vignette|Ensemble de canettes de diverses boissons énergisantes. Une boisson énergisante est une boisson destinée à donner un regain d'énergie à son consommateur, en utilisant un mélange d'ingrédients stimulants.
Ces boissons contiennent souvent une grande variété de composés organiques excitants comme la caféine, ou d'autres comme les vitamines de la série B, et parfois des extraits de plantes comme le guarana. Ces composés sont associés à des acides aminés comme l'arginine, la taurine qui permettrait d'accroître la durée d'effet des excitants. Mais ce ne sont pas les acides aminés comme la taurine qui font l'efficacité de ces boissons. Quelques plantes contribuent aux arômes et effets proposés, parmi lesquelles la guarana, différentes formes de ginseng et de ginkgo biloba.
Elles sont aussi très sucrées, majoritairement à partir de sucre raffiné parfois avec un édulcorant (succédanés de sucre). L'ingrédient actif principal est la caféine, issue d'extrait de guarana et présente dans le café et le thé. Un format moyen, soit autour de selon les régions, contient environ de caféine, la même quantité qu'un café préparé par lixiviation. Les teneurs peuvent monter jusqu'à de caféine, et même , selon le format et la marque.
Les plus grands consommateurs de ces boissons sont les jeunes, près de 65 % des consommateurs sont âgés de 35 ans et moins..
Une évaluation des impacts possibles de ces boissons sur la santé a été lancée dans certains pays, dont le Canada en 2005. et la France en 2008..
Histoire Excitants, remontants et nourrissants
Traditionnellement, le verre de vin ou d'alcool de fruit ajouté de miel, le bouillon de légumes et de poulet, mais aussi le sang extrait d'un animal au moment de l'abattage, furent longtemps considérées comme des boissons énergisantes. L'hydromel par exemple est perçu dès l'Antiquité comme un breuvage stimulant, antiseptique, moins dangereux que l'eau, auquel on ajoute parfois des herbes médicinales..
Les boissons énergisantes ont été commercialisées pour la première fois en Écosse en 1901 sous le nom de . Mais elles n'ont eu de véritable succès qu'au début des années 1960 au Japon et en Corée du Sud.
L'origine du concept industriel de boisson redonnant tonus et vitalité remonte à la première moitié du quand apparaissent dans les officines des grandes villes occidentales des bouteilles en verre contenant liqueurs, cordiaux, sirops et autres breuvages à base d'extraits d'écorces de quinquina mélangés à un alcoolat et à du sucre. Elles sont publicisées à travers la presse écrite, et ciblent les personnes souffrant d'asthénie, de fièvre, etc. Elles viennent concurrencer l'alcool (et ses dérivés), le thé, le sucre, le tabac et surtout le café, qui reste l'excitant le plus populaire, mais qui rencontre de plus en plus d'ennemis au sein de la communauté scientifique, comme le rappelle Balzac, lui-même grand amateur de ce breuvage, dans son fameux Traité des excitants modernes (1839).
En 1863, à Paris, le pharmacien français Joseph Bain lance peut-être le premier « vin tonique et nutritif » contenant de la coca, suivi en par le « Coca Élixir péruvien » des frères Lacaux (Limoges).. Mais le plus célèbre des vins de coca reste le vin Mariani, lancé à Paris en 1873 puis commercialisé aux États-Unis dès 1880, considéré comme l'un des ancêtres du premier Coca-Cola, le « French Wine Coca », qui était en 1885 une boisson alcoolisée et vendue comme tonifiante et reconstituante.
Au début des années 1870, sont commercialisées d'abord en Grande-Bretagne, les premiers concentrés liquides et poudres lyophilisées à base d'extrait de viande : dilués dans de l'eau chaude, ils se veulent revitalisant, comme l'attestent les premières publicités d'une multinationale comme Liebig.
Enfin, apparaissent des poudres lactées diététiques, à base de phosphates, produits destinés aussi bien aux jeunes enfants qu'aux mères ; en France la première à faire campagne reste la « Phosphatine Falières », suivie par le Phoscao, au goût de cacaoLe pharmacien Émile Falières (1833-1908) et Eugène Chassaing de Borredon fondent en 1866 la société de La Phosphatine Falières — Bruno Bonnemain, « La Phosphatine Falières », Société d'histoire de la pharmacie, 4 décembre 2017.. En 1914, est lancée la poudre chocolatée Banania : toutes ces poudres se vendent en tant que « puissant aliment liquide », et sont recommandées aux soldats du front français lors de la Première Guerre mondiale, comme « suralimentation intensive », et donc comme boisson énergisante.
Entre 1890 et 1925, l'alcool est progressivement éliminé des breuvages, il est interdit dans certains États américains, tandis que la coca se voit inscrite au registre des substances prohibées. En 1903, Coca-Cola décocaïnise sa boisson ; en 1907, le vin Mariani fait de même.
Du sans alcool
Au Royaume-Uni, , d'abord vendu sous le nom « Glucozade » (1927), a été mis sur le marché en 1929 comme une boisson délivrée à l'hôpital et qui « aide à guérir » les personnes touchées par la grippe. Au début des années 1980, elle est vendue comme étant une boisson énergétique, qui « recouvre l'énergie perdue », ciblant donc les sportifs. Elle contient principalement du sirop de glucose (25 %), de l'acide citrique et de la caféine.
Au Japon, le phénomène des boissons énergisantes date au moins du début des années 1960, avec la mise en marché de Lipovitan qui contient de la taurine, de la nicotine et, entre autres, de la caféine. Elle cible les personnes sujettes à l'épuisement. La plupart des produits énergisants au Japon ne ressemblent pas à des boissons gazeuses, mais sont plutôt conditionnées dans des petites bouteilles en verre brun qui ressemblent à des contenants de médicament. Ces boissons, qui sont aussi produites en Corée du Sud, visent principalement les hommes d'affaires pour les aider à travailler de longues heures ou rester éveillé le soir à la maison.
