Valentine Hugo, née Valentine Marie Augustine Gross, à Boulogne-sur-MerDans le quartier Capécure. le et morte à Paris le , est une artiste peintre et illustratrice française.

Biographie Son père, Auguste Gross, musicien qui avait opté pour la France après l'annexion de l'Alsace par l'Empire allemand, travaille comme professeur de piano.

De 1907 à 1910, Valentine Gross étudie aux Beaux-Arts de Paris et suit l'enseignement de Ferdinand Humbert. Ses études terminées, elle entre dans les cercles de Marcel Proust, André Gide, Paul Morand, Pablo Picasso, Jean Cocteau, Erik Satie, Maurice Ravel, Serge Diaghilev, Léon-Paul Fargue, Roger de La Fresnaye, qu'elle reçoit dans son appartement de la rue de Montpensier à Paris. En 1913, elle note et dessine, d'après Vaslav Nijinski, les costumes et la chorégraphie du Sacre du printemps.

Après la Grande Guerre, elle continue de fréquenter ses amis au sein du groupe des Six où elle fait la connaissance de Georges Auric.

Le , elle épouse le peintre Jean Hugo, arrière-petit-fils de l'écrivain Victor Hugo, rencontré deux ans plus tôt. Ses témoins sont Erik Satie et Jean Cocteau et plusieurs personnalités sont présentes au cocktail : Georges Auric, Edith et Étienne de Beaumont, Lucien Daudet, Louis Durey, Marcel Herrand, Arthur Honegger, Jacques et Pierre de Lacretelle, Irène Lagut, Paul Morand, Raymond Radiguet. Le couple s'installe au 28 rue de Montpensier (au Palais-Royal)< et y tient salon.

Elle collabore avec son mari en 1921 à la création des costumes des Mariés de la tour Eiffel de Jean Cocteau. Celui-ci lui présente Raymond Radiguet. Elle passe des vacances avec les deux écrivains en 1921 et 1923 au Grand Piquey, près d'Arcachon.

En 1924, elle réalise à nouveau les costumes d'une pièce de Jean Cocteau, Roméo et Juliette. Elle étudie alors la gravure.

Vers 1926, elle rencontre les surréalistes.

En , le couple s'installe dans un appartement rue Vignon.

En , Valentine et Jean se séparent et le divorce est prononcé deux ans plus tard en . Elle a une liaison avec Paul Éluard, que Gala vient de quitter, puis, en 1930, avec André Breton qui la fascine malgré la relative froideur qu'il témoigne à une femme qualifiée de « copurchic »C'est-à-dire « Ultra-chic » (voir la définition du CNRTL.. Leur relation se termine en .

Elle peint le portrait de plusieurs surréalistes et illustre les œuvres de René Char, René Crevel, Paul Éluard, mais également Lautréamont et surtout la réédition des Contes bizarres d’Achim von Arnim, dont Breton écrit la préface.

Elle expose avec Max Ernst, Alberto Giacometti, Jean Arp, Pablo Picasso, Marcel Duchamp, Man Ray, mais elle connaît alors une période moralement difficile aggravée par les difficultés financières consécutives à la crise de 1929 et l'effondrement du marché de l'art. Elle participe au Salon des surindépendants, à Paris en 1933, et à l’exposition « Fantastic art, Dada, Surrealism » au Museum of Modern Art de New York en 1936. Affectée par le suicide de René Crevel, en 1935, et par les départs de Char, Tristan Tzara et Paul Éluard, Valentine Hugo quitte le groupe à son tour en 1937 et se détourne du surréalisme.

En 1942, elle retrouve Paul Éluard pour La Conquête du monde par l'image. Elle termine sa vie seule et dans la gêne dans son appartement de la rue de Sontay, près de la place Victor-Hugo à Paris, obligée de vendre ses livres et tableaux de valeur en 1963.

Morte le , jour de son , elle est enterrée au cimetière du Montparnasse avec sa mère dans le deuxième tombeau de la famille Hugo.

