Szczecin ( ; , anciennement Stetin ou Stettin en françaishttps://scholar.google.com/scholar?hl=fr&lr=lang_fr&as_sdt=0%2C5&q=Stettin) est par le nombre d'habitants la septième ville de Pologne, le chef-lieu de la voïvodie de Poméranie-Occidentale, ainsi que la troisième ville portuaire de ce pays.
La ville se situe dans l'extrême nord-ouest de la Pologne sur les deux rives de l'Oder, tout près de son entrée dans la lagune de Szczecin à Trzebież près de Police. L'archipel, qui se trouve entre deux bras de l'Oder, est une zone industrielle et portuaire.
Capitale de l'ancien duché de Poméranie, la ville, connue dès le premier quart du sous le nom allemand de StettinFiche d'identité de Szczzcin., fait partie de la Poméranie prussienne.
Histoire
vignette|gauche|upright|Le château de Stettin, siège des ducs de la dynastie des Griffon. vignette|gauche|Stettin en 1581, par Georg Braun et Frans Hogenberg, copie de 1630 vignette|gauche|Stettin en 1642. vignette|gauche|upright|L'église Saint-Jacques, basilique catholique de 1945. vignette|gauche|Bateaux dans le port de Stettin, alors en Allemagne, vers 1900. vignette|droite|Obligation de la ville de Stettin en date du .
Szczecin a une histoire parmi les plus colorées d'Europe. En effet, par le passé, cette ville a appartenu à de nombreux États et territoires, dont la Pologne, la Prusse, le Danemark, la Suède et l'Allemagne. Allemande jusqu'en 1945 (province de Poméranie de l'État libre de Prusse), elle est polonaise depuis les accords de Potsdam (1945).
La première mention de la ville date du ; ce n'est alors qu'un petit village peuplé de tribus d'origine slave, qui y pratiquent le commerce et la pêche. Ces tribus sont intégrées dans le nouveau royaume polonais créé autour de 970, mais en 1005, la population, désireuse de conserver ses croyances païennes, se révolte contre la christianisation menée par le roi . Celui-ci, soucieux de ne pas s'aliéner la région, accorde une certaine autonomie à Szczecin et à son territoire, en particulier dans les domaines religieux et économique. Cette acceptation du fait païen par la royauté polonaise provoque de l'émoi dans le Saint-Empire romain germanique qui y voit avant tout une opération à but économique.
Szczecin obtient le statut de ville en 1243 des mains de . La ville, qui se peuple majoritairement d'Allemands et prend le nom de Stettin, se voit accorder en 1309 le statut de capitale du duché de Poméranie, gouverné par la dynastie slave des Griffon (en ). Le château de Stettin est alors le siège des ducs de Poméranie. Entre 1243 et 1630, Stettin connaît un fort développement et devient une importante ville marchande avec l'apparition d'une classe bourgeoise. La ville rejoint la ligue de la Hanse et noue une relation privilégiée avec Francfort-sur-l'Oder.
La dynastie des Griffon perd Stettin au profit du royaume de Suède en 1631. La paix de Westphalie attribue officiellement Stettin à la Suède en 1648. L'économie de la ville, désormais coupée de ses liens avec la Hanse, se met à stagner. La Prusse, profitant de la faiblesse relative des autorités suédoises, leur déclare la guerre en 1713 et parvient à prendre la ville. Les Suédois, sans vouloir admettre leur défaite, s'en retirent sept ans plus tard.
La ville, qui était déjà peuplée d'Allemands, appartient à la Prusse de 1720 à 1945 (et donc à l'Allemagne lorsque celle-ci réalise son unité à partir du ). Elle est la ville de naissance de la princesse d'Anhalt-Zerbst, la future Grande Catherine de Russie. À la suite de la révocation de l'édit de Nantes en 1685, les autorités prussiennes accueillent à Stettin des milliers de huguenots d'origine française qui s'y établissent et contribuent à son développement. Celle-ci redevient ainsi l'une des villes les plus riches et les plus importantes de la mer Baltique. Une forte immigration venue de toute l'Allemagne permet ensuite au commerce de Stettin de compter parmi les plus dynamiques de Prusse.
