Joseph Cornudet des ChaumettesSon nom était également orthographié, autrefois, « Chomettes ». Voir par exemple le Bulletin de la Société archéologique et historique du Limousin, A. Bontemps., 1894, volume 42, 502., né le à CrocqProvince de la Marche, aujourd'hui dans la Creuse. et mort le à Paris, est un magistrat et un homme politique français.

Biographie Avocat au Parlement de Paris, il plaide ensuite au siège du présidial de Guéret quand il est nommé lieutenant général au bailliage de Montaigut-en-Combraille en 1785. Lors de la création des départements, la municipalité de Crocq opte à l'unanimité, sous sa présidence, le , pour la Creuse, de préférence au Puy-de-Dôme, comme l'ensemble des communautés d'habitants du Franc-Alleu.

Partisan des idées nouvelles, Cornudet des Chaumettes devient procureur-syndic du district de Felletin en 1790 et le premier président de la Société des amis de la ConstitutionMémoires de la Société des sciences naturelles et archéologiques de la Creuse, Imprimerie Le Cante, 1898, volume 11, 53.. Le , il est élu, le sur 7 par 252 voix sur 330 votants, député à l'Assemblée législative, où il joue un rôle modeste, mais devient membre du comité de l'ordinaire des finances.. Il se montre un défenseur de la cause de la monarchie constitutionnelle et vote l'absolution de La Fayette le ..

De retour en Creuse après la chute de la royauté, il est nommé commissaire du gouvernement près le tribunal civil et criminel de la Creuse en 1795..

vignette|left|Château des Cornudet à Crocq (Creuse).Par la suite, sous le Directoire, il est élu député le 21 germinal an V () au Conseil des Anciens, où il siège parmi les modérés, réclame la jouissance des droits politiques pour les anciens nobles, vote l'impôt sur le tabac et s'oppose aux droits de successibilité de l'État sur les biens des émigrés. Il intervient pour la première fois le pour s'opposer à la déclaration d'urgence de la résolution sur l'organisation de la garde nationale. Secrétaire, en l'an VI — il est élu le —, puis président de l'assemblée en l'an VII — du au Voir —, il est l'un des principaux coopérateurs du coup d'État du 18 brumaire, qui porte Napoléon Bonaparte au pouvoir, chapitre XIX. Cornudet fait partie, avec Lemercier — son successeur à la présidence du Conseil des Anciens —, Fargues et Daunou des Anciens consultés par Bonaparte avant le coup d'État. « Leur avis à tous », explique-t-il, « était qu'il fallait s'allier au vrai parti, au parti réformateur, et s'unir à Sieyès, qui avait une constitution toute faite, et la majorité dans le conseil des anciens ».Sur le détail du rôle de Cornudet lors du coup d'État, lire la première partie des Mémoires de Joseph Fouché, Paris, Le Rouge, 1824.. En particulier, il défend, avec d'autres, la translation des conseils à Saint-Cloud, chapitre XIX : « Quelques membres voulurent s'y opposer; Cornudet, Lebrun, Fargues, Régnier, l'appuyèrent. ». Le 20 brumaire, il fait partie de la commission intermédiaire chargée temporairement du pouvoir législatifÀ ce titre, il contresigne la constitution de l'an VIII le 22 frimaire. Voir ..

Membre du Sénat conservateur dès sa création, le 4 nivôse an VIII (), il est le rapporteur du projet de sénatus-consulte organique du 16 thermidor an X ()Voir le « sénatus-consulte organique de la Constitution du 16 thermidor, an X de la République une et indivisible », extrait du Bulletin des Lois de la République, , , dans Bulletin des Lois de la République française, , tome VI, Contenant les lois et arrêtés rendus pendant le second semestre de l'an X ( à 219), Paris, Imprimerie de la République, brumaire an XI (1802). et secrétaire de cette assemblée en 1804À ce titre, il contresigne le sénatus-consulte organique du 28 floréal an XII. Voir .. De même, il est, pendant plusieurs années, membre et rapporteur de la commission du Sénat chargée d'examiner la régularité des élections au Corps législatif. En 1803, il est chargé de l'organisation des sénatoreries du Piémont. Lui-même reçoit la sénatorerie de Rennes le 5 vendémiaire an XII () du 14 nivôse, an XI de la République..

Couvert d'honneurs par le régime, il est nommé chevalier de la Légion d'honneur le 9 vendémiaire an XII (), commandeur le 25 prairial (), comte de l'Empire le et grand officier de la Légion d'honneur le .

Personnalité de la Creuse, il est nommé président du collège électoral de ce département les et . En , il est nommé commissaire extraordinaire dans la division militaire (Basses-Pyrénées, Landes, Gironde), à BordeauxUn décret du envoie dans chaque division militaire des commissaires extraordinaires, choisis parmi les sénateurs ou les conseillers d'État, pour Voir .. Selon lui, Cornudet ne fait que remplacer son collègue Germain Garnier, presque aveugle, le .Pour , Garnier « refusa la mission de commissaire extraordinaire dans la division militaire, dont on voulait le charger en 1813, après la campagne de Moscou. C'était l'heure des revers. M. Garnier aima mieux voter peu de temps après la déchéance de Buonaparte, et contribuer à toutes les décisions du Sénat en faveur des Bourbons. ».

