Vouvant (prononcé ) est une commune française située dans le département de la Vendée, dans la région Pays de la Loire.

La commune est labellisée parmi Les Plus Beaux Villages de France.

Ancienne place forte médiévale d'importance, elle possède encore une grande partie de ses fortifications. Ses habitants sont appelés les Vouvantaises et Vouvantais..

Géographie Localisation vignette|gauche|Carte de la commune. Le bourg de Vouvant est implanté sur une colline entourée sur trois côtés par la rivière Mère. La commune se situe au sud-est du département de la Vendée, entre Fontenay-le-Comte et La Châtaigneraie, dans le sud du Bocage vendéen, à proximité du marais poitevin et à une quarantaine de kilomètres des côtes.

La commune comprend une partie du massif forestier de Mervent-Vouvant, plus grande forêt du département de la Vendée.

Géologie et relief, hydrographie La superficie de la commune est de ; son altitude varie entre 35 et Répertoire géographique des communes, publié par l'Institut national de l'information géographique et forestière..

La commune est localisée dans le Bas-Bocage vendéen. Les paysages sont moyennement vallonnés et sont traversés par une multitude de cours d'eau. Le sol se compose de terrains schisteux, excepté au lieu-dit de la Grande Rhée où un îlot calcaire est présent..

Le bourg de Vouvant est situé dans l'un des méandres de la rivière Mère, qui prend, au nord du bourg, les eaux du Vend (appelé aussi ruisseau de Chambron ou ruisseau de Broue.) en provenance de Saint-Maurice-des-Noues. La Mère se jette plus au sud dans la Vendée, à Mervent.

Le territoire communal est délimité par plusieurs cours d'eau : le Petit Fougerais au sud-ouest, le ruisseau des Verreries au sud-est ainsi que la Mère et le ruisseau de Chambron au nord.

La commune repose sur le bassin houiller de Vendée..

Unités paysagères Le territoire communal de Vouvant fait partie de deux unités paysagères du département de la Vendée : « Les marches du Bas-Poitou » (unité paysagère ) . et « Le bocage du Lay et de la Vendée » (unité paysagère ) ..

Climat

En 2010, le climat de la commune est de type climat océanique altéré, selon une étude du CNRS s'appuyant sur une série de données couvrant la période 1971-2000. En 2020, Météo-France publie une typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique et est dans une zone de transition entre les régions climatiques « Bretagne orientale et méridionale, Pays nantais, Vendée » et « Poitou-Charentes »..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Scillé à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... Pour l'avenir, les paramètres climatiques de la commune estimés pour 2050 selon différents scénarios d'émission de gaz à effet de serre sont consultables sur un site dédié publié par Météo-France en ..

Voies de communication La commune de Vouvant est traversée du sud-est au nord-ouest par une route départementale, la RD31, allant de Saint-Hilaire-des-Loges à Chantonnay. Cette dernière porte plusieurs noms lors de son passage dans le bourg : rue de la Filée, rue de la Visitation, place de l'Église, rue du Duc d'Aquitaine et rue du Château Neuf.

Deux autres routes départementales desservent Vouvant avant de rejoindre la RD31 au niveau du bourg : la RD89 en provenance de Puy-de-Serre et la RD30 traversant la commune d'est en ouest (et qui se confond avec la RD31 lors de la traversée du village).

À deux kilomètres du centre-bourg, le territoire communal est traversé par la RD938T reliant les villes de La Châtaigneraie et Fontenay-le-Comte.

Urbanisme Typologie Au , Vouvant est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (66,6 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (67,6 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : prairies (34,1 %), forêts (23,8 %), terres arables (18,6 %), zones agricoles hétérogènes (13,9 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (3,5 %), eaux continentalesLes eaux continentales désignent toutes les eaux de surface, en général des eaux douces issues d'eau de pluie, qui se trouvent à l'intérieur des terres. (3,2 %), zones urbanisées (2,8 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie Le nom de la localité est attesté sous différentes formes au fil des siècles........ :

, , , et au ; , , , , ., et au ; , , , et au ; au ; au ; , et au ; et au .

L'étymologie de ce toponyme reste incertaine. Plusieurs explications paraissent possibles :

Vouvant (, du latin signifiant « onduler » ou « coulant ».) étant situé à la confluence de deux cours d'eau, la Mère et le Vend, son origine étymologique pourrait tout simplement provenir du fait que le lieu soit entouré d'eau sur trois côtés. En effet, cette étymologie apparaît dans l'acte de donation portant création de la ville daté des premières années du (entre 1016 et ) : , ce qui signifie .. ; malgré sa large adoption par la documentation historique du fait de sa grande intuitivité, la première étymologie ci-dessus est probablement fausse.. En effet, les philologues de l'époque moderne s'accordent à penser que le toponyme du village serait plutôt issu de la racine indo-européenne (signifiant « loup ») accompagnée du suffixe -ingus. Cette étymologie ferait alors de Vouvant un repaire de loups ; selon Ernest Nègre, l'étymologie est peut-être à rapprocher du nom germanique d'une personne ; l'étymologie fait peut-être référence au nom latin d'une personne, , d'après Dauzat et Rostaing. ; Xavier Delamarre identifie un radical celtique -venta, -venton, présent dans plusieurs noms de localités en France et en Europe, et désignant un lieu d'abattage (abattoir ou aire de sacrifice). Avec le préfixe volo-, signifiant « en bas, inférieur », il propose un composé Volo-vento signifiant « l'abattoir d'en bas » ou « l'aire de sacrifice inférieure » ; voir, notamment, Bouvante et Volvent dans la Drôme..

