La famille de Roquefeuil-Anduze est une famille noble d'extraction féodale originaire du Languedoc éteinte en 1892.

Issue du mariage de Bertrand d'Anduze et d'Adélaïde de Roquefeuil en 1129, elle constitue la deuxième famille de Roquefeuil, l'une des plus importantes familles de la région au .

Les membres de la famille Roquefeuil-Anduze ont pris part aux grands événements de la région entre le . De cette famille sont issus durant le Moyen Âge de nombreux chefs militaires en France et en Espagne ainsi que de différents prélats catholiques.

Histoire Origines

La famille de Roquefeuil-Anduze est une branche cadette de la maison d'Anduze.. Elle est issue de l'union de Bertrand d'Anduze (/1171), seigneur du Luc, et d'Adélaïde, fille de Geoffroy et héritière de la première maison de Roquefeuil.. Le contrat de mariage stipule que leurs descendants porteront le surnom maternel « de Roquefeuil ». Leur fils aîné, Raymond , devient l'héritier du nom et des possessions de sa mère et est à l'origine de la seconde famille de Roquefeuil..

La filiation de la famille Roquefeuil est incertaine avant cette union mais différents actes prouvent son existence aux et : en 988, Saint-Fulcran rédige son testament, dans lequel il assure disposer d'une partie du chateau de Roquefeuil. ; le , Henry mentionne son fils Bernard dans un codicille où il approuve la fondation, à ses frais, de l'hôpital Notre-Dame du Bonheur, dont les ruines sont situées sur la commune de Valleraugue ; Seguin en 1032, et Raymond en 1080 effectuent des donations à l'abbaye de Saint-Guilhem.

Successions et reprise du nom L'union, vers 1230, d'Isabelle/Isabeau, fille et héritière de Raymond II de Roquefeuil, de la branche aînée, à , fait passer la vicomté de Creyssel et les baronnies de Roquefeuil-Meyrueis dans la famille de Rodez. Arnaud Ier de Roquefeuil succède à son frère Raymond II en tant que chef de famille et continue la filiation de la famille Roquefeuil-Anduze.

Avec le mariage, en 1380, de Catherine, fille d'Arnaud III de Roquefeuil, les biens et les titres passent à son époux, Jean (), seigneur de Blanquefort et de Pujols. Antoine, leur fils et héritier universel, reprend le nom « Roquefeuil » et donne naissance à la troisième famille de Roquefeuil, dite de Blanquefort.

Branche aînée En 1175, Raymond de Roquefeuil épouse Guillemette de Montpellier, fille de , seigneur de Montpellier, et de Mathilde de Bourgogne.. Ce mariage permet une parenté avec plusieurs maisons princières dont celles d'Aragon. Son fils, Arnaud , épouse la fille de Pierre-Bermond VI de Sauve d'Anduze et de Constance de Toulouse, renforçant également le lien avec les comtes.

Croisade des Albigeois En 1209, le pape Innocent III proclame la croisade des Albigeois, dirigée contre les territoires du Languedoc, où s’est diffusé le catharisme. Menacé dans ses possessions, Raymond II de Roquefeuil choisit de soutenir le comte de Toulouse Raymond VI, qui fait amende honorable cette même année, contrairement aux Trencavel, dont les terres sont progressivement confisquées.

Lors du concile de Latran de 1215, Raymond II interpelle directement le pape Innocent III, pour plaider la cause de son parent Raimond II Trencavel, prisonnier des croisés de Simon de Montfort. Il déclare : Cette prise de parole lui vaut d'être excommunié et Raymond II doit faire amende honorable en 1226 pour retrouver les grâces du Pape..

Pour son soutien envers le comte de Toulouse, Raymond II reçoit les terres de Breissac et de Ganges.

Les monnaies de Roquefeuil thumb|Obole Roquefeuil-Anduze. Au , la famille d'Anduze et de Sauve possède la seigneurie de Sommières. Sa position à proximité de mines permet d'établir un atelier pour battre monnaie.

Raymond d'Anduze, héritier de la seigneurie de Roquefeuil, fait frapper des derniers et des oboles avec pour légende « ROCAFOLIEN »... Le numismate Émile Carron (1889) indiquait que Raymond a fait . Ce monnayage est daté par le numismate entre 1169 et 1239. Il note par ailleurs que le monnayage d'Anduze prend fin en 1226.

