Émile Schuffenecker, né le à Fresne-Saint-Mamès, et mort le à Paris, est un peintre postimpressionniste français de l'École de Pont-Aven.
Biographie vignette|Paul Gauguin, L'Atelier de Schuffenecker ou La Famille Schuffenecker (1889), Paris, musée d'Orsay.
Son père, Nicolas Schuffenecker (1829–1854), un tailleur d'origine alsacienne, meurt alors que Claude-Émile Schuffenecker a à peine deux ans. Peu après, la veuve Schuffenecker s'installe avec ses deux garçons à Meudon, près de Paris, où vivent des membres de sa propre famille, et trouve un travail dans une blanchisserie. Plus tard, Schuffenecker est pris en charge et élevé par la sœur de Schuffenecker, Anne Fauconnet Monnet, et son mari Pierre Cornu, à Paris. Il fréquente une institution scolaire des frères des écoles chrétiennes, puis commence à travailler dans le commerce de son oncle, qui vend chocolat et café dans une boutique du quartier des Halles.
Un courtier en banque En 1871, Émile Schuffenecker entre comme courtier chez Bertin. Le , Schuffenecker y rencontre Paul Gauguin, les deux hommes deviennent de grands amis (ce dernier le surnommant parfois « Schuff »). Émile Schuffenecker suit les cours du soir de dessin de la Ville de Paris, et prend des leçons auprès de Carolus-Duran et Paul Baudry. Avec Gauguin, ils étudient ensemble les tableaux de maîtres au musée du Louvre, et travaillent à l'Académie Colarossi à Paris.
En 1880, Schuffenecker épouse sa cousine, Louise Lançon, dont il a une fille, Jeanne (née en 1882), et un garçon, Paul (né en 1884). Le couple accueille régulièrement des artistes dont Guillaumin et Pissarro. Il expose au Salon de 1880 et 1881. Après la crise boursière de 1881, Émile Schuffenecker, tout comme son ami Gauguin, décide d'être peintre. En , Schuffenecker reçu premier au concours d'enseignement du dessin, enseigne le dessin académique au lycée Michelet de Vanves. En 1884, il est un des membres fondateurs du salon des indépendants après avoir été refusé au Salon de 1883. Cette année, il invite Berthe Morisot et Édouard Manet à venir voir son travail dans son atelier. Ce dernier lui recommande d'exposer avec les impressionnistes. Pissarro, qui a été également invité, le refuse jugeant son travail sans intérêt. Alors que Gauguin part pour la Martinique, Schuffenecker prend soin de son fils, Clovis Gauguin. À Concarneau, Schuffenecker rencontre, en juillet 1886, le peintre Émile Bernard à qui il donne une lettre de recommandation pour l'introduire auprès de Gauguin.
Le synthétisme Gauguin et Schuffenecker vont régulièrement peindre à Pont-Aven, en Bretagne, où ce dernier fait son portrait (Schuffenecker, à Pont Aven) et un dessin caricature avec l'intitulé Synthétisme. Dans une lettre d', Gauguin lui écrit : in Sophie Monneret, article , in Dictionnaire de l'impressionnisme, Robert Laffont, Paris, 1989, p. 836
L'œuvre de Schuffenecker est en effet une suite de citations, marqué par des influences diverses, pointillisme, Degas, Gauguin, etc. Et c'est Schuffenecker qui trouve un local, le café Volpini, où les post-impressionnistes peuvent exposer. Il avance régulièrement de l'argent à Gauguin pour préparer ses voyages, avant de devenir représentant de Gauguin quand celui-ci est dans les îles, avant de se brouiller avec lui après la mort de Clovis. Selon Gauguin, Schuffenecker n'est qu'un médiocre arriviste, né pour être ouvrier, concierge ou commerçant, un velléitaire qui attend tout des autres pour devenir un un jour propriétaire Henri Dorra, The Symbolism of Paul Gauguin: Erotica, Exotica, and the Great Dilemmas of ... University of California, 2007, Californie, p. 49.
En 1903, sa femme demande le divorce, c'est une véritable harpie, selon Gauguin, qui ne supporte plus son mari et le considère comme un idiot.
Sa collection est liquidée : elle est constituée de sept Cézanne, sept Van Gogh (Le Facteur, Le Bon Samaritain, une Arlésienne, une version des Tournesols, Souvenir du jardin à Etten dont certains tableaux sont vendus à Chtchoukine), et de nombreux Gauguin (dont Le Christ jaune), des gravures japonaises et des dessins d'Odilon Redon. Il est déprimé. Passionné de questions sociales, il prêche à ses élèves que le dessin ne s'enseigne pas et que les problèmes sociaux peuvent se résoudre par . Mis en congé par l'État, il est mis à la retraiteSophie Monneret, article , in Dictionnaire de l'impressionnisme, Robert Laffont, Paris, 1989, pp. 835-837.
Il expose encore en 1912 et 1917 au Salon des Indépendants.