En Europe, les boissons énergisantes ont commencé à faire surface par Dietrich Mateschitz, un entrepreneur autrichien qui a développé le Red Bull, basé sur une boisson thaïlandaise, le Krating Daeng, lui-même basé sur le Lipovitan : ainsi, ce concept de boisson repose sur l'extraction de certains tissus animaux, du tabac et du café.
Aux États-Unis, Red Bull a été importé en 1997. En France, il est largement leader du secteur en termes de part de marché comme de chiffre d'affaires..
Les boissons énergisantes deviennent populaires sous forme de mélanges alcoolisés. Les boissons comme et 3Sum sont des boissons énergisantes titrent 6 % d'alcool.
D'autres boissons énergisantes reposent sur l'adjonction d'extraits de ginseng, de guarana Pour, en principe, lutter contre les risques de diabète et la surcharge pondérale, certaines boissons proposent du « sans sucre », du « zéro calorie », utilisant des édulcorants tels que l'aspartame, par exemple.
La plupart de ces produits recommandent au consommateur de ne pas en absorber plus d'une certaine quantité quotidienne.
Chiffres de ventes Les ventes annuelles en France en grande surface sont de d'euros pour de litres soit 5,4 % des d'euros de boissons sans alcool, mais avec une croissance annuelle en volume de 16,2 % contre un recul de 3 % pour le leader Coca-Cola. Pour le député socialiste et cardiologue Gérard Bapt, rapporteur du budget de la Sécurité sociale à l'Assemblée nationale, . Trente crises d'épilepsie, psychiatriques ou accidents cardiaques dont deux mortels, liés à leur consommation, souvent avec de l'alcool, sont rapportés par l'Institut de veille sanitaire et l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail de mi-2008 à 2012..
Risques liés à la consommation des boissons énergisantes Le marché des boissons énergisantes n'a cessé de croître depuis les années 2000, passant de de dollars US en 2002 à en 2007.. Leur goût sucré, voire semblable à celui de boissons gazeuses, les rend populaires auprès des adolescents et des jeunes adultes, qui les préfèrent aux cafés, thés ou autres boissons classiques. Si la plupart des gens de ce groupe d'âge reconnaissent la nécessité de modérer leur consommation de ces mêmes boissons classiques, le goût et la présentation distinctes des boissons énergisantes ne fait pas l'objet d'une telle inhibition. En 2010, la Food and Drug Administration (FDA) a signifié aux fabricants de boissons alcoolisées enrichie en caféine qu'elles ne sont pas sans danger.. L’émission Enquête de Radio-Canada du présente l’histoire de deux jeunes Canadiens, dont la mort est questionnée en lien avec leur consommation de boissons énergisantes et la responsabilité de Santé Canada à ce sujet..
Cette caractéristique amène de nombreux professionnels à douter des vertus de ces boissons de par le volume absorbé quotidiennement... En effet, les formats individuels varient habituellement de à . Habituellement présentées dans des canettes d'aluminium, donc souvent non-refermables, elles requièrent une consommation immédiate; l'effet des molécules actives, particulièrement la caféine, s'en trouve accru. La limite d'absorption quotidienne de caféine fixée à par Santé CanadaVotre santé et vous : Caféine - Santé Canada, février 2006 . peut facilement être dépassée. Les symptômes ponctuels varient selon le métabolisme et la corpulence du consommateur, comptant l'insomnie, l'anxiété et l'apparition de palpitations cardiaquesLes boissons énergisantes - Saine Alimentation Ontario, 2007. Un surdosage chronique crée une accoutumance et entraînera des effets secondaires importants lors du sevrage tels l'hypertension artérielle passagère, les maux de tête et la bradycardie. Certains de ces symptômes peuvent être accrus par la présence de sodium dans certaines boissons jusqu'à 50 % de l'apport maximal quotidien recommandéHypertension artérielle: réduire son apport en sodium - PasseportSanté.net (plus de par portion).
La consommation associée d'alcool est fréquente avec un risque de comportement non adapté M.C. O'Brien, T.P. McCoy, S.D. Rhodes, A Wagoner, et M. Wolfson, « Caffeinated Cocktails: Energy Drink Consumption, High-risk Drinking, and Alcohol-related Consequences among College Students », Academic Emergency Medicine, 29 mars 2008 ., avec, en particulier, une sous estimation des effets de l'alcool Sionaldo Eduardo Ferreira, Marco Túlio De Mello, Sabine Pompéia, et Maria Lucia Oliveira De Souza-Formigoni, « Effects of Energy Drink Ingestion on Alcohol Intoxication », Alcoholism: Clinical and Experimental Research, 29 mars 2006 .. De plus la caféine contrecarre les effets sédatifs de l'alcool, pouvant entraîner une consommation plus importante de ce dernier Amelia M. Arria et Mary Claire O’Brien « The “High” Risk of Energy Drinks », JAMA, 9 février 2011 ., avec les risques que cela comporte. La consommation de boissons énergisantes pourrait également faciliter une dépendance à l'alcool Amelia M. Arria, Kimberly M. Caldeira, Sarah J. Kasperski, Kathryn B. Vincent, Roland R. Griffiths, et Kevin E. O’Grady, « Energy Drink Consumption and Increased Risk for Alcohol Dependence », Alcoholism: Clinical and Experimental Research, 12 novembre 2010 ..