Jean Gautherin, né le à Ouroux-en-Morvan (hameau de Savault) et mort le à Paris , est un sculpteur français.

Biographie Né au cœur du Morvan dans une famille paysanne, Jean Gautherin manifeste de bonne heure des dispositions pour le dessin et commence à sculpter avec son couteau des morceaux de bois dans sa jeunesseAliette Robbé, « Jean Gautherin (1840-1890) », Vents du Morvan, ..

Sa mère, nourrice morvandelle sur place à Paris, travaille pour un directeur de l'hôpital de la Salpêtrière. À l'occasion d'un voyage à Paris, le père de Jean Gautherin donne une des œuvres de son fils au patron de sa femme. Impressionné, celui-ci lui offre son voyage à la capitale.

Illettré, il arrive tout jeune à Paris et commence par faire ses humanités. Ses prépositions artistiques le font admettre à l’école d’apprentis des Gobelins. Plus tard, il entre à l’atelier de Charles Gumery, où il est même un temps praticien, puis à celui d’Auguste Dumont, et enfin à l’École des beaux-arts de Paris, le AJ/52/235, Archives nationales..

Il débute au Salon de 1865, avec un portrait d’homme, buste en terre cuite ; en 1867, il expose celui de M. V..., médaillon en plâtre, et obtient, un an après, sa première médaille avec une grande figure de Narcisse et le buste en marbre de son maitre, Gumery. Ses envois suivants furent, en 1869, un portrait d’enfant, en 1890, un saint Sébastien, étude très remarquée qui lui vaut une nouvelle médaille..

Incorporé, pendant la guerre, dans les mobiles de la Nièvre, sa faiblesse de complexion le fait attacher aux bureaux de l’intendance. Ayant repris, la paix revenue, son ciseau, il connait des jours plus difficiles et reste assez longtemps en Nivernais, travaillant aux restaurations de la cathédrale et faisant quelques bustes, notamment ceux de l’évêque , de Mlle I. G., de Nevers, M. J. B., de Mlle J. T. et d’autres, qui ont été exposés par la suite. Gautherin a toujours produit beaucoup de portraits, recherchant surtout et rendant au suprême degré le caractère d’une physionomie. En 1876, il se remit à composer de grandes figures et des groupes donnant successivement son saint Sébastien en marbre, et Clotilde de Surville.

En 1878, il expose la première pensée de son Paradis perdu, en même temps qu’il taille en pierre une allégorie de l’Industrie qui sera aussitôt placée sur l’une des balustrades de la rotonde du Trocadéro. À la fin de l’Exposition universelle, il est médaillé de classe et nommé chevalier de la Légion d'honneur.

Entre les expositions universelles de 1878 et celle de 1889, outre un certain nombre de portraits, notamment ceux de Pierre Véron, Seguy, Martinet, Paul Chenavard et Pierre d’Echeyrac, il participe, en 1879, au concours pour l'édification du Monument à la République destiné à la place de la République à Paris. Son projet est sélectionné pour le premier tour parmi près de 80 autres. , mais lors du concours de second degré, restant en lice avec le projet des frères Charles et Léopold Morice, ce sont ces derniers que le jury choisit . Jean-François Soitoux, le troisième candidat sélectionné, n'avait pas présenté sa maquette pour raisons de santé.Étude de l'histoire de l'aménagement de la place de la République par Géraldine Texier-Rideau, sur le site fontesdart.org. ; il reçoit une prime de francs de dédommagement.. Il habite à cette époque au 84, rue d'Assas à Paris..

En 1885, il effectue un séjour de plusieurs semaines à Copenhague, le collectionneur et mécène Carl Jacobsen le mandatant à fin de sculpter un portrait de la princesse Dagmar, future tsarine Maria Feodorovna. Un important fonds de ses œuvres est conservé à Copenhague à la Ny Carlsberg Glyptotek, fondée par Jacobsen.

Il achève ensuite : la Clef des champs, statue de plâtre, Saint-Sébastien et Clotilde de Surville ; Le Paradis perdu, de plâtre devenu marbre, destiné au parc Monceau ; le Réveil albanais, buste vieux fer ; le Travail, vigoureuse personnification de l’ouvrier studieux, autrefois au jardin du Luxembourg, Marguerite, l’Inspiration, La Religion encourageant l’Industrie et l’Agriculture, le portrait de l’impératrice de Russie. Comme sculpture monumentale, on lui doit la grande statue de la Ville de Paris pour la façade du nouvel Hôtel de Ville, les figures décoratives de l’horloge de ce même hôtel, un Saint-Cerenus, évêque du , statue de pierre pour la cathédrale de Marseille, un Saint-Joseph, aussi en pierre pour l’église Saint-Joseph de Paris, et pour terminer, le Diderot, assis de la place Saint-Germain-des-Prés.

