L'histoire de Sydney détaille le développement de la capitale de la Nouvelle-Galles du Sud depuis le début de la colonisation européenne jusqu'à son épanouissement en un centre commercial et financier moderne, en faisant la plus grande agglomération d'Australie. On y incorporera ici la période antérieure d'occupation aborigène qui devrait être classée en préhistoire.

Époque pré-européenne

L'histoire de Sydney remonte aux temps préhistoriques. Les Aborigènes d'Australie ne connaissant pas l'écriture, toute la période où ils étaient les seuls habitants du continent australien est classée dans la Préhistoire du continent.

Les premières présences humaines sur le continent australien remonte de à ans -suivant les différents chercheurs- avant notre ère. À cette époque, huit détroits séparaient Java et l'Australie. Les premières personnes durent donc arriver en bateau au nord d'Australie, découvrant un horizon inconnu. Les colons se sont ensuite déplacés progressivement vers le sud et, par la suite, sont arrivés à Sydney. Il y a environ , à la fin de la période glaciaire, la Nouvelle-Guinée et la Tasmanie se sont séparées du reste du continent et les Aborigènes d'Australie ont commencé une longue période d'isolement, coupée de toute influence extérieureGeoffrey Blainey; A Very Short History of the World; Penguin Books; 2004; .

La zone entourant Port Jackson (Sydney Harbour) a été le territoire de tribus aborigènes pendant plus de ans. Bien que l'urbanisation ait détruit la majorité de ces implantations, il reste encore des centaines d'outils en pierre dans certains endroits, attestant de l'ancienneté de cette présence. Sydney est réputée pour avoir la collection d'outils anciens la mieux conservée au monde car ils sont faits principalement à partir de grès, matière idéale et très appropriée pour tailler des outils.

À la fin des années 1800, le creusement d'un canal à Alexandria (au sud-est de la ville) a mis en évidence les vestiges d'un campement aborigène estimé à au moins ans; des découvertes plus récentes dans des grottes près de Glenbrook dans la partie basse des Montagnes bleues, à l'ouest de Sydney, montrent des traces d'occupation aborigènes datant de plus de ans.

Les populations aborigènes avaient une mythologie commune appelée le temps du rêve ou le rêve. Le « temps du rêve » explique les origines du monde, de l’Australie et de ses habitants. L'art indigène australien est l'une des traditions les plus anciennes du monde. On peut trouver des exemples d'art rupestre dans les parcs comme le Parc national Ku-ring-gai Chase à Sydney.

Peuplement européen thumb|Le Capitain Arthur Phillip, le premier gouverneur de Nouvelle-Galles du Sud.

L'intérêt des Européens pour l'Australie a augmenté avec l'exploration de Botany Bay (actuellement un quartier au sud de Sydney) en 1770 par le capitaine James Cook. Sur instructions du gouvernement britannique, un établissement pénitentiaire est créé par Arthur Phillip en 1788 avec l'arrivée de la First Fleet, le 28 janvier. Le voyage depuis l'Angleterre est le plus long jamais réalisé par un groupe aussi nombreux. Les premiers temps sont marqués par une mortalité importante parmi les arrivants. Au départ, Phillip s'installa d'abord à Botany Bay mais, très rapidement, ne fut pas satisfait par son choix. Après un court voyage en bateau vers le nord, Phillip mit pied à terre à Sydney Cove dans Port Jackson (le vrai nom du port de Sydney). Phillip appela d'abord l'endroit la "Nouvelle Albion" mais pour des raisons qui ne sont pas très claires, l'endroit prit le nom de "Sydney", du nom du Secrétaire d'État à l'Intérieur en 1789, Thomas Townshend, Vicomte Sydney. Ce choix est peut-être dû au fait que c'est lui qui signa l'acte autorisant Phillip à créer une colonie.

Ces premières années sont surnommées « les années de famine », causées principalement par le manque de compétences en agriculture, la mauvaise qualité des outils et les faibles quantités de nourriture disponibles.