En 1806, durant la campagne napoléonienne de Prusse et de Pologne, la garnison prussienne en place dans la forteresse de Stettin capitule face à un faible nombre de hussards français à la suite d'une manœuvre de déception, lors de l'épisode de la reddition de la forteresse de Stettin.
Le premier réseau de chemin de fer entre Stettin et Berlin est construit en 1843. D'autres réseaux, dont ceux reliant la ville aux mines de Silésie, suivent. La population croît rapidement et la ville est épargnée par la Première Guerre mondiale.
vignette|upright|Le monument Sedina (1898–1944), œuvre de Ludwig Manzel.
Après 1918, l'économie de la ville sombre avec la création de la Deuxième République polonaise qui ôte à Stettin l'accès aux vastes territoires agricoles de la Poméranie et de la Grande-Pologne. L'importance de la ville diminue au profit de Rostock et surtout de Hambourg.
En 1938, lors de la nuit de Cristal, la synagogue de Stettin est détruite. La communauté juive de la ville est ensuite massacrée, notamment au camp d'extermination de Bełżec.
La Seconde Guerre mondiale détruit 65 % de la ville, et le les Soviétiques entrent dans la ville. La conférence de Yalta, qui s'est tenue deux mois auparavant, laisse Stettin à l'Allemagne, car la nouvelle frontière de Pologne doit être située près de la ville de Kolberg, aujourd'hui Kołobrzeg, à au nord-est de Stettin, et les Polonais doivent recevoir Königsberg, l'actuelle Kaliningrad. Cependant, Staline change d'avis, jugeant important de disposer d'un port sur la Baltique utilisable tout au long de l'année, y compris en hiver. Lors de la conférence de Potsdam, en juillet, il fait donc attribuer Königsberg à l'URSS et transférer Stettin à la Pologne. La ville prend le nom polonais de Szczecin. Les Allemands, majoritaires depuis sept siècles, en sont expulsés et remplacés par des Polonais.
Szczecin devient alors en quelque sorte la ville frontière entre l'Allemagne de l'Est et la Pologne. Winston Churchill, dans son discours de Fulton du y fait référence :
Après la fin de la guerre, la population allemande est totalement expulsée, provoquant des milliers de morts. Les Polonais sont encouragés à s'établir dans la région. Ils viennent en masse, surtout ceux qui ont été chassés des territoires annexés par l'Union soviétique. Szczecin conserve une petite minorité allemande jusqu'en 1960.
Devenue capitale de la Poméranie-Occidentale, Szczecin est rebâtie et les communistes prennent le contrôle du développement de la ville. Les syndicats de Szczecin se révoltent en 1970 contre les dirigeants communistes. Soutenus par leurs collègues de Gdańsk et de Silésie, ils réussissent à incendier la centrale du Parti communiste. En 1980, le syndicat Solidarność provoque une révolte similaire. La Pologne devient une démocratie de type occidental en 1989, ce qui permet à Szczecin un développement rapide et l'entrée dans l'économie de marché.
Depuis le , la ville abrite un corps de l'OTAN, le , principalement composé de soldats danois, allemands et polonais. Il s'agit d'un centre de commandement important pour l'organisation, qui a indiqué vouloir le renforcer à l'avenir..
Aujourd'hui, Szczecin est une ville moderne, orientée vers la coopération avec d'autres ports de l'Union européenne. C'est aussi un centre scientifique, industriel et culturel, ainsi qu'une plaque tournante du transport.
Climat
Architecture et plan urbain
Le style de l'architecture de la ville est surtout influencé par celui de la seconde moitié du et des premières années du , l'art académique et l'art nouveau. Les zones construites après 1945 sont marquées par le réalisme socialiste.
