Esther Galil (en ), ou à ses débuts Jackie Galil, est une chanteuse, autrice-compositrice-interprète franco-israélienne née à Safi au Maroc, le . Elle est connue principalement comme l'interprète, en 1971, du tube Le jour se lève, en tête des ventes de singles en France deux semaines durant, ainsi que des chansons Delta Queen (1972) et Harlem Song (1973), également classées.
Elle vit à Los Angeles depuis les années 1990, partageant son temps entre la composition de chansons et l'exposition de peintures tout en retournant en France pour se produire sur scène.
Biographie Origines familiales Esther Galil, de son vrai nom Thérèse Bouganim., est née le à Safi au Maroc, à l'époque du protectorat français, d'un père espagnol, juif séfarade, originaire de Tolède, et d'une mère marocaine, juive berbère, dans une famille comptant douze enfants (elle-même étant la onzième). Dès son plus jeune âge, elle parle trois langues : le français, l'hébreu et l'arabeJ.-P. P., Esther Galil. Le jour se lève... sur la Rose d'Or, Platine, No 91, mai 2002, pp. 48-51.. Son grand-père est (chantre) à la synagogue, Esther chante dans la chorale.
Alya En 1964, la famille d'Esther gagne Israël, accomplissant son alya à l'instar d'autres membres de la communauté juive marocaine. La jeune fille s'établit avec sa famille à Ashkelon puis travaille dans le kibboutz de Negba, au nord-ouest de Beer ShevaAlain-Guy Aknin, Mike Brant - Le Chant du désespoir, auto-édité, s. d., 138 p. : .. Chantant lors de travaux de cueillette, elle est remarquée par ses camarades qui lui conseillent de se lancer dans la chanson.
Débuts Après s'être établie à Tel-Aviv, Esther Galil tente sa chance, sous le nom de Jackie Galil, dans des cabarets artistiquesBiographie d'Esther Galil, sur eklablog ; .. Finalement, elle est engagée dans la troupe de chanteurs et de danseurs du grand Music-Hall d'Israël, Lakat Karmon, dirigée par le chorégraphe . Elle y interprète des airs folkloriques israéliens.
À l'occasion d'une tournée de la troupe en France en 1966, elle enregistre, chez Monde Melody, un 45 tours, intitulé Oh ! Non. Il passe inaperçu bien que la de la chanteuse soit déjà remarquée par les gens du métierLe face à face SLC. Portraits croisés de deux stars au sommet. Nicoletta / Esther Galil, dans Salut les copains, 1959-1976. La fabuleuse histoire des années SLC, CD Collector édition illustrée, Polygram Editions, 2013, pp. 16-17 (janvier-juin 1971) : et comparée à celles de Mahalia Jackson, d'Aretha Franklin ou de Janis Joplin.
En 1969, elle fait un simple, New Costume, chez CBS Israel.
Ascension fulgurante thumb|Esther Galil. En 1971, alors que le Music-Hall d'Israël passe à l'Olympia, Esther Galil est remarquée par Jacqueline Herrenschmidt, alias Jacqueline Néro, envoyée par le studio Barclay. La chanteuse y fait une maquette en reprenant Chains of Fools d'Aretha Franklin et Yesterday de Stevie Wonder, accompagnée par les Zoo. Barclay la fait signer immédiatement
Au bout de quelques mois, elle fait un premier simple, avec, en face A, J'attends l'homme, reprise de She's a Lady de Tom JonesEsther Galil, Bide&Musique., et, en face B, Pour Gagner, reprise de They call me Mister Tibbs! (du film américain Appelez-moi Monsieur Tibbs), sur une musique de Quincy Jones : c'est un succès d'estime, sans plus.
Il est suivi d'un second simple, avec pour titre en face A Le jour se lève, mélange de blues et de musique du monde. C'est un très grand succèsBenjamin Castaldi, Soisic Belin, Pour l'instant, tout va bien, L'Archipel, 2015, 140 p., chap. 5 (Le producteur arrosé) - , il se classe premier des ventes de singles en France deux semaines durant (du au )Le jour se lève - Esther Galil, hitparade.net. et constitue la meilleure vente de l'annéeVentes de 45 Trs SP et 45 Trs EP en France (retours déduits) en 1971.. Les paroles sont de Gilles Péram (alias François Bernheim) et Jacqueline Néro et la mise en musique de Jacqueline Néro. Sur la face B, le morceau Je t'aime à mourir est signé de Jacqueline Néro et Francois Bernheim. Bien qu'elle ait participé à l'écriture de Le jour se lève, Esther Galil n'est pas créditée sur le disque. La chanson est primée à la Rose d'or d'Antibes la même année, en troisième place derrière Marie et Gérard Lenorman. Une carrière internationale débute pour la chanteuse : elle enregistre la chanson en allemand, en espagnol et en italien.