La première ferme sur le continent australien, «neuf acres de blé» a été créée à Farm Cove en 1788 par le gouverneur Phillip. Bien que cette ferme n'ait pas réussi, la terre y a été constamment cultivée depuis cette époque, des moyens ayant été trouvés pour rendre ces sols relativement infertiles plus productifs. Les Jardins botaniques royaux de Sydney ont été créés sur ce site par le gouverneur Macquarie en 1816, comme partie du domaine du Gouverneur. Une longue histoire de collecte et d'étude des plantes commença avec la nomination du premier botaniste colonial, Charles Fraser, en 1817. Les jardins botaniques sont donc la plus ancienne institution scientifique en Australie et, depuis les premiers jours, ont joué un rôle important dans l'acclimatation de plantes provenant d'autres régions.

Watkin Tench (1758-1833) était un officier britannique arrivé en Australie en 1788 à bord de la First Fleet. On le connait aujourd'hui pour ses récits sur la fondation de Sydney, en Nouvelle-Galles du Sud, la première colonie européenne sur le continent australien. Il a mené des expéditions exploratoires et a visité la Nepean River. Il a étudié et a traité en ami des Aborigènes (Bennelong y compris) et enregistré les premières tentatives de mise en culture par les colons. Il a navigué pour l'Angleterre en 1791. Il a publié plus tard trois livres dont deux au sujet de ses aventures en Nouvelle-Galles du Sud: Narrative of the Expedition to Botany Bay et Complete Account of the Settlement at Port Jackson. Écrits avec esprit et humanité, ses récits du voyage vers Sydney et de la vie dans la colonie sont considérés les plus perspicaces et les plus littéraires des récits contemporains.

L'installation d'Européens dans la région eut un effet désastreux sur la population locale aborigène. Dans les premiers jours d'installation de la colonie, les Aborigènes furent contaminés par des maladies comme la rougeole, la varicelle ou la variole, maladies contre lesquelles ils ne possédaient pas d'immunité. Le premier gouverneur, Arthur Phillip, a été chargé d'établir des rapports avec les Aborigènes et de vivre dans l'amitié et la bonté avec eux mais les maladies européennes, l'alcool et l'expansion coloniale ont rapidement exercé un effet destructif sur la population indigène. Contrairement à ce qui se passa pour les autres expéditions qui suivirent, le gouverneur Phillip avait voulu développer des relations très étroites entre colons et Aborigènes, suivant ainsi les règles des standards de l'époque.

thumb|Portrait de Bungaree, avec le fort Macquarie, et le port de Sydney, à l'arrière-plan.

Watkin Tench suggéra que l'épidémie aurait été due au fait que les Aborigènes auraient déterré un marin français mort de la varicelle peu après son arrivée en Australie et qui aurait été enterré à Botany Bay. Cependant, les coutumes très strictes des Aborigènes concernant les tombes et les cadavres rendent cette hypothèse très peu vraisemblable. Une autre possibilité suggérée par Tench est que l'un des médecins de l'expédition aurait ramené avec lui une fiole contenant le virus de la varicelle et qu'il aurait inoculé la maladie à titre expérimental à des colons et à des Aborigènes pour les immuniser et que c'est ainsi que les Aborigènes auraient été contaminés.

Quelle que soit la cause de la situation, le résultat fut catastrophique pour le peuple Eora et leurs descendants et au début des années 1800, on estime que la population aborigène de la région avait été ramenée à 10 % de la population de 1788.

Bennelong (1764-1813) était un Aborigène d'Eora, dans la région du Port Jackson, qui a été enlevé par les colons et qui a servi de premier intermédiaire entre colons britanniques et les Aborigènes lors de l'arrivée des Européens en Australie. Bennelong et un ami sont allés avec Phillip en Angleterre en 1792, faisant d'eux les premiers Aborigènes australiens à visiter l'Europe.

