La première bataille de Polotsk se déroule en deux temps : le , les troupes russes commandées par Pierre Wittgenstein arrêtent une manœuvre de diversion vers Saint-Pétersbourg menée par les troupes franco-bavaroises de Nicolas Charles Oudinot, duc de Reggio ; le 18, celles-ci feignent de se replier et lancent une contre-attaque sans résultat décisif. Les armées campent ensuite sur leurs positions de part et d'autre du fleuve Dvina. Elles y restent jusqu'à la seconde bataille de Polotsk qui a lieu pendant la même campagne deux mois plus tard.
Contexte Le corps d'Oudinot simule une avance vers Saint-Pétersbourg pour inquiéter les Russes et les empêcher de couper la ligne de ravitaillement de Napoléon qui se dirige vers Smolensk. Après la bataille de Klyastitsy ( - ) où il subit des pertes mineures, Oudinot fait retraite sur Polotsk. Il fait sa jonction avec le , contingent de l'armée bavaroise alliée de la France commandé par le général français Laurent de Gouvion-Saint-Cyr.
La bataille Le , le d'infanterie mené par Wittgenstein attaque les positions françaises près du village de Spas. Les Français défendent leurs positions et contre-attaquent avec des pertes élevées ; Oudinot, blessé à l'épaule, doit remettre le commandement à Gouvion Saint-Cyr. Les deux armées passent la nuit sur leurs positions.
Le matin suivant, Gouvion Saint-Cyr ordonne à ses équipages de repasser la Dvina vers l'ouest, sous la protection de la cavalerie, pour faire croire qu'il se replie vers Vitebsk. Il parvient à tromper Wittgenstein sur la destination de l'opération. Vers 16h30, il lance ses troupes à l'offensive en prenant les Russes au dépourvu, les divisions françaises Merle, Verdier et Legrand sur la gauche, les divisions bavaroises Deroy et de Wrede sur la droite. Les Russes résistent avec une forte artillerie. Wittgenstein, en difficulté, organise une contre-attaque de cavalerie : les troupes françaises, mises en désordre, se retirent. De son côté, Wittgenstein se replie aussi sur la rive nord du fleuve Dvina.
Les Franco-Bavarois ont perdu tués ou blessés dont les généraux bavarois Deroy et qui meurent de leurs blessures ; les Russes, Digby Smith, The Napoleonic Wars Data Book, London: Greenhill, 1998, .. 900 blessés bavarois sont soignés à Polotsk dans 4 hôpitaux improvisés dans un palais, deux monastères et un entrepôt à grains ; les conditions d'accueil sont précaires, l'eau souillée et la nourriture insuffisante. En septembre, 615 d'entre eux meurent de leurs blessuresMartina Haggenmüller, "In den Spitälern zu Polozk (1812)". In: Bayerisches Ärzteblatt, 4/2019, ..
Conséquences Cette bataille vaut à Gouvion Saint-Cyr de recevoir, le , la dignité de maréchal d’EmpireFélix Wouters, Histoire chronologique de la république et de l‛empire (1789 - 1815), Bruxelles, 1847, .. Quant à Wittgenstein, promu commandant de l'Armée du Nord, il y gagne une grande popularité et le qualificatif de .
Pendant les deux mois suivants les belligérants évitent toute tentative susceptible de perturber l'équilibre des forces de part et d'autre de la Dvina : les Russes pour protéger Saint-Pétersbourg et peser sur le flanc nord de la Grande Armée, les Franco-Bavarois pour protéger les entrepôts de Vitebsk avec leurs réserves logistiques, et les arrières de Napoléon. Cet équilibre se maintient jusqu'à la seconde bataille de Polotsk, les 18-.
Notes et références dans sa version du .
Bibliographie
Première Catégorie:Bataille de la campagne de Russie Catégorie:Bataille impliquant le royaume de Bavière Catégorie:Bataille gravée sur l'arc de triomphe de l'Étoile Catégorie:Août 1812