Réagissant à l'irruption de la chanson à la première place du classement, la revue Salut les Copains entrevoit une pour la chanteuse, mais à certaines conditions : .
Période faste S'ouvre alors une période faste de passages en première partie et de grandes tournées ainsi que de nouvelles chansons.
Fin 1971, elle enregistre son troisième disque chez Barclay, Oh Lord / Ima, confectionné en collaboration avec la même équipe (Gilles Péram et Jacqueline Néro). Si à nouveau elle n'est pas créditée, c'est qu'elle a refusé de l'être (alors que l'idée de Oh Lord lui est venue d'une chanson de gospel de Mahalia Jackson qu'elle chantait du temps du kibboutz, et qu'elle-même a participé à l'écriture du texte).
En 1971 et 1972, elle assure la première partie de Michel Sardou à l'OlympiaFrédéric Quinonero, Michel Sardou, sur des airs populaires, City Edition, 2018, 288 pages (livre électronique Google, n. p.) ; ., puis, toujours en avant-programme, accompagne sur scène Johnny HallydayFrédéric Quinonero, Johnny – La vie en rock, L'Archipel, 2004, 773 p. (livre électronique Google, n. p.) : ..
Toujours en 1972, elle participe au téléfilm Pour une pomme aux côtés de Gilbert Montagné et de Johnny Hallyday.
Elle entreprend des tournées à travers le monde (en Allemagne, au Japon et au Brésil) avec Gilbert Montagné puis Mike Brant , nouant avec ce dernier une grande amitiéGuy Delœuvre, Mike Brant: Aimer, Independently Published, 2018, 147 pages : .. Cette même année, s'exprimant dans le magazine Salut les Copains, elle regrette que la bonne société brésilienne n'ait de cesse que de s'européaniser et de faire oublier la culture locale Chris Tinker, Mixed messages: Youth Magazine Discourse and Sociocultural Shifts in Salut les Copains (1962-1976), Peter Lang, 2019, 193 pages, p. 92 et note 185 : .E. Galil, 'Salut le Brésil !', SLC 124, décembre 1972, p. 37 : .
Durant la décennie, les 45-tours s'enchaînent, avec nombre de titres composés et écrits par elle-même ou en collaboration.
De 1972 à 1977, elle enregistre chez Barclay : Delta Queen (1972) (reprise du Delta Queen du groupe sud-africain Proudfoot / groupe américain Kings of Mississipi), Harlem Song (1973) (reprise du Balayeur de Harlem du groupe français Lover's Love, écrite par Michel Kricorian et Miroslav Konacny)Le Balayeur de Harlem étant lui-même l'adaptation de Harlem Song du groupe américain The Sweepers.. Le temps s'arrête sur la maison (1973) (Esther Galil), Shalom, dis-moi shalom (Shalom shula shalom en hébreu) (1973) (adaptation en français de Shalom shula shalom, de Jaak Horckmans (musique) et de Leo Rosenstraten (paroles en allemand), On est fait pour vivre ensemble (1974) (écrite par Eddy Marnay), Le Cri de la terre (1974) (avec Lita Fressange), Ma vérité (1975) (Esther Galil), Apprends-moi à t'aimer (1976) (Esther Galil, musique et paroles), Bossana (version originale française) (1976) (avec Philippe Alecky), Route number infini (1977) (avec Giancarlo Bigazzi, Gianni Bella).
Vers 1977-1978, elle quitte Barclay pour aller chez Sonopresse (racheté entretemps par EMI), y enregistrant en anglais : Lover For Ever (1978) (avec Jeremy Badiale), All Or Nothing (1979) (Esther Galil).
Divers : Les mots qui fâchent (1980) (Esther Galil), En dehors du blues (1981) (avec Bob Decout).
