Émile Le Scanff, dit Glenmor est un auteur-compositeur-interprète, écrivain et poète français de langue française et bretonne né le à Maël-Carhaix et mort le à Quimperlé.
Biographie Enfance et formation Il est né le à Maël-Carhaix. Il déclare avoir vécu dans une famille bretonnante paysanne. Il souhaite apprendre à lire et à écrire en breton malgré les humiliations qu'il dit avoir subies à l'école.
Il entre en 1941 au petit séminaire de Quintin, où il suit des études secondaires, étudiant le latin, le grec et la théologie et obtenant ses deux baccalauréats à 17 ans.
Il est titulaire d'une licence de philosophiehttps://www.lemonde.fr/archives/article/1996/06/21/glenmor-une-figure-majeure-de-la-culture-bretonne_3725455_1819218.html.
Il monte sur scène pour la première fois à Paris en 1959, accompagné par la harpiste Denise Megevand. Il joue aussi de la cornemuse au sein de la Kevrenn Rostren.
Il anime une troupe de théâtre en breton, Breizh a Gan, et il écrit avec Youenn Gwernig Genovefa, une opérette en breton.. Il part en voyage en 1953 en Italie, Grèce, Turquie, Yougoslavie et Union soviétique et rentre en Bretagne fin 1954. Il commence alors à écrire et composer. Il est victime de la tuberculose et est soigné dans le sanatorium de Praz Coutant dans les Alpes. C'est là qu'il donne sa toute première représentation, en 1958.
Sa carrière artistique débute en octobre 1959 par un récital à Paris, devant quelques inconditionnels, avec Denise Mégevand à la harpe. Dès lors, il tente de vivre de ses chansons, interprétant aussi des textes d'Armand Robin, de René-Guy Cadou et d'autres poètes. Il adopte le nom de scène Glenmor ("terre-mer" en breton), réunion de l'Armor et de l'Argoat, et devient le nouveau barde breton. Durant de nombreuses soirées, il se produit à Montparnasse, en particulier au restaurant Ti Jos. Après Paris, il émigre plusieurs mois à Bruxelles en 1961 où il connaît un petit succès. Il croise Jacques Brel (qui dit dans la chanson Le Moribond : « Adieu l'Émile, je vais mourir ») et rencontre sa future femme qui, arrivée en Bretagne, se renomme KatellRonan Gorgiard, L'étonnante scène musicale bretonne, 2008, .
Après de nombreux concerts dans des petites salles, il enregistre un concert donné à la Mutualité de Paris au printemps 1967, produit en 33 tours.
En , il s'installe avec Katell dans le manoir de Saint-Péran à GlomelÀ Glomel, les chants de Glenmor résonnent encore.
Au début des années 1970, il fonde avec les mêmes Xavier Grall et Alain Guel le journal La Nation bretonne.
Carrière de chanteur militant Au début de 1969, il sort son premier disque commercialisé, Cet Amour-là..., via le label Barclay.
Il est parfois accompagné par l'orchestre de François Rauber. La chanson écologiste Ils se meurent nos oiseaux fait référence aux pétroliers échoués, le Torrey Canyon.
En , il se produit à nouveau à la maison de la Mutualité.
En 1971, un autre 33 tours Barclay est un Hommage à Morvan Lebesque.
Entre 1970 et 1972, il tourne en Bretagne avec Léo Ferré. Dans son album Vivre sorti en , il reprend d'anciennes chansons, dont deux qu'il avait écrites en breton, Viviana et Klemm Breizh-Izel, accompagnées d'un récitatif en français par Katell. En , l'album Princes, entendez bien… tire son nom d'une composition de dix-huit minutes en ouverture. Elle amène à son chant Kan bale lu poblek Breizh, renommé Kan bale an ARB (« Chant de marche de l'Armée révolutionnaire bretonne »).
Il est engagé dans le mouvement breton.
Il participe au tournage du film C'était un Québécois en Bretagne, Madame ! de Bernard Gosselin et Pierre Perrault, une production de l'Office National du Film du Canada paru en 1977.
Il vit entre le manoir de Saint-Péran à Glomel et le manoir du Poul à Mellionnec, comme dans sa chanson sur Les chemins de Bohême. Il fête à Mellionnec ses vingt ans de chansons lors d'une grande fête, puis avec la parution d'un disque anniversaire : Tous ces vingt ans déjà. En 1978, il est désigné par Armor MagazineBreton de l'année Armor Magazine 1978.
