La place des États-Unis (anciennement, place de Bitche) est une voie située dans le quartier de Chaillot à Paris dans le .

Situation et accès vignette|gauche|redresse|Plaque, non réglementaire, photographiée sur la place en 2021. La place se trouve au débouché de l’avenue d'Iéna, de la rue de Lübeck, de la rue de l'Amiral-d'Estaing, de la rue Galilée et de la rue Dumont-d'Urville. De forme rectangulaire, elle couvre une superficie d’environ 10 000 m, occupée en grande partie par un jardin public : le square Thomas-Jefferson.

Elle est desservie par la ligne 6 à la station Boissière.

Origine du nom Elle porte ce nom car elle est située dans un quartier habité par la colonie américaine et qui est proche de l'ancienne ambassade américaine.

Historique Cette place est ouverte en 1866-1867 par la Ville de Paris sur l'emplacement des anciens réservoirs de Chaillot, alimentés par l'eau de la Seine montée par des pompes à vapeurJacques Hillairet, Dictionnaire historique des rues de Paris, Les Éditions de minuit, septième édition, 1963, (« A-K »), « Rue des Frères-Périer », .. Elle a absorbé la rue de Juigné et une partie de la rue de Belloy. Elle prend sa dénomination actuelle par un arrêté du . L'établissement des jardins situés au milieu de la place a fait l'objet d'un arrêté du .

En , alors qu’une canicule exceptionnelle frappe ParisJimmy Bourquin, « Canicule de 1911 : la France suffoque pendant 70 jours et pleure des milliers de jeunes enfants », sur radiofrance.fr, 14 août 2023., un sculpteur sur bois de 40 ans travaillant au de la place, frappé d’insolation, tombe de l’échafaudage et se tue« Victimes de la chaleur », La Petite République, 11 août 1911, sur RetroNews..

La place de Bitche Créée par la destruction des anciens réservoirs de PassyJacques-Constantin et Auguste-Charles Périer avaient installé deux machines à vapeur (la Constantine et l'Augustine) près de la place de l'Alma pour pomper l'eau de la Seine et la refouler dans les réservoirs de Passy. Cette pompe à feu de Chaillot fonctionna du 8 août 1781 jusqu'en 1900. (reconstruits en 1866 plus haut, entre les rues Lauriston, Paul-Valéry et Copernic), la place s'appelait originellement « place de Bitche », du nom de la ville de Bitche en Moselle, qui avait vaillamment résisté à l'invasion prussienne pendant la guerre de 1870.

La place des États-Unis Mais elle changea de nom très rapidement, lorsque Levi Morton, ambassadeur des États-Unis à Paris, y établit en 1881 sa résidence, ainsi que le siège de la légation, qui avait dû quitter ses bureaux inadaptés du 5, rue de Chaillot. En effet, le jeu de mots auquel prêtait, en anglais, la dénomination originaleBitch : salope. émut jusqu'au département d'État, de sorte que, sur l'insistance du chargé d'affaires, le préfet de la Seine accepta de rebaptiser la place.Site frenchquartermag.com, page "Connaissez-vous Vraiment l’Histoire des Rues de Paris : La Place des Etats-Unis ?"., tandis qu'une place du prenait le nom de « place de Bitche ».

La statue de la Liberté Le fut inauguré le modèle en bronze de la statue de la Liberté de Bartholdi, offerte à la Ville de Paris par le Comité des Américains de Paris.

La statue était placée au centre de la place, en face de la légation des États-UnisSelon le Petit Journal du 10 mai 1885 : « La Ville de Paris a accepté ce don y voyant une preuve de la fraternité entre les deux pays. Le Conseil municipal assistera en corps à l'inauguration officielle de la statue mercredi 13 mai, à 2 heures, place des États-Unis. Depuis quelques jours, une charpente est dressée au milieu de la place, en face de l'hôtel de la légation des États-Unis, les ouvriers s'occupent activement de mettre en place le piédestal provisoire qui supporte une réduction au cinquième de la statue destinée à l'Amérique. L'opération de la fonte a eu lieu jeudi, à 3 heures, dans les ateliers de M. Thiébault, rue de Villiers […] Le choix de l'emplacement adopté a été dicté par des raisons de haute convenance que chacun peut apprécier : mais il nous parait devoir être modifié dans l'avenir. Une statue de cette importance, 16 mètres de haut piédestal compris, réclame un développement d'espace très considérable pour se présenter dans de bonnes conditions à la vue et la place des États-Unis ne nous parait pas réunir ces conditions. ». Elle resta à cet emplacement jusqu'en 1888.

Le Monument à La Fayette et Washington thumb|upright=0.8|Le monument à La Fayette et Washington.

À l'est du square, en haut de la place, se trouve le monument à La Fayette et George Washington (1890), un groupe de bronze par Auguste Bartholdi, offert par les États-Unis.

Le Monument aux Volontaires américains Le , sur la place des États-Unis, le président du Conseil Raymond Poincaré inaugura le Monument aux Volontaires américains de la Première Guerre mondiale, érigé par souscription publiqueLe 21 janvier 1917, treize jours avant la rupture des relations diplomatiques entre les États-Unis et l'Allemagne, avait été organisée à Paris à la Comédie-Française, une soirée d'hommage aux volontaires américains engagés dans les troupes françaises. Présidée par le sous-secrétaire d'État à l'Administration militaire, René Besnard, cette cérémonie avait été marquée par le lancement d'une souscription publique dans le but d'ériger un monument aux volontaires américains..