Si ces années productives voient Esther Galil assurer la filiation de Janis Joplin, elle doit toutefois partager cette étiquette avec la chanteuse Nicoletta (elle aussi ancienne choriste), ainsi que le note, en 1982, un des auteurs du livre Rockeuses : les héroïnes de juke-boxPascale Jugé, Claude Pupen, Claude Gassian, Rockeuses : les héroïnes de juke-box, J. Grancher, 1982, 174 pages..
Reflux de notoriété Au début des années 1980, Esther Galil, fatiguée de faire disque sur disque et ayant de l'argent de côté, décide de reprendre des études de musique. Elle s'inscrit à l'IACP (), une école de jazz parisienne très connue, où elle apprend la basse et les arrangementsPour la chanteuse Esther Galil le jour se lèvera et dévoilera le bonheur suprême à Chalon le 19 mai, propos recueillis par Michel Poiriault, info-chalon.com, 18 mai 2017.. Elle se lance également dans la peinture, réalisant des autoportaits où la bouche n'est pas dessinée.
Dans la décennie 1980, les idoles des années 1970 passent de mode et voient leur carrière s'étioler. Esther Galil tente un retour en 1983 avec Si la vie est cadeau, reprise de la chanson du concours Eurovision interprétée par Corinne Hermès, puis avec Interdit par la loi (1988), chanson extraite de la bande originale du film de Gérard Vergez, Deux minutes de soleil en plus et qu'elle interprète à la télévision dans l'émission Dimanche Martin.
Exil californien Vers 1988, après avoir obtenu sa carte verte () grâce à son passé discographique en Europe, Esther Galil s'installe à Los Angeles, dans le quartier, très prisé des artistes, de Laurel Canyon. Elle continue d'exercer sa profession de chanteuse et d'auteur-compositeur mais se consacre aussi à la peinture et à la tenue d'expositions.
En 1991, le jeune et futur animateur audiovisuel Benjamin Castaldi, parti aux États-Unis tenter sa chance comme producteur, se laisse persuader par un faux imprésario d'Esther Galil de relancer la carrière de la chanteuse, projet dans lequel il engloutit ses économies. Il rentre à Paris en 1993 Raphaël Garrigos, En vitrine : Castaldi, le complexe du type, Libération, Médias, 3 septembre 2003.Claire Domenech, Benjamin Castaldi, victime d'une arnaque à 19 ans, a perdu une grosse partie de son héritage, capital.fr, 8 février 2022..
En 2003, Esther Galil est membre du jury du festival de la Rose d'Or à l'OlympiaLa Rose d'Or le 15 Mai 2003 à l'Olympia ... La Finale des Nouveaux Talents, festival-rosedor.fr.. L'année suivante, toujours à l'Olympia, elle participe à la Rose d'Or 2004 aux côtés de Christian DelagrangeConcert de Christian Delagrange au profit des malvoyants à Chefchaouen, libe.ma (Libération Maroc), 13 octobre 2011..
En 2005, elle interprète, en anglais, la chanson We Have a Dream en hommage à Martin Luther King. La même année, elle se replonge dans les souvenirs de son enfance safiote avec Noces Berbères, chanson inspirée des airs traditionnels marocainsEsther Galil. Les combats d'une colombe, Challenge, No 298 (du 24 au 30 septembre 2010), p. 61..
À partir de 2006, elle participe, aux côtés des chanteurs James Blunt et Bruce Springsteen, au mouvement pacifiste opposé à la guerre contre l'Irak avec sa vidéo Dirty War, mise en ligne sur le site Living with War Today du chanteur américano-canadien Neil YoungBiographie Esther Galil, nostalgie.fr.. La chanson, ainsi que We Have a Dream, resteront en tête des classements du site plusieurs mois durantChansons pour la paix d'Esther, eklablog.com..
Elle se produit sur la scène du club de blues Harvelle's à Santa Monica à plusieurs reprises et sur celle de la boîte de nuit Mint à Los Angeles le .
En , à l'initiative d'admirateurs français, deux concerts sont organisés à Liancourt dans l'Oise. Elle y présente l'album Dirty War, sous forme de questions-réponses entrecoupées des morceaux de celui-ci.
En 2010, elle compose la musique du film du graphiste et animateur Evan York, , primé au Beverley Hill Festival à Los Angeles en tant que meilleur court-métrage d'animation ()Mark Marty, Esther Galil biographie, staragency, s. d.Q & A with Evan York, Addiction / Recovery eBulletin..
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