Baudouin de Belgique, de son nom de naissance Baudouin de Saxe-Cobourg et Gotha, né le à Bruxelles dans le palais du comte de Flandre et mort au même lieu, le , est un prince de Belgique, duc de Saxe, prince de Saxe-Cobourg et Gotha.

Il est le fils aîné du prince Philippe, comte de Flandre, et de Marie de Hohenzollern-Sigmaringen, ainsi que le neveu du roi Léopold II. Il est, à sa naissance, second après son père dans l'ordre de succession à la couronne, après la mort de son jeune cousin Léopold de Belgique, survenue en .

Destiné, selon toute vraisemblance, à devenir le troisième roi des Belges, il bénéficie de l'attention de son oncle Léopold II qui veille à le former comme futur souverain. Initialement éduqué par Jules Bosmans, un avocat aux opinions libérales modérées, il devient, en 1884, le premier membre de la famille royale à intégrer un établissement scolaire public, l'École royale militaire.

Doté d'un gouverneur, Oscar Terlinden, qui supervise sa formation militaire, Baudouin accomplit son parcours conjoint d'étudiant et de soldat jusqu'en 1888. Pour ses vingt ans, il est promu capitaine et commande la compagnie du régiment des carabiniers. Progressivement, il apparaît en public lors de divers événements officiels, tant en Belgique, qu'en Allemagne ou en France.

Sa popularité croît rapidement dans le royaume. C'est particulièrement le cas lorsqu'il prononce un discours en néerlandais, à Bruges, en 1887, qui lui vaut le vocable de « prince bilingue », à l'heure où les revendications de la communauté flamande s'expriment dans le pays.

Influencé par la culture germanique de ses grands-parents maternels Hohenzollern, il tisse avec eux des liens privilégiés. Léopold II veille à assurer un équilibre entre les deux puissances voisines de la Belgique : Baudouin assiste à des manœuvres militaires en Allemagne et se rend en France lors de l'Exposition universelle de 1889.

En 1891, Baudouin de Belgique meurt subitement à l'âge de vingt et un ans, emporté par une pneumonie. C'est donc son frère cadet, le prince Albert, qui devient roi des Belges en 1909, sous le nom d'Albert .

Biographie Baudouin : un prénom emblématique vignette|gauche|redresse|alt=âgé de quelques mois, Baudouin en tenue claire pose de face, sa mère portant un chignon le porte|Baudouin et sa mère la comtesse de Flandre photographiés par Louis-Joseph Ghémar en 1869. Baudouin est le fils aîné du prince Philippe, comte de Flandre, et de Marie de Hohenzollern-Sigmaringen. Privé d'héritier à la troisième génération de la récente dynastie belge par la mort prématurée de son fils Léopold, duc de Brabant en , le roi Léopold II attend impatiemment la délivrance de sa belle-sœur, la comtesse de Flandre, et espère ardemment qu'elle donne le jour à un nouvel héritier. Après un accouchement difficile, Baudouin naît le à au palais du comte de Flandre et porte les prénoms de « Baudouin Léopold Philippe Marie Charles Antoine Joseph Louis ».

Il est, à sa naissance, second après son père dans l'ordre de succession à la couronne. Son prénom emblématique rappelle habilement aux Belges de glorieux souvenirs auxquels on tente d'associer le nouveau-né. Le comte de Flandre renoue la trame interrompue des temps historiques en donnant à son fils le prénom de plusieurs comtes de Flandre s'étant illustrés au Moyen Âge.

L'importance de sa naissance est reconnue en Europe : Le Debatte de Vienne publie les réflexions suivantes : .

Il est baptisé au cours d'une cérémonie privée le dans un salon du palais de ses parents, transformé pour la circonstance en chapelle par Victor-Auguste Dechamps, archevêque de Malines et donc primat de Belgique. Baudouin est tenu sur les fonts baptismaux par son parrain le roi Léopold II et sa marraine et grand-mère maternelle Joséphine de Bade. Un déjeuner de est servi après cette cérémonie rapide. Pour célébrer cet événement, les bourgmestres des communes bruxelloises distribuent une somme de répartie entre les enfants de familles indigentes nés le même jour que le prince.