Entre 1169 et 1239, Raymond de Roquefeuil fait produire des oboles jusqu'à ce que la fille de Raymond II de Roquefeuil épouse Hugues IV, faisant entrer une partie de la seigneurie dans la famille de Rodez. L'autre partie de cette terre est confisquée par le roi Louis IX, pour châtier Pierre-Bermond d'Anduze d'avoir pris le parti du comte de Toulouse lors de la guerre des Albigeois.

Septième croisade En 1244, le pape Innocent IV lance un appel à une nouvelle croisade. Louis IX, guéri de maladie, prend la tête d'une armée dont l'objectif était de rejoindre Jérusalem en passant par l'Égypte. Raymond III participe à cette septième croisade. L'objectif de reprendre Jérusalem n'est pas atteint ; Saint-Louis fait renforcer les défenses de ce qui reste du royaume de Jérusalem et notamment de Jaffa. En , l'armée des croisés campe au pied de la citadelle et participe à ses fortifications durant près d'un an, jusqu'en . C'est durant cette période que Raymond III est mentionné auprès d'Alphonse de Poitiers, frère du roi Saint-Louis, qui se porte garant de l'une de ses transactions...

La guerre contre le roi de Majorque En 1343, Arnaud II, présenté comme l'un des principaux chevaliers de France, prend part au conflit opposant Pierre IV d'Aragon et Jacques III de Majorque. Il lève une armée pour venger la mort de son fils Bernard, tué par Jacques III, et offre son aide à Pierre d'Aragon. Ce dernier décline mais Arnaud II entre en guerre de son propre chef. Les archives de la baronnie de Castelnau précisent : « il y eut grand guerre ». Durant ce conflit, Jacques III est attaqué dans ses possessions continentales, ses troupes sont défaites et plusieurs places tombent aux mains d'Arnaud II. Désireux d'attaquer directement le roi de Majorque sur son île, Arnaud II entreprend la construction d'une flotte. Jacques III ne pouvant pas soutenir la lutte, sollicite l'intervention du pape Clément VI qui accepte l'arbitrage, et condamne Jacques III à abandonner notamment la baronnie du Pouget. L'intervention du roi Philippe de Valois est nécessaire pour faire appliquer l'arbitrage. Arnaud II de Roquefeuil aurait déclaré : « l'Honneur me Reste, Il suffit » qui devint la devise de sa famille..

Guerre de Cent ans Durant toute la guerre de cent ans, la famille de Roquefeuil soutient la cause française. Dès 1345, les Roquefeuil combattent aux côtés des troupes de Pierre de Bourbon opposé au comte de Derby. Dans ces campagnes, Arnaud II prend part aux combats avec son armée composée de deux chevaliers, 71 écuyers et 190 sergents. Ce dernier, nommé Lieutenant Général du Languedoc en 1345, s'oppose aux anglais dans la région.

En 1356, la défaite de Poitiers et la capture du roi Jean II entraine une vague de fortifications des villes. C'est notamment le cas pour la ville de Millau qui sollicite les conseils du Seigneur de Roquefeuil pour organiser sa défense. Arnaud III se rend dans la ville avec plus de 30 cavaliers. C'est durant cette période que des maisons, hôpitaux, ponts et églises hors les murs sont détruites. La ville réussira à résister aux incursions jusqu'au , date à laquelle des lettres du roi confirment le rattachement de la sénéchaussée du Rouergue à la couronne d'Angleterre décidé lors du traité de Brétigny..

Après cet accord, qui place le Rouergue sous domination anglaise, la région se retrouve livrée aux grandes compagnies, ces mercenaires démobilisés qui ravagent les campagnes. Les efforts de fortification s'amplifient. En 1361, Arnaud II est nommé capitaine de la ville de Montpellier et reçoit tous pouvoirs sur les habitants de la cité pour fortifier et défendre la ville...

Entre 1362 et 1367, Arnaud II aidé de son cousin Jean de Roquefeuil-Versols défend ses forteresses d’Algues et de Nant contre ces routiers, ainsi que contre les troupes du roi de Castille Henri II. Arnaud II et ses fils organisent la défense des lieux, repoussent plusieurs assauts et empêchent la prise de leurs villes, notamment lors des combats de à Nant et Algues.

