Karel van de Woestijne, né à Gand le et mort à Zwijnaarde le , est un écrivain belge d'expression néerlandaise, frère aîné du peintre Gustave van de Woestijne.

Biographie Premières années Le père des Van de Woestijne, un industriel gantois, meurt en 1890. Issu d'une famille bourgeoise, Karel van de Woestijne fait ses études secondaires à l'Athénée royal de Gand, situé à l'Ottogracht. Rétif à y suivre les cours à l'Université de Gand, insoucieux de diplômes mais plus que quiconque assoiffé d'étude, il y étudie cependant la philologie germanique. Il y entre en contact avec le symbolisme français.

Laethem-Saint-Martin thumb|Karel van de Woestijne (par Ramah, 1920) Son frère Gustave (17 ans) auquel il est très lié, relève de maladie et doit aller en convalescence à la campagne. Leur mère prend l'initiative d'installer, en 1899, ses fils à Laethem. Leur premier logement est une petite maison toute pareille à celle qu'occupe déjà le ménage voisin des Minne. Il y a une autre raison à cette fuite hors de Gand : Karel, pacifiste intransigeant, a horreur de servir dans la garde civique; or, s'il reste en ville, il devra s'astreindre à cette manière de service militaire. Sa retraite pourrait bien être en partie une escapade de réfractaire Plus tard, quand il jouera un rôle de premier plan dans la littérature flamande, il dira aussi qu'il a été attiré au village de Laethem par la présence de George Minne envers qui il nourrissait une déférente admiration.. Le charme du village agissant, le séjour des deux frères, qui n'était prévu que pour quelques mois, se prolonge. D' à et d' à , Karel réside donc à Laethem-Saint-Martin. Il raconte : .

L'un et l'autre sont des esprits raffinés et rares, des êtres d'exception, hypersensibles et naturellement inventifs. Ce sont deux jeunes gens maigres, aux mains longues et fines , aux cheveux bouclés et en désordre, au regard un peu perdu. Gustave est un doux qui a des gestes obliques, des perplexités et des timidités de séminariste. Karel est maladif; il est frileux et squelettique. Tout jeune qu'il est, son visage est déjà ridé ; il a de grosses lèvres pâles, des yeux lourds et cernés.

L'atmosphère lénifiante de Laethem, le silence et un compagnonnage exaltant font plus que jamais oublier à Karel ses cours et ses examens de philologie ; il les abandonne tout de bon et se laisse absorber par ses lectures et ses travaux de poète. Son frère Gustave, qui depuis ses quatorze ans suivait à Gand certains cours de l'Académie, se met à peindre en dehors de tous préceptes .

Portrait Déjà au physique le personnage est étrange : chevelure broussailleuse, grands yeux proéminents et cernés, lèvres charnues, visage fripé. Même jeune, il porte en lui quelque chose d'âgé : on le croirait chargé d'une longue et douloureuse vie antérieure. Élancé et décharné, il a l'aspect de quelque lord anglais et (...) d'un dandy. il souffre d'une maladie de peau dont il n'est jamais parvenu à se guérir; son épiderme est sec, grisâtre; il se desquame.

À l'époque où il élit domicile à Laethem, c'est un artiste à cheveux longs, à barbiche et à moustaches fines, mais plus tard il montre une face glabre, basanée, où l'amertume et la fatigue de vivre se sont inscrites en rides profondes. Quand il tend la main on a l'impression de serrer un oiseau prêt à se débattre et à s'envoler. Toujours il semble se trouver ailleurs que là où il est. Sa voix vient de loin.

C'est un ascète, émacié, qui tremble éternellement de froid. Il est distrait, secret, plongé dans ses études et ses rêveries. Sa chambre de travail est surchauffée, pour travailler il s'enveloppe de plaids, ferme en plein jour les volets de sa chambre et allume sa lampe à pétrole. C'est un homme de nuit .

