La campagne de Syrie, ou , désigne l'invasion par les Britanniques de la Grande Syrie (actuellement Syrie et Liban), alors contrôlée par l'État français, lors de la Seconde Guerre mondiale entre juin et après que la région a servi de support à des activités allemandes lors de la guerre anglo-irakienne.

L'invasion du Levant français ( du au ) est menée sous le commandement en chef du général britannique Henry Maitland Wilson avec des troupes notamment britanniques, indiennes, australiennes et françaises libres.

Contexte En , les Britanniques sont chassés de Grèce, et, en mai, ils perdent la Crète. Les positions britanniques en Palestine et en Égypte sont menacées par la possibilité directe des Allemands d'envahir la Palestine par la Syrie et donc de prendre le canal de Suez, axe stratégique. En effet le , en Irak, Rachid Ali al-Gillani, premier ministre d'Irak pro-allemand, tente un coup d'État.

Les Allemands veulent soutenir Rachid Ali et demandent à Vichy de disposer de l'aérodrome d'Alep en Syrie. Philippe Pétain envoie François Darlan à Berlin pour donner son accord et envoie le un courrier au général Dentz, commandant les troupes au Levant.

Charles de Gaulle, prévenu par les Britanniques, décidera de proposer alors à Winston Churchill de reprendre la Syrie vichyste pour neutraliser les forces vichystes et allemandes qui soutiennent le putsch irakien. De son côté, Adolf Hitler a déjà pris quelques dispositions pour préparer le terrain : .. Le service secret britannique a alors alerté Churchill, qui a décidé de franchir le pas. Il a nommé Archibald Wavell commandant en chef, chargé le général Maitand « Jumbo » Wilson de mener à bien l'opération, et fait prévenir de Gaulle.

Préparatifs L'attaque doit se dérouler selon trois axes depuis la Palestine : le premier longe la côte jusqu'à Beyrouth ; le deuxième plus à l'est, sur Damas ; le troisième pique au centre au milieu des montagnes pour couvrir le flanc des deux premiersJ. Laffin, Connaissance de l'histoire, juin 1982, Syrie 1941, ..

La marine britannique doit couvrir le premier axe avec sa puissante artillerie navale. Les Britanniques ont quelque 70 avions en Palestine à opposer aux 92 Français de Syrie. Sur ces 92 avions, un tiers est défectueux, et un autre tiers sera détruit par les forces britanniques. Ils peuvent aussi compter sur leur aviation basée à Chypre.

Effectifs des forces en présence

Troupes alliées Les troupes alliées sont composées de : (commandés par le lieutenant-général John Lavarack), , (du général Lloyd), des Forces françaises libres, qui sont commandées par le général Paul Legentilhomme. Le , De Gaulle en personne passe ses troupes en revue au camp de Qastina : 7 bataillons et une compagnie de chars, présentés par LegentilhommeHenri Lerner : "Avec De Gaulle, en Palestine", Revue d’Histoire Moderne & Contemporaine, 1992, pp. 601-624.

Troupes françaises Au , les troupes de Vichy de l'armée du Levant commandées par le général Henri Dentz, regroupent dont , « indigènes » nord-africains et coloniaux et syriens et libanaisMaurice Albord, L’Armée française et les États du Levant – 1936-1946, CNRS Éditions, coll. « Moyen-Orient », 2000, p.130. L’infanterie de l’armée régulière compte 20 bataillonsEric de Fleurian, Campagne de Syrie - 8 juin au 12 juillet 1941, site les-tirailleurs.fr : 10 bataillons de tirailleurs nord-africains 3 bataillons du régiment de tirailleurs tunisiens ( RTT) 3 bataillons du régiment de tirailleurs algériens ( RTA) 3 bataillons du régiment de tirailleurs algériens ( RTA) 1 bataillon du régiment de tirailleurs marocains ( RTM) 4 bataillons du régiment étranger d'infanterie ( REI) 3 bataillons du régiment de tirailleurs sénégalais ( RTS) 3 bataillons du régiment d'infanterie coloniale ( RIC)

Elles ont donc l'avantage du nombre, et surtout de 90 chars opérationnels (contre 9 pour les FFL).

Déroulement vignette|gauche|Des soldats australiens devant des Morane-Saulnier MS.406 français sur l'aérodrome d'Alep en juin 1941. L'attaque commence à 2 h du matin le . Dentz croit qu'il s'agit d'une intimidation britannique visant à faire évacuer les Allemands et fait donc rapatrier les Allemands par avion, en vain. Un peu avant 14 h, les Australiens sont déjà devant Tyr, où ils sont bien accueillis (comme à Tibnine). Ils ont plus de mal à franchir le Litani où les vichystes ripostent. Les marines britannique et française s'affrontent le long des côtes. Le , la australienne d'infanterie du général australien Sir John Lavarack avance le long de la côte de Saint-Jean-d'Acre (Palestine) vers Beyrouth, couverte par les canons de la marine britannique, la indienne d'infanterie et les Français libres progressant à l'intérieur vers Damas. Le , les troupes britanniques constatent l'absence de troupes allemandes en Syrie, mais continuent néanmoins leur offensive. Le , les Forces françaises libres subissent de lourdes pertes devant Néjah, quelques kilomètres au sud de Damas. Le même jour, la Luftwaffe réalise des frappes sur les positions navales britanniques. Le , le Chevalier Paul, un contre-torpilleur venu de Toulon de la , se fait torpiller. par des avions Swordfish basés à Chypre, et des avions français endommagent deux destroyers britanniques.