Sa naissance est suivie par celles de ses trois sœurs, puis d'un frère : en 1870, Henriette et sa jumelle Joséphine qui meurt au berceau ; en 1872, une troisième sœur à nouveau prénommée Joséphine ; Albert, né en 1875, complète la fratrie.

Premières années et environnement familial vignette|alt=Marie comtesse de Flandre, assise sur un fauteuil capitonné et vêtue élégamment pose avec ses quatre enfants : Henriette, Albert et Joséphine vêtus de tenues claires et Baudouin en costume avec une cravate|La comtesse de Flandre et ses enfants : Henriette, Albert, Baudouin et Joséphine photographiés par Jean Günther en 1878. Le mariage de ses parents, à Berlin, en 1867, a été décidé pour des raisons politiques. La reine Victoria a volontiers prêté son concours à son cousin le roi Léopold II qui souhaitait que sa future belle-sœur soit issue d'une famille prussienne puissante. Cette union permet de raffermir la position du récent royaume de Belgique, entouré de deux voisines aux velléités annexionnistes : la France et la Prusse. Philippe se marie donc avec la fille de Charles-Antoine de Hohenzollern, autrefois ministre-président de Prusse, toujours très influent en Allemagne. Le prince Baudouin est imprégné dès l'enfance par une double influence culturelle : belge et germanique. N'ayant pas connu ses grands-parents paternels, Baudouin tisse des liens étroits avec sa famille Hohenzollern : non seulement ses grands-parents maternels, mais également son oncle Léopold et ses cousins Guillaume, Ferdinand (futur roi de Roumanie) et surtout Charles-Antoine, qui est son meilleur ami.

La vie familiale du jeune Baudouin a essentiellement pour cadre le luxe feutré du palais de ses parents, mais elle est également rythmée par des séjours réguliers au domaine des Amerois situé en Ardenne belge méridionale. Cet imposant château entouré de plus de six cents hectares de terres, à dix kilomètres de Bouillon, a été acquis par le comte de Flandre pour que son épouse puisse profiter d'une atmosphère lui rappelant sa Souabe natale. Les Flandre, parents et enfants, y demeurent durant tout l'été avant de se rendre durant deux mois environ dans les résidences des grands-parents Hohenzollern : au château de Sigmaringen, à la Weinbourg au bord du Lac de Constance ou encore à Krauchenwies.

Étudiant et soldat gauche|vignette|400x400px|Le prince Baudouin photographié à Rheineck par J. Zurkirch en septembre 1881. À l'instar de ses frère et sœurs, Baudouin reçoit initialement une instruction dispensée à domicile. En , il est placé sous la direction d'un gouverneur d'obédience libérale modérée : l'avocat Jules Bosmans. Ce choix déplaît aux milieux catholiques et militaires belges. Les premiers auraient souhaité un paroissien fervent, les seconds un gouverneur gradé dans l'armée. Jules Bosmans joue un rôle considérable dans la formation de son élève. Il ne se contente pas de lui inculquer des savoirs théoriques, il invite le prince à s'exprimer de manière personnelle sur des thèmes d'actualité, tels que la question sociale ou les avancées de la politique colonialiste de son oncle le roi Léopold II. Les horaires des cours sont denses, au point que la reine Victoria recommande à son cousin Philippe de ne pas trop faire travailler ses enfants.

Lors des vacances aux Amerois, le programme scolaire est quelque peu réduit, mais la comtesse de Flandre est très exigeante pour tout ce qui regarde l'éducation, l'instruction et la religion. Baudouin est un élève appliqué, doué, sérieux et pieux, mais sa mère regrette qu'il manque parfois d'énergie. Afin de rassurer les sphères catholiques, le chanoine Jean-Augustin Donnet, curé de la paroisse royale de Saint-Jacques-sur-Coudenberg, est désigné pour dispenser des cours de religion et de catéchisme, mais le comte de Flandre refuse que son fils se confesse avant l'âge de neuf ans.