La statue de bronze est l'œuvre du sculpteur Jean Boucher qui a travaillé d'après une photographie du poète Alan Seeger. Le nom de l'écrivain se trouve à l'arrière du monument sur lequel sont gravés ceux des 23 autres Américains tombés dans les rangs de la Légion étrangère.

vignette|gauche|Le Monument aux Volontaires américains.

Sur le socle, de chaque côté, sont gravées deux citations du poète traduites par Alain Rivoire, extraites de Ode à la mémoire des volontaires américains tombés pour la France, « pour être lue devant les statues de La Fayette et de Washington à Paris au Decoration Day, le ». Cette ode fut écrite par le poète peu avant sa mort :

En 1978, la partie orientale de la place, vers l'avenue d'Iéna, est renommée « place de l'Amiral-de-Grasse » en hommage à son action durant la guerre d'indépendance des États-Unis.

Bâtiments remarquables et lieux de mémoire Square Thomas-Jefferson thumb|left|Le square Thomas-Jefferson, au centre de la place des États-Unis.

Le centre de la place forme un square, le square Thomas-Jefferson, où se trouvent. : deux aires de jeux pour enfants ; le monument au dentiste américain Horace Wells (1815-1848), pionnier de l'anesthésie, inauguré le au cours de la dixième session de la Fédération dentaire internationale. Sur la face latérale droite de l'embase du monument, le sculpteur René Bertrand-Boutée a gravé le médaillon du physiologiste Paul Bert ; le buste de l'ambassadeur américain Myron Timothy Herrick, par le sculpteur Léon-Ernest Drivier, est inauguré le Institut de stratégie comparée, Commission française d'histoire militaire, Institut d'histoire des conflits contemporains, www.stratisc.org. ; une plaque commémorant les attentats du 11 septembre 2001, agrémentée d'un jeune chêne rouge d'Amérique, planté après l'événement.

Bâtiments remarquables : façade secondaire de l'ambassade du Koweït. Ancien hôtel de la comtesse Branicka, lieu de rencontre de la diaspora polonaise au début du . : hôtel Ephrussi. Construit en 1886 par Ernest Sanson pour le banquier Jules Ephrussi, il a ensuite appartenu au roi d'Égypte Fouad I, qui l'a acheté en 1922, avant d'être saisi par la République d'Égypte, qui y a installé la résidence de son ambassadeur.

vignette|Plaque au 3. : c'est ici que Levi Morton installa sa résidence et, pour une brève période, les bureaux de la légation des États-Unis d'Amérique. La romancière américaine Edith Wharton a habité l'hôtel, comme le signale une plaque en façade, entre 1907 et 1910« Place des États-Unis », Ambassade et consulats des États-Unis d’Amérique en France.. bis : ce petit hôtel en brique et pierre a été construit pour de Meyendorff par l'architecte Vacherot en 1891, comme indiqué en façade, et surélévé de deux étages en 1904 par les architectes Coulomb et Chauvet« Demandes en autorisation de bâtir », Gil Blas, 25 avril 1904, sur RetroNews., avant de devenir la demeure du peintre mondain Théobald Chartran et de sa femme Sylvie, dont le salon réunissait artistes, gens de lettres et hommes politiquesAndré de Fouquières, Mon Paris et ses Parisiens. Les quartiers de l'Étoile, Paris, Éditions Pierre Horay, 1953, ..Pendant l'occupation allemande de Paris, durant la Seconde Guerre mondiale, c'est une annexe de la Gestapo française de Pierre Bonny, installée aux quatrième et cinquième étages ; il y a des cellules où des prisonniers sont assassinés, des prises de guerre et des marchandises trafiquées y sont stockées, et des réceptions mondaines y ont lieuSerge Garde, Valérie Mauro et Rémi Gardebled, Guide du Paris des faits divers. Du Moyen Âge à nos jours, Le Cherche Midi, 2004, p. 258-259.SOE in France: An Account of the Work of the British Spécial Opérations..De nos jours, le bâtiment accueille l'ambassade de Bahreïn. : hôtel Deutsch de la Meurthe. Construit pour Henry Deutsch de la Meurthe (1846-1919), industriel et pionnier de l'aviation. Pendant la Seconde Guerre mondiale, l'hôtel a été occupé par la Gestapo. Il a ensuite été la résidence, à partir de la fin des années 1940, du financier Alec Weisweiller (1913-2005), petit-fils de Henry Deutsch de la Meurthe, et de son épouse, née Francine Worms (1916-2003), mécène de Jean Cocteau ; aujourd'hui, résidence de l'ambassadeur du Koweït en France.

: ancien hôtel du prince Alexandre Bariatinski (1870-1910) et de la princesse, née Catherine Alexandrovna Iourievskaïa (1878-1959), fille légitimée d'Alexandre II de Russie ; aujourd'hui showroom des cristalleries d'Arques. L'industriel du tissu et homme d'affaires James Schwob d'Héricourt (1874-1939) y a été propriétaire. thumb|center|6, place des États-Unis. : immeuble construit à l'emplacement de l'hôtel appartenant à Ida Rubinstein, danseuse et mécène. : ce bel hôtel particulier a appartenu au début du au président G.-E. de Saint-Paul, conseiller d'État, puis il a abrité le célèbre salon littéraire de la poétesse Edmée de La Rochefoucauld, réputé être l'antichambre de l'Académie française. thumb|center|. : hôtel de Brantes. Il abrite aujourd'hui les bureaux d'un cabinet d'avocats. thumb|center|Hôtel de Brantes.