Cependant, à partir du , la bataille de Kissoué s'enlisant, de nouvelles forces sont engagées ( britannique d'infanterie qui intègre alors la indienne, indienne d'infanterie et la Habforce). Lavarack prend alors le commandement terrestre des opérations menées dans le Sud de la Syrie et au Liban. À compter du , il commande toutes les unités sauf la Habforce, la indienne et la légère française libre du général Legentilhomme. La Habforce et la Légion arabe pénètrent en Syrie, par l'Irak, le .

Les Forces françaises libres entrent à Damas le samedi . Après s'être emparés de la côte 748 aux portes de celle-ci, la 13e demi-brigade de Légion étrangère se heurte au 6e régiment étranger d'infanterie près du village de Kadem. Lorsqu'il se rend compte de la tragédie, le commandant Dimitri Amilakvari fait sonner le boudin, mettant fin au combat fratricide, mais trop tard : les légionnaires vichystes laissent 128 hommes tués et 728 blessés, et les gaullistes 21 morts et 47 blessés.

Le , le sous-marin français Souffleur est coulé par le sous-marin britannique HMS Parthian au large de Beyrouth.

Les combats cessent le à . L'armistice de Saint-Jean-d'Acre est signé entre le général Henry Maitland Wilson représentant les Alliés et le général Joseph de Verdilhac représentant Vichy le , à Saint-Jean-d'Acre en Palestine mandataire. Pour le général Dentz, les soldats étaient "isolés et sans secours possible". Le général Georges Catroux représentant la France libre est présent aux négociations mais n'est pas invité à signer l'accord.

Les pertes sont lourdes pour les Australiens, qui ont fait la partie la plus dure de la bataille : ; et blessés pour les Britanniques et Indiens et et blessés parmi les Forces françaises libres qui ont engagé pour cette opération presque toutes leurs forces terrestres.

Les Vichystes enregistrent des pertes de plus de , sous-officiers et officiers : et .. Parmi ces , 1038 étaient de l'armée de terre (76 officiers, 256 sous-officiers et ) et 56 étaient membres de l'aviation (7 officiers et 13 officiers disparus, ainsi que 23 sous-officiers et ).. Environ des forces vichystes sont de plus faits prisonniers.

Il est proposé à ces militaires de rejoindre les Forces françaises libres pour continuer le combat contre l'Allemagne et ses alliés, mais une minorité se rallient alors à la France libre. Ainsi, selon le décompte établi par les Vichystes, si , tous grades confondus, optent pour le retour en France ; ils ne sont en revanche que à s'engager dans les FFL. Le rapatriement s'effectue par convois de bateaux entre le et le , les troupes du Levant embarquant devant les bataillons australiens, à quai, leur rendant les honneurs militaires..

Notes et références

Voir aussi

Articles connexes Armée de Vichy Armée de l'air de Vichy Armée du Levant Histoire de l'empire colonial français pendant la Seconde Guerre mondiale Bataille du Litani

Bibliographie et sources . . Michel-Christian Davet, La Double affaire de Syrie, Fayard, 1967. . . André Laffargue, Le général Dentz, Les Îles d'Or, 1954. . . Pierre Quillet (récit de 70 Anciens), Le Chemin le plus long – Chronique de la compagnie de chars de combat du général de Gaulle, 1940-1945, , Mémoires d'Hommes, Paris, 1997 ; réédité en 2005 ; autre édition . Pierre Montagnon, La Grande histoire de la Seconde Guerre mondiale (10 volumes), Éditions Pygmalion – Gérard Watelet. David Smiley, Au cœur de l'action clandestine – Des Commandos au MI6, L'Esprit du Livre Éditions, coll. « Histoire & Mémoires combattantes », 2008 ; traduction de Michael Russell, Irregular Regular, Norwich, 1994 . . « Rapport du général Archibald Wavell sur les opérations en Irak et en Syrie du au , pages 3438 et suivantes », London Gazette du 2 juillet 1946. « Rapport du général Archibald Wavell sur les opérations en Irak, en Syrie et en Iran du au », London Gazette du 13 août 1946. .

Liens externes , cité par Sylvain Cornil (Fondation de la France libre). La campagne de Syrie en 1941. La campagne de Syrie sur le site de la BBC.

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