Il y avait des autres médiateurs comme Bungaree, qui est connu comme explorateur, artiste et diplomate; et il y avait des résistants militant comme Pemulwuy. En 1790, Pemulwuy, un Aborigène membre du peuple bidjigal, tue le colon John McIntyre, qu'il accusait d'avoir tué des Aborigènes. À partir de 1792, il mène des attaques répétées contre des colons. Il est finalement abattu en 1802. Sa tête est tranchée et envoyée à Londres, accompagnée d'une lettre du gouverneur Philip King soulignant sa bravoure. Il reste une figure emblématique de la résistance aborigène à la colonisation britannique de l'Australie.

Premier Sydney

Les colonies pénitentiaires en Australie accueillirent des dizaines de milliers des condamnés. Chacun avait une vocation propre, qu'il s'agisse d'enfermement punitif ou de rééducation par le travail forcé au service du projet colonial. Selon l'UNESCO, des Sites de bagnes australiens de Sydney présentent des meilleurs exemples survivants de la déportation de criminels à grande échelle et de l'expansion colonisatrice des puissances européennes par la présence et le travail des bagnards et Hyde Park Barracks et l'Old Government House est inscrit depuis 2010 sur la liste du patrimoine mondial..

Old Government House à Parramatta était la résidence des dix premiers gouverneurs de Nouvelle-Galles du Sud. La partie centrale de la maison a été construite par le gouverneur John Hunter (1737-1821) en 1799. Bâti sur les du parc de Parramatta, Old Government House est le plus ancien bâtiment public australien. Les premiers gouverneurs ont détenu un pouvoir quasiment autocratique, dû à la distance avec la Grande-Bretagne et à la pauvreté des communications de l'époque, jusqu'en 1824 quand le conseil législatif de Nouvelle-Galles du Sud a été créé pour conseiller le gouverneur historique du conseil législatif de Nouvelle-Galles du Sud.

Le premier Sydney fut l'œuvre du travail harassant des premiers colons. Dans les premières années, la sècheresse et les maladies ont causé de graves problèmes aux colons, mais la situation s'améliora rapidement. Le gouvernement militaire colonial était confiant dans son armée, le corps de Nouvelle-Galles du Sud, surnommé le "Rhum Corps" parce qu'il avait le monopole de l'importation de l'alcool.

Des conflits éclatèrent parfois entre les gouverneurs et les officiers, beaucoup de ces derniers étant propriétaires de terrains comme John Macarthur. En 1808, ces heurts se transformèrent en une rébellion ouverte avec la "rébellion du Rhum" dans laquelle l'armée chassa le gouverneur William Bligh (affaire connue à l'heure actuelle sous le nom de la mutinerie du Bounty).

En 1808, la Rébellion du rhum fut le seul cas dans l'histoire de l'Australie de renversement d'un gouvernement par les militaires. William Bligh, alors gouverneur de la Nouvelle-Galles du Sud fut à l'origine de cette rébellion lorsqu'il tenta de normaliser les échanges commerciaux en interdisant l'usage des spiritueux comme monnaie d'échange pour le paiement de produits. Le New South Wales Corps, un corps d'infanterie installé dans la région et qui était impliqué dans ce commerce n'accepta pas son intervention et la querelle dégénéra en rébellion militaire. Bligh fut arrêté par le New South Wales Corps qui prit le contrôle de la colonie. Bligh fut détenu pendant plus d'une année, jusqu'à ce qu'il accepte de repartir pour l'Angleterrehttp://adbonline.anu.edu.au/biogs/A020133b.htm. En 1809, le gouvernement britannique le remplaça par Lachlan Macquarie, gouverneur de 1810 à 1821, et qui joua un grand rôle dans la transformation de cette colonie pénitentiaire en une nouvelle base de peuplement civil. Il décida que les bagnards ayant terminé leur peine, devaient être réintégrés dans la société au rang qui était le leur avant leur condamnation.. Des échanges profitables des laines sont établis avec l'Europe et de grands édifices publics sont construits par l'architecte Francis Greenway. Un ex-prisonnier, Greenway (1777-1837), est devenu le premier architecte notable à Sydney et un certain nombre de ses conceptions existent toujours.