homme par certains médias français, dans la perspective de l'élection présidentielle de 2002. Il publie même, avec ce dernier, dans les colonnes du Figaro, le , une tribune libre intitulée « La République est morte, vive la République »..
La victoire du président sortant, Jacques Chirac, face à Jean-Marie Le Pen, lors de la présidentielle de 2002, le voit revenir dans l'orbite de la majorité présidentielle. Il est réélu député de la huitième circonscription de l'Essonne dès le premier tour des législatives de 2002.
Implantation dans l'Essonne Lors des élections municipales de 1995 à Yerres, la liste RPR l'emporte avec le soutien de l’Union pour la démocratie française (UDF) et de Génération écologie, avec 51,85 % des suffrages, contre la liste conduite par le maire sortant socialiste et trois autres listes. Nicolas Dupont-Aignan est élu maire par le conseil municipal de la ville.
Il prend alors les rênes d'une ville surendettée qui est tombé sous la tutelle du préfet en 1991.. Au début des années 1990, la ville d'Yerres a fait la une de l'actualité pour le "Triton"., un centre aquatique qui a fermé quelques mois après son ouverture et qui a laissé à la ville une dette de d'euros.
Nicolas Dupont-Aignan redresse les finances de la ville en renégociant notamment les intérêts de la dette auprès des banques, et fait chuter l'endettement de d'euros.. Il annule les projets immobiliers de ses prédécesseurs et lance une promenade le long des berges de l'Yerres..
Malgré la défaite de la majorité présidentielle aux élections législatives de 1997, il est élu député de l'Essonne.
En 2008, il est réélu maire d'Yerres, sa liste ayant recueilli 79,70 % des voix au premier tour, ce qui fait de lui l'un des maires les mieux élus de France... Il est réélu député de la de l'Essonne avec 61,39 % des suffrages au second tour face à la candidate socialiste lors des élections législatives de 2012.
Engagements à l'UMP gauche|vignette|Nicolas Dupont-Aignan en 2005. Nicolas Dupont-Aignan adhère à l'Union pour un mouvement populaire (UMP) lors de sa création en 2002. Au congrès constitutif de la nouvelle formation, qui est renommée à cette occasion « Union pour un mouvement populaire », il se porte candidat à sa présidence : il obtient un score jugé honorable avec 14,9 %, derrière les 79,4 % d’Alain Juppé, mais loin devant Rachid Kaci, Brigitte Freytag et Mourad Ghazli.. Il brigue à nouveau la tête de l'UMP au congrès de 2004, obtenant 9,1 % des suffrages exprimés face à Nicolas Sarkozy (85,1 %) et Christine Boutin (5,8 %)..
En 2005, avec Philippe de Villiers, il est le principal tenant à droite du « non » au référendum français sur le traité établissant une Constitution pour l'Europe... Il s'oppose également au contrat première embauche et à la privatisation de Gaz de France...
Il ne parvient pas à rassembler les d'élus nécessaires pour se présenter à l'élection présidentielle de 2007 et il appelle à voter pour Nicolas Sarkozy au second tour de l'élection présidentielle, un choix qu'il dit par la suite regretter..
Transformation de Debout la République en parti En désaccord avec Nicolas Sarkozy dont il estime qu'il ne le laisse pas s'exprimer dans le parti pour l'investiture à la candidature à l'élection présidentielle, Nicolas Dupont-Aignan quitte l' le ..
Le , Nicolas Dupont-Aignan est réélu dans la huitième circonscription de l'Essonne au premier tour des élections législatives, avec 57,38 % des suffrages exprimés, face à neuf autres candidats, dont aucun . À l’Assemblée nationale, il décide de siéger à nouveau sur les bancs des non-inscrits.
À partir du , Debout la République ne se situe plus dans la majorité présidentielle.. En effet, en raison de désaccords avec la politique menée par le président Nicolas Sarkozy (traité de Lisbonne, paquet fiscal, politique étrangère pro-américaine), Nicolas Dupont-Aignan a décidé de rompre les derniers liens de son mouvement avec l'.. Il vote même la motion de censure déposée par le groupe socialiste de l'Assemblée nationale le ...
Il crée le le parti politique Debout la République, avec pour ambition de concurrencer les deux partis gouvernementaux, l'UMP et le PS, qu'il estime être en réalité sur la même ligne politique même s'ils « feignent de s'opposer ».. Le parti prône une vision « gaulliste » et « républicaine ».
Debout la République présente des listes dans toute la France aux élections européennes de 2009. Le député gaulliste est lui-même troisième sur la liste de la circonscription d'Île-de-France. Debout la République obtient 2,04 % en métropole.
Nicolas Dupont-Aignan est tête de liste de lors des élections régionales de 2010 en Île-de-France : celle-ci recueille 4,15 % des suffrages au soir du premier tour.
Élection présidentielle de 2012
vignette|Nicolas Dupont-Aignan en 2011. Le , Nicolas Dupont-Aignan annonce qu'il est candidat à l'élection présidentielle de 2012, pendant le congrès annuel de son parti Debout la République., se présentant comme le candidat de la sortie de l'euro. comme monnaie unique, et pour un retour au franc mais qui serait intégré au sein d'un euro transformé en monnaie commune. Afin d'illustrer son combat contre l'euro, il tient un faux billet géant de après l'avoir pointé comme la cause de la « misère », des « délocalisations », du « chômage » et de la « pauvreté »..