En juin 1979, en compagnie de son ami Jean Le Calvez, directeur de la publication du journal Combat Breton, dont ils sont par ailleurs tous deux membres du comité de rédaction, il observe une grève de la faim pour protester contre le report du procès de plus d'une vingtaine de militants bretons interpelés en à la suite d'un attentat contre le château de Versailles. Ils exigent la libération des détenus politiques, dont Yann Puillandre. Le journal se fait largement l'écho des lettres des prisonniers comme des prises de positions en leur faveur. Ce moment est l'occasion de réaffirmer son adhésion à Argad Breizh.. Dans le même temps, il publie son roman La Septième Mort chez Jean-Edern Hallier et participe à la campagne de ce dernier aux élections européennes, malgré des ennuis de santé. vignette|Statue de Glenmor au jardin du Thabor à Rennes En 1990, à l'issue d'un concert pour la Fête de la langue bretonne à Carhaix, il décide de mettre fin à sa carrière musicale pour se consacrer à l'écritureJournal Libération Mort de Glenmor, barde breton 20/06/1996. Il est décoré du collier de l'ordre de l'Hermine en 1990.
Mariage Il est marié à Katell qu'il a rencontrée à Bruxelles et épousée en 1963 ; de son vrai nom Catherine Duveillez, belge, née le , décédée le .. Leur mariage en 1963 à Glomel en Centre-Bretagne sera enregistré sur un disque, avec la présence de nombreux invités, et est l'exemple d'une noce typique en Basse-BretagneDisque Barclay "La Bretagne - noce et fest-noz : cérémonie religieuse et banquet" . Ils auront deux enfants, Sterenn et Edern. Katell s'installera comme conteuse à Rostrenen.
Décès Il meurt d'un cancer à Quimperlé le à l'âge de 64 ans. Il est inhumé dans le caveau familial au cimetière de Maël-Carhaix.
vignette|Tombe de Glenmor à Maël-Carhaix.
Hommages
Association Il est fondé en 2000 l'association Glenmor an Distro, dont le but est de promouvoir l’œuvre de Glenmor. Dirigée par Hervé Le Borgne, l’association publie en 2012 un livre sur Glenmorhttps://www.ouest-france.fr/bretagne/carhaix-plouguer-29270/un-livre-retrace-la-vie-et-les-idees-de-glenmor-78778.
Noms de rues Dans plusieurs villes de Bretagne, des rues portent son nom. Il y a : Bannalec ; Chateaugironhttps://www.societe.com/entreprises/rue%20glenmor/35410_CHATEAUGIRON.html ; Elvenhttps://www.societe.com/entreprises/rue%20glenmor/56250_ELVEN.html ; Lanester Merlevenez Pencran Plonéis Plouhinec ; Pont-Scorff ; Poullan-sur-Mer.
Chansons
1998 : Mouezh Paotred Breizh e Pleiben Chœur d'hommes de Bretagne (O Keltia et Kan Bale de Glenmor) 1998 : Alan Stivell consacre une chanson à la mémoire de Glenmor sur son album 1 Douar : Kenavo Glenmor ("Au revoir Glenmor"). 2000 : Hommage à Glenmor - Da Enorin Glenmor (Kan an Douar/Coop Breizh) 2001 : Buhez (Vie) par l'Ensemble Choral du bout du Monde avec Gilles Servat, Youenn Gwernig... 2002 : D'an enezenn - Vers l'île par l'ensemble choral Mouez ar mor de Brest (textes de Xavier Grall, Anjela Duval, Marie Kermarec, Per-Jakez Hélias, Job An Irien...) 2005 : Katel dit Glenmor avec Bernard Benoit (réédition CD Sobridis) 2006 : Dix ans déjà - Ar Pep Gwellañ...que le vent porte et pose (An Distro/Coop Breizh) 2006 : Hommage à Glenmor par Gérard Ducos 2009 : Glenmor Mémoire vivante par Clarisse Lavanant 2011 : Je te souviens Glenmor (volume 2) par Clarisse Lavanant 2012 : Le Vieil Amant par Laurence Meillarec, sa pianiste - Coop Breizh 2016 : Glenmor Vingt ans d'abord (volume 3) par Clarisse Lavanant
Autres Le billet de 70 Lur, utilisé lors des fêtes de la langue bretonne, est à son effigieBillet de 70 lur à son effigie. Une stèle à son effigie, réalisé par le sculpteur Jean Fréour, est érigée le http://www.collections.musee-bretagne.fr/ark:/83011/FLMjo262904. Depuis 1998, la scène principale du Festival des Vieilles Charrues de Carhaix se nomme scène Glenmor.
vignette|L'Espace Glenmor à Carhaix.