Revenu à Paris le , il adhère à la déchéance de Napoléon et est nommé pair de France le , lors de la Première Restauration. Dans cette assemblée, il défend la liberté de la presse, réclame des indemnités pour les victimes des événements politiques et propose de rendre aux émigrés leurs biens non-vendus.

Pendant les Cent-Jours, Napoléon lui confère la pairie le . Cependant, le 22, il défend la formation d'un gouvernement provisoireSur proposition de Lucien Bonaparte, avec Hugues-Bernard Maret, Pierre-Louis Roederer, Joseph Bonaparte et Charles de Flahaut. Voir , . et s'oppose à ceux qui veulent proclamer Napoléon II. Deux jours après, avec La Tour-Maubourg et Boissy d'Anglas, il s'oppose aux dispositions révolutionnaires que l'on se propose d'introduire dans le projet de loi relatif aux mesures de sûreté générale présenté par la commission de gouvernement..

Exclu, avec vingt-huit autres, de la Chambre des pairs pendant la Seconde Restauration, par l'ordonnance du 24 juillet 1815, il retrouve son siège grâce à Decazes le ; le titre de baron est ensuite attaché à sa pairie par ordonnance du roi du . Là, il défend les libertés octroyées par la Charte et siège jusqu'à sa mort, après avoir prêté serment à Louis-Philippe I en 1830.

Famille Il est le fils cadet de Jean-Baptiste Cornudet (né le à Crocq, mort le ), seigneur des Farges, notaire royal à Crocq, avocat au Parlement de Paris, bailli, notamment, de Barmont et de Magnat, marié en 1751 à Marie de Courteix, fille d'Annet et de Léonarde Chermartin des Bussières. Il a un frère, Michel, et deux sœurs : la première épouse M. du Courtial de La Suchette, la seconde, Marie, se marie en 1772 avec Joseph-Annet Chassaing, bailli d'Herment.

Le , il épouse à Ardes Jeanne Cellin du Montel (née audit Ardes le , fille de François Xavier, écuyer, capitaine au régiment Royal-La-Marine et de Jeanne Lagulhe), avec laquelle il a plusieurs enfants : Jeanne-Joséphine, née en 1790, mariée en 1810 à Joseph-Charles Aubusson de Soubrebost, président de chambre à la cour de Limoges et député, et décédée le à Paris ; Marie-Anne-Julie, née en 1793, mariée en 1813 au vicomte de Combarel, décédée en 1853 ; Étienne-Émile (1795-1870), député de la Creuse (1831) et pair de France (1846) ; Marie-Adèle, mariée à Lucien Arnault, préfet de la Meurthe ; Eugène-Joseph, né en 1799, entré comme maître des requêtes au Conseil d'État sous la Restauration, chargé en 1848 des fonctions du ministère public près la section du contentieux et chevalier de la Légion d'honneur..

Le , une ordonnance royale octroie à la veuve de Joseph Cornudet, qui jouissait d'une pension d'ancien sénateur de francs, une pension annuelle et viagère de francsL'Ami de la religion, journal ecclésiastique, politique et littéraire, , vendredi , tome LXXXIII ..

Titres Comte Cornudet et de l'Empire (lettres patentes de , Bayonne) ; Pair de France : Pair par l'ordonnance du ; Pair des Cent-Jours () ; Révoqué par l'ordonnance du 24 juillet 1815 ; Baron-pair héréditaire (, lettres patentes du ) ; Comte-pair héréditaire (lettres patentes du ) ;

Distinctions Légion d'honneur : Légionnaire ( : ), puis, Commandant ( : ), puis, Grand officier de la Légion d'honneur ().

Armoiries Figure Blasonnement Armes du comte Cornudet et de l'Empire

Coupé d'azur et de gueules ; sur l'azur à dextre quartier des comtes sénateurs, à senestre, lion posé d'or, sur le gueules, une fasce d'or. Livrées : bleu, rouge et jaune.Armes du comte Cornudet des Chaumettes, pair héréditaire

Coupé : au I, d’azur chargé à dextre d’un miroir d’or accolé d’un serpent d’argent, à senestre d’un lion rampant d’or ; au II, de gueules à la fasce d’or.

Annexes Bibliographie

(réédition de l'Histoire illustrée d'Auzances et de Crocq, 1888) , de Corcelles à Cornulier-Lucinière,

(scènes historiques en trois actes et 56 scènes sur « le dix-huit brumaire », l'« abdication de Fontainebleau, » et « le vingt mars 1815, ou le retour de l'île d'Elbe »)

Notes et références

Voir aussi Articles connexes Aubusson (Creuse) Coup d'État du 18 brumaire Liste des membres de la noblesse d'Empire Armorial des comtes de l'Empire

Liens externes

Opinion de Cornudet, sur la résolution du 24 germinal an 7, relative à l'organisation du notariat : séance du 28 prairial an 7 du Conseil des Anciens, Paris, Imprimerie nationale, an VII (1799), 8 p. Liste des discours, rapports et interventions de Joseph Cornudet des Chaumettes dans l'index des auteurs de la Maclure Collection of French Revolutionary Materials, à 251

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