En ce qui regarde les arts militaires, c'est Oscar Terlinden, officier d'ordonnance du comte de Flandre qui, dès 1881, l'initie à la théorie pour préparer l'entrée du prince à l'École militaire, le . Selon les vœux du roi Léopold II, Baudouin est le premier membre de sa famille à intégrer un établissement scolaire public afin d'être en contact avec des jeunes de son âge. C'est d'ailleurs le roi, accompagné du comte de Flandre, qui présente son neveu à l'École militaire en qualité d'élève de la promotion d'infanterie et de cavalerie au cours d'une cérémonie solennelle dans la cour de la caserne Sainte-Élisabeth. Léopold II prononce un discours devant les professeurs et élèves rassemblés rappelant sa volonté de renforcer l'armée. Il insiste également sur l'importance qu'il accorde à l'apprentissage des langues étrangères afin que les officiers puissent directement consulter les ouvrages militaires étrangers. Cette entrée à l'École militaire marque une rupture avec la formation des princes de la génération précédente et instaure une tradition qui se perpétue encore en 2020.

Tout ce qui concerne le domaine des arts militaires (tactique, fortifications, commandement) l'intéresse particulièrement. Si Baudouin ne prise pas les mathématiques, il manifeste un vif intérêt pour les sciences, tout particulièrement pour la chimie : il aime répéter, devant sa sœur Henriette, les expériences qu'il a réalisées aux cours. Il se classe au premier rang de ses condisciples selon le directeur des études, le lieutenant-colonel Eugène Lasserre.

Premiers pas dans la vie publique vignette|alt=photo du prince Baudouin posant de face|Le prince Baudouin en uniforme de sous-lieutenant des grenadiers photographié par Jean Günther le . Le , lors des fêtes jubilaires qui célèbrent les du roi Léopold II, Baudouin défile, avec ses camarades de promotion, dans les rues de Bruxelles. Il recueille l'attention du public qui voit en lui l'héritier du trône et le symbole de l'avenir. En , Baudouin se rend en Allemagne pour assister aux funérailles de son grand-père maternel le prince Charles-Antoine auquel il était très attaché. Le mois suivant, une nouvelle obligation l'attend : en , il doit effectuer un important voyage d'instruction militaire en visitant les structures défensives de la ville d'Anvers avant de se rendre en septembre aux manœuvres militaires au camp de Beverloo. Le , il prête serment comme sous-lieutenant du régiment des grenadiers entre les mains du roi, lequel en profite pour souligner le rôle essentiel de l'armée belge et plaide implicitement pour le service militaire personnel. Baudouin écrit : .

Progressivement, en raison de sa position dynastique, Baudouin est moins maître de son emploi du temps. Il souhaiterait poursuivre ses vacances familiales aux Amerois, mais doit les écourter pour accomplir ses devoirs militaires. écrit-il en 1886. Le , il fait son « entrée dans le monde » en participant au bal de la Société de la Grande Harmonie de Bruxelles. En , alors qu'il va atteindre ses , le dernier rapport concernant les études de Baudouin mentionne que le prince possède toutes les connaissances scientifiques et littéraires du programme des humanités, hormis la langue grecque qu'il n'a pas étudiée à la demande de son père. En latin, il parvient à traduire assez aisément Horace, Tacite et Virgile. Il reçoit aussi des leçons de droit constitutionnel et d'économie politique. Ce rapport scolaire propose de supprimer les leçons de l'après-midi pour qu'il apprenne à gérer son emploi du temps et déconseille son inscription à l'université.

Baudouin doit également accomplir, accompagné par son père, en représentation du roi, des obligations officielles qui le marquent profondément, comme à Quaregnon, lors de la catastrophe minière du , où l'on déplore la mort de . , écrit Baudouin à sa mère. La semaine suivante, Baudouin se rend en Allemagne afin de célébrer les de l'empereur Guillaume à Berlin en compagnie de son père. Il est officiellement présenté à l'empereur allemand.