Expositions 1977 : Centre culturel de Champagne, Troyes (Aube) 2018 : « Valentine Hugo, le carnaval des ombres », bibliothèque des Annonciades, Boulogne-sur-Mer, du au — Nadine Ribault, co-commissaire de l'exposition et directrice du catalogue.

Œuvres Tableaux Tamara Karsavina et Adolf Bolm dans "Thamar", vers 1912, huile sur toile, 52 x 43,5 cm, Paris, Bibliothèque Nationale de France - musée de l'Opéra Vaslav Nijinski dans "Le Spectre de la rose", vers 1912, huile sur toile, 58 x 49 cm, Paris, Bibliothèque Nationale de France - musée de l'Opéra

. Rêve du , 1929, mine de plomb sur papier, 47 x 29.5 cm, collection Mony Vibescu, .

Objet surréaliste à fonctionnement symbolique, boîte-objet, 1931Vincent Gille & Béatrice Riottot El-Habib (sous la direction de) Le Surréalisme et l’amour, Gallimard, Paris, 1997, . Une femme admirable apparaîtra sur un zèbre, 1932, huile sur toile, collection particulière. Portrait de Paul Eluard, 1932, Montpellier, musée Fabre La vérité tomberait du ciel sous la forme d'un harfang, 1932, huile sur toile, Saint-Denis, musée d'Art et d'Histoire Paul Eluard. Portrait d’André Breton, 1933, huile sur toile Portrait d'Arthur Rimbaud, , collection particulière Rêve du , 1934Biro, . Les Surréalistes, 1935, huile sur toile, portraits d’André Breton, René Crevel, René Char, Paul Éluard et Tristan Tzara, collection particulière (120 × 100 cm). Poule, 1937, gravure sur papier, collection Dominique Rabourdin (31,5 × 22 cm).

Le Toucan, , 24 x 18.5 cm, huile ou acrylique sur panneau de bois avec inclusion métallique, collection Mony Vibescu

Illustration de livres Francis Jammes, Pomme d'Anis, Emile-Paul Frères, 1923 André Breton, Nadja, 1928 Comte de Lautréamont, Les Chants de Maldoror, 1933 Achim von Arnim, Contes bizarres, 1933 René Laporte, Alphabet de l'amour, éditions GLM, 1935 René Char, Placard pour un chemin des écoliers, éditions GLM, 1937 Paul Éluard, Les Animaux et leurs hommes, 1937 Arthur Rimbaud, Les Poètes de sept ans, éditions GLM, 1939 Friedrich de la Motte-Fouqué (traduction Jean Thorel), Ondine, José Corti, 1943 Paul Éluard, Médieuse, Gallimard, 1944 Madeleine Legrand, À Fresnes, témoignage précédé d'un poème de Paul Eluard, éditions Stock, 1944 Louis Parrot, Paille noire des étables, éditions Robert Laffont, 1945 Guy Lévis Mano, La Nuit du prisonnier, éditions GLM, 1945 Roger Peyrefitte, Les Amitiés particulières, éditions Jean Vigneau, 1946 Marquis de Sade, Eugénie de Franval, éditions Georges Artigues, 1948 Jacques de Lacretelle, Deux cœurs simples, éditions Gérard Cramer, 1947 Tristan L'Hermite, Le Promenoir des deux amans, éditions GLM, 1949 Theo Léger, Les Puissances du chagrin, L'Arche, 1949 Jacques de Lacretelle, Silbermann, éditions André Sauret, 1950 (série du Grand prix des Meilleurs romans du demi-siècle) Paul Éluard, Le Phénix, éditions GLM, 1951 Laurice Schehadé, Le temps est un voleur d'images, éditions GLM, 1952 Maurice Maeterlinck, Serres chaudes, librairie Les Lettres, 1955 12 commandements pour tous les temps et pour personne, éditions GLM, 1955 Raymond Radiguet, Le Diable au corps, André Sauret, 1958

Notes et références

Annexes Bibliographie Nadine Ribault (dir.), Valentine Hugo, le carnaval des ombres, textes de Victoria Combalia, Dominique Rabourdin et Nadine Ribault, éditions Invenit, 2018

Cathy Bernheim, Valentine Hugo, Presses de la renaissance, 1990

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