Remarque : dans le sud du domaine d'oïl, l'élément germanique Wulf- / Wolf- aurait dû aboutir à *Gouvant et non pas à *Vouvant comme wulpiculu > goupil ou Wurm-hari > Gourmier.

Histoire

Moyen Âge Création de Vouvant par Guillaume le Grand d'Aquitaine (av. 1016-1019) Vers l'an Mil, Guillaume le Grand, comte de Poitiers et duc d'Aquitaine, fait construire un château et une église à Vouvant, promontoire rocheux situé dans un méandre cerné par la rivière Mère. Selon la légende, il aurait découvert ce site lors d'une chasse tumultueuse.. C'est également à cette époque que le comte-duc entame la fortification de la partie ouest du Poitou (nord-ouest de l'Aquitaine) afin de contenir les incursions Normandes remontant les vallées des rivières de la Vendée et de la Mère. En effet, ces terres situées au nord du territoire dirigé par le comte-duc sont peu occupées. Guillaume le Grand et l'abbé Théodelin de Maillezais entreprennent alors la construction de châteaux et d'églises afin d'y contrôler la grande barrière forestière de Vouvant et Mervent.. Concernant Vouvant, le comte-duc y fait bâtir un château fort (à l'emplacement actuel du Château Neuf ou du Petit-Château) ainsi qu'un ensemble monastique lui permettant d'asseoir son autorité sur le Bas-Poitou. La construction de ce château semble également avoir vocation à remplacer le de Maillezais détruit entre 1007 et 1011.

La première mention de Vouvant se trouve dans un acte écrit de donation à destination de la communauté monastique de Maillezais. Cet acte est daté entre 1016 et après mars 1019. C'est donc en 1019 au plus tard que semble se situer la fondation du bourg castral de VouvantNicolas Prouteau (maître de conférences en archéologie médiévale à l'Université de Poitiers et directeur adjoint du Centre d'études supérieures de civilisation médiévale), kakemonos de l’exposition « Vouvant d'un millénaire à l'autre », entre le et le , Association Patrimoines du Vouvantais, 5 p. (lire en ligne ).vignette|Vue sur le site du Petit-Château - au centre - séparé par la Mère du site de Vouvant-Bourg (à gauche) où se situe l'église.

Extrait de l'acte écrit de donation rédigé par Guillaume le Grand d'Aquitaine entre l'année 1016 et le mois de ... :

Édification de l'église priorale Notre-Dame (av. 1050) L'église priorale est édifiée dans la première moitié du en granit et en schiste : c'est une vaste construction de trois vaisseaux et peut-être neuf travées. L'édifice possède une architecture typique des églises du début du , c'est-à-dire austère, qui ne comporte aucun décor sculpté et qui donne ..

Une seigneurie châtelaine (av. 1040-av. 1076)

Vers 1040, la construction du château et du bourg de Vouvant semble s'achever. C'est vers cette date que le chevalier Hélie de Vouvant est nommé par le comte-duc pour diriger la forteresse. Hélie est cité à plusieurs reprises : le lors de la dédicace de l'abbaye de la Sainte-Trinité de Vendôme. et vers le mois de .. Le château-fort comtal se présente probablement sous la forme d'un château en bois sur motte. Aussi, il est envisageable qu'une première muraille, peut-être en bois et terre, soit érigée autour du bourg castral où est implantée l'église dans le courant de la première moitié du .

L'identité des châtelains qui tiennent le château de Vouvant pour les comtes-ducs au cours de la seconde moitié du est peu connue. Il y aurait eu, dans l'ordre chronologique : Raymond, Gérard ou Géraud (fils de Raymond), Guillaume, Bouchard, Raoul et Vossard.

Le , Guillaume VIII d'Aquitaine, comte de Poitou et duc d'Aquitaine, séjourne au château de Vouvant lors de sa visite dans le Bas-Poitou.

L'ère de Robert Bourgoin (av. 1076) Avant 1076, le comte de Poitou et duc d'Aquitaine aurait transmis la forteresse de Vouvant à Robert Bourgoin (né vers 1035 et décédé en 1098).

L'ère des Rancon (v. 1076-v. 1140/50) Vers 1076, Vouvant passe dans les possessions de la maison de Rancon. En effet, c'est Bourgogne de Craon (fille de Robert Bourgoin) qui aurait reçu Vouvant en dot lors de son mariage avec Aimery III de Rancon.

En 1076, la fondation de l'abbaye Saint-Vincent de Nieul-sur-l'Autise est confirmée par le comte-duc dans la résidence du chevalier Airaud Gassedenier, à Vouvant..

alt=|vignette|Vue sur la motte castrale du Château Neuf depuis le sommet de la Porte de la Poterne. La motte, d'une hauteur d'un peu plus de , est très facilement distinguable au centre de la photographie. Deux mottes castrales sont présentes autour du de Vouvant, une située au lieu-dit du Petit-Château et une localisée au lieu-dit du Château Neuf. Cependant, la date de construction et la fonction précise de celles-ci nous sont, pour le moment, encore inconnues.

Construction possible d'un véritable château en pierre