Raphaël Onana, né le à Poupouma au village de Nkol Okala, au nord-ouest de Yaoundé, dans la Province du Centre, au Cameroun, et mort le 11 novembre 2002 à Yaoundé, est un militaire et magistrat naturalisé français, d'origine camerounaise. Il a été président de l'Union fraternelle des anciens combattants d'expression française (UFACEF).

Biographie

Enfance, formation et débuts Raphaël Onana est né le à Poupouma au village de Nkol Okala, au nord-ouest de Yaoundé, dans la Province du Centre, au Cameroun.

Il est élevé par sa mère, Régina Awundza, une « Béti » parlant un dialecte « éton ». Il vient d'une fratrie de sept enfants, dont quatre frères nés entre 1910 et 1919, tous morts de maladie, et deux sœurs, Zobo, née en 1910 et Ng'Onana, née en 1922.

Ékongo Akon'Awana, le père de Raphaël, était un guerrier des Bakassa, originaire de la Région de l'Adamaoua. Avec sa première épouse, Métila, il eut une fille, demi-sœur de Raphaël, Johanna Ngazomo Métila. Ékongo est un prénom signifiant la lance ou le javelot, symboles guerriers des armes utilisées pendant les guerres tribales. L'homme meurt à l'âge de 33 ans en 1922 ; Raphaël avait 3 ans. Il reste seul héritier de son père, après la mort de ses frères aînés.

Le , il s'engage dans la Milice du Cameroun, au 1er régiment de tirailleurs du Cameroun. Grâce à sa stature, () et ses compétences stratégiques, il est promu sergent, puis de sergent-chef ACL (Ambulance chirurgicale légère). Il est fait citoyen français en 1951.

Le choix du nom de famille Onana Il choisit comme nom de famille le nom de sa sœur cadette, Ng'Onana (née en 1922), plutôt que celui de son père, Akon'Awana, à cause des crimes de guerre que ce dernier a commis au village de Poupouma.

Carrière Seconde Guerre mondiale Dès la création des Forces françaises libres, , les miliciens du Cameroun s'y rallient, sous l'impulsion du général Philippe Leclerc de Hauteclocque. Raphaël Onana participe à la campagne du Gabon en , à la campagne de Syrie, de juin à . Il est enrôlé en tant que sergent au de tirailleurs du Cameroun, classe 1939, matricule 7 776. Les fusils du régiment étaient des Lebel modèle 1886.

Le , Raphaël Onana est affecté en Afrique du Nord, et est compagnon d'armes des combattants de la Bataille de Bir Hakeim. Il déclare, à propos du général allemand, Erwin Rommel :

Durant la nuit du 10 au , à Bir Hakeim, l'ancien milicien camerounais est fait prisonnier et grièvement blessé par des balles de 9 × 19 mm Parabellum, provenant d'une mitraillette Schmeisser MP40 . Il est soigné à Naples en Italie et est amputé de la jambe gauche ; sa captivité dure cinq mois. À la suite d'une négociation par la convention internationale, il est échangé comme prisonnier de guerre en . Rapatrié, il est déclaré « Réformé Définitif » en avril 1943.

Après la guerre Avant l'indépendance du Cameroun, Raphaël Onana a été juge dans les tribunaux français.

Raphaël Onana a combattu aux côtés de Simon Noah Bikié, le grand-père de Yannick Noah. Il est fermement opposé à la tentative de coup d'état militaire camerounaise du ; elle causera la mort de son ami, tué par un militaire.

Il soutient l'association UFACEF « Unions fraternelles des anciens combattants d'expression Française ». Ce mouvement regroupe les anciens combattants et anciens militaires francophones répartis autour du globe, crée des amicales d'anciens combattants. Onana fut élu président de l'Amicale des anciens Combattants du Cameroun.

thumb|Raphaël Onana sous l'uniforme des soldats des Forces françaises libres (FFL). thumb|Raphaël Onana, en tenue de milicien (à droite) à 20 ans, en compagnie d'un camarade.

Il meurt le 11 novembre 2002 à Yaoundé.

Vie privée Il se marie à l'église, le , avec Rita Essah Tsimi (morte en d'une hypertension artérielle). Ils ont eu dix enfants : Casmile, Jeanne, Étienne, Agrippine Awoundja, Lazare Ékongo, Métila Françoise, Essah Nathalie, Zobo Ostomac, Akamba Marie-Solange et Nsing Marius Patrice.

Œuvres Il est l'auteur d'un livre retraçant sa vie de soldat, en collaboration avec, Patrice Étoundi-M'Balla, journaliste des chroniques du quotidien Le Jour : thumb|Raphaël Onana, juge de la justice militaire française (Union française) en 1946. thumb|Pistolet mitrailleur de type MP40.

Prix et distinctions Médaille militaire Croix de guerre 1939-1945, avec palme de bronze, décret du général de Gaulle en date du Insigne des blessés militaires Médaille commémorative des services volontaires dans la France libre Médaille commémorative de la guerre 1939-1945 Ordre national du Mérite par décret du président de la république française du Chevalier de l'ordre national de la Légion d'honneur Officier de l'ordre national du Cameroun

Pour approfondir Articles connexes Tirailleurs sénégalais

Liens externes * : Extraits du livre Un homme blindé à Bir Hakeim sur Google : Lien Data BNF : Lien idref : Lien dbpedia

Notes et références Références

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