Dans les années 1920, il fréquente à la Ruche le peintre fauve Victor Dupont, qui l'appelle de manière affectueuse , à cause de ses sympathies anarchistesYann Gobert-Sergent, « Le peintre Victor Dupont (1873-1941) - Un Boulonnais parmi les Fauves », Bulletin de la Commission départementale d'histoire et d'archéologie du Pas-de-Calais, tome n° 19, Arras, octobre 2012, pp. 55 à 77..
Il meurt à Paris en 1934. Le peintre Jacques Schuffenecker (1941-1996) est son petit-fils.
Soupçons de faux
Sans véritable style personnel, et professant à la fin de sa vie des idées anarchistes, Schuffenecker, a été régulièrement (dès les années 1920 puis après sa mort) soupçonné d'avoir réalisé des fauxhttps://web.archive.org/web/20161220084327/http://www.musees-haute-normandie.fr/fr/ressources-educatives/les-oeuvres-commentees-12/rochers-a-yport-1889/article/schuffenecker-l-ami-de-gauguin., dont des faux Vincent van Gogh (Le Jardin à Auvers et Le Jardin de Daubigny).. En 1927, Schuffenecker a reconnu avoir le Grand Arbre à Montbriand de Van Gogh, ainsi que des tableaux de Cézanne, Un paysage de L'Estaque, Portrait de la femme de Cézanne et une Vue du Jas de Bouffan. Vraisemblablement, Schuffenecker qui a très soigneusement étudié l'œuvre de Van Gogh, a également « retouché » une ou plusieurs versions des Tournesols de Van Gogh et du Jardin de Daubigny, tous les deux en sa possession depuis 1894voir le site http://www.claudeemileschuffenecker.com/fr/fr/biographie-claudeemileschuffenecker.html. L'affaire de la paternité du Jardin de Daubigny sera classée par la Cour de cassation en 2004, ce tableau étant bien attribué à Van Gogh.. Selon Jill-Elyse Grossvogel, auteur du catalogue raisonné de Schuffenecker, il n'est pas établi que Schuffenecker ait sciemment falsifié des œuvres de Van Gogh avant 1900. Pour des œuvres ultérieures, le catalogue devrait bientôt pouvoir préciser les titres et les dateshttp://www.claudeemileschuffenecker.com/images/pdf/emileschuffenecker.pdf.
Œuvres
Portrait de Madame Champsaur (1890), musée des beaux-arts de Pont-Aven. Portrait de Adelswärd-Fersen, Meditation (vers 1901), National Gallery of Art, Washington, DC, Fonds Bruce Ailsa Mellon. Musée d'art et d'histoire de Meudon Le dernier paysan de Meudon, huile sur toile, 1884 Le chariot de foin, huile sur toile, 1886 Le bateau-lavoir, huile sur toile, 1881 Musée des beaux-arts de Brest : Le pont, pastel sur papier, 30 x 40,5 cmNotice de la base Joconde ; Voilier sur la mer, pastel sur papier, 23,5 x 15,5 cmNotice de la base Joconde ; Grève et falaise à l'aurore, pastel sur papier, 14 x 20 cmNotice de la base Joconde ; Paysage marin, falaise, pastel sur papier, 12,5 x 18 cmNotice de la base Joconde ; Bouquet d'arbres au feuillage rouge, pastel sur papier, 13,5 x 17,5 cmNotice de la base Joconde ; Paysage breton, rochers, pastel sur papier, 23 x 14,5 cmNotice de la base Joconde ; Paysage marin, Etretat, pastel sur papier, 11 x 17 cmNotice de la base Joconde ; Falaise et pointe, Normandie, pastel sur papier, 13,5 x 18,5 cmNotice de la base Joconde ; Jeune fille aux cheveux longs, pastel sur papier, 19,6 x 28,8 cmNotice de la base Joconde ; La clairière, fusain sur papier, 39 x 31 cmNotice de la base Joconde ; Le garçonnet, pastel sur papier, 33,7 x 23,7 cmNotice de la base Joconde ; Marie Grandcerre, crayon, 25 x 16 cmNotice de la base Joconde ; Scène dans un port de pêche breton, fusain sur papier, 31 x 24 cmNotice de la base Joconde ; Maquette d'affiche pour le journal l'Eclair, pastel sur papier, 65,2 x 49,7 cmNotice de la base Joconde.
Notes et références
Annexes Bibliographie Maurice Boudot-Lamotte, « Le peintre et collectionneur Claude-Émile Schuffenecker (1851-1934) », revue L'Amour de l'art, n°XVII/8, octobre 1936 René Porro, Claude-Émile Schuffenecker, 1851-1934, Art Conseil, 1992, Jill-Elyse Grossvogel, Claude-Émile Schuffenecker : catalogue raisonné, A. Wofsy fine arts, San Francisco, 2000,
Liens externes
Schuffenecker et l'école de Pont-Aven
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