Quelques monuments notables : le château ducal qui était le siège de la maison de Poméranie, parfois aussi appelée maison Griffon ; la cathédrale Saint-Jacques, de style gothique. Parmi les nouveaux bâtiments de la vieille ville sont les bâtiments historiques dont la mairie (maintenant un musée national – musée de la ville de Szczecin), deux portes historiques , le palais du Parlement du Royaume-Poméranie du (maintenant un musée national) et le palais sous le globe (locaux actuels de l'Académie des arts) ; vignette|La colline de Napoléon. la colline de Napoléon Bonaparte, située à l'angle de deux rues Klonowica et Unii Lubelskiej, dans le quartier résidentiel Pogodno. Les soldats français ont construit une colline pour fêter l'anniversaire de Napoléon en 1808 ; la tour Bismarck érigée en l’honneur de Bismarck. Située à six kilomètres du centre-ville, elle remonte au début du ; La Porte du Roi et la Porte de Berlin sont deux anciennes portes de la ville, les seules vestiges de l'ancienne forteresse de Stettin démolie ; le , fondé dans les années 1899-1900. C'est l'une des plus grandes nécropoles du monde (superficie de 172,33 ha). Il a été conçu par . Le cimetière inclut des monuments historiques, comme une croix de fer commémorant les personnes tuées pendant la guerre franco-prussienne de 1870 à 1871, une pierre tombale en l'honneur du maire de Szczecin Hermann Haken et de son épouse, la pierre tombale de Wilhelm Meyer-Schwartau et fils, un monument « Pour ceux qui ne sont pas revenus de la mer », un monument aux Polonais déportés en Sibérie et le rocher de commémoration des victimes du stalinisme ; Wały Chrobrego (jusqu'en 1945 Hakenterrasse), terrasse d'observation d'une longueur de 500 mètres sur une pente le long de l'Oder, conçue par Wilhelm Meyer-Schwartau et construite entre 1902 et 1907. Dans les trois édifices sont présents le musée national – le musée maritime et le théâtre contemporain, l'Académie maritime et le Bureau régional. Wały Chrobrego est un symbole de Szczecin.
Actuellement, la ville est située sur les deux côtés de la rivière Oder. La vieille ville et le port sont situés dans la partie centrale, sur la rivière. Le centre-ville et la vieille ville se trouvent sur la gauche, ou de l'ouest, du côté de l'Oder. La structure des rues ressemble à celle de Paris car copiée des plans du baron Haussmann avec des ronds-points. Le port et les chantiers navals sont situées au vallée de la rivière. Plusieurs parcs se trouvent dans le centre et des parcs forestiers sont situés à la périphérie de la ville. Le cimetière central se trouve à l'ouest du centre.
Au , les deux villes de Grabow et de Dąbie ainsi que de nombreux villages rejoignent Szczecin. Ils sont actuellement des arrondissements périphériques de la ville de Szczecin.
vignette|center|upright=4|Szczecin (Pologne).
Éducation Université de Szczecin Université de technologie de Poméranie occidentale
West Pomeranian Business School (en polonais : Zachodniopomorska Szkoła Biznesu) Higher School of Public Administration in Szczecin (en polonais : Wyższa Szkoła Administracji Publicznej w Szczecinie) High Theological Seminary in Szczecin (en polonais : Arcybiskupie Wyższe Seminarium Duchowne w Szczecinie) Higher School of Applied Arts (en polonais : Wyższa Szkoła Sztuki Użytkowej) Academy of European Integration (en polonais : Wyższa Szkoła Integracji Europejskiej) Wyższa Szkoła Ekonomiczno-Turystyczna Wyższa Szkoła Humanistyczna TWP Wyższa Szkoła Języków Obcych Wyższa Szkoła Techniczno-Ekonomiczna Wyższa Szkoła Zawodowa - Collegium Balticum Wyższa Szkoła Zawodowa "OECONOMICUS" PTE Wyższa Szkoła Zarządzania
Culture
vignette|Académie des Arts dans le palais sous le Globe (Akademia Sztuki). La ville est le foyer de plusieurs universités, bibliothèques, musées, théâtres et cinémas, par exemple l'université de Szczecin, l', la Bibliothèque de Poméranie, la Bibliothèque publique, le musée national, le musée du château des ducs de Poméranie, le musée de la Technologie et de la Communication – Art Depot, le musée de la cathédrale Saint-Jacques, le théâtre polonais, le théâtre contemporain, le théâtre de marionnettes « Pleciuga », l'opéra au château, le théâtre d'été, la Philharmonie de Szczecin et le cinéma « Pioneer 1909 ».