En 1881, il est élu membre du comité de sculpture du comité des quatre-vingt-dix artistes français : peintres, sculpteurs, graveurs, architectes, chargés de rédiger les statuts de la Société des artistes français..

Certaines de ses torchères ont été fondues par le Val d'OsneFontes d'art en France et dans le monde : un réseau international., et ornent des édifices ou des jardins publics à Rio de Janeiro. Les fonderies de Tusey et Barbedienne ont également édité ses œuvres.

Mort, après une courte maladie, à son domicile du 2, passage Stanislas, trois mois à peine après le paysagiste Hector Hanoteau, dont il a été l’ami et l’élève, aux conseils et parfois l’influence duquel il a dû d’entrer dans la carrière artistique dont les commencements ont été extrêmement difficiles, il est, à l’issue de ses obsèques à Notre-Dame-des-Champs, le , inhumé à Paris au cimetière du Montparnasse., où William Bouguereau a improvisé, à la demande des assistants, une allocution.

Œuvres dans les collections publiques

Danemark Copenhague, Ny Carlsberg Glyptotek« Jean Gautherin » dans les collections publiques danoises sur kulturarv.dk. : Le Paradis perdu, 1883, groupe en marbre ; L'Impératrice Marie Fedorovna de Russie, 1888, statue en marbre « Kejserinde Maria Feodorowna af Rusland », notice sur kulturarv.dk..

France Bonneuil-sur-Marne, hôtel de ville : Marianne, buste en plâtre d'après le modèle en marbre de l'hôtel de ville de Paris. Château-Gontier, hôtel de la sous-préfecture de la Mayenne : La République, 1886, buste. Compiègne, église Saint-Antoine : Saint Sébastien, 1876, statue en marbre« Saint Sébastien », notice sur musee-orsay.fr.. Lyon, musée des Beaux-Arts : Paul Chenavard, peintre, plâtre. Nevers : hôtel de ville : La République. musée municipal Frédéric Blandin : Madame Gautherin, 1885, plâtre patiné. cathédrale Saint-Cyr-et-Sainte-Julitte : Les Martyres de saint Cyr et de sainte Julitte, bas-relief en pierre ornant le maître-autel. Paris : cimetière de Montmartre : Charles Gumery, 1871, buste en marbre ornant la tombe du maître de Gautherin. cimetière du Montparnasse : Pierre Véron, 1880, buste en bronze ornant la tombe du journaliste. cimetière du Père-Lachaise () : Simon Marx, 1865, médaillon en bronze ornant la tombe du directeur de l'hôpital Saint-Antoine. boulevard Saint-Germain : Monument à Diderot, 1886, statue en bronze. hôtel de ville : La Ville de Paris, 1881, haut-relief ornant le fronton ; Marianne, buste en marbre. mairie du , hall d'entrée : Le Paradis perdu, 1881, groupe en marbre« Le Paradis perdu » sur anosgrandshommes.musee-orsay.fr.. musée du Luxembourg : Le Travail, 1885, bronze, envoyé à la fonte sous le régime de VichyNotice du musée d'Orsay.. musée d'Orsay : Clotilde de Surville, 1879, statue en marbre ; Madame Gautherin, 1889, buste en marbre. parc Monceau : Paradis perdu, 1883. Pomérols : Fontaine de la République, 1912, fonteNotice sur la base Palissy.. Reims, musée des Beaux-Arts : Clotilde de Surville, plâtre. Édité en bronze en huit tailles par Barbedienne. Rungis, mairie d'honneur : Marianne, terre cuite.. Thiais, hôtel de ville : Marianne, 1880, buste en plâtre.

Monaco Monte-Carlo, casino de Monte-Carlo : décoration de la salle des fêtes.

Salons et expositions

Médaillé aux Salons de en 1868, 1870, 1873 et 1878, une médaille d'or lui est décernée à l’Exposition universelle de 1889.. Salon des artistes français : 1876 : Saint Sébastien, marbre, hors-concours ; 1879 : Jeune fille à la coquille ; Clotilde de Surville, marbre ; 1880 : La République ; Portrait de ; 1889 : Portrait de l'impératrice de Russie. Exposition universelle de 1878 à Paris : Clotilde de Surville.

Élèves

Lucienne Signoret-Ledieu (1858-1904).

Notes et références Notes

Références

Bibliographie Stanislas Lami, Dictionnaire des sculpteurs de l'École française au dix-neuvième siècle, , Paris, Champion, 1919, . Raoul Toscan, Jean Gautherin, fils de paysan, statuaire d'impératrice, Nevers, Chassaing, 1941. Anne Pingeot, Antoinette Le Normand-Romain, Catalogue sommaire illustré des sculptures, Paris, musée d'Orsay, 1986.

Liens externes

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