Plus tard, Arnaud III est mentionné en 1369 à la tête d'une nouvelle armée de 28 écuyers, accompagné de Guillaume de Roquefeuil, qui commande neuf autres écuyers. Grâce à ses succès à Millau et à sa connaissance de la région, il peut négocier cette même année et au nom du roi Charles V, le rattachement de la ville à la couronne de France.

Branche des Roquefeuil-Versols Guillaume de Roquefeuil (Guillem de Rocafull) est un fils naturel d'Arnaud Ier de Roquefeuil. Il épouse Ricarde dite de Beauvoisin avec qui il a deux enfants : Jean (Joan), qui suit et qui hérite des biens en France et fonde la branche des Roquefeuil-Versols ; Raymond (Ramón), héritier des biens situés en Aragon, auteur de la branche des Rocafull établie en Espagne et décrite ci-après.

Jean hérite de la terre de Versols, dont ses descendants relèvent directement du roi par l’intermédiaire du sénéchal du Rouergue. De cette lignée naissent plusieurs rameaux, parmi lesquels celui de la Roquette érigé en marquisat le en faveur d’Henri de Roquefeuil, par lettres patentes. La branche cadette s’éteint en 1766 avec la mort du dernier représentant légitime..

Grand schisme d'Occident À la mort du pape Grégoire XI, le conclave romain élit en 1379 Urbain VI, dont l’élection est d’abord reconnue par le roi de France Charles V et par Henri II, roi de Castille. Toutefois, le comportement autoritaire et intransigeant d’Urbain VI, rapidement jugé excessif par les cardinaux, provoque de vives tensions au sein de l’Église. Dans ce contexte troublé, Jean de Roquefeuil est désigné ambassadeur du nouveau pape auprès des cours ibériques. Il se rend en Castille, à Cordoue, puis au Portugal pour annoncer officiellement l’élection pontificale. Cependant, sous cette mission diplomatique se dissimule une fonction plus secrète : Jean de Roquefeuil est émissaire des cardinaux dissidents, notamment du cardinal de La Vergne, hostiles à Urbain VI. Lors de ses entretiens avec le roi du Portugal, Ferdinand Iᵉʳ, il lui révèle les intentions des cardinaux de contester l’élection et de choisir un nouveau pape sous le nom de Clément VII, bientôt installé à Avignon. Ces démarches marquent le début du Grand Schisme. Par son double jeu, Jean de Roquefeuil participe ainsi, à son échelle, à la rupture définitive entre les obédiences romaine et avignonnaise : Urbain VI à Rome, soutenu par une partie de l’Italie, et Clément VII à Avignon, reconnu par la France, la Castille et le Portugal.

Guerre de Trente Ans - Combat de Bordils Le , Pierre de Roquefeuil, issu d'un rameau de la branche de Londres, est nommé capitaine au régiment de Mérinville, en pleine période des guerres franco-espagnoles qui prolongent le conflit de Trente Ans. La France et l’Espagne s’affrontent alors en Catalogne, où les Français soutiennent les Catalans révoltés contre la domination espagnole. C’est dans ce contexte que se déroule le combat de Bordils, près de Gérone, le . Les troupes françaises, commandées par le maréchal d’Hocquincourt, y affrontent les forces espagnoles qui attaquent un convoi à destination de Roses. Pierre de Roquefeuil, qui avait entre-temps été promu colonel de son régiment, se distingue par sa bravoure : il mène personnellement la charge à la tête de ses hommes, enfonce les lignes de l’infanterie irlandaise au service de l’Espagne et fait plus de huit cents prisonniers.

Ligue d’Augsbourg (1688-1697) À la fin du XVIIᵉ siècle, Louis XIV engage une politique expansionniste pour étendre les frontières du royaume et affirmer sa prééminence sur l’Europe, qui se traduit par de nombreuses campagnes en Flandre et dans les Pays-Bas espagnols. Opposés à la France, le Saint-Empire romain germanique, l’Espagne, l’Angleterre, les Provinces-Unies et plusieurs princes allemands s'unissent en formant la ligue d'Augsbourg .