Son parcours

1896-1901 : collabore à la revue d'art Van Nu en Straks (deuxième série) En 1902, s'ouvre à Bruges une exposition intitulée Les Primitifs flamands à Bruges qui impressionnera durablement George Minne et les artistes du premier groupe. De cette manifestation Karel Van de Woestijne fait un compte-rendu qui attire sur lui l'attention des artistes et des lettrés ; d'autre part, il publie ses Laethemsche brieven over de lenteLettres printanières de Laethem.. 1903 : publie son premier recueil de poèmes, Het vaderhuisLa maison paternelle.. Il collabore au magazine Vlaanderen (1903-1907). 1905 : publie De boomgaard der vogelen en der vruchtenLe verger aux oiseaux et aux fruits.. 1906 : quitte Laethem pour Ixelles. Il devient le correspondant du Nieuwe Rotterdamsche Courant à Bruxelles. Il est secrétaire de rédaction du magazine "Vlaanderen". 1908 : publie Janus met het dubbele voorhoofdJanus au double front. 1910 : publie Kunst en geest in VlanderenArt et esprit en Flandre. et De gulden schaduwL'ombre dorée.. 1912-1914 : Interludiën I en II 1913 : entreprend la rédaction d'un roman épistolaire à clefs, De leemen torensLes tours d'argile.; plusieurs de ses compagnons de Laethem lui servent de modèles. 1918 : publie De bestendige aanwezigheidLa présence perpétuelle (traduit du néerlandais par Pierre Brachin, dans Anthologie de la prose néerlandaise. Belgique I, Aubier, 1966). et Goddelijke verbeeldingenImages du divin.. 1920 : publie De modderen manL'homme de boue.. Après avoir été fonctionnaire au ministère des Beaux-Arts, il enseigne à Gand, entre 1920 et 1929, l'histoire de la littérature néerlandaise. 1924 : publie Zon in de rugSoleil dans le dos. 1925 : publie Beginselen der chemie.Principes de base de chimie.. 1926 : publie Het menschelijk broodLe pain de l'Homme., God aan zeeDieu aux océans.. et Het zatte hartLe cœur ivre. 1928 : publie Het bergmeerLe lac des montagnes, De schroeflijn L'hélicoïde. et Opstellen over plastische en literaire kunstÉcrits sur l'art plastique et littéraire.. Gustave Van de Woestijne dessine un portrait de son frère Karel. 1929 : Ayant à peine dépassé la cinquantaine, Karel Van de Woestijne meurt à Zwijnaarde.

Œuvres Prose Janus met het dubbele voorhoofd Afwijkingen Goddelijke verbeeldingen De bestendige aanwezigheid

Poésie symbolico-impressionniste Het vaderhuis De boomgaard der vogelen en der vruchten De gulden schaduw

Triptyque spiritualiste De modderen man God aan zee Het bergmeer

Critiques d'art et essai littéraire De Vlaamsche primitieven : hoe ze waren te Brugge Kunst en geest in Vlaanderen Over schrijvers en boeken (1933-1936)

Poésie épique Interludiën I en II Zon in de rug

Roman épistolaire en collaboration avec Herman Teirlinck De Leemen Torens. Vooroorlogse kroniek van twee steden

Récompenses et distinctions

1915 : Staatsprijs voor Letterkunde pour Interludiën

Traductions Poèmes choisis, traduction par Marcel Lecomte, Éditions des artistes, Bruxelles, 1964 L'ombre dorée et autres poèmes, traduction par Marcel Lecomte et Georges Thinès, Éditions de la Différence, Paris, 1993

Adaptation cinématographique En 1963, Emile Degelin a réalisé une adaptation cinématographique de la nouvelle De boer die sterft (« La Mort du paysan ») extraite du recueil De bestendige aanwezigheid.

Notes et références

Voir aussi Bibliographie

Articles connexes Expressionnisme Impressionnisme

Liens externes

Karel van de Woestijne sur le site de la Digitale Bibliotheek voor de Nederlandse letteren (DBNL)

Sources

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