La ville de Carhaix possède une salle de spectacle appelée Espace Glenmor. La municipalité de Landerneau donne son nom à une salle de répétition de la Maison de la Musique. Le sculpteur Patrig Ar Goarnig a réalisé deux sculptures hommages : une réalisée en 1996, installée à Landeleau et une statue baptisée Glenmor an distro, réalisée en 2006, installée au château de Kervoazec à Saint-GoazecLe Télégramme. Les monumentales de Patrig ar Goarnig, août 2011. En 2009, Clarisse Lavanant a enregistré un album consacré aux chansons du barde, Glenmor Mémoire Vivante, récompensé par l'Académie Charles Cros et Trad Magazine. Le second volume, Je te souviens Glenmor, est sorti en 2011 et le troisième, Glenmor Vingt ans d'abord, est sorti en 2016.. En 2011 est créé le spectacle théâtral chanté Glenmor Disuj (L’insoumis en breton), mis en scène par Goulc’han Kervella, interprété par des chanteurs et musiciens sous la direction de Patrick Audouin, et des comédiens d’Ar Vro BaganSite d'Ar Vro Bagan Spectacle Disuj, L'insoumis.
Prises de position
Religion Glenmor fait preuve d'anticléricalisme, mais il reste chrétien, une vision très personnelle de la religion, devant associer une liberté totale à une jouissance partagée, dans les limites de la morale.
Discographie Albums studio
Avec Katell
Albums en public
45 tours 1961 : Glenmor Ed. Kornog (Tout au bout du sillon, Memento, Les nations, Viviana) 1963 : Les hommes de notre temps (+ De rêves et d'étoiles, Le retour, Les croisades) 1967 : Klemm Breizh-Izel (La plainte de la Bretagne), Sked (+ O Langonnet, Pa vin maro, Kan bale Névénoé) 1968 : Cet amour-là (+ Sodome, Toi l'enfant, Dieu me damne) 1969 : O Keltia (Cinq chansons en breton), Barclay (+ Koumoulen an hañv, An tousegi, Hiraezh, Groñvel) 1970 : Les Temps de la colère, Barclay (+ Les larmes d’un copain, Les chemins de la bohême, Tour de Babel) 1975 : Katell dit Glenmor : Poèmes, Ternell (Ce peuple est fou, Sables et dunes, Aux sans dieu, La demeure est close)
Participations 1973 : Kertalg 73 : festival pop celtic (Barclay) avec Sœurs Goadec, Brenda Wooton, Planxty… 1973 : Beilhadeg e Menez Kamm veillée bretonne à Menez-Kamm (Arfolk) avec Andrea Ar Gouilh, Mickael Skouarneg, An Nijadenn… 1976 : Skoazell Vreizh, Soutien aux familles des détenus politiques bretons (Coop Breizh) avec Ar Breizerien, Gweltaz, Stivell… 1978 : Ils se meurent nos oiseaux (Arfolk) avec Alan Stivell, Gilles Servat, Sœurs Goadec, Sonerien Du… 1988 : Chanteurs bretons pour les paysans de Sapone (AISF), il interprète Reggae' sperans / La danse du soleil 1988 : Breizh Europa - Euroskol 1988 (2 x 33 tours), il interprète Apocalypse avec L.Meillarea
Compilations
Publications
De son vivant 1968 : Livre des chansons, Mutualité 67 (éd. Kelenn, rééd. Stern ha Lugern, 1979) 1971 : Sables et Dunes (éd. Ternel) 1974 : Livre des Chansons, tome II, Bobino 73 (éd. Ternel) 1974 : La Septième Mort (éd. Ternel, rééd. Libres Halliers 1982) 1975 : Le Sang nomade (éd. Ternel) 1977 : Les Emblaves et la Moisson (éd. Stern ha Lugern) 1977 : Retraites paysannes, avec des typographies et bois gravés de Claude Huart (éd. Ternel) 1981 : Chantres de toutes les Bretagnes. 20 ans de la chanson bretonne, préface du livre d'André-Georges Hamon (éd. Jean Picollec) 1992 : L'Homme du dernier jour, La Gacilly (éd. Artus) 1995 : Les Derniers Feux de la vallée (éd. Coop Breizh) 1996 : La Sanguine (éd. Coop Breizh)
Parutions posthumes 1997 : La Férule (Coop Breizh) 2000 : Xavier Grall in memoriam (Babel) 2007 : Kan ha diskan, Correspondances Grall-Glenmor (Coop Breizh)
Distinctions
Ordre de l'Hermine (1990)
Notes et références Notes
Références
Voir aussi
Bibliographie : choix de chansons, discographie, portraits
Apparition dans "Avanturioù Fulpik" du poète malouin Ronan Le Guérinec, illustré par Avel Guillegomarc'h, 2026, p34 les Editions du Petit Soner
Liens externes Journal Combat Breton, juin